CHAPITRE Xll
Le fcniinisinc à Saint-Gall (Suisse;. — Achetons le Pôle Sud. — Paroles de maire. — UAini des Bêtes, carnet mondain. — Pour le latin !
J'ai pari
plus liant des (( protessional beautics » londoniennes dont la plus récente manifestation fut le port de la canne et du monocle, et j'ai posé la question : a A quand le cigare? » Eh bien, ça y est; que dis-je? le
îf
elles en sont
pipe
— Cette
fois, d'ailleurs, ce n'est pas les Anglaises qui ont réalisé cet important progrès, mais bien les aimables habitantes de Saint-Gall (Suisse).
Soit qu'elles connaissent aussi bien que Mau-
I ice Donnay lui-même
II .s'.s(7/ ? b léc des Jein m es d'Aristophane, soit qu'elles croient à l'homéopathie, ces dames sont presque toutes devenues des piliers d'estaminets « pour protester, disentelles, contre les habitudes masculines » ; et, comme un de nos confrères les blâmait discrètement, elles lui ont cloué
le bec avec cette petite profession de foi qui n'est pas, j'ose le dire, dans un ridicule :
(( Nous envisageons comme notre devoir de nous rendre toujours plus nombreuses dans les cafés, de les emplir même, afin que le prétendu roi de la création n'y trouve plus aucune place ; et nous agirons ainsi jusqu'à ce que les hommes aient changé de conduite et aient appris à être économes. Quand ils en seront là, nous ne ferons aucune difficulté pour revenir, nous aussi, à nos principes (et à nos fourneaux) économiques. »
En attendant, les belles (esta) minettes s'enfilent des apéritifs variés, des alcools de tous les pays, bouffardent, cartonnent, jurent quand elles sont prises en fourchette à l'écarté, ou quand, à la manille, remarque pas qu'elles se sont a défaussées cieusement.
Quant aux hommes, ils n'ont pas, vous pensez bien, modifié d'un iota leur conduite; de nouveaux calés se sont ouNcrts, des bars parallèles où ils ont trouvé refuge, aussitôt que les anciens, envahis par leurs épouses, n'ont plus voulu d'eux.
leur partner ne ti cœur » as tu-
Mais les enfants? me direz- vous. Al
i ! voilà, les gosses,
je ne sais pas ce qu'ils pensent de tout ça. Il leur reste bien un moyen, qui est d'imiter leurs parents, de déserter l'école et de passer leurs journées dans quelque Baby-Caboulot jusqu'à ce que papa et maman se décident à réintégrer le domicile familial.
A MA^GER DL lUlA.
Un de nus contrères de la Revue des Deux France Aient d'avoii" une idée excellente autant que gé-
long
néreusc : il a consacré au Pôle Sud un irticlc très documenté! En effet, voici tiop longtemps qu'on nous rase avec le Pôle Nord, on ne parle que de lui dans les feuilles, des gens meurent en tâchant à le découvrir. Et, jamais, nul ne s'était avisé de consacrer seulement deux lignes au Pôle Sud ou de perdre un doigt pour le mettre dessus. Le Pôle Nord tirait vraiment trop la couverture à soi, si j'ose risquer cette métaphore. Grâce à la Revue des Deux France, celte ciiante injustice est réparée.
Le Pôle Sud, paraît-il, est habité; ce serait la sixième partie du monde, et on l'aurait baptisée : Etat d'Adélie (?). Celle contrée nouvelle, organisée en royaume, contiendrait cent mille habitants, dont soixante mille Français et quarante mille Papous — pa poussible! ça doit donner de jolis résultats, ce croisement! — le tout gouverné par un monarque dénomme George II, comme vous et moi.
Le duc d'Angély, qui se trouAait dans ce pays d'Extréme- Midi, vient d'arriver à Paris. Il aurait, dit-on, proposé au ministre compétent d'affermer là-bas le protectorat de la France moyennant quarante millions par an : il faudrait
A M A m; EU DL FOIN. 3o3
n'avoir pas quarante millions sur soi pour décliner une ollre aussi avantageuse. La contrée, d'ailleurs, serait toute bourrée d'or, mais on ne pourrait y pénétrer que durant trois mois de l'année, connus iusqu'à ce jour des seuls indigènes et de ce fougueux d'Angély, de millions altéré. Comme bien vous pensez, je laisse à leur auteur — qui signe Dagoubert — la responsabilité de telles assertions.
