JÉSUS-CHRIST AFFIRME SA DIVINITÉ
La divinité de J ésus-Christ, comme nous l’avons démontré, se dégage nettement des oracles prophétiques ; elle est aussi la conséquence de sa mission régénératrice dans le monde.
Maintenant, avant de lui donner la confirmation du témoignage divin qui émane des miracles, nous allons entendre J ésus lui-même proclamer qu’il est vraiment Dieu.
Jésus dit qu’il est Dieu. 11 Je dit dans l’intimité, il le dit en publie, il le dit à la loi, il le dit à la mort.” (1)
Un jour, sur le bord du lae de Tibériade, il demande à ses apôtres réunis ce que le monde pense de Lui. Ces derniers répondent aussitôt : “On dit partout que vous êtes Jean-Baptiste,ou Jérémie, ou Elie, ou quelqu'un des prophetes.”
Mais vous, Pierre, que dites-vous de Moi ?
Alors Simon-Pierre, avec la certitude de la foi : “ Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant.” (2)
Cette déclaration de St. Pierre ne peut avoir que deux significations. Ou bien, elle veut dire
que J'ésus est fils de Dieu, comme nous le somne
(1) Monsabré, Carème 1878, pige 109. (2) Math., Cap. XVI, 16.
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mes tous, par “ création ” ; ou elle signifie que le Christ est véritablement fils de Dieu par : génération,” de toute
éternité, par conséquent, Dieu lui-même.
Dans le premier sens, la profession de l’ st des plus banales et reste bien au-dessous de l’opinion vulgaire qui, au moins, faisait de Jésus un prophète ; et, l’on ne comprend
Pas comment le maître peut attribuer à l’inspiration de Dicu, des p
apôtre
aroles aussi insignifiantes :
“Tu es bienheureux, Simon, fils de J can, Car ce n’est ni la Chair, ni le Sang qui t'ont révélé ces choses, mais mon Père qui est dans les cieux.”
Dans le second, tout est bien ; Jésus est plus grand que J can-Baptiste, Jérémie ou Elie ; on Comprend qu’il faille à Pierre une révélation spéciale pour connaître la filiation du Verbe consubstantiel au Père, et l’on s’explique la récompense magnifique accordée à Ja foi de Simon par Jésus : “ Je te dis, moi, que tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel.”
Cette promesse est peu ordinaire et requiert à elle seule la divinité de J ésus, pour ne pas être
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dénuée du plus vulgaire bon sens. Quel homme si puissant qu’il soit, serait assez audacieux pour accorder à son semblable un Pouvoir sur les consciences, soit pour les libérer où les enchaïner, qui doive avoir ga ratification dans le ciel ?
Cctte scène du lac de Génézareth est tout à fait significative. Jésus n’a pas dit : Je suis Dieu ; mais il a laissé proclamer sa filiation divine sans Protester, et, par ses récompenses accordées à Pierre, il s’est approprié la profession de foi dé ce dernier pour en faire la déclaration formelle, quoique tacite, de sa divinité.
Jésus laisse clairement pressentir sa divinité dans ces paroles rapportées par St-Jean : “ Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son “ fils unique.” Celui qui croit en lui n’est pas condamné, celui qui ne croit pas en lui est condamné car il ne croit Pas au nom du fils unique de Dieu ” (1) 11 soulève le voile de sa filiation divire dans ces autres : “ Je suis sorti de mon Père, (2) ” ot, cependant, mon Père est en moi et je suis en mon Père.” (3) Il s’identifie avec des choses qui sont de l'essence de Dieu : “Je suis la vérité ef la vie. (4) Je suis la lu- CS
(1) Joan, Cap. III, 16, 18, (2) Ibid. Cap. XVI, 28.
() Ibid. Cap. X, 38.
(4) Joan., Cap. XIV, 16.
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mière du monde.” (1) I} s’attribue “ l’incommunicable pouvoir de créer, l’éternelle et immuable existence qu’on’ ne reconaît qu’à Jéovah. “ Moi qui vous parle, dit-il, je suis le principe de toutes choses.” (2) “ En vérité, en vérité, avant qu’Abraham fut, je suis.” (3) “Accusé de remettre les péchés, œuvre souveraine qui ne convient qu'à Dieu, il ne s’explique ni ne s’exeuse, dit Monsabré, au contraire, il insiste et il prouve.” La preuve qu’il fournit est un miracle éclatant, la güérison du paralytique
Il reçoit l’adoration de l’aveugle-né sans protester, comme le feront plus tard les apôtres
quand on voudra leur rendre les honneurs divins.
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: Que dis-je ! il lame de tout le monde le suprême hommage du culte de latrie, Ut omnes honorificent filitum sicut honorificant Putrem. “ Afin que tous honorent le fils comme ils honorent le Père,” et la raison, c’est qu’il ne fait qu’une seule et méme chose avec Dieu le Père. Ego et Pater unum sumus.
