Voir Moniteur du a^ jour complémentaire an VI
autorités constitutives, aux administrations diverses, aux écoles particulières et publiques, aux tribunaux. Les boutiques, les magasins devaient être fermés. On vit, au sujet du repos du décadi, le Directoire tenir bureau de casuistique , et les ministres décider en théologiens quels travaux de la campagne tombaient sous le coup de la loi'. C'est qu'aucun effort ne devait être épargné pour assurer le succès d'une institution destinée à « épurer les mœurs » .
Après avoir créé au peuple des loisirs obligatoires, il s'agissait de l'occuper moralement. « Le Corps législatif, disait François de Neuf château dans sa circulaire, a
L^art. i^*" portait : « Les décadis et les jours de fêtes nationales sont des jours de repos dans la république. • Voyez aussi Moniteur du a frimaire an VI.
1. Le ministre de la police Duval, dans une circulaire du aS frimaire an VU {Moniteur des lo et ii pluviôse), discutait gravement si en temps de semailles un cultivateur pouvait labourer le décadi, et si, dans ce cas, la « plantation du colza » pouvait être « assimilée à une opératioo de semai lie • .
DUNE AELIGlOiN CIVILE. 171
voulu fonder la morale publique. » La loi qui a établi les décadis a « mis en action une grande pensée philosophique en découvrant la source du repos pour les républicains dans Fheureuse agitation de la fête des lois, des sentiments et des vertus » . Cette heureuse agitation des lois, des sentiments et des vertus devait avoir pour théâtre dans chaque commune un lieu spécialement affecté aux réunions décadaires. Au besoin les « cidevant églises D pouvaient être transformées en ce temples républicains )». L'appareil déployé était a simple mais imposant. Un autel de la patrie » se dressait dans Tenceinte décorée «d'emblèmes civiques ». On y voyait les bustes des hommes célèbres, des tableaux, des inscriptions dictées par Tamour de la liberté. La déclaration des droits et des devoirs de l'homme y était placée de manière à être lue facilement par tous les assistants.
A Paris, une délibération du département
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de la Seine ' fixa comme siège dee réunions décadaires pour le premier arrondissement, l'édifice « Philippe du Roule, » pour le deuxième o celui Roch, » pour le troisième « celui Eustache, » pour le quatrième a celui Germain l'Âuxerrois, v pour le cinquième « celui Laurent » , pour le sixième « celui Nicolas des Champs ». Les cultes qui occupaient ces temples devaient, pendant le temps de la cérémonie décadaire, vider les lieux et faire disparaître tous les emblèmes religieux. Il était instamment recommandé au président de la fête de faire appe'ndrc dans l'endroit le plus apparent de l'édifice « un tableau contenant la déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen ».
Nous connaissons maintenant le local de la îàte. Qui est-ce qui pontifiera dans ce K temple républicain? » Leclerc, parlant de