‹ A Maximilien Robespierre, et a ses royalistes /Chapitre 4 sur 4 · I.erW«rp?ur décrier ’ aucune insinuation · texte numérisé non relu

I.erW«rp?ur décrier ’ aucune insinuation

{\b.yez le discours 1a en décrioit sa personne;

Çu’a^ses intenûoBs Fi 1®^'°",’ P®8® ^9^ °“ “lo—nioit jusîu «s mtenuoBs. E. Saffisln,.

îîî'eiit préparés , on mur mur oit tout haut, on interrompoit â chaque phrase ; si même il le falloit, on essayoit les huées, et force étoit qu’il n’achevât pas son opinion. Si par hasard il avoit dit : ayons donc un ordre du jour, occupons-nous des choses, laissons les personnes, c’étoit un feuillant. S’il av(ût entrepris de défendre ie côté gauche de l’assemblée , C’étoit un intrigant. S’il n’ avoit pas craint de repousser les calomnies dirigées contre de vrais républicains, c’étoit un traître. S’il avoit osé dire ; n’idolâtrons point un homme, c’étoit un ennemi public, l’eunemide Robespierre,, l’ennemi du peuple. Et les pelotons de compères montroient les poings, les bâtons à sahre! elles dévotes des deux bouts paroissoient prêtes à se précipiter du haut des tribunes sur i’impie. Ets’illui restoit encore assez de courage pour essayer de p'arler un autre iour, la chose devenoit impossible, car on i’avoit noté.

Toi cependant , Robespierre , dans les momens de relâche où ta langue se reposoit , ton corps en travail faisoit représentation. Tu m’as répondu qu’à la commune tu t’étois avancé vers le bureau pour la vérification de tes pouvoirs. Jenet’accusois pas de t’y être avancé, mais d’y être resté. Pourquoi ? Toarce qu’aux jacobins tu affectois le mênae privilège. Lors même que tu n’étoîs ni président, ni secrétaire, tu restois en évidence, assis au bureau. Tu restois complaisamment exposé à la contemplation de ton peuple. De là tu, te livrois à mille et mille mouvenaens que , clans ie franc parler des républicains , on doit dénommer contorsions et grimaces , qu’un freluquet eùtqualifié des mines , mais que tes idolâtres appeioient sûrement tes grâces. Delà tes yeux, toujt)urs mobiles,, parcouroiont toute l’étendue de la salie ; de là tu encoura- ,eeois les tiens d’un regard bénévole , tu réprimoE les nôtres d’un regard de fureur. Delà tü soilicitois l’attention , les secours , les hommages des tribunes; delàtu récompensois d’un coup-d’æil ,ies dévots , et les adoratrices d’un coup de lorgnette. De là tu faisois passer tesordres par tesaides-da-camp,; qu’on voyoit constamment voltiger du centre sur les aîles , et , dans les occasions majeures , changeant vingt fois de place en vingt minutes, parcourir tous les rangs. Delà tune craignois p<ts d’indiquer du geste ceux qu’il convenoit de laisser pa rler , ceux doutil falloit forcer le silence , et même on t’avuquelquefois ordonner auprésident qu il eût à mettre ou â ne pas mettre aux voix.

Faut-il, dans la fouie des exemples, en citer quelques uns? Je Citerai ce que les tiens se permirent contre Mi llin f de Grandmaison ) qui , pour avoir fait dans la Chronique un article où il se moquoit des petitesses du grand homme , fut

® là serré de près par ce qu’il appelle les Menades Robespierre.

Je me citerai moi, qui, certain dimanche, qm un courageux député t’ayant pressé de te rétracter sur son compte, onde te reconnoître calomniateur, tun’avois trouvé d’autre ressource que d’aller à la tribune , les yeux levés au ciel , et , du ton le plus hypocrite , invoquer dieu et flagorner la providence', moi, dis-je, qui , pour avoir voulu faire une motion d’ordre, par laquelle j» comptois tout bonnement te rappeler du ciel à ta conscience , et de la providence à tes calomnies ; pour avoir voulu faire cette motion d’ordre, dont prudemment tu ne permis pas qu’on entendît le premier mot , fus à la sortie obligé de m’esquiver , afin de ne pas tomber au milieu d’une procession de tes initiées qui , dans l’accès de leur douce fufeur , ne vouloient que me lanterner.

Je citerai cette séance remarquabledu 26 avril , où Brissoâ s’étant présenté pour repousser une fois tes calomnies, ne put se faire entendre qu’au milieu des murmures, dont à chaque instant tu renouvellois le signal , et fut , eu descendant de la tribune, chargé des plusgrossières inveciivesetdespiuslàches provocations de tous les tiens ; où Guadet, te pressant à son lourde ses raisons éloquemment vigoureuses , tu ne craignis pas d’ordonner à Lasource , qui présidoit , de lui retirer la parole ; où, sur son refus , tu osas lui prodiguer des injures, et plusieurs fois lui montrer le poing, tandis que , de l’autre côté , l’un des tiens lui jnroit qu’en sortant il perdroit la vie; tandis que, de toutes parts , ^es tribunes furieuses entroient en insurrection.