Dis-moi, bon Dagoubert, Aurais- tu la tète à rcuvcrs ?
A la suite d'un incendie, où l'inexpérience des pompiers se nianil'esla ràclieusement, le maire de la petite commune de X*** vient de publier l'arrêté suivant, dont le besoin ne se faisait pas moins sentir que l'haleine de l'étoile d'un théâtre boulevardier, grande meurtrière de mouches. En voici la teneur :
(( Le Maire de X***, attendu que la maladresse peu habile des pompier dans la maneuvre de la pompe, a laicé brûlé jusqu'au fein bout la ferme de Maillard, araîte :
(( Article hunicjue : Les pompier de la comune seron, à daté de ce joure, exercé la veille de chaque unsandie.
« Le Maire : Jean-François Graxdcolas.
« X***, ce 19 févrié 1899. »
A MANGER DU FOl.N.
Cette mesure préventive obtiendra certainement l'approbation générale, et le brave rural qui l'imagina mérite de passer à la postérité en compagnie de feu son collègue Froment , maire d'Harponville (Somme). L'honorable M. Mauritio B..., lecteur du Journa^ amusant, veut bien me communiquer la lettre suivante, par lui découverte dans les archives de son département, lettre singulièrement savoureuse, d'une authenticité garantie, à laquelle je ne voudrais pas, pour un empire, ni même pour une trésorerie, changer une syllabe :
(( Monsieur le Préfet,
(( Un voile de pudeur nous interdisait, avec les mœurs trop ulcérées du siècle, de co lorer les images dégoûtantes d'un fait dont les détails oppriment l'âme bien née d'un honnête homme appelant le bras de la justice d'accord avec les lois. Mais, Monsieur le Préfet, le crime est par trop manifeste, et ses liaisons avec le caractère le plus dépravé me forcent à recourir à votre munificence. — Le nommé Durand, de ma commune, homme assez nul, du moins par les facultés intellectuelles et les qualités distinguées de l'âme, fourbe dans le fond, audacieux en paroles, et reconnu par ses gestes continus envers le sexe timide, le 20 mai dernier, entraîné par la \iolence des passions les plus effrénées, a tenté à la virginité d'une jeune IiUe qui rejeta bien loin ses
A >[A\GEF\ DU FOIN. 2o5
manifestations. La fille s'en étant allée, il l'a abandonnée pour l'instant, puis il est allé, en se repaissant de l'image de son forfait, à côté d'une charrette qui barrait le chemin. Placé sur le derrière de la charrette, il sort de son antre comme d'une tanière à bêtes fauves, se précipite sur sa proie qui revenait de garder tranquillement son troupeau (car elle était bergère); il la serre dans ses bras en lui disant : Là, Mignonne, tu ne connais pas ce qu'il en est de l'amour; je te le montrerai, je te le montrerai. Au même instant, il lui commet des voies interpellées devant les tribunaux par la qualité de viol. Après cette action, il s'est revêtu du masque trompeur de l'humanité, et, en voyant des paysans, a ajouté à la difformité de dire qu'il était venu au secours d'une malheureuse fille qu'on assassinait. Les témoins clairvoyants de l'individu n'eurent pas de peine à deviner le vermifuge du coupable, dont le désordre de ses habits et du mouchoir de la victime sens dessus dessous annonçait ses manifestations insipides, il a maltraité même dont il lui reste des marques visibles sur les parties invisibles que nous avons vues, investi de notre caractère légal. (( Quant à la victime, la figure de l'innocence de la fille était peinte dans ses yeux, dont le nez et les joues étaient meurtris par le contact contondant du ravisseur. La fille, après bien des questions subalternes et interrogatoires, nous a rapporté ce que j'expose, lequel est transféré dans un procès-verbal que vous recevrez par le prochain courrier, et il est mon rapport préliminaire fondé sur son exactitude.
(( Froment, (( maire (riIarponvUlc (Somme). »
« Mai i836.
N'est-ce pas que cette épître valait d'être publiée.^ elle me semble d'un bout à l'autre admirable : pas d'ivraie dans ce Froment.
A AFANr.FR DU FOIN.
