‹ A LondresChapitre 23 sur 94 · LO NOUES · texte numérisé non relu

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est évidente. Un autre point non moins remarquable est la localisation de cette décadence dans les provinces désaffectionnées. Tandis qu'elles comptaient pour 1/1(1 dans les ressources générales du Royaume-Uni, elles n y comptent plus que pour 1/40 ou moins encore. On peut tenir pour certain que, l'Irlande entière ne donnant plus que 1/50 du revenu total de l'Union, les provinces désaffectionnées n'y contribuent pas pour 1/100.

Il est donc clair que l'Irlande n'a pas apporté à la ] Grande-Bretagne les éléments de force et de prospérité l qu'attendaient les auteurs de l'acte de TUnion. 6,700,00;) livres sterling (en chiffres ronds) représentent-la contribution de l'Irlande au budget général, celle de l'Angleterre et de l'Ecosse étantdix foisplus forte. C'est-à-dire que l'ilesœur, quoique comptant pour l/'20 à peine dans les ressources de la Grande-Bretagne, paye 1/10 ou 1/11 de ses taxes. Elle ne devrait payer normalement que 3,500,000 livres, et elle en paye près de 7,000,000. A première vue, on pourrait supposer qu'un tel arrangement est avantageux à l'Angleterre et à l'Ecosse; mais ce n'est là qu'une apparence : l'Angleterre et l'Ecosse ont à entretenir en Irlande de grosses garnisons, à subvenir aux frais énormes du « local-governement «, à avancer des sommes qui ne rentrent jamais... Au total, elles perdent au marché plus de 2,500,000 livres par an, tout en recevant de l'Irlande 3,000,000 de plus qu'elles ne devraient. Les deux parties intéressées gagneraient donc à la rupture du contrat : l'Irlande de ne plus payer une proportion de taxes exagérée, l'Angleterre et l'Ecosse de ne plus subvenir aux frais d'une véritable occupation militaire.

Laissant de cùté les aspects politiques de la question

MISTRESS FitZHERBERT ET L" PRINCE-RÉGENT. I05

et les conséquences qui pourraient résulter d'une séparation, M. R. GrifFen estime qu'au point de vue commercial l'Angleterre n'y perdrait pasgrand'chose. L'Irlande, au contraire, perdrait les bénéfices résultant pour elle de la présence des garnisons anglaises ; et d'autre part, si l'effet de la séparation était de réduire ses transactions avec la Grande-Bretagne, le résultat serait désastreux pour l'île-sœur, car elle n'a pour ainsi dire pas d'autre marché, et tous ses capitaux sont anglais.

Pour conclure. M. R. GrifTen fait allusion au plan agraire publié par le Statist; après en avoir accepté la paternité, il ajoute :

« L'idée d'indemniser les propriétaires fonciers de l'Irlande aux dépens du Trésor public, et d'imposer aux autorités locales les frais d'intérêt et d'amortissement de cette avance, se déduit naturellement des conditions économiques du pays. Elle repose sur ce fait que l'Irlande est un Etat relativement peu important, qui a pris dans les affaires générales du Royaume- Uni une place exagérée; d'où la nécessité d'une législation entièrement nouvelle et qui réduise cette place à ses justes proportions. Quelle que soit la solution adoptée, un règlement préalable de la question agraire est indispensable, à la fois pour faire la place nette aux nouveaux pouvoirs publics et pour débrouiller les rapports financiers de l'Irlande et du Royaume-Uni.

Mistress Fitzherbert et le prince-régent.

Le problème historique du premier mariage du prince de Galles, plus tard prince-régent et roi d'Angleterre,

avec mistress Fitzherbert, vient d'être remis à l'ordre du jour par une intéressante correspondance adressée au Spectator. Ce journal avait désigné récemment mistress Fitzherbert comme « la maîtresse du prince». Il ne faisait, en ce point, que suivre la tradition constante du parti whig, depuis lejour où Fox nia solennellement, en plein Parlement, que le prince de Galles eût jamais épousé mistress Fitzherbert : tradition que lord Holland avait pieusement observée dans ses Memoirs of the ichig party.

Il est parfaitement certain, pourtant, et même notoire, que cette tradition est calomnieuse; que le prince de Galles avait parfaitement épousé, en 1785, à Brighton, Mary-Anne Smith, veuve Fitzherbert, et quïl nia plus tard ce mariage uniquement pour en contracter un second avec la princesse Caroline de Brunswick, et, à cette occasion, faire payer ses dettes par la Chambre des communes.

Que le premier mariage ne fût pas constitutionnellement valable et que mistress Fitzherbert ne pût pas prétendre au rang de [princesse royale et de reine, cela pouvait se soutenir, car elle était catholique, et la loi fondamentale du Royaume-Uni interdit formellement aux membres de la famille régnante toute union avec une papiste. Ce quil y a d'incontestable, c'estquelacérémonie eut lieu et qu'elle fut célébrée le 21 décembre 1785 par un clergyman protestant, avec Fautorisation du pape, représenté par M. Errington, l'un des témoins.

Les documents apportés par la lettre de M. Langdale- Houghtonau Spectator n'en sont pas moins d'un grand intérêt historique.

« Les papiers relatifs à cette affaire sont en maposses-

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