‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 39 sur 51 · LE CH LE LH HE · texte numérisé non relu

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et l’industrie,qui n’ont le plus souvent que des conventions librement consenties entre leurs membres, pour des fins particulières.

L'état social est la conséquence de notre nature intelligente et, aussi, le résultat de nos imperfections.

L'homme, qui est par sa naissance le membre de la plus ancienre des sociétés, LA FAMILLE, aime à vivre au milieu de ses semblables ; à partager les aspirations communes de ceux qu’il appelle ses compatriotes ; à se dire le citoyen d’une nation iou société dont les liens sont le plus souvent l’unité de race et de langage, le sol de la patrie et, surtout, l'autorité civile. Il salue avec orgueil l'emblème de la puissance et des gloires de son pays, qui flotte sur les édifices publics, au grand mât des navires, à la tête des régiments nationaux. L'union qui règne chez un peuple est une source féconde de grandes idées et de nobles dévouements. L'homme de la solitude, ou sans rapports sociaux, est faible, incapable souvent de pourvoir à ses propres besoins ; tandis que, réunis en faisceaux, les efforts individuels deviennent la puissance et la force.

Aussi, l'humanité tout entière, depuis les temps les plus reculés, a-t-elle vécu dans les différentes contrées du globe partagée en groupes distincts qui, sous une forme ou sous une autre, s'appellent des sociétés ou des peuples, Comme

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l’ordre surnaturel perfectionne la nature de l’homme sans L: détruire, il était convenable que le Christ donnât à sa religion pratiquée par un grand nombre de disciples, la forme stable d’une société très parfaite.

C’est, du reste, ce qu'il a fait. Iliya qu’à ouvrir l’Evangile pour s'en convaincre, Jésus n’a pas seulement prêché une doctrine céleste ou donné des préceptes d’une grande sainteté, il a établi deux ordres bien distincts parmi les chrétiens : les pasteurs et les fidèles ; ceux qui commandent, qui enseignent, qui distribuent les dons de Dieu, et ceux qui obéissent, qui s’instruisent et qui sont sanctifiés. Aux uns, il dit : “ Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise.” (1) Aux autres : “ Si quelqu'un n’écoute pas l'Eglise, qu'il soit à votre égard comme un Païen et un publicain.” (2) À ses apôtres, qui, eux et leurs successeurs seront les chefs de l'Eglise, il communique 4 Puisance qu’il a reçue de son Père : “ Toute

puisance m’a été donnée au ciel et sur la terre,

(3), “ De même que j'ai été envoyé je vous envoie.” (4) Puis, désignant clairement quel sera le véhicule de sa doctrine à travers les siècles, il confie à la parole de ces hommes la mission de ms

(1) Lue, X, 16.

(2) Math. XVIII, 17.

(3) Math., 28. 18. (4) St. Joan, XX, 21.

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prêcher et d'enseigner : “ Allez et enscigrez toutes les nations.” (5)

Enfin, il donne aux mêmes apôtres le pouvoir de remettre les péchés, celui de purifier les îmes par les ondes baptismales, et, comme apanage de leur sacerdoce, l’auguste ministère de Son Corps et de son sang dans l’Eucharistie.

Le triple pouvoir des pasteurs de l'Eglise, aussi incontestable que la lumière du soleil,suppose chez le peuple chrétien des devoirs corélatifs. Ainsi, à l’autorité des pasteurs correspond l’obéissance des fidèles ; à l’enseignement magistral des docteurs du christianisme, l’humble docilité des disciples du Sauveur ; enfin, aux fonctions saintes des prêtres de la nouvelle loi, répond la soif insatiable des âmes qui désirent s’abreuver aux sources intarissables de la grâce.

Voilà que le chaos se débrouille et que nous Commençons à voir se dessiner les gracieux contours de l’Epouse bien aimée du Christ. Nous avons déjà sous les yeux un troupeau sous la di: rection de pasteurs zélés, un peuple sous la conduite de chefs légitimes et expérimentés.

Toutefois, ce n’est Pas encore suffisant. À ce corps hiérarchique et social, il faut une tête qui centralise tous les pouvoirs et maintienne au mi-

lieu de ses membres une harmonieuse unité.

(5) Math. 28, 18.