Et ces horribles scènes se répétoient chaque fois que tu pen» sois en avoir besoin pour assurer ta domination.

Et lorsqu à neuf heures , neuf heures et demie, les jacohins , ennuyes à-Ia-fois et indignés d’avoir perdu leur soiré® toute entière dans des débats également misérables et scandaleux , se retiroient pour la plupart , ta faction , dès-lors à-

Î)eu-près seule, et maîtresse du champ de bataille, prenoit es arretés d avance con\ enus entre vous , et les donnoit aux départemens pour les arrêtés de la société.

Ce fut ainsique tu fis suspendre les affiliations , sans dont® pour ne les permettre qu au momenr ou tu te croirois assuré du nouvel esprit que tu te fiattois d’inspirer aux sociétés déjà affiliées. Ce fut ainsi que tu cassas d’espotiquement notre comité de correspondance , pour le recomposer selon tes ues. ( 1 ) Ce fut ainsi...,, mais j’en ferois un volume !

Ce comité de correspondance e’toît de l’avis de la majorité' qui vouloit la gnerr^.^Robespierrçlc recomposa , pour faire écrire ^u’il ftç

:iîf'

Tü dis Cpfigey ) /e seul objet de dis sentiment ejnîno^^ divisait , c était que nous défendions indistinctement tou& lesdctes des nouveaux, ministres ; et tu prétends que nous voulons faire servir la convention à venger nos disgracesV Robespierre , ce furent les tiens qui attaquèrent iudistinctement tous les actes des ministres patriotes,, et comme jarai dit, avec une persévérante fureur que vous n’aviez jamais montrée contre les ministres aristocrate*. Le seul objet de notre dissentiment ! ily enavoitunautre, et c’étoitle principal. C’é-* toit la question sur la guerre. Pourquoi avois-tu montré tan£ d’acbarnement à ne pas vouloir cette guerre? Tout-à-l'heur© jele dirai. Nous, Robespierre, nousétionspour ; etlorsqueles tiens ne purent empêcher qu'on ne nous entendît, nousn’eàmes rien à te pardonner. Tes plus idolâtres furent atterrés de ta défaite ; aussi s'arrangèrent-ils pour que la tribune nous fût désormais interdite. Une fois j’y voulus remonter , moi ; on m’enfitpresqu’aussitôt redescendre ; et ce soir là , Dubois {de Crancé) ( i ) , prêt à partir pour le Midi , fut si indigné de la manière dont tu nous faisois délibérer , qu’il prit la parole ejt nous dénonça cette poignée de CORDELIERS qui, les jours où nous n’avions pas de séance, se rassembloit danssonlocaî, où elle se concertoit pour revenir le lendemain au milieu de nous avec ses motions préparées et sa tactique toute prête,] Tels étoient tes triomphes , Robespierre; pour avoir raison contre les Jacobins , tu n’avois d’autre moyen que d’étouffer leur voix ; pour l’étouffer, ta dernière ressource étoitles injures qui, proférées par toi, pouvoient, grâce au zèle d’une

Î)artie de ton peuple , donner la mort. Et tu prétends que es hommes courageux qui t’opposoient encore quelque résistance, ont des disgrâces à venger ! Robespierre, je soutiens qu’en pareil cas , c’est la victoire qui doit faire rougir ; il n’y a rien dans la défaite dont on ne puisse être fier ; et je sens que le législateur peut s’énorgueillir encore de ce que tu appelles /es disgrâces de M Louvet.

Robespierre , voilà ce que c’est qne le despotisme d’ opU Hion , et voilà comme tu l’exerçois.

Tout cela , j’en conviens , pouvoit encore ne te charger que de ridicule , lorsque rien ne prouvoit qu’il fût possible qu’un jour ta tyrannie passât les limites de notre salle ; mais depuis que tu as essayé de l’étendre sur la France entière ^ tout cela est devenu criminel.

f I ) Il vient d'aflîchcr un placard qui m’auroit beaucoup e'tonne' si, 'depuis la révolution , je n’avois dû m’accoutumer à voir bien de* hommes suivre, selon les e'vénemens divers, un sy.stêuie tout opposé, fkiais si plusieurs viennent à varier , ce ne sera pas une raison pour que je varie ; et les choses étranges que Dubois dit aujourd’hui, nepeu^^Ç1!^; fiixe ottbiiciç Içs s-hom dis»g

