‹ À la mémoire de l'impératrice Alexandra FéodorovnaChapitre 2 sur 3 · Miihlbach, Napoléon iffhd Kônigin Louise^ t. m, p · texte numérisé non relu

Miihlbach, Napoléon iffhd Kônigin Louise^ t. m, p

ÂLEXANDRA FÉODOROVNA. 9

nait de quitter la Reine, pour aller se placer, avec les princes ses fils, à la tête du cortège qui s'était formé dans ce jour mémorable.

Il avait laissé pour adieu à sa femme et à sa fille : « Au revoir, dans notre maison, (( à Berlin ! »

« Au revoir ! » s'écria la Reine, en se rejetant dans le fond de sa calèche. — « Char- « lotte, dit-elle à la princesse, avertis-moi « quand nous serons tout près de la porte <( de la ville. Je veux être agréablement « surprise ; et, jusqu'au moment d'atteindre « la belle et chère ville, je veux contempler « le ciel et me rappeler que c'est toujours « le même ciel qui était également au-des- « sus de nos têtes à Memel, pendant les M jours de nos grands malheurs. »

« Maman ! s'écria la princesse Charlotte,

iO L'IMPÉRATRICE

« j'aperçois déjà la Bernauer Thor (la porte w deBeraau). — Oh! écoute donc ces cris!

« Vois le bel arc de triomphe, ici, près de tt la barrière ! »

Au moment où les cris de joie retentirent tout le long de la rue, la Reine s'écria, après avoir soupiré profondément : << Oh! mon « Dieu ! quelle musique céleste ! Elle reten- « tit k mon oreille aussi harmonieusement « que les sons sacrés de l'orgue; et toute la « ville me paraît être aujourd'hui une vaste « église. — Charlotte, ma fille bien-aimée, (( entends ces sons joyeux et ces cloches ; <( mais surtout écoute le tout avec recueille- « ment. Il n'y a rien de plus sacré, rien de « plus précieux, ni de plus doux pour une a princesse, que les cris de joie de son peuple « qui accourt au-devant d'elle. Celui qui

« veut le mériter doit répondre avec amour « à Tamour de son peuple et doit avoir un « cœur pour partager ses souffrances et « ses joies ; surtout, il faut qu'il soit homme « avec les hommes. Souviens-toi de cela, (( ma fille; si, un jour, tu devais porter une « couronne, rappelle-toi alors cette heure « solennelle. Et, maintenant, ouvre en plein (c ton cœur pour y faire entrer l'amour du « peuple, afin que ces accents de joie y re- <i tentissent. — Mais, vois, mon enfant :

« voici notre maison, la belle et chère mai- « son, dans laquelle vous êtes nés, mes ence fants. — Qui donc est là, devant la maice son? Qui donc nous fait des signes? ^^ — (( Vois-tu, ce sont les chères sœurs de ton (( père, les princesses d'Orange et de Hesse. « — Mais quel est donc celui qui est avec

« elles? — Oh ! mon Dieu ! mais c'est mon « père, mon père bien-aimé^ ! »

Certes, les événements que nous venons de rapporter, d'après un livre bien connu en Allemagne, durent laisser un profond souvenir dans le cœur de la jeune princesse qui était la vivante image du beau caractère de sa mère; qui, toujours pieuse, toujours pure comme elle, apporta sur le trône de Russie le même amour pour la famille de l'Empereur, le même amour pour son peuple.

Nous ignorons si quelque peintre habile a su retracer sur la toile le moment solennel de la rentrée de la Reine dans la ville qui lui dictait de si belles paroles. Mais, hélas ! la grande douleur qui avait si fortement ai-

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