‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 42 sur 51 · L'INFAILLIBILITÉ DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

L'INFAILLIBILITÉ DE L'EGLISE

Jésus-Christ est venu sur la terre pour transmettre à l’humanité dégénérée les vérités de la foi ou les lumières de la révélation.

De plus, comme le ciel doit être notre récompense et notre patrie, il a voulu soumettre rotre libre arbitre à des lois spéciales, De là, certains préceptes et certains conseils destinés à faire naître le mérite et surtont à opérer la transformation morale de nos âmes qui ne peuvent parvenir à la gloire que si elles sont vraiment saintes et dignes de la vision de Dieu.

Comment croire que le divin Maître négligé de prendre ses mesures pour faire parvenir aux

uisée.

es qui t, ras- } CON-

générations de l'avenir, l’importante missive de sa doctrine et Je précieux trésor de sa loi ? Ourrions-nous supposer YoYance de la part de celui qui est la Sagesse incréée, quand NOUS prenons tant de précautions Pour faire arriver nos lettres à leur destination, surtout celles qui sont chargées de quelques valeurs ?

| Les Protestants, je le sais, s’imaginent avoir trouvé le mode de transmission de la religion révélée, ou la règle de foi des fidè livre bien connu appelé la Bible.

Mais les disciples de Luther se font une dan- Sereuse illusion. Cette Bible, qui n’est pas, du reste, leur propriété, puisqu'ils l’ont reçue de l'Eglise catholique, n’est pas du tout et ne peutêtre la règle de foi des chrétiens, Pourquoi ? Tout simplement, Parceque, d’abord, ;l n’y a rien dans la Bible qui justifie une telle assertion, n second lieu, Parceque ce livre, bien qu’il soit divinement inspiré, n’est Pas la révélation toute entière. Les livres qui la composent ont cé écrits par les apôtres, non pour être le code divin de la loi chrétienne et l'expression com-

blète de la religion de J ésus-Christ, mais pour les besoins particulie

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En troisième lieu, la Bible n’a pas été rédigée d'après la méthode requise ou l’ordre voulue

L ÉGLISE CATHOLIQUR

pour diriger exclusivement la croyance des disciples du Christ.

Il est facile de constater le défaut symbolique

du livre divin ; soit, par l'obscurité qui y règne en maints endroits ; soit, surtout, parce qu’il n’a pas la forme qui définit et impose à tous les vérités dogmatiques et morales,

En termes pédagogiques, nous dirions que l’Ecriture Sainte n’est pas un manuel à la portée | de tout le monde, du moins sans les Inmières

supplémentaires d’un professeur compétent.

Les protestants, eux-mêmes, ont compris cette il] lacune des Livres Saints et, À commencer par Luther, ils ont fait des cathéchismes, s’efforçant ainsi de mettre à la portée de leurs coreligionnaires peu instruits la doctrine de Jésus-Christ contenue dans la Bible.

Je ne veux point rappeler combien serait triste la condition des malheureux illettrés ou des ignorants qui comprennent à peine cc qu'ils lisent, si les Epiîtres de St Paul, par exemple, qui demandent le savoir ct les efforts du génie pour être comprises, devaient être la règle de leur foi ou la mesure de leurs actions !

L'expérience a été faite, du reste, et la condamnation dé la Réforme protestante basée sur la libre interprétation de la Bible est venue précisément de ses variations.

Car, qui dit règle dit wnité. Là où les vues son multiples sur le même objet considéré sous le

même rapport, il y a évidemment absence de

mesure ou de règle, Il serait vraiment dérisoire

de parler de règlement dans un 1onastère, ou de discipline dans une armée, si, au lieu d’avoir l'unité d'action chez les religieux ou les soldats, chacun agissait à sa guise, De même, aussi, en Voyant le triste spectacle du protestantisme qui varie tous les jours dans ses dogmes ou ses lois morales, qui s’émiette véritablement en une infinité de sectes, où les disciples de Luther promènent leur foi changeante d’un dimanche à

l’autre ; il est impossible de découvrir, avec la meilleure volonté du monde, l’ombre même, si

effacée qu’elle soit, de la règle vigoureuse qui doit maintenir l’unité dans le troupeau de Jésns- Christ.

En définitive, la troisième raison pour laquelle la Bible ne peut être la règle de foi des chrétiens, c’est, comme dirait M. Lapalisse, parce qu’elle n’en est pas une.

Mais, nous Pouvons ajouter que le véritable frgument se trouve dans la volonté même du Sauveur, qui a voulu constituer une Eglise enseignante ayant, pour imposer ses enseignements à tous les esprits, une autorité infaillible,

‘ Allez, enseignez toutes les nations. et ensei- &nez-leur toutes les choses que je vous ai com-

mandées.” (1) Ainsi, c’est entendu, entre le ———————

(1) Math, XXVII.

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Christ qui révèle une religion divine, et le peuple prosterné à ses pieds, il n’y a pas d'autre intermédiaire créé par lui que la parole humaine devenue la parole de Dieu.

Le Christ meurt, et cette parole retentit au sortir du Cénacle,à travers la J udée, dans l'Asie Mineure, dans la ville des Césars, devant l’aréo- Page d’Athènes, et dans la plupart des pays du monde. L'univers est déjà chrétien quand l’apôtre de Patmos livre à Ja publicité, à la fin du pre-

iier siècle, le dernier livre du Nouveau Testament !