” est une expression un peu forte, que cela nou: paraît convenable,

‘ar, si nous mettons de côté les abus de l’autocratie qui, trop souvent dans les gouvernements de ce monde, dégénère en tyrannie, il est cortain que le Pouvoir unique et absolu est lo plus efficace ct Je plus parfait, puisqu'il répond mieux à la fin de l'autorité qui est de maintenir l’unité chez les membres d’une société. D’ailleurs, il se rapproche davantage de la souveraine perfection Souvernementale qui est Dieu dirigeant Je monde,

Quoi qu’il en soit, Jésus-Christ à donné à son Eglise un chef, qui sera sa pierre fondamen:

tale et sa Sauvegarde contre les Puissances des ténèbres : « Pierre, tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’enfer ne prévaudront Pas contre elle.” ( 1)

Et, n’allons Pas croire qu’il s'agisse d’un grade honorifique qui soit Ja récompense de la foi de Simon en Ja divinité du Sauveur.

D'abord,il serait difficile de comprendre com-

oraire, décernée à l’

ms {1} Math, 16, 17.

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dans d’autres paroles qu’il entend confier à St. Pierre un véritable pouvoir de juridiction (ou la primauté, comme disent les théologiens), sur toute l'Eglise.

Pour récompenser l’apôtre de la triple affirmation de son amour, Jésus lui dit, deux fois, de paître ses agneaux et, une fois, de paître ses brebis. Or, qui sont ces agneaux et ces brebis quo le pécheur Simon devra conduire aux pâturages du Christ ? Ce sont évidemment les chrétiens, les disciples de Celui qui a dit : “ Je suis le bon Pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.” .,,.. “Je donne ma vie pour uCs brebis.” (1)

Pourquoi la houlette est-elle placée dans les mains de saint Pierre ? Quel sera son autorité sur le troupeau de Jésus-Christ ?

Il suffit de comprendre le langage biblique pou : foir que, aux trois fonctions d’un berger qui consistent : à conduire les brebis, les empêcher de se disperser et les protéger contre iles loups, correspond, dans le gouvernement d’une société humaine, le triple pouvoir législatif, judiciaire et exécutif,

Jésus-Christ a doné conféré à l’apôtre, qui doit être la pierre fondamentale de l'Eglise, l’autorité souveraine qu’il avait lui-même reçue de

(1) Joan, X, 14.

son Père ; et, désormais, l'E sa hiérarchie et son chef, Lui manque-t-il quelque chose pour être une véritable socété ? . — Elle a déjà reçu de son fondateur les lois qui la régissent ; elle a, du reste, établi dans son sein un SOUVérnement qui, sans toucher aux préceptes fondamentaux du christianisme, satira prendre en temps et lieu les mesures disciplinaires que requièrent les besoins de ses enfants. —Elle est bien visible, quoiqu'en disent les Protestants, dans ses membres, ses pasteurs et son chef ; dans sa liturgie, ses saerements et ses œuvres de bienfaisance. Sa tête est au ciel dans la personne du Christ ressuscité, son âme échappe à l'œil de l’homme ÿ Mais son corps est incontestablement sur la terre.

:lise a ses membres,

—Elle a ses moyens d'action, dont les prinei- Paux sont les sacrements de la loi nouvelle, institués par son fondateur pour signifier et produire la grâce dans les âmes.

Sa fin Propre, surnaturelle et indépendante de toutes les puissances de la terre, lui est clairement manifestée par la vie, les paroles, les actions et la mort du Rédempteur, qui est venu Suver ceux qui allaient périr et ne s’est élancé de la tombe au plus haut des cieux, que pour nous indiquer le terme de notre existence terrestre : la glorieuse vision de Dieu dans le ciel.

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Bref, que faut-il encore à l'Eglise de Jésus-

Christ pour prendre place à côté des peuples du -monde, leur ouvrir ses bras, et, sans les absorber, les recevoir dans son sein comme les enfants d’une même mère ?

À celle qui a reçu l’organisation d’une société très parfaite, non Pour accomplir une œuvre passagère, mais pour porter dans ses mains le flambeau de la révélation, il faut, non seulement les droits inhérents à la souveraineté d’une nation libre, mais aussi, la stabilité dans sa constitution,

dans ses dogmes et sn morale. T1 faut l’indéfectibiité et l'infaillibilite.

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