CHAPITRE II
L'INDÉFECTIBILITÉ DE L'ÉGLISE
Les monuments élevés Par la puissance de l’homme sont périssables comme lui. Dieu seul fait des œuvres immortelles parce qu’il est éternel.
Toutefois, malgré la caducité des choses de ce monde, malgré les ruines du passé qui dressent
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ça et là leurs masses imposantes ; il y a quelques vieux peuples qui ont survécu aux antiques sociétés et restent debou: ur une terre transformée autour d’eux, comme ces vieillards qui ont atteint l'extrême vieillesse après avoir vu tomber la plupart de leurs contemporains.
Mais que de changements, que de modifica-
tions profondes survenus dans le cours de leur existence nationale.
La royauté et la démocratie républicaine, l'aristocratie et l'empire, l’anarchie et la dictature ont tour à tour présidé aux destinées de ces peuples ; des éléments nouveaux sont venus altérer la pureté de la race primitive et parfois l’éliminer ; le territoire, lui-même, ce berceau des nationalités a reculé ou rétréci ses frontières, et la langue s’est tellement transformée que les dernières générations comprennent à peine les
écrits de leurs devancières.
Il était réservé au christianisme de donner au monde, où tout vieillit et se transforme, le spectacle d’une société toujours jeune, pleine de sève ct semblable à elle-même ; Car Jésus-Christ à fait son Eglise indéfectible, c’est-à-dire, impérissable,
I] a, pour cela, engagé sa parole divine. Mais, POUT comprendre la véritable signification des Promesses du Sauveur à son Eglise, il faut se rappeler que, en dehors de notre monde maté-
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riel, il est une puissance formidable esprits pu vers sous la domination de Satan qui, depui; premier homme, s’efforce de pousser l’humani dans la voie de la perdition : c’est la cité du décrite par St Augustin.
Or, dans la sombre géhenne, comme dans ] villes fortifiées, les portes sont l’emblème de force, le symbole de la puissance; le lieu ou l'o sæ représente les chefs de la milice infernal réunis pour comploter contre la cité de Dieu Portes terrifiantes, s’il en fut Jamais, cause dé; de bien des désastres depuis la catastrophe 4
l’Eden.
Ne craignons rien toutefois, le Christ, qui à déjà broyé la tête du serpent infernal, en mou: Tant sur la Croix, nous rassure. Son Eglise, sa ville à lui, sera inexpugnable, malgré les assauts réitérés de l'enfer, car il doit la bâtir sur une pierre mystérieuse que le maudit ne pourra jamais entamer : “ Sur cette pierre je bâtirai non Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront Jamais contre elle.”
La société chrétienne, remarquons-le bien, ne sera pas à l’abri des attaques de l'ennemi, Le maître a été un signe de contradiction, l'Eglise séTa comme lui en butte aux persécutions ; sa vie sera un combat continuel.
“Le serviteur n’est pas plus grand que le maître. S'ils m’ont persécuté, ils vous persécu-
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teront aussi.” (1) “ Ils vous chasseront des Syna- #opues ; et le temps vient que quiconque vous fera mourir croira faire une chose agréable à Dieu.” (2) L'Eglise, comme autrefois la barque des apôtres sur le lac de Tibériade, sera ballotée par les flots courroucés de cette mer orageuse qu'on appelle le monde, mais Jésus dort au fond de cette barque, et, durant son sommeil, il veille sur elle et l'empêche d’être submergée.
“Je vous ai dit ces choses afin que vous trouviez la paix en moi. Vous aurez bien des afflictions dans le monde ; Mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde.” (3)
Pourrait-il, d’ailleurs, ne pas veiller sur son Eglise, qui est son royaume et son héritage :econquis an prix de son sang, “ Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent les empires,” à qui l’univers entier se soumet et dont la providence garde avec un soin jaloux la moindre parcelle du monde, son vaste domaine ?
L'Eglise n’est pas seulement le royaume et l'héritage de J ésus-Christ, elle est son corps riYstique, une partie de lui-même. “ Vous êtes le corps de Jésus-Christ ” (4) disait St Paul aux chrétiens de son temps, faisant par là com-
{l) St. Jean., XV, 20.