‹ A la recherche de la vérité révélée [microforme]Chapitre 49 sur 51 · FT +R · texte numérisé non relu

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His. TETE

288 . L'ÉGLISE CATHOLIQUE Quatre-vingt-dix-huit millions à comparer à deu cent millions de catholiques, plus du double.”'}

L'Eglise de Rome, universelle aujourd'hui ne fait, d’ailleurs, que suivre ses antiques tra(i tions. Elle conserve les glorieuses conquite. qui lui ont été acquises dès son début par se apôtres.

L’ardeur des plus célèbres conquérants, d’un Alexandre, d’un César, d’un N apoléon, qui leur a fait promener leurs troupes victorieuses à tra vers le monde, n’est rien en comparaison du zèle des apôtres qui, au sortir du cénacle, se Partagent la terre et, dans l’espace de quelques années, la soumettent au joug de la foi.

“André part Pour la Scythie, Jean pour l’Asie-Mineure, Jacques pour l'Espagne, Jude pour la Mésopotamie, Simon pour l'Egypte et la Perse, Thomas et Barthélemy pour l'Inde et l'Arménie, Mathieu pour l'Ethiopie, et Paul, à lui tout seul, puissant comme une armée, promène, de l'Orient à l'Occident, sa parole cosmopolite, convertit les villes célèbres de la Grèce, et va former des saints jusque dans la maison des Césars de Rome’ (1)

Mais il nous tarde d’exhiber les documents

sur lesquels s’appuie la légitimité du catholi-

(1) Carême 1881, page 245 (2) Monsabré

à deux ble.” (1) ird'hui, S tradiaquétes par ses

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cisme et de démontrer que seul il est l’Eglise véritablement apostolique et divine.

L'histoire du catholicisme en effet est celle du christianisme et, si nous suivons le cours majestueux de ce fleuve qui porte aux générations humaines les flots de la vie éternelle, nous embrassons les dix-neuf siècles qui se sont écoulés depuis Jésus jusqu’à nous.

Les traces de la religion du Christ sont trop glorieuses pour qu’on ne puisse les relever. Ses Œuvres, dont plusieurs subsistent encore au sein des peuples modernes, sont de véritables jalons qui marquent les différentes périodes de l’histoire du christianisme et nous permettent de remonter à travers les âges jusqu’à son berceau.

Ouvrons maintenant l’histoire du catholicisme, et voyons quel enchaînement merveilleux relie l'Eglise actuelle à celle du moyenâge, à celle des premiers siècles de l’ère chrétienne, et, enfin, à celle des temps apostoliques.

Non seulement les catholiques d’aujourd’hui professent la même religion que saint Louis, saint François d'Assise, saint, Grégoire, saint Clément, saint Ignace et saint Polycarpe ; non seulement l'Eglise indéfectible est restée inébranlable comme le rocher sous les coups de la vague mugissante, conservant à travers

les siècles sa physionomie primitive 5 mais

nous avons encore la succession des pasteurs

qui descendent en ligne droite ou collatérale des apôtres et du Christ.

“Les apôtres, disait Tertulien, ont fondé, dans chacune des villes où ils ont annoncé l'Evangile, des Eglises d’où les autres ont reçu ct reçoivent encore tous les jours la tradition de la foi et la semence de la doctrine pour devenir, elles-mêmes, filles des apôtres. C’est pourquoi il n’y a, en somme, qu’une seule et première Eglise apostolique d’où viennent toutes les autres, si nombreuses et si grandes qu’elles soient.” (1)

“Les Eglises j: -mitives, dit Monsabré, Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Corinthe, Ephèse, Philippe, Thessalonique, et tant d’autres, ont été fauchées par le cimetère mulsulman, Ce désastre at-il détruit nos titres, et serons-nous plus embarrassés que Tertullien pour constater notre apostolicité ? Nullement.

