‹ A ma patrie enchainée; poèmesChapitre 21 sur 28 · L'ADORATION DES SOLDATS · texte numérisé non relu

L'ADORATION DES SOLDATS

Noël, 1915.

« Qu'est-ce qui brille sur la tranchée ?

Eteignez donc ce feu là-bas! »

« Ce n'est pas un feu, c'est une fusée

Qui monte au ciel et ne s'éteint pas. »

« Approchons-nous... Quels sont ces gens

Cachés sous cet abri ? »

« Ce sont de pauvres paysans

Venus des lignes ennemies. »

« Il faut faire bien attention,

Ce sont peut-être des espions. »

« La femme était si fatiguée.

L'âne était tombé boiteux.

Nous les avons laissé entrer

Pour se reposer un peu.... »

« Pourquoi vous mettez-vous à genoux ? » « C'est pour mieux regarder l'enfant. » M Pourquoi vous découvrez-vous ? »

« Parce que ses petits pieds sont blancs. » « Pourquoi joignez-vous les mains ? »

« Parce que c'est Noël demain. »

« Pourquoi restez-vous silencieux ? »

<* Pour mieux entendre chanter :

Gloire à Dieu au haut des deux! »

« Apportez du bois, des couvertures,

Faites plus de lumière !

{Paix, sur ferre, aux hommes de bonne volonté!)

Du chocolat, des confitures,

De la soupe chaude et de la bière !

{Et guerre à l'ennemi de la Chrétienté !)

Du lait pour la mère, du tabac pour le vieux,

Et la croix d'une tombe pour le nouveau-né ! »

{Gloire à Dieu au haut des deux !)

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