‹ A la Sorbonne, à l'Ecole centrale, à l'Institut Pasteur, à la Faculté de médecineChapitre 11 sur 14 · URBAIN GOHIER · texte numérisé non relu

URBAIN GOHIER

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Touchante histoire de deux bourgeois.

Mépriser {es bourgeois est une des traditions les plus chères de notré société bourgeoise. Jé demandé pour tant [a permission dé faire uñe exception pour cés dèux bourgeois admirables : Paul Lafargue, député socialiste, et Laura Lafargue, fille de Karl Marx.

Ils avaiént hérité, voici tout juste dix ans, de cent soixante et un mille francs et d’une maison de campagne que l’on a coutume à Draveil d’appeler « le Château ». Ils auraient pu vivre là, paisibles, avec à peu près six mille francs de rentes, qui Constituent ce qué dans les milieux modestés on appelle déjà la fortune.

Si simples que fussent leurs goûts, Si socialistes que fussent leurs côncéptions, ils he crurent pas devoir sé contenter de si peu. [ls avaient fixé — comme d’autres — à un peu plus de quinze mille francs de rentes le prix du bonheur. Mais naturellement défiants, comme le sont souvent les bourgeois français, ils redoutaient la spéculation ét peut-êtré aussi se défiaient-ils des révolutins. À la manière de Rolla, Paul Lafargue préféra conserver par devers soi son avoir.

Il prit dix bourses d’or et pendant dix anñées Il vécut à Draveil, en se moquant des lois.

Comme il Convient, c’est des lois capitalistés qué Paul Lafargue se moquaïit. Je ne sais d’ailleurs point s’il prit, comme Rolla, des bourses d’or ou s’il né prés féra point le bas de laine, qui est plus en usage aujourd’hui, à ce qu’on dit; mais ce qu’il y a de certain, c’est que jamais ik n'ernpiéta d’une année sur l’autre et que son trésor dura très exactement le temps qu’il lui avait fixé.

Admirable exemple d'économie domestique,triomphe

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