LES ŒUVRES DE PIERRE BELON
HISTOIRE NATURELLE DES ÉTRANGES POISSONS MARINS, AVEC LEURS PORTRAITS GRAVES EN BOIS; PLUS LA VRAIE PEINTURE ET DESCRIP- TION DU DAUPHIN ET DE PLUSIEURS AUTRES DE SON ESPÈCE. Paris, R. Chaudière, 1551, in-4°.
« Volume tres mince, avec des figures sur bois représentant, entre autres, l’esturgeon, le thon, le malarmat. On y trouve une description exacte du dauphin et la première figure de l'hippopotame; l’auteur l’avait copiée sur la plinthe de la statue du Nil, conservée au Musée du Louvre » (Æoefer).
P. BELLONII, DE AQUATILIBUS LIBRI DUO, CUM ICONIBUS AD VIVAM IPSORUM EFFIGIEM EXPRESSIS IN LIGNO. Paris, 1553, in-8 oblong et in-4°. (Ch. Estienne).
Réimprimé à Zurich, 1558, in-fol., et à Francfort, avec le livre IV de l'Æistoria Animalium de Conrad Gesner.
Traduit en francais, Paris, 1555.
« Il y a, dit la Nouvelle Biographie de Hoefer, trois éditions différentes de cette traduction, et toutes les trois de la même
année, et offrant entre elles des différences notables. Elles ont pour titre :
1" Za Nature et diversité des poissons, avec leurs pourtraicts représentez
au plus près du naturel, en 2 livres. Paris, Charles Estienne, 1555, in-8, oblong;
ONE de De la nature et diversité des poissons avec leurs descriptions et naïfs pourtraicts, en 7 livres. Paris, Charles Estienne, 1555, in folio; 3° L'Histoire des poissons, traitant de leur nature et propriété, avec les
pourtraicts d'iceux. Paris, 1555, in-4°, en français et en latin.
Ce livre, dit M. L. Crie (1), offre à mon sens un intérêt hors ligne : il renferme les bases de l’ichtyologie moderne.
DE ARBORIBUS CONIFERIS, RESINIFERIS, ALIIS QUOQUE NONNULIS SEMPI- TERNA FRONDE VIRENTIBUS, CUM EARUMDEM ICONIBUS AD VIVUM EXPRESSIS, ETC. Paris, (G. Cavellat), 1553, 4. (8), 32 fol. ic.
xylogr. i. t.
Variante :
Petri BELLONI de arboribus Coniferis, Resiniferis aliisque semper virentibus; de mille Cedrino, Cedria, Agarico, Resinis, etc. Paris, 1553, in-4° fig.
« C'est une histoire assez exacte des conifères (pin, sapin, mélèze, cyprès, cèdre, etc.) qui forment les forêts de bois résineux. »
DE ADMIRABILI OPERUM ANTIQUORUM ET RERUM SUSPICIENDARUM PRAES- TANTIA. Paris, (G. Cavellat), 1553.
« Ouvrage fort curieux, composé de trois livres dont chacun a un titre spécial.
Le 1° livre a le titre qui précede.
Le 2° est intitulé De medicato funere seu cadavere condito, et lugubri defunctorum ejulatione.
Le 3° a pour titre: De medicamentis nonnullis, servandi cadaveris vim obtinentibus.
L'ouvrage a été réimprimé dans le tome VIII des Antiquités Grecques de Gronovius.
L'auteur y traite des monuments funéraires des anciens, des
(1) Pierre Belon et l’ichtyologie. — Revue scientif., 16 juin 1883, p. 741,
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usages observés dans les sépultures, et des substances employées à la conservation des cadavres.
LES OBSERVATIONS DE PLUSIEURS SINGULARITÉS ET CHOSES MÉMORABLES TROUVÉES EN GRÈCE, ASIE, JUDÉE, EGYPTE, ARABIE ET AUTRES PAYS ESTRANGES, RÉDIGÉES EN TROIS LIVRES, PAR PIERRE BELLON pu Mans. À monseigneur le cardinal de Tournon. A Paris, en la boutique de Gilles Corrozet, en la grande salle du Palais, près la chapelle de messieurs les présidents. 1553. Avec privilège du roy. 4.(12), 210 fol., ic. xyl.