L'Eglise mère ec maîtresse, la seule à qui le Christ a promis la perpétuité, survit à toutes les ruines et n’a pas cessé un seul instant d’être le centre vital d’où se transmet à toutes les Eglises du monde la mission apostolique, Pierre et Paul l’ont commencé à Rome, et les plus élcquentes comme les plus saintes voix ont chan-

té son origine anoblie par un double martyre. ————————————s (1) Tertul, De praecip, cap XX

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En définitive, c’est vers son! autorité suprême que les vieux lutteurs de l'orthodoxic ont toujours rabattu les hérétiques et les révoltés pour décider leur défaite. Saint Irénée, au deuxième siècle, Tertullien au troisième, saint Epiphane au quatrième, saint Augustin au cinquième, ont dressé la liste de ses pontifes. Ce n’était pas plus difficile que de dresser la liste de nos gouvernements, de la république contemporaine aux Bourbons, des Bourbons aux Valois, Je ne sache pas que la tâche soit devenue plus ardue depuis le travail de saint Augustin.

Nous comptons aujour”’hui deux cent cinquanté-neuf papes, parmi lesquels vingt-sept martyrs et soixantc-dix-sept saints. La succession continue de ces mOnarques spirituels dans la même vérité et le même pouvoir, remplit tous les âges du christianisme. Léon XIII nous conduit à Pie IX, Pie IX à Grégoire XVI, Grégoire XVI à Léon XII, et ainsi jusqu’à l’apôtre à qui le Seigneur a dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.” Quelle admirable et auguste lignée ! Elle a vu s’épuiser maintes dynasties ct s’écrouler je ne sais combien d’empires. Les luttes féroces des potentats ambitieux, patrons des anti-papes ot des Eglises nationales, n’ont pu interrompre la tranquille transmission dont elle vit et dont elle fait vivre le monde religieux. Suivez, à travers les siècles,

le mouvement traditionnel des Eglises qui revendiquent comme leur propriété le nom de catholique, vous verrez qu’elles vous ramènent toutes à ce centre vénérable, comme le rayon ramène au soleil qui le projette, le canal au fleuve qui l’alimente, la branche au tronc qui la produit, la supporte et la nourrit. (1)

Cette vue d'ensemble de la Papauté, si bien exposée par l’éloquent orateur de Notre-Dame de Paris, nous dispense d’insister sur le fait de la succession apostolique transmise jusqu’à nous, de générations en générations, de siècle en siècle, aux pasteurs de l'Eglise catholique.

Ce fait établit d’une manière indiscutable notre légitimité au point de vue chrétien PA constitue un titre qui assure à l'Eglise catholique la propriété exclusive de la religion du Christ.

Ce droit lui était déjà garanti, du reste, par une possession dix-neuf fois séculaire.

Par conséquent, nous nous ratt:chons au Christ, nous et notre mère la Sainte Eglise, par filiation et par hérédité. Nous descendons de lui comme le ruisseau de sa source, et l’inappréciable héritage de sa doctrine nous appartient par droit de succession ; car, entre nous et le divin Rédempteur, il y a une voie continue, un

(1) Carème 1881, page 262, etc.

lien ininterrompu, une généalogie qui nous ramène aux apôtres.

Les Protestants, je le sais, ont tenté de dissoudre la glorieuse lignée des pontifes de Rome, de rompre au moins quelques mailles do cette chaîne qui assure à l'Eglise son apostolicité.

Peine inutile ! L'histoire comme la vérité esi au-dessus des disputes des hommes : elle plane beaucoup plus haut que la haine sectaire, ou les basses calomnies de la Réforme luthérienne, La dynastie spirituelle des Papes, en dépit des fictions inventées à plaisir par des écrivains sans vergogne, reste ce qu’elle est. :

la suite ininterrompue des successeurs de Pierre.

