‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 20 sur 51 · Ÿ Ë Ë HI HE · texte numérisé non relu

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jusqu’à nous. 30 S’ils sont vérédiques, le rationalisme répond de la manière la plus aimable du monde par différents systèmes ou il s’efforce de rajeunir les Saints Livres, et de les dépouiller de leurs auteurs légitimes.

À l'en croire, les livres les plus anciens de la Bible sersient d’une origine relativement récente, et les traditions judaïque et chrétienne se seraient trompées en les attribuant à Moïse ou à -des auteurs particuliers.

Le Pantateuque, surtout, qui est la clef de voûte des livres saints est devenu le point de mire de toutes'les attaques de l’incrédulité.

Le rationalisme allemand, si fécond en Systèmes, en a imaginé plusieurs pour enlever à Moïse l'honneur d’avoir écrit les cinq premiers livres de la Bible.

À titre de curiosité, je cite quelques-unes des hypothèses dont la diversité est loin de faire honneur à la science germanique.

Sévérin Vater ne voit dans la Pentateuque qu’une compilation de fragments, venant on rie sait d’où, qui ont été réunis les uns avec les autres, de manière à former une véritable mosaïque littéraire à l’époque de la captivité de Babylone,

Henri Ewald, l’un des savants rationalistes les plus célèbres de notre siècle, soutient que le Pantateuque est dû à la plume de sept auteurs

différents, l’un vivant à l’époque de Sam son ; un autre du temps de Solomon ; un troisième contemporain du prophète Elie et-un quatrième vivant au 9ème siècle avant J.-C.

Les autres plus rapprochés de nous par le temps où ils’ont vécu, ont, dit-il, contribué pour une large part à donner au Pentateuque la forme aw’on lui connaît.

Auguste Knobel, se fondant surtout sur l’étude philologique des mots, distingua la “ source élohiste ” du Pentateuque qu’il rapporta au temps de Saül ; le “ Livre des guerres,” datant du règne de Josaphat et écrit par une main juive ; le “ Livre du droit,” œuvre d’un Juif de la tribu d’Ephrahim, qui le composa vers l’époque de la ruine de Samarie. Ces trois sources ou parties du Pentateuque furent réunies et fondues ensemble, sous le règne d’Ezéchias, par un écrivain que- Knobel appelle Jéhoviste parce qu’il désigne Dieu sous le nom de J éhova, de manière à former les quatre premiers livres du Pentateuque. Le cinquième, c’est-à-dire le Deutéronome, est un ouvrage indépendant qui eut

probablement pour auteur le grand-prêtre Helcias,

Nous pourrions continuer la nomenclature des exégètes allemands et nous verrions se succéder une douzaine et plus de systèmes analologues à ceux que nous avons mis sous les yeux

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du lecteur. Tous se contredisent et se combattent, quand il est question d’expliquer positivement l’origine du Pentateuque ; mais il y a entre eux une entente admirable, quand il s’agit de rayer le nom du législateur des Hébreux de l’entête des cinq premiers livres de la Bible.

Le rationalisme allemand ne s’en est pas tenu au Pentaieuque, il a aussi rejeté l’authenticité de la plupart des livres de l'Ancien Testament. Promenant son scepticisme sur les différents passages de la Bible judaïque, sans tenir compte de la tradition, il a rangé, à plaisir, au nombre des fictions de fabrique sacerdotale la plupart des écrits des prophèt s, les psaumes et la partie historique de l’Ancien Testament qui relate le miracle et la prophétie.

Le Nouveau Testament, malgré son origine plus récente, n’a pas été beaucoup plus heureux. Le rationalisme, avec Bauér et l’école de Tubing®, rejette en majeure partie son origine apostolique, pour :n faire une œuvre de polémique rédigée, durant les deux premiers siècles de l'Eglise, par les partisans de deux factions enncmes, les Petrinistes et les Paulinistes, qui divisèrent les fidèles au commencement du christianisme.

Mais si l'Ancien et le Nouveau Testament ne sont pas, ce qu’on les a cru jusqu'ici, l’œuvre des écrivains à qui les attribue la tradition, d’où

viennent-ils donc ? Ecoutons encore le rationalisme allemand.