L'ouvrage contient le portrait de l’auteur à l’âge de 39 ans.
A la fin, on lit : Imprimé à Paris par Benoist Prevost demeurant en la rue Fromentel, à l'enseigne de l’Estoille d’or, pour Gilles Corrozet et Guillaume Cavellat libraires.
2° édition, Paris, Cavellat, 1554. 3 vol. in-4°.
3° édition, Paris, Marnef, 1588. In-4° (24) 468 p.
Ces éditions de 1554 et 1588 sont peut-être (d'apres l'abbé de Saint Léger) les mêmes que celle de 1553, sauf un nouveau titre.
Les Observations sont dédiées au cardinal François de Tournon et la dédicace écrite à l’abbaye de Saint Germain, près Paris, est datée de 1553.
Excellentes gravures sur bois intercalées dans le texte.
P. BeLLonn, Plurimarum singularium et memorabilium rerum in Graecia, Asia, Aegypto, Judaea, Arabia, aliisq. exteris Provincis ab ipso conspectarum Observationes, tribus libris expressae. C. Clusius è Gallicis Latinas faciebat. Antverpiae, ex off. Chr. Plantini, 1589, 1 vol., in-8°, 495 p.
La traduction latine de de l’Escluse est dédiée au prince Maurice, landgrave de Hesse, pour lequel il semble qu’elle ait été faite : elle a occupé de l’Escluse pendant l’automne de 1586.
P. BezLonur, Cenomani Plurimarum singularium et memorabilium rerum in Græcia, Asia, Aegypto, Judaea, Arabia, aliisque exteris
Provinciis ab ïipso conspectarum Observationes tribus libris
MI > expressao, — Carolus Clusius Atrebas e Gallicis Latinas faciebat et denuo recensebat.
Editio altera, longe castigatior et quibusdam scholiis illustrata. Ex officina Plantiniana Raphelengii, 1605.
(Suite aux C. Clusii Exoticorum, 208 p. in folio).
Une édition allemande des Observations se trouve dans le recueil de Paulus, Sammlung der merckwürdigsten Reisen in den Orient (Æoefer).
Conrad Sprengel, dans son Æüistoria rei Herbariae (1807, t. I, p. 377), reconnaît et détermine plusieurs des végétaux décrits ou figurés par Pierre Belon dans ses Plurimarum singularium rerum Obserservationes, ainsi notamment le Platanus orientalis, l’'Acacia vera, le Lamwsonia inermis, l'Ephedra altissima, le Prunus Laurocerasus et d’autres.
« Parmi les gravures intercalées dans le texte des Observationes, on remarque celles du bouquetin, du mouton de Crète, du tragelaphe, de l’ichneumon, du merops ou guépier, du crocodile du Nil, de plusieurs serpents et d’un assez grand nombre de plantes.
« Quant au scare ou Scaurus dont Belon a donné également la gravure, les caractères de ce poisson n’ont pu être retrouvés. Les anciens lui attribuaient la faculté des ruminer; Ovide en parle dans ces vers :
AT CONTRA HERBOSA PISCES LAXANTUR ARENA UT SCAURUS, EPASTAS SOLUS QUI RUMINAT ESCAS (/Zoefer).
« Ce qui doit frapper dans l’œuvre de Belon, dit M. L. Crié(l) c’est que la nomenclature binaire est toujours la règle. Pour la première fois notre compatriote cesse de désigner les êtres par les phrases descriptives qui donnent lieu à une terminologie d’une excessive complication. Il rapporte à un même groupe
(1) Pierre Belon et la nomenclature binaire. Rev. scientif., 9 déc. 1882, — Comptes-rendus, t. XCV, p. 352.
