ÉCHEC DE CES INVENTIONS
Une réaction toute-puissante allait emporter tous ces vains essais de religion civile. Le Directoire , malgré tous ses efforts * ,
1. Le 19 germinal an VU, le Directoire adressa au conseil des Cinq-Cents un message pour l'inviter à établir le culte décadaire dans toutes les églises, à le faire pénétrer de force dans les campagnes. II s'agissait de ■ substituer à des préjugés destructeurs la religion de la morale et le culte de la loi ». Les fêtes décadaires organisées jusqu'alors dans les cantons devaient l'être désormais dans chaque commune. A Teffet « partiel » allait se substituer « l'effet général » . Dans chaque village le culte décadaire allait s'élever à côté du 'culte chrétien, et puisque « l'habitude tyrannise le genre humain », puisque la routine a
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n'avait pas réussi à donner la vie aux réunions décadaires. Les décadins étaient définitiTemeni vaincus par les donUrdcaifis. En 1800, toutes les créations nouvelles, destinées à remplacer le christianisme, sont tombées dans un discrédit absolu; nous assistons pour ainsi dire à leur enterrement. Consultez, en particulier, les vœux des conseils généraux ' , vous entendez les représentants des départements s'écrier dans les Hautes-Pyrénées,
fait préférer jasqa'ici le « temple catholique » qui était près, an < temple décadaire • qui était loin, les habitants trouveront désormais le lieu de réunion en sortant dk leurs demeures. A TofEcier municipal sera substitué un chort^e^ républicain éprouv^é, qui sera chargé de r^ler le détail des cérémonies décadaires et d^appliquer le rituel dressé par le Directoire. « Ainsi, disait le message, le culte de la loi et de la morale que vous avez voulu fonder en établissant les réunions décadaires, propagé sur tous les points de la république, s'élèverait simultanément sur les débris de la superstition, qu'il écraserait par ses moyens et stw son autel même, » Débats et décrets, germinal an VII^ p. 3ii.
1. Analyse des procès- verbaux des conseils généraux des départements, pour l'an Mil et IX. Bibl. nationale.
dans le Tarn : ce Les fêtes nationales font peu d'impression dans l'esprit public. Les formes employées depuis dix ans sont usées » ; dans le Lot-et-Garonne i « Les fêtes nationales n'ont jamais été très suivies » ; dans les Hautes- Alpes : « Elles sont inconnues dans les campagnes x>; dans la Vienne : ce Le peuple n'y assiste que rarement »; dans l'Ariège : « Les fêtes nationales ne sont célébrées dans la plupart des communes que par les fonctionnaires publics et pour obéir à la loi ». C'est à peine si, au milieu de cet abandon universel, les conseils généraux de la Haute- Marne, delà Meuse-Inférieure, de l'Yonne, de la Charente se montrent un peu plus favorables à une organisation démodée.
Le commissaire de la Haute-Marne parait avoir bien marqué le véritable état de l'opinion publique lorsqu'il écrivait : a Les fêtes nationales, les jours de repos n'y sont plus célébrés, et toutes les institutions
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républicaines en un mot sont constamment tournées en ridicule. »
Les conseils généraux, en constatant le décès des fêtes républicaines, ne manquent pas de signaler la cause de leur échec.
C'est l'absence de la religion, s'écrient-ils, qui a frappé toutes ces institutions d'impuissance, la religion seule peut leur rendre la vie * .
1. Conseil général de TAllier : « Les fêtes nationales sont négligées dans les villes et absolument abandonnées dans les campagnes. Y associer les idées religieuses. » —r (Calvados) « Lier la célébration des fêtes nationales aux grandes idées de Texistence de la Divinité. » — (Gironde) « Les anciens^ nos maîtres en tout genre, avaient donné à leurs fêtes un caractère religieux. » — (Haute- Vienne) (c Pour donner aux fêtes nationales Téclat qui leur convient, il faut les rattacher à des idées religieuses : c^est le moyen de les ennoblir. » — (Sarthe) « Leur imprimer un caractère religieux...; il faut que la Divinité en soit le but et le principe. » — (Basses- Pyrénées) « Lier les fêtes na» tionales à la solennité du culte religieux. La religion seule parle à tous les cœurs; cVst le seul frein constant des passions, te seul objet vers lequel se portent constamment l'émotion du cœur et les illusious si douces de l'imagination. »