XVI
4} Chap. XII v. ne
prendre quelle union étroite, quoique mysté
rieuse, existe entre le Verbe incarné et ceux qu
professent sa doctrine.
Or, de même que la chair ressuscitée du
Christ est maintenant incorruptible ‘et immor telle, de même aussi l'humanité régénérée, sor. tie du sépulcre ou l'avait ensevelie le péché, de- Yenue par une assomption glorieuse le corps du divin Rédempteur sous la forme d’une société religieuse, ne peut s’altérer, se corrompre ou périr.
L'Eglise est donc immortelle, indéfectible.
C’est bien du reste, re que nous prouve son histoire. Si ct
Combien de fois ses ennemis n’ont-ils pas essayé de la détruire, et, pour cela, de la noyer dans le sang de ses propres enfants ?
Le plus puissant empire qui fut jamais, qui a tenu dans ses mains pendant près de dix siècles les destinées du monde, jure sa perte. Le colosse l’étreint dans ses bras vigoureux et déploie pour l’étouffer toutes les ressources de sa force invincible. Il lutte avec d’autant plus d'avantage que l'Eglise ne se défend pas.
Elle prie, se cache dans les souterrains, s’agenouïille avec ses martyrs sous la dent des bêtes féroces, offre aux instruments de torture la chair palpitante de ses enfants ; mais, elle respecte jusque dans la mort la puissance tyrannique de ses bourreaux,
mysté-
Fi
eUX qui
tée du immorée, sorhé, derps du société re on
Ctible.
n his-
as esnoyer
qui a ° lècles >losse pour nvin- > que
Pageêtes hair ecte e de
Combat inégal, s’il en fut jamais, du moins en apparence, entre la force et la faiblesse, entre le meurtrier et sa victime ! Cette lutte héroïque se prolonge durant trois longs siècles et fait tomber plus de vingt millions de chrétiens sous les coups de la persécution romaine.
Cependant, quand le monstre, gorgé du sang de ses victimes, se repose ; quand il est maîtrisé à son tour par le jeune et immortel Constantin, l'Eglise, qui, à ce moment, relève son front radicux et sort des Catacombes, voit le monde entier accourir sous ses ailes et des peuples entiers se ranger sous l’étendard de la Croix. Elle entonne le chant du triomphe et constate que le divin Maître ne l’a Pas trompée, Les portes de l'enfer, si formidable Pourtant, sont demeurées impuissantes, La rage de satan n’a réussi qu’à implanter la foi sur la terre et à peupler le ciel d'une légion de martyrs !
Combien de fois aussi, les nuages de l'erreur n'ont-ils pas envahi le monde et cherché à obscurcir la pureté de la foi ?
Arius, N estorius, Eutychès, Marcion, Montan, Pélage, Photius et Luther, pour ne parler que de quelques-uns des plus fameux, s’effortent, tour à tour, de jeter le désarroi dans les 'angs de la milice chrétienne, et ne réussissent Ste trop à se faire des prosélytes. Les dogmes sont niés ou dénaturés, la morale foulée aux
Pieds, et ces loups dévorants, souvent revêtus « la peau de l’agneau, sont d'autant plus redout bles qu’ils se donnent comme les défenseurs « la vérité révélée.
Comme elles sont terribles ces tempêtes qu renversent sur leur passage un Tertullien, (peut être un Origène), un Lamennais, ete., appelés ; juste titre les colonnes de l’Eglise ! Comme il sont désastreux ces Ouragans qui ébranlent |. foi de peuples entiers, les dé’achent du centn
- de l'unité catholique, et consomment de vérita bles désastres qui s'appellent : le schisme ou l'hérésie |
L'Eglise à connu ces tempêtes et ces oura- 8ans, mais elle n’a pas même ressenti le contre- Coup de ces terribles secousses qui tébranlent le monde,
Toujours calme, même quand le cœur lui saigne, elle détache de ses flancs meurtris ces tristes rameaux où la sève chrétienne ne circule plus, les laisse tomber à ses pieds et continue à grandir et à pousser de nouvelles tiges qui ont vite remplacé les branches perdues. :
La politique ombrageuse des souverains ou des chefs d’état et la férocité native des barbares viennent à leur tour se mesurer avec l’épouse du Ührist. Les uns, sous prétexte de la protéger, veulent l’asservir, les autres cherchent à entraver la marche de ses missionnaires, De ]à des lois
vêtus de redoutaeurs de
tes qui » (peutpelés à ame ils lent Ja centre Véritame ou
| OUra- ’ontreent le
r Jui is ces recule nue à i ont
AS ou bares se du iger, ntralois
vexatuires ou d’injustes spoliations : pendant «. que d’héroïques
enfants de l’Europe succom-
bent dans un coin reculé de l’Asie ou de j’Afrique.