Cette succession est d'autant plus extraordinaire qu’elle semble Ja continuation d’un même règne. Le nom des Papes change ; des qualités plus ou moins brillantes se succèdent sur le trône pontifical : mais l'esprit qui anime les chefs suprêmes de l’Eglise est le même. Leurs enseignements se suivent, s’enchaînent, se déroulent majestucusement, sans se contredire Jamais,

Faites le relevé des actes pontificaux ; pas- ‘ez en revue les définitions de foi ou de morale, les décisions doctrinales, en un mot, toutes les paroles tombées de la chaire apostolique pour

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éclairer et conduire le monde chrétien, et vous y trouverez la plus parfaite, la plus harmonieuse unité,

Il n’est pas jusqu'aux lois disciplinaires, si justement appréciées, qui, si elles varient au gré des besoins de l’Eglise, ou se perfectionnent avec le temps, ne nous laissent entrevoir l’entente admirable ou l’action prolongée de tous ces pontifes qui viennent tour à tour imprimer au peuple chrétien une nouvelle impulsion vers ses éternelles destinées.

Avec une telle continuité dans son existence sociale et dans la succession de ses pasteurs, il est impossible que l’Eglise catholique n’ait pas la quatrième note de la société établie par le Christ : l’apostolicité.

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La conclusion @ la troisième partie de cet ouvrage s'impose.

Il n’y a plus de donte possible. Cette religion chrétienne révélée, que nous chercherions vainement au milieu des sectes dissidentes, nous l’avons devant nous, dans toute sa beauté et sa pureté primitive, au sein de l’Eglise catholique, apostolique et romaine.

Elle *ubsiste sous la garde de l’Epouse bien aimée au Fils de Dieu, qui a pour mission de sauver les âmes.

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Car, si nous mettons cette dernière en regard avec les prérogatives ct les signes de la société fondée par le Christ, il y a dix-neuf siècles, nous trouvons qu’elle les possède, ou, plutôt, qu’elle s’identifie avec eux.

Pour me servir d’une exprcssion souvent employée de nos Jours, je dirai que l'Eglise ca-

tholique seule répond au signalement de l'Eglise du Christ.

Elle a, pour dissiper les doutes des esprits les plus prévenus, son Organisation sociale à nulle autre pareille, son existence dix-neuf fois séculaire, en dépit de persécutions sans cesse renaissantes, <a vitalité présente et ses promesses d'avenir ; elle ne craint pas de déployer aux yeux du monde les phalanges disciplinées de ses fidèles qui marchent en rangs pressés, sous le Commandement vénéré de son chef ; enfin, elle © 8e avee une noble fierté son magistère incomparable qui, depuis saint Pierre jusqu’à Léon XIII, n’a pas devié d’une ligne dans ses enseignements.

Sa confiance est telle dans l’orthodoxie de

ses pontifes, qu’elle n’hésite pas à identifier la Cause de son infaillibilité avec celle des 259 Papes qui l’ont successivement gouvernée,

Que faut-il de plus pour dissiper des doutes ou faire cesser les hésitations ?

Attendrons-nous done que la vérité se transforme et vienne frapper nos sens, pour nous soumettre à ses enseignements ?

N'oublions pas que, si les motifs extérieurs de la foi sont du domaine de la raison, la foi elle-même reste mystéricuse, argumentum non aPparentium, comme dit l'apôtre St. Paul, et qu’elle doit laisser à notre entendement % mérite de sa libre adhésion aux dogmes qui nous viennent de Dicu.

Nous savons que le Christ est Dieu ; NOUS savons qu’il a parlé ; nous savons ce qu’il a dit par l’Eglise. Que nous importe le reste ?

Enfants égarés au milieu des ténèbres, voudrions-nous refuser la main tutélaire qui se tend vers nous pour nous conduire ?

Ce guide sûr qui s'offre à nous au nom du Christ, avec toutes les garanties que nous sommes en droit d’exiger, nous demande la soumission et la docilité à ses lois et à ses enscignements.

Il nous dit avec l’antorité qui lui donne sa mission incontestable :

Je suis la digne compagne du Verbe divin, incarné et mort pour le salut du monde : ; j'ai pour mission d'éclairer, de régénérer et de vivificr les âmes ; en un mot, comme mon époux et mon maître, je possède les promesses de la vie éternelle : Marchez et suivez-moi !