Le peuple juif ne se méprend pas sur la portée de ses paroles et crie au blasphème. On veut même le lapider selon la loi de Moïse, Jé-
(1) Joan., Cap. VIII, 2, (2) Ibid., Cap. VIII, 25.
(3 Ibid., 58.
sus ne rétracte rien, il réaffirme plutôt sa divinité et, quand on veut le saisir, il s’enfuit. (1)
Enfin, il est traduit au tribunal de Caïphe et mis en accusation sous différents prétextes, mais en réalité, parce qu’il s’est dit le Fils de Dieu et le Messie annoncé par les prophètes.
Le moment est solennel. Il y va de sa vie.
“ C’est le temps d'expliquer les méprises, de réduire les exagérations, de désavouer les paroles imprudentes. La loi attend. Vaine attente Jésus n’explique rien, ne réduit rien, ne désavoue rien.” À cette question : “Je vous adjure par le Dieu vivant de nous dire si vous êtes e Christ, fils de Dieu,” il répond d’un cœur tranquille et d’une voix assurée : “ Vous l’avez dit, je le suis, et vous verrez un Jour le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel à la droite de la puissance de Dieu.” U’est son arrêt de mort qu’il vient de prononcer. Nous avons une loi, s’écrient les Juifs, et selon cette loi, il doit mourir parce qu'il s’est fait le fils de Dieu.” (2)
Et bien, soit, il mourra, non sans avoir essuyé tous les outrages et vidé le calice jusqu’à la lie mais, quand le drame ‘de sa passion sera sur le point de toucher à sa fin, qu’il verra ses forces défaillir et sentira son âme sur le point de lui ———
(1) Joan., Cap. X, v. 30.
(2) Mousabré.
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échapper, n’allez pas croire qu’il regrette ses prétendues impostures et ses déclarations soidisant blasphématoires ; “ il concentre l’affirnation de sa vie publique dans ses suprêmes invocations au Père dont il est le fils unique. I] le prie pour ses bourreaux : “ Père, pardonnezleur, parce qu’ils ne savent ce qu’ils font.” I] lui remet son âme : “ Père, je remets mon âme Cutre tes mains.” “ Pater in manus luas commendo spiritum meum. (1)
Jésus a parlé en Dieu par les affirmations réitérées de sa divinité et, nous Pourrions ajouter par la sublimité de ses enseignements et ;la Pureté de sa doctrine ; Mais, a-t-il agi comme il convient au maître du monde ? Ila dit plusieurs fois aux foules incrédules : “ Si vous ne croyez à mes paroles, croyez du moins à mes œuvres.” Ses œuvres sont-elles véritablement à la hauteur de ses discours ?
C’est ce que nous allons’ voir dans le chapitre suivant.
———————s (1) Monsabré, Caréme 1878, page 126.
' Ses soiffir- CHAPITRE IX :
mes er - H pe) JÉSUS CHRIST PROUVE s4 DIVINITÉ PAR SES Il MIRACLES me Lorcqu’un ambassadeur se présente en pays : pd étranger, il doit présenter ses lettres de créance, Aussi, sommes-nous en droit d’exiger de quiconons que se donne comme l’envoyé de Dieu et veut DU- nous imposer une religion en son nom, la preuve la d’une mission véritable de la part du grand Roi. s Ed Martin Luther, Hénri VIIL, Mahomet, Con- 4 u- fucius, Julien l'A postat, Néron, Waldeck Rousà seau et tant d’autres qui ont usurpé le domaine es religieux sans se Pourvoir au préalable d’une nt autorisation divine, ne sont que des intrus sacrilèges ou des tyrans, re
Le Christ n’a pas voulu permettre au doute, même le plus léger, d’infirmer la preuve de sa mission divine.
Déjà, par la réalisation des prophéties messianiques, il nous a donné une preuve évidente de sa divinité ; Iais, pour forcer notre incrédulité jusque dans ses derniers retranchements, le Sauveur a jugé à propos de faire davantage. Il a voulu ajouter au témoignage de la prescience divine celui de la toute puissance, en ac-
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Compliésant une foule de prodiges miracule que nous allons passer brièvement en revue.
Ici, le champ est vaste. Les événements merveilleux de la vie du Christ occupent dans les Evangiles une si large place que nous devrons Nous contenter de les tsquisser à grands traits, et même d’en faire une simple mention, nous réservant d'analyser les plus extraordinaires, ceux qui sont généralement plus connus et que
les théologiens ont rangés parmi les miracles de premier ordre.
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Il est inutile de faire de longues dissertations sur la nature du miracle, sa possibilité et sur les signes qui le caractérisent. Le récit évangélique, malgré sa simplicité, et à canse de cela Peut-être, laisse suffisamment entre toute puissante de Dieu dans les Jésus-Christ. Car, sachons-le bien, il n’est pas nécessaire d’être savant Pour constater qu’un fait est surnaturel. Il suffit d’avoir l’usage de ses sens et de sa raison.
