‹ À la mémoire de l'impératrice Alexandra FéodorovnaChapitre 1 sur 3 · À8TOR, LENOX AND · texte numérisé non relu

À8TOR, LENOX AND

TILOfiN FOUN DATIONS

ALEXANDRA FÈODOROYNA

Lorsque la mort frappe les Familles souveraines que la Providence appelle sur les trônes de ce monde pour y régner, la douleur s'éveille au sein des peuples.

Dans le deuil profond, les peuples s' in-

terrogent. Ils s'entretiennent des personnages Augustes que la Volonté divine vient de soumettre à la loi commune aux humains.

Ils mêlent le nom de TÉpouse à celui de l'Époux.

De même que la mort de l'Impératrice Elisabeth rattacha plus particulièrement son nom aux derniers jours de l'Empereur Alexandre I", de même le nom de l'Impératrice Alexandra FioDOROVNA reçoit après sa mort une consécration plus grande, par le souvenir du lien intime qui rattachait son existence à celle de l'Empereur Nicolas I", et reste à jamais inséparable du souvenir historique de l'Auguste monarque dont Elle fut l'amour et la consolation.

Fille de Roi, Épouse et Mère d'Empereur, l'Impératrice Alexandra Féodorovna

nous reporte d'abord, dans l'ordre des temps, au souvenir de cette belle reine Louise de Prusse, dont la dépouille repose à Charlottenbourg, où ses traits revivent dans son effigie en marbre, d'une beauté pareille à celle d'un ange endormi.

Sa mère , que ces grandes douleurs nationales qui étreignent plus fortement le cœur des Rois, avaient brisée et fait descendre, avant l'âge, dans la tombe, — tel fut le premier profond souvenir de l'Impératrice AlEXANDRA FÉODOROVNA.

A l'époque des malheurs de la patrie, la Reine, lisant une lettre que sa fille écrivait de Kœnigsberg à son père, s'écria : « Oh ! la « chère et noble enfant! Comme elle nous (( aime avec tendresse; comme elle sait (( bien et sincèrement dépeindre ses senti-

« ments! Et cependant, quelquefois elle « parait froide et indifférente. Il en est (( comme de son père : son cœur ne se traie duit pas en paroles, mais il bat chaud « dans son sein. Elle semble indifférente, et (( cependant elle est remplie d'amour et de « sympathie. C'est de là que lui vient cet « air de grandeur ; c'est ce qui donne à toute « sa personne un air imposant. — Si Dieu (( nous la conserve, je pressens un avenir (( brillant pour elle^! »

Paroles prophétiques !

Le 15 décembre 1809, lorsque la Reine fit son entrée à Berlin, qu'elle n'avait pas vu depuis plusieurs années, elle avait à son côté la jeune princesse Charlotte. Le Roi ve-

Page 1