Ces combats de détails font des victimes, arra-
| : chent quelques âmes à celle qui a pour mission de 1
8 Sauver ; mais les tyrannaux passent vite
Enfin l’incrédulité railleuse, sous l'aile du génie, croit un bon jour en avoir fini avec le christianisme. Le sourire de Voltaire se propage dans le monde, envahit toutes les classes de la société,
Ce nouvel Hérode jette une robe blanche sur la personne adorable du Christ et sur l’épouse de son cœur. Il les promène, non pas dans les rues de Jérusalem, mais dans les théâtres, les académies, les journaux ; dans ses livres que sa rlume féconde jette par centaines à la publicité; AUX yeux d’une multitude qui se moque du couple divin, bien qu’elle soit sortie des rangs de la milice chrétienne.
Ce grand railleur réussit à tourner en dérision les dogmes de la foi ; et la Bible, interprété. par lui, devient, pour la masse de ses admirateurs, un recueil de balivernes et de sottises !
Mais attendons... Le triomphe de l’incrédulité sera de courte durée : La mort est yenue glacer le sourire sur les lèvres du blasphémateur qui hurla de désespoir aux approches de l'éternité et les moqueries sont tombées d’elles-mêmes.
La lumière de la science est arrivée juste à point Pour nous faire voir dans le prétendu philosophe de Ferney, un grand et brillant esprit d’une profonde ignorance !
C’est maihtenant le tour de la science devenue orgucilleuse à cause de ses merveilleuses découvertes,
Elle voit le monde s'ouvrir devant elle comme un livre et lui livrer ses secrets les plus caché,
Des forces nouvelles, endormies depuis la création, se réveillent sous le coup de sa ba- Buette magique ; la distance s’évanouit, l’impos:sible est en quelque sorte rayé du language humain,
Ivre de ses succès, cette bonne science qui ne doute de rien, veut approfondir le grand problème de la religion qui, par malheur, hélas, renferme de mystérieuses vérités.
Halte-là ! dit-elle à l'Eglise, explique-moi la raison de ton existence ; dis-moi pourquoi tu règnes sur les consciences |
érision
rprétée dmiraes !
dulité glacer r qui ernité êmes.
point sophe 2 pro-
rente écou-
munie ché.
is la ba- 1PO3-
, hu-
inc
Pr" }=
ren-
1 la | tu
Et, ajoutant l’action à la parole, mais avec une loyauté qui l’honore, la voilà qui soumet les pièces justificatives du christianisme à un examen sérieux mais impartial,
Vous tous qui vous dites chrétiens et catholi- 1ues, ne sentez-vous pas courir dans vos veines un frisson de terreur en voyant ces graves savants, au cœur de glace, promener leurs regards scrütateurs sur les feuilles jaunies d’un ancien manuscrit du Pentateuque ou des Evangiles ?
Comment les miracles du Christ vont-ils soutenir l’épreuve d’une analyse scientifique ? Que vont devenir nos mystérieuses vérités devant ‘es aréopages de la science qui se font un jeu d'expliquer les problèmes les plus ardus ?
Encore une fois, rassurons-nous, L'Eglise est restée debout.
Même, la lutte n’a pas été longue. Les deux sœurs, la foi et la science, venant d’une même source qui est Dieu l’éternelle vérité, ont fini par s’entendre. La science a payé ses rodomontades par quelques humiliations et a fini par ‘’agenouiller devant le Christ et son Eglise dans la personne de ses plus illustres représentants.
Ainsi, après dix-neuf siècles de luttes incessantes, l'Eglise subsiste, encore jeune et vigoureuse, pleine de sève et de nobles dévouements ; image vivante de celui qui répand au dehors les trésors de sa bonté et de sa puissance, sans que
la source qui les produit soit jamais épuisée. Elle subsiste, avec ses 200,000,000 de fidèles qui professent son credo et observent sa loi, et, rassurée par son passé, elle attend avec une confiance inébranlable l’évolution des siècles futurs, mais non sans accorder sa compatissante pitié à ses ennemis d’un jour qui viennent successivement se briser sur le rocher qui lui sert de base.
ee.