toutes les plantes tres semblables entr’elles; il les comprend sous un nom commun, véritable nom générique : agi, Ulmi, Frazini, Aceres, Corni, etc. À la phrase descriptive ordinairement ajoutée au nom commun, il substitue un nom spécifique, tantôt simple adjectif, se rapportant à l’une des qualités extérieures du végétal : Sorbus torminalis, Smilaz aspera, Smilax laevis, Papaver corniculatum, Cyperus lonqus, Cyperus rotundus; tantôt l’un des noms usuels de l’époque : Orobanche Lycos, Atractylis ardactyla; ou le nom d’un personnage célèbre : Viburnum Ruelli, Ficus Pharaonis. Telle est la nomenclature binaire, essentiellement caractérisée par l’application à chaque plante de deux noms qui se complètent mutuellement : l’un générique, exprimant les conditions communes par lesquelles elle se lie avec les plantes les plus rapprochées d'elle; l’autre spécifique, les caractères propres par lesquels elle s’en distingue. »
M. Crié a fait voir que Belon applique les mêmes principes dans ses ouvrages de zoologie, même pour la nomenclature des formes nouvelles qui s’offraient pour la première fois à l’observation.
Le même auteur a publié récemment (l) quelques extraits et diverses observations tirées des Singularités de Pierre Belon pour en faire ressortir les mérites : elles sont, dit-il, remplies
d'originalités locales et remarquables par l’ampleur des observations.
L'HISTOIRE DE LA NATURE DES OISEAUX, AVEC LEURS DESCRIPTIONS ET NAÏFS POURTRAICTS RETIREZ DU NATUREL, ESCRIPTE EN SEPT LIVRES:
Paris (Q. Corrozet), 1555, in fol., avec fig. — Rare. Quelques exemplaires sont enluminés.
« Cet ouvrage, qui renferme des détails curieux sur la chasse
(1) Les voyages de Pierre Belon et l'Égypte au XVI: siècle. — Revue scientif. 17 février 1883, p. 197,
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aux oiseaux, est souvent cite par Buffon; c’est le traité d’ornithologie le plus important du seizième siecle. »
« Pierre Belon, dit M. L. Crié, en appréciant l’Æüistoire de la nature des oiseaux\l), se révèle comme un observateur plein de sagacité et un penseur audacieux. Avec lui, c’est à la fois l’époque de la compilation qui finit et celle de l’observation qui commence. Il ajoute au trésor commun des connaissances plus de richesses que ses prédécesseurs depuis l’antiquité et tous ses contemporains à la fois. A la tête de son traité publié en 1555, Belon ose dresser le squelette d'un oiseau en face de celui de l’homme et désigner par des signes communs toutes les parties
communes de l’un et de l’autre. Notre compatriote ouvre alors aux sciences naturelles une voie nouvelle en créant le méthode
comparative. Le parallèle qu'il établit entre le squelette de l'homme et celui de l’oiseau est un trait de génie. »
Les REMONSTRANCES SUR LE DEFAULT DU LABOUR ET CULTURE DES PLANTES ET DE LA CONNAISSANCE D'ICELLES CONTENANT LA MANIÈRE D'AFFRANCHIR ET APPRIVOISER LES ARBRES SAUVAGES. Paris, 1558, in-8°.
« C'est le dernier et peut-être le plus intéressant des ouvrages de Belon;, l’auteur y donne la liste des arbres exotiques qu'il serait utile d'introduire en France, et il invite le collège des médecins de Paris à fonder un établissement pour l’acclimatation des plantes étrangères « tant pour leur délectation que pour l'augmentation du savoir des doctes ». Le cardinal de Lorraine recommanda le plan de Belon à Henri II; malheureusement le mauvais état des finances ne permit pas alors de le mettre à exécution. »
J.de Liron d’Airolles, en relatant les faits précités, ajoute que : « ce ne fut que sous le règne de Louis XIV, auquel il fut donné de faire tant de choses, que cet utile projet d'introduction et de multiplication de végétaux étrangers put recevoir son exécution,
(1) Rev. scientif,, 14 oct, 1882, p. 482.