Le Nouveau Testament tout entier n’est qu’un recueil de légendes populaires, qui se sont formées peu à peu dans le cours des âges et que des écrivains de bonne foi, nous dit De Wette, ont reproduits dans leurs écrits.

Ces légendes, bien “entendu, en passant de bouche en boxclte ont été défigurées pour les besoins de la cause théocratique et sont devenues merveil'euses ; de là le nom de Mythes, fables, sous lequel on les désigne.

Le mythe, fruit de l'imagination du peuple juif, est donc la cause principale de l'Ancien Testament.

Ainsi, St Augustin, Origène, Tertullien, St Jérôme, Bossuet et une foule d’autres hommes de génie, qui ont analysé avec tant de profondeur le texte de l’ancienne loi, paraphrasé les versets des psaumes, qui se sont élevés à des pensées si sublimes par la méditation des faits bibliques, n’avaient donc, ô dérision, sous les Jeux pour les émerveiller que des contes de vieilles femmes !

Le mythe, une fois trouvé, a fait merveille.

Strauss, l’Arius des temps modernes, et l’inspirateur de Renan, partant de ce principe que Je miracle est impossible, et voyant les Svangiles remplis de faits miraculeux, eut recours au sys-

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tème de De Wette pour expliquer l’origine du Nouveau Testament. Ecoutons cet oracle du rationalisme moderne : | “Quand je me mis à !a composition de mon livre—la Vice de Jésus,—javais devant moi deux ou plutôt trois vues opposées sur l’histoire évangélique, et notamment sur ses parties miraculeuses, de tout temps les plus importantes pour la dogrmatique. Les unes prensient les récits, selon leur sens évident, comme des relations de faits surnaturels, qu’ils tenaient pour réellement accomplis. Je ne pus imposer à mon esprit une telle foi.—Les autres disaient :“ Ces histoires sont vraies, mais tout s’est passé naturellement, et les narrateurs n’ont fait que laisser de côté des transitions, des détails, des circonstanceg accessoires, qu’ils supposaient aller de soi, et ce sont ces omissions qui créent l’appa-: rence du miracle.” Je ne pus me résoudre à une aussi violente interprétation des récits bibliques. — Une troisième opinion, moins en vue, donnait tantôt les faits, tantôt les récits pour artifices et fantasmagories d’imposteurs : un tel soupçon me répugna.—Que faire donc pour trouver un:

issue ? Je considérai les récits sacrés des religions antiques que personne ne songe plus à prendre au sens surnaturel avec Hérodote, ni à expliquer naturellement avec Evhémère, ni à donner pour impostures ou jeu du diable avec le

zèle des Pères de l’Eglise, mais que l’on accepte, au contraire, comme légendes nées sans intention ni malice, de la pieuse imagination des peuples et de leurs poètes. Je considérai de même les récits miraculeux de l’histoire évangélique, ou du moins la plupart d’entre eux, comme produit de la fiction naïve des premiers âges du, Christianisme.” Le rationalisme français n’a fait que reproduire les hypothèses germaniques sur les origines de la Bible, Et Renan, le plus fameux incrédule que la France ait produit au dix-neuvième siècle, n’a fait que copier Strauss et de Wette en revêtant leurs idées par la magie de sa prose qui veut tout dire et qui ne signifie rien. Après avoir proclamé la souveraine indépendance de la critique qui “ne connaît : as le respect,” qui “ juge les dieux et les hommes,” qui ‘rompt tous les charmes et dérange : tous les voiles,” étant ainsi “ par son essence même coupable de lèse-majesté divine et humaine ?”;(1) le professeur d’hébreu de la Sorbonne déclare, en parlant du récit évangélique, “ qu’il faut désespérer d'arriver jamais à la parfaite compréhension de ses merveilles ” et que Jésus se dérobe, quant à lui, “à une analyse définitive.” (2) (1) Liberté de penser, 1849, p. 365.

(2) Liberté de penser, 1849, p. 454.

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