‹ A ma patrie enchainée; poèmesChapitre 9 sur 28 · PRIÈRE : PÂQUES · texte numérisé non relu

PRIÈRE : PÂQUES

Toi qui, cette nuit, surgis du tombeau,

Malgré les prêtres, malgré les soldats,

Toi qui brisas la pierre et qui rompis les sceaux

Que Pilate t'imposa,

Fais que ma Patrie surgisse

Du sépulcre allemand

Et que la Victoire bénisse

Les armes de nos enfants.

Toi qui nous apportas Tépée —

Le glaive de Justice —

Et nous ordonnas de l'acheter,

Fût-ce au prix de nos tuniques,

Toi qui renversas les tables des marchands

Installés sous Tes portiques,

Donne à nos bras la foi et la rage à nos cœurs

Afin que la Victoire couronne de fleurs

Le front de nos enfants.

Toi qui cuirassas Tes archanges, Michel,

Gabriel et Raphaël

Terrassant le démon.

Et qui armas Georges de la lance

Dont il perça le flanc du dragon,

Toi qui inspiras la vaillance

De Tes preux chevaliers

Et qui traças le signe de Ta croix

Sur la poitrine des Croisés,

Donne-nous l'aveugle confiance

D'Alfred, de Turpin, de Godefroid,

De Saint Louis et de Roland,

D'Arthur et de Cœur-de-Lion,

Afin que la Victoire, au son du canon,

Guide les pas de nos enfants.

Toi qui maudis Carphanaûm, Bethsaïde.

Et accablas de Tes injures

Les scribes hypocrites, les pharisiens perfides,

Toi qui fis retomber sur leurs têtes impures

Le sang des Saints Innocents,

Toi qui sus aimer assez pour haïr,

Fais aux crimes des Allemands

La grâce de les punir,

Fais que, comme Toi, ma Patrie surgisse

De son tombeau noir, rouge et blanc,

Et que la Victoire brandisse

L'étendard d'or de nos enfants.

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