Une dame vient de fonder un nouveau journal, non pour faire concurrence à la courageuse Fronde, car ce jeune confrère s'intitule : VAiiii des Bêtes, et sera, comme sans doute vous l'avez déjà deviné, consacré à nos (( frères inférieurs )>, plus spécialement aux chiens et aux chats. On y pourra lire des échos dans le goût de ceux-ci :
— On s'entretient à mots couverts,
dans les cercles hien informés, d'un duel
mystérieux qui aurait mis aux prises
"H Iï__5:^ K\ deux animalités l^ien connues à Auleiiil,
^=;^^ li\ un chat noir appartenant à une
personnalité très en Aue du monde israélite et un caniche café au lait, propriété d'un y// peintre de grand talent. Informations prises, nous pouvons révéler au moins le nom d'un des adversaires : c'est Puch\ à M. Jacques Blanche.
" — Beaucoup de monde au dernier vendredi de M. de Saint-Marceaux, l'éminent sculpteur; la maîtresse de la maison a fait les honneurs avec sa bonne grâce coutumière, dignement secondée par Af^^ Valdine, une charmante bassetle d'une mutinerie exquise, et par M^^^ Fiirette, de qui le peintre Jacques Baugnies exposera prochainement un beau portrait. — La toute mignonne M^^^ Flûte, qui accompagna M"'^ Iléglon, de l'Opéra, à Angers, où elle interpréta avec le succès qu'on sait les œuvres de M. Xavier Leroux, est de retour à Paris, mais elle compte repartir prochainement pour l'ex-capitale du roi René, à dessein d'y faire une nouvelle
\ M V^r.FR DU FOIN.
moisson de lauriers, après quoi elle ira cueillir des palmes sur la côte d'Azur, où sa présence est impatiemment attendue par toute la colonie monégasque,
— Un grand mariage à l'horizon parisien : le comte Khourang vient de demander au baron de Cerviète, pour son loulou florentin César, la patte de M^^^ Topsy. Le mariage aura lieu aux débuts du printemps. Nos très vives félicitations aux deux familles.
— Par contre, M. Henry Gauthier- Yillars nous autorise à démentir de la façon la plus formelle un bruit d'après lequel M. Kiki-ta- Doucefte, le magnifique angora, serait fiancé à M^^^ Jacqueline, la délicieuse chatte de M. Charles Léandre, le subtil caricaturiste du Journal amusant. M. Kiki-la- Doucette, que nous avons vu hier dans son atelier de la
rue de Courcelles où il réunissait quelques intimes, nous a assuré lui-même qu'il était absolument dénué... de toute intention conjugale et qu'il resterait garçon. Voilà qui est clair. Après cette déclaration fort nette, notre hôte qui, très Smart, achète ses colliers à Londres, nous a fait admirer la dernière création de la maison Littleburn and Son : une délicieuse lanière de cuir vert émeraude, où tintinnabulent deux mignonnes clochettes suisses en or. — Puis, M. Kikila-Doucetle, qui est, comme on le sait, un acrobate amateur capable d'en remontrer à bien des professionnels, et se trouve
actuellement dans une forme merveilleuse, a exécuté quelques sauts d'une fantaisie échevelée, bondissant du Pleyel
sur le sommet de la bibliothèque, pour retomber l'instant d'après sur les épaules d'un des spectateurs, véritable tour de force accompli avec une aisance extraordinaire et comme en se jouant par l'admirable félin qui, décidément très en verve, a terminé la séance en renversant d'un seul coup, avec une précision rare, une lampe Bing et un encrier modem style.
Dans l'assistance, remarqué l'érudit M. Paul Héon, l'auteur du célèbre mémoire sur le règne de Charles le Chauve, intitulé : De T influence de la chute des du veux sur celle des empires, auquel l'Académie française vient de refuser le Grand Prix Gobert.
Le savant historien nous a donné des nouvelles fort rassurantes de M^^^ Sultane, son étonnante caniche — nigra sed Jormosa — qu'on disait empoisonnée : il n'y a eu, nous affirme M. Paul Héon, qu'un
commencement d'intoxication causé par l'ingestion d'une paire de gants que l'intéressante malade avait avalée par
distraction. Grâce à une médication énergique et aux soins éclairés du vétérinaire Dauperra, M"^ Sultane est, à l'heure présente, hors de danger, et quelques jours de repos suffiront à la remettre sur pattes. Il ne sera pas puhlié de bulletin de santé.