Mais, si l'organe de la vérité révélée venait à faillir à sa noble mission, si dans le cours des siècles la tradition orale allait s’obscurcir ? Ne craignez rien. D'abord, l'Eglise est indéfectible, comme nous l’avons démontré,et le père du mensonge, qui siège aux portes de son royaume, ne Peut rien contre elle : “ Leg portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle,”

En second lieu, Jésus a parlé, et ses promesses sont aussi lumineuses que solennelles. Afin qu’il n’y ait pas de doute sur la portée de ses paroles, immédiatement après avoir confié à ses apôtres (c’est-à-dire aux pasteurs de l’Eglise), la mission “ d'enseigner toutes les nations de la terre,” il ajoute : “ Leur enseignant toutes les choses que je vous ai commandées. “ Et assurez-vous que

doivent prêter à ses ens es

je suis toujours avec vo tion des siècles.” (1) Jésus restera donc en Permanence avec l’Eglise enseignante, et Pourquoi ?.....Pourquoi ce guide infaillible des intelligences se tient-il au sein de la société chré qui en sont les chefs ?

Pourquoi ? C’est afin de protéger sa doctrine contre les nuages qui s'élèvent de l'esprit hu- Main si sujet à l'erreur et au mensonge. C’est, surtout, afin de conserver pure la source de la vérité religieuse où il veut que nous allions nous fin, pour donner à s Eglise,

son interprète et son organe, le grand privilège de “ l’infaillibilité.»

us jusqu’à la consomma-

tienne, à côté de ceux

est montré si soucieux de donner à son Eglise, un magistère infaillible qu’il a voulu, en retournant à son Père, lui en- Voÿyer la troisième Personne de la Sainte Trinité Pour l’éclairer et la conduire. “ Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement av l'esprit de vérité.”

Maintenant, je comprends Pourquoi les fidèles tignements une oreille

ec vous

(1) Math. XXVIIT, 29,

attentive et soumettre à son autorité le libre assentiment de leur foi, au risque de n’être, en cas de révolte, que des payens et des publicains : Si quelqu'un n’écoute pas l'Eglise, qu’il soit regardé comme un payen et un publicain.”

Ces paroles, en effet, seraient odieusement tyranniques, si nous devions ajouter une foi aveugle aux enseignements d’une autorité faillible et suivre cette dernière jusque dans ses égarements. Mais, devant les rayons certains de la vérité, quel homme pourra se plaindre, même s’il en est ébloui, de la douce obligation de leur ouvrir ses yeux et de bénéficier de leur éclat salutaire ?

Le magistère infaillible de l'Eglise sera done le canal par lequel va s’écouler à travers les âges et les générations humaines les flots débordants de la vérité révélée. Par lui et grâce à lui, le dépôt de la révélation contenu dans les livres saints et dans la tradition, aura un légitime interprète, Mais, il est temps de se le demander, où se trouve dans la société chrétienne l’organe de linfaillibilité, la voix puissante qui crie dans le désert de ce monde comme celle du précurseur : “ Préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers ” ?

Jusqu'à ces derniers temps, on savait que pour ne pas errer, il fallait aux églises du monde qu’elles fussent en communion avec le siège de

Rome, occupé par le successeur de St. Pierre. L'histoire du christianisme, en effet, nous montre la chrétienté fortement unie au pontife romain, comme les membres d’un même corps, à sa tête. On voit, dans toutes les questions im- Portantes, et pour toutes les graves difficultés Qui surgissent, affluer vers le centre de la catholicité les suppliques, les causes, ct les interrogations anxieuses des églises secouées par le schisme et l’hérésie où ébranlées par la désunion de leurs membres.

Il y a eu de tout temps une communication ininterrompue allant, (comme le sang dans le Corps humain), des extrémités au cœur, du cœur AUX extrémités de la société chrétienne, D'un côté, on invoque la lumière et la justice ; de l’autre, on donne des définitions et l’on rend des jugements. Ces Tapporis ont lieu entre le successeur de St. Pierre, quel qu’il soit, et l’assemblée des chrétiens, où se confondent, sous la houlette du Pasteur suprême, les évêques et leurs Ouailles, les docteurs, les Pères de l'Eglise et les simples fidèles.

Et, chose plus significative encore, c’est que l’autorité doctrinale du Pape n’est jamais contestée : On se soumet à sa direction, ou l’on se révolte contre l'Eglise : Ubi Petrus ‘bi Ecclesia. Là où est Pierre là est l'Eglise. Rome a parlé, dit-on encore, la cause est terminée,”

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Les hérétiques, eux-mêmes, ne s’éloignent de la chaire de St. Pierre qu'après avoir épuisé toutes les ressources de 19 perfidie ou du sophisme pour se prévaloir de sa communion.

On n’ignorait pas non plus que les évêques de la catholicité dispersés dans le monde, en union avec le siège de Rome ou réunis en concile sous son autorité, devaient nécessairement jouir du privilège de l’infaillibilité. Car, où serait le glorieux pouvoir de l'Eglise enseignante, si les premiers pasteurs de l’Epouse du Christ n’en étaient pas investis ?

Mais les enseignements de la foi n’allaient pas plus loin. La doctrine de l'Eglise, déterminant le successeur de Pierre comme le sujet de son magistère infaillible, sommeillait en quelque sorte au milieu du peuple chrétien, attendant, pour devenir un dogme, la définition solennelle du concile du Vatican.

Cette illustre assemblée, réunie autour de Pie IX, en 1869, a tranché la question, nullement

controversée, du reste, chez les chrétiens, :'et déterminé le sens des promesses faites par J'ésus- Christ à St. Pierre et à ses successeurs “ Nous enseignons et nous définissons comme un dogme de foi divinement révélé, que le pontife romain, quand il parle ex cathedra, c’est-à-dire, lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit par sa souveraine autorité apostolique, une doctrine de foi

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