BULLETIN
Cette semaine encore, nous ne pouvons pas enregistrer ‘qu'il règne une véritable activité sur le marché. Quel que puisse être le désir des milieux d’affaires, l’animation qui est pour le public le meilleur des stimulants, fait toujours bien défaut.
Au lendemain de la signature de l’accord franco-allemand, au lendemain du discours de sir Edward Grey, il ya eu deux départs; mais c’étaient de faux départs et l’entrain qui s’est alors à deux reprises manifesté, n’a été qu’un feu de paille.
Mais rien de plus facile à s’expliquer que cet état de choses qui, vu les péripéties précédentes n’a rien que d’absolument normal. Comment veut-on que le grand public se remette franchement aux affaires après avoir subi des semaines et des mois d’inquiétudes de toutes sortes, alors surtout que les questions qui les ont provoquées donnent encore lieu à des discussions d’un autre ordre, mais également troublantes ?
D'autre part, est-ce qu’à l'approche de la fin de l’année, il n’y a pas toujours un ralentissement des transactions : d’autre part, il y a, en fin d'année, des dépenses exceptionnelles, et l’on remet à janvier et mois
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suivants les achats qu'autoriseront les économies, les profits réalisés durant l’année précédente et que l’on ne connait pas entore d'une façon absolument exacte.
Enfin, il faut encore se montrer satisfait que la cote montre quelque résistance aux offres car; tandis que celles-ci, provoquees par la hausse des dernières semainés, Sont nombreuses, les ordres d'achats le sont beaucoup moins, pour la raison indiquée au paragraphe précédent. Ils sont d'autant plus clairsemés qu'un certain nombre de titres nouveaux sont offerts aux guichets des banques au public qui, avec quelques-uns tout au moins, trouve des avantages que ne lui assurent plus, aux coùrs actuels, d'autres titres plus connus et très sérieux, mais arrivés à leur apogée et, par conséquent; peu intéressants,
Des indications venues des places étrangères dont le marché parisien est plus ou moins solidaire, ce sont celles d'Amérique qu'il faut surtout retenir. Wall Street attendait, non sans impatience, le message du président Taft où devait être notamment traitée la question des trusts. [Il ÿ a été affirmé, une fois encoré, que la loi contre les trusts ne vise nullement les agglomérations de capitaux dans le but de réduire le prix de revient et les frais de vente, mais ces mêmes agglomérations si elles interdisent toute possibilité de concurrence et établissent des monopoles de fait. Le président Taft se montre; d'autre part, confiant dans une réorganisation légale des grands trusts æctuellement en pourparlers avéc le ministère de la Justice. Il n’en à .pas fallu davantage pour que le marché new-yorkais se raffermit et nous voici, semble-t-il, à peu près tranquilles, pour quelque temps, de ce côté.
Dans le compartiment des Fonds d'Etats le 3 % n’a pu se maintenir au plus haut, à la veille du détachement d’un coupon trimestriel et en dépit des plus:values fournies par le rendement des impôts en novembre,
L’'Extérieure a consolidé Simplément ses cours pré: cédents ; il est toujours vaguement question d’un enpruñt, certainement nécessaire, fais qui ne serait pas facile à conclure dans les circonstances présentes. Une victoire des troupes italiennes a contribué au raffermissement de l'{falien, sans peser beautoup sur la cote du groüpe Turc. Les Fonds Russes sont toujours soutenus par la publication à jet continu de chiffres tous plüs encourageants les uns que les autres. Les récoltes sont, toutefois, en 1914, moins satisfaisantes que pour les deux añnéés précédentes.
Les établissements de crédit sonit généralement fermes. La Bänque de France à repérdu du terraiñ, le maintien du privilège jusque fin 1920 ue devant êtré acquis qu'à des conditions plus onéreuses que celles primitiveñent envisagées. -
Les Chemins François sont plutôt hésitants.
Les valeurs cuprifères ne conservent pas tout à fait
es plus hauts cours inscrits, mais l’orientation du marché du cuivre reste bonne.
À noter la fermeté des Omnibus et du Suez : favorisés par les plus-values de recettes.
Les Mines d’or Sud africaines sont au calme plat.
Communiqués
Compagnie d’Électricité de la Province de Buenos-Ayrés.
Le 12 décembre courant, le Crédit Mobilier Français ouvrira ses guichets à l’émission de 37.500 obligations 5 % or, de £ 20 ou 504 francs de la Compagnie d’Hlectricité de la Province de Buenos-Ayrés.
Cette Société, au capital de £ 1 million, divisé en 250.000 actions de £ 4, entièrement libérées, a acquis tout l’actif industriel d’une Société argentine du même nom, c’est-à-dire les contrats pour la fourniture du courant électrique dans la majeure partie de la banlieue de Buenos-Ayres, les concessions d'éclairage de plusieurs grands centres de la province, avec les usines génératrices et canalisations existantes, etc.
Cet actif, net de toutes charges, a été acquis moyennant la remise de £ 800.000 en actions libérées et £ 520.000 en espèces. C’est pour se procurer cette dernière somme et constituer le fonds de roulement que la Compagnie procède àla présenteémission de£ 750.000; ayant été autorisée à émettre pour # 900 000 d’obligations, la Compagnie réserve le solde pour des accroissements ultérieurs de ses réseaux.
Ces obligations, du nominal de 504 francs remboursables en vingt-six ans à partir de 1916 avec une prime de 3 %, soit à 519 fr. 12 (change fixe de 25 fr. 20), donnent un intérét annuel de 25 fr. 20 nets de tous impôts “argentins, anglais et français présents ou futurs, payables en deux coupons semestriels de 12 fr. 60 nets, les er avril et 1e* octobre de chaque année.
Les prix d'émission étant de 475 francs par titre, dont 100 francs en souscrivant, le placement ressort à 5.30 %, sans compter la prime au remboursement et les mois courus sur le premier coupon.
Le gage du placement, constitué par une première hypothèque sur tout l'actif de la Société, est des plus sérieux, puisque les bénéfices nets annuels ont atteint en 1910 £54.060 (contre £ 29.696 en 1909) et que les bénéfices de 1911 seront d'environ £ 80.000, alors que le service de l'emprunt n’exigera qué £ 37.500 jusqu’en 1916 et £ 52.500 à partir de cette époque.
Ajoutons que les obligataires seront représentés au sein du Conseil par quatre administrateurs français.
On peut souscrire dès à présent par correspondance au Crédit Mobilier, 3 et 5, rue Saint-Georges, à Paris, et chez tous les banquiers et agents de change,