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par la formation de la pépinière royale du Roule, au faubourg du Roule, à Paris, établissement que le Roi visita bien souvent seul et d’autres fois avec cet apparat qu’il savait donner à un si haut degré, sans doute pour manifester dans cette circonstance tout l'intérêt qu'il prenait à la réussite. Le ministre Colbert nomma à la direction de cet établissement royal l’abbeé Notin; ce fut le chevalier Aubert-Dupetit-Thouars qui en fut le dernier directeur, cette pépinière ayant été supprimée sous le roi Louis XVIII parce qu’elle faisait double emploi avec celles de Versailles et Trianon, et surtout parce qu’elle occupait un terrain d’une trop grande valeur. »
René du Bellay avait réalisé à Touvoie, près Le Mans, quelques uns des grands projets de Pierre Belon. « Ces jardins de Touvoie écrit M. L. Crié (1), qui virent fleurir, au XVI" siècle, les Caroubiers, les Pistachiers, les Arbres de vie (Thuya), ces jardins où l'illustre savant fit germer le premier les semences du Platane, de l’Acacia d'Arabie et du Gaïac, étaient alors les plus beaux, les plus riches, non seulement de la France, mais encore de l’Allemagne et de l'Italie. C’est donc aux environs du Mans que notre compatriote fonda, au XVI: siècle, le premier jardin botanique français dont les jardins de Montpellier (1596) et de Paris furent le complet épanouissement. »
Les Æemontrances de Belon furent traduites en latin par Ch. de L’Escluse et publiées en deux éditions.
P. Bezronn, De neglecta stirpium cultura alque earum cognitione Libellus..…. Crusius à Gallico Latinum facicbat. Antwerpiae ex off. Chr. Plantini, 1589, 1 vol., in-8&, 87 p.
P. Bezronu, De neglecta Plantarum Cullura, aique earum cognitione Libellus..….C. CLusrus ante aliquot annos à Gallico Latinum faciebat,
* el nunc denuo recensebat.
Anvers, Plantin, 1605, in fol., dans C. Cziusir Æxoticorum, II, p. 209-242.
(1) Pierre Belon et son œuvre ; broch. in-8c.
DRE P. BELON, PORTRAITS D'OISEAUX, ANIMAUX, SERPENS, HERBES, ARBRES, Hommes, ET FEMMES D'ARABIE ET D'EGYPTE, OBSERVES PAR PIERRE
BELON ET GRAVÉS EN BOIS, AVEC UNE EXPLICATION EN RIME FRANÇAISE ET DES QUATRAINS SOUS CHAQUE FIGURE. Paris, 1557, in-4°, fig.
Recherché et peu commun. Quelques exemplaires ont été enluminés — une édition de 1618.
« Selon M. Hauréau (ist. litt. du Maine, t. III, p. 262), ce ne serait pas l’œuvre de Belon, mais d’un de ses éditeurs ».
« L’accusation de plagiat, qu'on n’intenta au grand naturaliste qu'après sa mort, et dont Scévole de Sainte Marthe (dans l'éloge de Pierre-Gilles d'Albi) et de Thou (ist. univ. liv. XVI) s'étaient rendus les organes, n’est qu’une calomnie, que Thomasius, Corneille Tollius et d’autres ont eu le tort de répéter. En effet, la partie intéressée vivait encore (Pierre-Gilles ne mourut à Rome qu’en 1555) à l’époque où Belon avait déjà mis au jour la plupart de ces ouvrages » (Æoefer). (1)
« L’amour de la vérité, un désir avide d’acquérir des connaissances, un courage infatigable, l’art d'observer et l’esprit d’analyse firent de Pierre Belon un savant distingué et on le place au nombre de ceux qui contribuerent puissamment aux progrès des sciences dans le 16° siècle. »
« Gerner et Belon doivent être considérés comme les fondateurs de l’histoire naturelle et Belon plus particulièrement comme inventeur de l'anatomie comparée, à l’époque de la renaissance des lettres » (Piogr. univ.).
Plumier a créé à la memoire de Belon un genre de plantes d'Amérique, auquel il a donné le nom de Zellonia; il a été consacré par Linné et il fait actuellement partie de la famille des Rubiacées.
(1) Voir, à ce sujet, la Biogr. univ. de Michaud, LIT, 1843, p. 601.