PIERRE BELON ET L'HORTICULTURE
Par M. Louis CRie().
Pierre Belon est le premier naturaliste qui ait préconisé, dans ses ÆRemonstrances, l’idée de la fondatiou d’un établissement français consacré à la culture des plantes, et c’est à Touvoie, près le Mans, qu’il réalisa au X VI: sièele quelque chose de ses grands projets.
Plusieurs jardins botaniques avaient existé dans l’antiquité. Le plus ancien est celui que Théophraste fonda à Athènes. Un autre fut créé par Mithridate, roi du Pont, 135 ans avant J.-C. Un troisième appartenait à Castor, médecin romain célèbre sous les premiers empereurs. Au XI° siècle, Mohamed-ben-Ali, naturaliste arabe, avait collectionné à Grenade un certain nombre de végétaux rares et curieux. Vers l’année 1530, Euricius Cordus, de Marbourg, dota sa ville natale d’une école botanique destinée aux futurs médecins et apothicaires. En Italie, Brasavola suivit l'exemple d’'Euricius. Trois ans plus tard, Luca Ghini établit à Pise, aux frais de Cosme de Médicis, premier grand-duc de Toscane, un magnifique jardin que Pierre Belon visita en 1555. Notre compatriote fut émerveillé de sa richesse, et il nous apprend que « Messire Andræa Césalpin, lecteur des simples, lui fit présent de deux pieds toujours verts d’un Zawro Cerasus avec racines. » Cet arbre que notre célèbre voyageur observa le premier en Anatolie (1546), a été nommé par lui cerisier de Trébizonde (Cerasus Trapezuntina).
(1) Revue scientifique, 21 oct. 1883, p. 534.