‹ A la memoire de Pierre Belon, du Mans, 1517-1564Chapitre 2 sur 10 · BIOGRAPHIE DE PIERRE BELON · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE DE PIERRE BELON

Pierre Belon est né, en 1517, à la Soulletière, hameau dépendant du bourg de Cérans-Foulletourte au pays du Mans (Sarthe).

Sa vocation vers les sciences naturelles put se développer grâce aux bienfaits de René du Bellay, évêque du Mans; plus tard, Guillaume Duprat, évêque de Clermont, le cardinal de Tournon et le cardinal de Lorraine favoriserent successivement son instruction ou lui donnèrent les moyens de voyager et de publier ses ouvrages.

Il suivit à Wittenberg les lecons du professeur wurtembergeois Valerius Cordus qu’il accompagna dans ses excursions en Bohême, en Saxe et d'autres provinces d'Allemagne. On raconte qu'au retour de Wittenberg, Belon fut arrêté à Thionville, sans doute comme suspect de lutherianisme, mais un gentilhommé nomme Dehamme s'intéressa à lui par ce seul motif que Belon était compatriote et ami de Ronsard et le fit mettre en liberté.

Il partit au commencement de 1546 pour un grand voyage d'exploration en Orient qu'il put entreprendre grâce au patronage du cardinal de Tournon.

« Il visita successivement la Grece, l’île de Crete, Constantinople, l’ile de Lemnos, l’île de Pharos, le mont Athos, la Thrace, la Macédoine, l’Asie Mineure, les îles de Chio, de Metelin,

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de Samos, de Rhodes. Là il s’embarqua pour Alexandrie, vit le Caire, parcourut la basse Egypte ; de là, il entra en Palestine, en passant par l’isthme de Suez et le mont Sinaï. Il visita Jérusalem, le mont Liban, Alep, Damas, Antioche, Tarsus, et revint à Constantinople par l'Anatolie. À Rome il rencontra son généreux protecteur, le cardinal de Tournon, qui siégeait alors au conclave convoqué depuis la mort du pape Paul III. Il y rencontra aussi deux zoologistes célebres, Rondelet et Salviani, qui se communiquaient réciproquement leurs travaux.

L’intrépide voyageur fit plus qu’il n’avait promis : non seulement il enrichit l’histoire naturelle d’un grand nombre d’observations entièrement neuves, mais il fit encore connaitre les ruines, les antiquités et l’état religieux et moral des contrées qu’il avait parcourues.(l) »

Il revint à Paris, en 1549, possesseur de nombreux matériaux recueillis pendant son voyage et 1l commenca bientôt la publication de ses importants ouvrages.

En 1557 Pierre Belon entreprit un nouveau voyage et visita l'Italie, la Savoie, le Dauphiné et l'Auvergne. À son retour, le roi Charles IX lui donna un logement dans un pavillon du petit château de Madrid ou Maldric, somptueux édifice que François I avait fait construire au bois de Boulogne sur le plan du palais des rois d'Espagne. IL s’y occupait à traduire Dioscoride et Théophraste et à composer un grand ouvrage de culture, quand, en 1564, il périt assassiné dans le bois de Boulogne, alors qu’il revenait de Paris. Il avait vécu quarante cinq ans environ.

« Les sympathies, dit J. De Liron d’Airolles, que le courageux voyageur-explorateur avait su inspirer à plusieurs grands personnages témoignent assez du goût naissant des jardins et de la curiosité qu’inspiraient les végétaux reçus de l’étranger. Celui de ces personnages qui fut le plus heureux de trouver le secours de Belon, fut René du Bellay, évêque du Mans, grand

(1) Hoefer 1. c,

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amateur des plantes, auquel on doit de savantes observations et des pratiques d’horticulture assez intéressantes. Ce prélat passait à son château épiscopal de Touvoie tout le temps que lui laissaient libre les fonctions de son sacerdoce. C’est là qu'il pratiquait le jardinage et que, chaque année, il faisait venir d'Angleterre, d'Italie, de Flandre, et de l'Allemagne un grand nombre de plantes et d'arbres. »

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