Sectateurs de Luther, incrédules de toutes les nuunces, vous tous qui vous attardez dans les sentiers de l'erreur, n’entendez-vous pas cette voix maternelle de l'Eglise qui vous réclame et vous ouvre ses bras ?

Il est un problème difficile à résoudre pour tout homme dont l'esprit est éclairé des lumières de la foi : l'aberration mentale des ennemis du catholicisme ou des indifférents en matière religieuse,

L'homme généralement sage pour les choses de la vie présente, très habile même à se frayer un chemin qui doit le conduire à la fortune ou à la gloire, et, dans tous les cas, très soucieux {le prendre les moyens capables de produire les effets qu’il veut obtenir ; l’homme, dis-je, qui n’est qu’un hôte de Passage sur cette terre, oublie ses intérêts éternels et, pour une fleur cucillie le long de sa route, il sacrifie, de gaîté de cœur, le trône qui l'attend dans le ciel.

“ L'insensé a dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu.”

Ne serions-nous Pas en droit de conclure à la démence des ennemis du catholicisme, quand cette religion, comme l’auteur de toutes choses, s'affirme d’une Manière aussi évidente ?

Gardons-nous, toutefois, de nous indigner contre ceux qui ne Partagent pas notre foi.

L'Esprit de Dieu souffle où il veut,” ct si, par

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une faveur spéciale, nous avons le bonheur d’appartenir à l'Eglise du Christ, rendons grâce à Celui qui nous a faits chrétiens et prions-le de réunir sous la houlette de son représentant les 1mbres épars de l'humanité.

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Parvenus au terme de nos recherches, sur le scuil de ce vaste! édifice où nous savons se trouver la religion de Jésus-Christ, nous nous permettrons d'adresser un mot de remerciment à ceux qui nous ont accompagné jusqu'ici, et d'exprimer en même temps quelques réflexions qui se dégagent de notre modeste ouvrage,

Dans les pages qui précèdent, nous avons vu se dérouler devant nos yeux de belles et grandes vérités parfaitement liées les unes aux “uütres, qui, par leur ensemble, démontrent. la solidité et la divinité de notre sainte religion.

Chrétiens convaincus, nous devons l'être, c’est du moins ce que nous aimons à supposer ; mais il ne suffit pas d’avoir une foi simplement théorique, si bien appuyée qu’elle puisse être.

Ce n’est pas assez, non plus, de se glorifier

du bean nom de catholique que nous ont légué nos ancêtres,

Car, pouvons-nous franchement prétendre que Jésus soit venu sur la terre, qu’il ait prêché son Evangile ou versé son sang, pour le simple motif de meubler nos intelligences ou de nous décorer d’un titre purement nominal ?

Non ! mille fois non ! Le Fils de Dieu s'est incarné afin de Sauver Ceux qui allaient périr éternellement ; Ct, pour cela, il lui faut non seulement éclairer les esprits, mais descendre dans les cœurs, purifier les âmes ct transformer la vie des pécheurs, “Je vou ai donné l'exemple afin que vous fassiez ce que J'ai fait moi-même.”

Le monde est malheureusement peuplé d’un grand nombre de ces catholiques attardés au milieu de la foule des indifférents, comme Pierro autrefois dans la cour de Caïphe,

La foi sommeille en eux, ainsi que la lumière d’une lanterne sourde, et, si le cœur est encore chrétien, la vie toute entière de ces malheureux est digne de véritables païens,

Ile rougiraient Pourtant de dissimuler leur origine, leur nationalité ou leurs opinions politiques. On en voit même qui regardent J’honneur comme un bien plus précieux que là vie et...leur propre Conscience,

Chose étrange ! ces hommes d’un commerce agréable, fdèlcs dans leurs amitiés, Justes envers leur prochain, prêts à tous les sacrifices

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pour leur pays, ouverts, en un mot, aux plus nobles aspirations, sont d’une lâcheté phénoménale en matière de religion.