Tandis que nombre d'esprits distingués, MM. Jules Lemaître et Maurice Pujo en tête, guerroient contre l'enseignement classique, d'autres non seulement réclament avec énergie la restauration du latin, mais encore ^eulent en faire le volapuck par excellence. Une feuille bimensuelle, l'Écho des villes d'eaux, bains de mer et stations hivernales, a attaché ce grelot à la bicyclette du progrès (P) en un article que nous révèle, enguirlandé de savants commentaires et de spirituelles remarques, mon excellent confrère et ami André Beaunier.
Deux journaux déjà paraissent, entièrement rédigés en latin : le Prœco latinus et la Vox Urhis. Je vous recommande particulièrement les annonces du Prœco latinus : les mérites de certains couvre-chefs américains y sont célébrés congrument, chapeaux de qualité supérieure (qualitate nihil
est qiiod his par sit) et « bons à l'usage » incontestablement, car : eoriim durabilitas prœter omnem quœstionem collocata est.
La Vox Urhis traite, pareillement dans la langue de Cicéron, les questions économiques, politiques, et la grande actualité : c'est ainsi qu'un moderne Tite-Live y raconte la guerre hispanoaméricaine. (( J'aime beaucoup ces facéties, confesse M. Beau nier. Au moment de l'Exposition, quand il y aura tant d'étrangers à Paris, les bons hommes qui vers l'heure de l'apéritif (po/io/ie^ illœ quœ famem aperiunt) jettent sur « Ce soir, — à dix heures, , diront pour que l'Europe entière, assemblée là, les comprenne : Hodie — ad decimam liorani — m theatro dicto... Seulement, je ne sais pas comment traduire « Folies-Bergère ».
Après cet aveu, André Beaunier s'oppose à l'adoption du latin comme langue universelle, sous prétexte que le latin se prête assez mal à l'expression des idées modernes : à l'appui de son dire, il clic le cas de M. Jaurès, qui présenta jadis à la Sorbonne une thèse latine pour le doctorat sur un
^iJè^
le boulevard ce cri tentateur — aux Folies-Bergère, etc.
sujet de philosophie pohlique; le leader socialiste, parlant des divers partis de la Chambre, se trouva assez embarrasse pour désigner F « extrême droite » et Vu extrême gauche » ; alors il écrivit bravement : extrema dextra et extrema lœva ! Un tel jemenfichisme caractérise une époque : o tempora, o Jaurès!
Au fond, notre confrère ne l'avoue pas, mais c'est le dépit de ne pouvoir traduire non seulement Folies-Bergère, mais Eldorado, mais BoufTes-du-^ord, Ba-ta-clan et quelques autres, qui lui fait répudier une idée, à mon sens tout bonnement merveilleuse.
Car pour peu qu'on examine cette question avec quelque soin, on voit que d'excellentes raisons militent en faveur de la substitution de la langue latine aux idiomes actuels. Tout d'abord elle est plus ancienne, et le vin vieux n'est-il pas préférable à la récente piquette? C'est le latin qui a commencé ! On ne peut pas lui retirer ça ; ensuite, de ^, ^ même que certains hommes mûrs ''^^np^ demeurent plus alertes que nombre d'adolescents précocement vannés, il a conservé toute sa viridité; en dépit des siècles révolus, l'Église enseigne en effet que a Virgile est jeune ».