Tout homme ayant atteint le complet développement de ses tacultés mentales, qu’il soit initié ou non aux secrets de la science, connaît très bien quel est le domaine où s’exerce d’ordinaire l'efficacité des causes naturelles, Il sait,
voir l’action prodiges de
Par exemple, quelles sont les propriétés de l’eau, du feu, ete., ce qu’il faut à peu près de vivres Pour nourrir une grande multitude, quel est le
traitement ordinaire des maladies corporelles et quand les ressources de la médecine sont absolument impuissantes. I] n'ignore pas, surtout, que sa puissance à lui est limitée et que, s’il peut engendrer un être vivant,, qu’il’appelle son fils, il ne saurait raviver les victimes de la mort.
Personne refuse d'admettre, non plus, qu’il faut laisser à notre ignorance une certaine latitude où, malgré les apparences merveilleuses, dans certains faits, elle doit accorder à Ja nature le bénéfice du doute,
Mais, si la ligne de démarcation n’est pas, nettement définie entre la nature et la surnature, il n’en est pas moins vrai qu’elle existe. On ne sait pas au. juste où Les forces naturelles viennent expirer, mais enfin on sait bien qu’elles s'arrêtent quelque part, à une limite assez rapprochée. Le projectile qui s'échappe du canon d'un fusil sous la poussée de la poudre en combustion ira plus ou moins loin dans l’espace,sans qu’on, puisse préciser au juste l’endroit où il cessera d’avancer, mais il n'ira certainement pas dans la lune,
Bref, sans avoir exploré le monde Jusque dans ses extrêmes limites, nous savons qu'il est fini et limité avec tout ce qui le constitue.
Aussi, quand un prodige s’accomplit en dehors de toutes les forces connues et réputées possibles de la nature, nous sommes en droit d’y-
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voir l'intervention de Dieu du soleil par Josué la mer Rouge par nomène relève d’u qu’il demande po
: exemple, l’arrût où la division des eaux de Moïse, Mais, quand ce phén© puisance souveraine ct ur être produit une cau«.
d’une vertu infinie, évidemment, il n'y a pas d'erreur possible, nous sommes loin, bien loin, de la ligne indécise qui sépare le naturel du sur. naturel. Le maître absolu de la nature nous ap- Paraît alors dans toute sa majesté, son action toute puissante, et nous crainte constater le -miracle. Maintenant, voyons Jésus-Christ à l’œuvre.
Il manifeste pour la première fois sa puissance Surnaturelle aux noces de Cana, en Galilée, à la Prière de Marie, en changeaïit l’eau, dont on avait rempli six grands vases de pierre, en un vin délicieux, Ce Premier miracle, qui eut lieu en présence de nombreux témoins, convertit les Premiers disciples du Sauveur qui, dès lors,crurent à leur maître. (1) À partir de ce moment, la Galilée, la Samarie et la Judée deviennent le théâtre de ses prodiges ; toutes les infirmités humaines sont l’objet de ses cures merveilleuses tempêtes, les flots Courroucés puissance, et les démons enx
lui obéir, rendent hommage PEER
(1} Joan, 2, IL
du moins par pouvons sans
; les vents et les reconnaissent sa -mêmes, forcés de à sa divinité,
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Il guérit le fils d’un officier de Capharnaüm, la belle-mère de St. Pierre ; remplit à les rompre les filets de son disciple Simon, qui devait, suivant l'expression du Sauveur; devenir pêcheur d'hommes ; rend Ja santé à un paralyti-
que qu’on descend par le toit dans la maison de .
St. Pierre, en disant cétte parole si pleine d’autorité : “ Lequel est le plus aisé de dire : Vos péchés sont remis, ou : Levez-vous et marchez ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, je te dis : Lève-toi, emporte ton lit et va en ta maison. (1)
De nouveau, à J érusalém, à la piscine de Bethsaïda, \par cette simple phrase : “ Levez? vous, prenez votre lit et marchez,” il procura la santé à un homme qui était /malade depuÿp trente ans. Il récompense la foi du centurion Par la guérison instantanée de son serviteur mourant, et dans la Samarie, dix lépreux, lui doivent la délivrance de leur horrible maladie. Il rend la vue à un Pauvre aveugle de ;Bethsaïde, et ,plus tard, à J érusalem, au grand embarras des pharisiens, il ouvre à la lumière les yeux d’un pauvre homme qui n'avait pas vu depuis sa naissance. “ Va-t-en, lui dit-il, après lui avoir appliqué sur les yeux de la terre mouil-
lée de sa salive, et lave-toi idans la piscine de ms (1) Math, 9, 1.8.
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