Ils connaissent la loi de Dieu ; ils voient ses préceptes former une double haie qui enserre notre vie et l’oriente vers le ciel ; ils se rendent compte enfin des obligations nombreuses qui lient la conscience humaine au Roi de l’univers ; et, les poltrons méconnaissent ces devoirs, foulent aux pieds la loi divine, parce que.. le monde incrédu!e la condamne.

Qu'il est grand le nombre de ces gens qui 8 étudient, en tremblant, à ne pratiquer que ce qu'ils voient faire autour d’eux !

Race pusillanime, quand donc aurastu disparu de la face du monde, ou, du moins, du sein de la société chrétienne que tu déshonores!

Est-ce ainsi que les fils des croisés doivent s’avilir devant les fils de Voltaire ?

Nobles descendants de ces chrétiens héroïques qui, pendant des siècles, ont méprisé les torturs et toisé dédaigneusement la puissance des Césars, devons-nous done sécher de frayeur ct renier notre foi parce qu’il plaît à nos modernes rénégats d’ébaucher un, sourire ou de proférer un sarcasme ?

Le sang me bouillonne dans les veines quand je vois les coreligionnaires des Augustin, des Chrysostôme, des Thomas d'Aquin, des Bos-

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suet, rougir de leur sainte religion ou se faire les plats imitateurs du premier faquin qui leur jette à la figure une tirade de Renan ou d'Emile Zola !

Le patriotisme, je le sais, se réveille parmi nous, Les hommes de cœur de notre beau pays, oubliant de stériles dissentions, commencent à s'unir sur ce terrain ou toute lutte fraticide devrait cesser. On entend de belles et nobles paroles qui rappellent à nos ennemis que la race chevaleresque des vieux Francs n’a pas disparu du continent américain.

Mais, il ne faut pas oublier qu'ici, au! Canada, comme de l’autre côté de nos frontières, la religion catholique est la base de nos institutions, la partie la plus sacrée de notre patrimoine national,

Tout amour de la race canadienne qui n’a pas ce cachet religieux ne saurait être de bon aloi.

Changez l'orientation d’un arbre, déplacez-le de telle sorte que son feuillage ne reçoive plus les rayons solaires de la même façon ; il se fane, tout d’abord, mais reprend graduellement son ancienne vigueur ; faites davantage, coupez les racines qui le retiennent au sol, et vous le verrez se dessécher et périr. Pendant quelques années, peut-être, son tronc dénudé, resté debout, frémira sous le souffle de la brise ;

Imais, déraciné peu à peu, rongé par les vers, décomposé Par mille causes, il ira rejoindre les débris accumulés des arbres morts qui jonchent le sol de nos forêts.

Cet arbre est l’image de notre nationalité,

La cession de notre Pays à la Grande-Brelagne nous a désorientés quelque peu, et nos pères ont dû dépenser une grande somme d'énergie pour ne Pas succomber sous le coup de la crise qui a suivi le changement de régime, Mais enfin, en dépit de tous les obstacles, la colonie impläntée par la France sur les rives du St Laurent a continué à grandir.

On nous avait garanti le libre exercice de notre religion, et par là, la racine puissante qui donne la vigueur au peuple canadien était

restée fortement plongée dans le sol de notre patrie,

Nos ennemis ne savent comment s’expliquer la prodigieuse expansion qui nous a faits, de soixante mille, devenir trois millions dans l’es- Pace d’un peu plus d’un siècle.

Ile ne comprennent Pas non plus comment une poignée de pauvres colons à pu résister à la puissance d'absorption des peuples nombreux et riches qui nous ont inondés-.depuis la conquête ; comment enfin, ces catholiques fran- Gais.. (Français Oui, mais catholiques avant tout) rêvent de renouer sur le continent amé-

ricain les gloricuses traditions de la France, de Charlemagne et de saint Louis.