Que si, abandonnant les principes, nous considérons le côté pratique de cette réforme, nous voyons que l'emploi du latin conviendrait parfaitement :
i^ Aux savants, qui d'ailleurs en usent déjà;
!2" Aux magistrats, de qui le langage barbare gagnerait à être franchement du latin et non une sorîe de
décalque grossier des formes usitées par les juges romains ; 3" Aux hommes de lettres, car la lecture du Concioncs et l'exemple des orateurs romains, y compris le sieur Cicéron en personne, intarissable pondeur, démontrent surabondamment que cette langue, mieux qu'aucune autre, per-
mettait de parler longtemps pour ne rien dire, qualité éminemment précieuse pour des gens pavés à la ligne ;
4" Aux honnêtes gens qui pourraient, sans crainte de compromettre leur réputation, tenir des discours propres à aire rougii^ des œufs durs, puisqu'il est entendu que « le latin brave l'honnêteté » ;
5° Aux fdous pour la même raison ;
6" Aux républicains, puisque le latin fut la langue officielle, pour ainsi parler, de la plus grande république qui fut jamais;
7° Aux bonapartistes, puisque... (la suite comme ci-dessus
ociv^s
'S/tTiRiTA AcTA PAoLo
RnCTùKB
en substituant le mot « empire » au mot a république ») ;
8° Aux royalistes intransigeants, qui ne manqueraient pas d'émailler leurs discours d'une foule d'ablatifs absolus, comme le monarque de leurs rêves, assis sur les lis : manibiis aate... ;
9" Aux organisateurs de manifestations qui, au lieu de se creuser la cervelle pour découvrir des a cris » propres à déterminer le sens de leurs revendications, abandonneraient les : (( A bas Chose ! » les : « Vive Machin ! » et les tirades
ixh A MANGER DU FOIN.
qui se chantent sur l'air de : CV.9/ ta poire qiiil nous faut, pour en revenir au Panem et circenses classique ;
10° Aux militaires, à qui la a règle du que retranché » — un ecclésiastique, le chanoine Fulbert, la pratiquait aussi avec succès — rappellerait à tout moment la question des villes et des camps également retranchés, si importante;
11° Aux bonnes d'enfants et à leurs collègues de l'office. L'éloge du latin de cuisine n'est plus à faire.
Enfin, ne voit-on pas que notre Paris assumerait un aspect plus pittoresque avec, aux murs, les légendes traditionnelles remplacées par leurs équivalents dans la langue du regretté Pétrone. L'éléphant et le Turc qui, depuis moult années, proclament leur exclusive dilection pour tel papier à cigarettes, ne s'écrieraient plus : (( Je ne fume que le... » mais : Niillam aliam nisi papynim rjiiœ nomine Xili dicitiir Juino. Et le visiteur qui s'étonne de voir son ami porter (( des chemises pareilles » substituerait au : « Tu as donc fait un héritage...? » l'interrogation : Num t'ibi heredltas evenit ut camisias taies inckias ? Et des placards, chantant aux passants le los de notre cher Journal amusant, concluraient : 0 cives, Satirica Acta, Paulo Philipone rectore, legite ! Cependant que d'autres recommanderaient aux gens moroses le petit dernier de votre serviteur {Un vilain Monsieur) et la couverture dont l'enrichit Albert Guillaume : In mœrore versati, si apud bibliopolam Simonis Empis festivam fabulam emetis, auctore Willy, quœ Nequam Homo dicitur, cujusque, operculuni Albert Guillaume lepida (jraphide ornavil, rideatis.
Pour moi, je suis si parfaitement partisan du latin que je ne veux plus entendre parler une autre langue en ma demeure. Quand le dîner est prêt, on annonce : madama est servita et cela me met en appétit. Même, je viens de pardonner à ma cuisinière, à qui j'avais donné ses huit jours pour ce qu'elle me servait obstinément avec des mains sales, dans des plats pas propres, des mets tantôt calcinés,
A MWGER nu FOl\ 2t5
tantôt iasufrisammont cuits, jo lui ai pardonné, dis-jo, au reçu de la lettre d'excuses qu'elle nous adressa, à ma conjointe et à moi, et que voici :
Monsieurus el Madama,
Je suis vere desoJata quod monsieurus m'ait fîcJiuta a la portam et supplico monsieurum et madamam de me pardonnare mes fautas. Je leur prometto que dorenavanter je lavabo manus meas et assiettas avec beaucoup de conscientia ; pour la cuisina, je ferai bene altentionem à facere bene cuire les poissonnos, entréas, rotissos, lêgumina, mais à ne pas les laissare brûlare. Ça, monsieurus et madama peuvent en être certaini. hjitur, si c'était un effectus de vostrce bonitatis de me gardare à vostro servitio, je vous en aurais une grandam reconnaissantiam. Si, des fois, vous vouliez m'accordare unam petitam augmentationem...
Je vous salulo. ]^ostra devota,
LouiSA.
Hé bien, vous me croirez si vous voulez, je la lui ai accordée, la petite augmentation !