Le mystère s'explique, néanmoins ; nous avons jusqu'ici conservé notre foi religieuse ct par elle,grâce à la protection du ciel, nous avons prospéré et grandi.

Mais survienne une de ces catastrophes qui bouleversent les sociétés et leur font renier les traditions de leur passé.

Que le radicalisme envahisse un bon jour les rives du St Laurent, et que nos paisibles cultivateurs ‘devienent jes ennemis de Celui qui donne la croissance ct la matûrité à leurs moissons. Que nos villes, par une corruption croissante, ne soient plus que des foyers d’infection morale et de pestilence. Que la législature de nos chambres, enfin, composée de renégats, forge des lois impies qui accélèrent la dé- Pravation de notre malheureux peuple devenu libre-penseur ct libre viveur.

Nul n’a besoin d’être prophète pour savoir ce qui arrivera.

Notre pays jouira peut-être d’une grande prospérité matérielle, et l’on verra, peut-être aussi, la science et les lettres rivaliser d'éclat dans notre belle patrie ; mais, cette grandeur factice dissimulera mal la ruine de notre nationalité qui ne croîtra plus, tarie à sa source par l’irréligion. Notre langue réputée jusqu'ici

le château fort de notre croyance religieuse cessera de nous être chère, et nos descendants oublieront peu à peu l’idiome de leurs ancêtres. Le sang lui-même qui coule dans nos veines, ’étant plus retenu par les lois de l'Eglise, se mêlera plus rapidement à celui des races étrangères, entachées d’hérésies où d’infidélité, qui nous environnent de toute part.

Alors se réaliseront les rêves de nos ennemis qui désirent absorber notre race ou léliminer, et nous faire Passer, comme ces peuples indigènes mainténant disparus du continent américain, à l’état de souvenirs historiques.

La Nouvelle-France d'Amérique, précieuse avant tout, parcequ’elle fut catholique, aura vécu, et dans quelques ‘siècles on chercher:

vainement ses traces sur les bords du Grand fleuve,

Pourquoi aurons-nous disparu ? Pourquoi ?

Parce qu’un Voltaire Canadien, un Jean Jacques Rousseau, un Renan, quelques génies dévoyés auront surgi quelque part dans notre Patrie ; parce que des remueurs de boue, romanciers ou dramaturges,un Dumas ou un Zola quelcoi-que, serout venus corrompre nos masses po- Pulaires par leur littérature de pourceaux ; Parce que des journaux incrédules flatteront les passions populaires au lieu de les reprimer : Parce que, surtout, des écoles sans Dieu auront

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pris la place de nos écoles confessionnelles pour corrompre l’enfancc.

La cognée meurtrière aura fait son œuvre .

sous le tronc vermoulu de notre nationalité on verra la religion ne tenant que par quelques fibres à ce corps social qu’elle avait nourri si longtemps.

Mais je m’empresse de le dire, cette prévision hypothétique n’est qu’un rêve, un cauchemar, car, Où sont, varmi nous, les traîtres qui, tôt ou tard, viendront, comme Néron, frapper le sein qui les a abreuvés de son lait ?

Et, supposons qu’ils existent, ne deviendrontils pas odieux à tout le monde par leur impiété ?

L’irréligion ne saurait s’acclimater sur le sol canadien qui a bu le sang des marytrs de la foi, et l’incrédulité sera toujours mal à l’aise sur nos bords où la croix est si profondément cnracinée.

L’ennemi cherchera peut-être, dans un avenir plus ou moins éloigné, à envahir nos plages si heureuses et si paisibles ; mais, grâce à Dieu, du moins, nous l’espérons, nous verrons alors se lever de nombreux champions de la foi chrétienne qui, aux applaudissements de tout un peuple, sauront terrasser l’hydre de l’impiété et conserver au Christ et à son Eglise le pays des Cartier,de: Champlain, des Laval, des Breboeuf, et de tous les héros si chrétiens de notre histoire nationale,

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