: Et voilà oourquoimol , quir^etenoîs alors pénîblônreat ces odieux seci'ets , ie les ai divulgués depuis. Si pourtant quelqu’un me demantle encore par quelle raison j ai, meme en ce tems-là , combatta vigoureusement dans ma Seiitinelle pour cette société qu’aujourd’hui je dénonce , je répondrai que je ne dénonce pas la aociété , mais les meneurs qui la tuent; js répondrai qu'assurément les vices , les turpitudes , la tyrannique domination d’une insolente p- ûgnée d liommes, avoient

fait que la socié té de .Paris n’étoit plus c[u un fantôme , mais un fantôme encore to-eft-puissant , terrible, et par conséquent nécessaire contre le plus puissant de nos ennemis , Louis Capet et sa digne cour. Je réponds qu’en soutenant les sociétés populaires en générai contre Lafayette et ses leunlans j’ai plusieurs fois assez vivement attaqué la bande d intrigans qui déchiroit ce qu’on appeloit la société-mère. Je réponds par ce passage de ma dénonciation : Ce fut aè s le. 7nois de der?iicr , etc. Si on le médite, il expLqiie tout. Eh bien 1 lecteur, deux mots maintenant. Ceux - là qu’a'nimuit le désir désintéressé de fonder la liberté de la France , et de délivrer l’univers du fardeau de la royauté, c’étoient les Jacobins. Ceux au contraire qui avoient uu double but , celui de ne renverser que le roi régnant, et de s’attribuer a leur profit tous ses pouvoirs , c/étoient les Cordeliers. Or, maintenant dans la société de Paris , les C;//dominent ; le peu de Jacobins qui s’y ^trouve y est surpris ou opprimé. Au moment où j’écris , ce n’est plus avec des Jacobins , c’est avec des Coi delie? s que les socicti s des départemens .lorrespondent. Mais anjourd Imi que leur grand comolüt de septembre a échoué , aujourd’hui qu’ils outeul’air de provoquer popr i otre constitution en république , ce décret au’ils ont senti ne pouvoir échapper , est-iibien vraiqu’iis veuiltent une démocratie pure , une république, véritable , dont les premiers magistrats ne soient pas des rois sous uu. nom pins modeste ? J’affirme qu’ils ne le veulent pas ; et dès

qu’il le faudra , je m’expliquerai davantage.

Mais Robespierre n’étoit-il pas jacobin ? Jusqu’à la, fin de qi , oui. Depuis 92 , il est cordelier. Il l’est devenu d’abord par bêtise et par vaaiité , puis piar vanité et par ambition. Je n ai jamais nrétendu, moi, qui! eut personnellement assez dq moyens peur être dictateur'. Grape aux sceléiats plus habiles qui ie poussoient , il le fut un instant ; il le pouiioit devenir encore. IVlais se maintenir dans ce poste au^si diff cileqnepé rilleux , lui? Jamais. Il est loiu d’avoir le courage et le génio nécessaires. C’estpourcelaque j’ai dit qu’ils youloientse conslitiier rois avec lui , sous lui , et j}ecit'étre bientôt sans lui. Je devois retrancher le peut-être, car je ne doute pas qu’après avoii’ jsi,é en avant cet Iionime ^ qu’on ^ si bien qualifié une es-

pèce de prêtre , et s’en être servi comme d’un insfrumentutS^ à leurs desseins, ils ne l’eussent aussitôt, n’importe comment;*; brisé plus facilement que le verre le plus fragile. Ah ! l’iusensél J ’at t endrai , m’a-t-il di t , que vous demandiez la proscription des jacobins. Robespierre, le soin de leur honneur me touche car lesturpitudes dont ils semblent envelopés depuis troplong-*t temps , je fais voir qu’elles sont les tiennes ; que de toi seulj elles jaillissent , et ne doiven; piar conséquent retomber que», sur toi. fe veux leur conservationi, car en dévoilant toute ta meurtrière tyrannie , je travadle à les en délivrer» Je suis leur\ ami véritable , car je les défends contre leurs ennemis lesplusl cruels; toi et l’imbécille cohue qui t’a. reçu poursondieu, toi et la troupe perfide qui t’a fait son mannequin. Si je soute-^i nois les jacobins , tels qu’ils ont paru depuis dix mois , onU pourroit m’accuser de les vouloir détruire ; mais je rétablis leur gloire en te restituant leurs souillures ; en faisant vôiCi qu’il fut possible de les opprimer, je démontre qu’il fut impossible de les corrompre ; je prouve que pour rendre à la société tout son lustre , il ne s’agit que de la régénérer, et qua pour la régénérer, il suffit d'eïi chasser îesusurpatears. Non, je n’attaquerai point les sociétés populaires ; long-temps elles furentnécessaires, elles serontlong-temps utiles. J’attaquerai les ambitieux qui ont entièrement perverti celle de Paris , et qui la mettent en péril. Bientôt elle tomberoit d’elle- même , s’ils n'en étoient expulsés. Des qu’ils léseront, nous tous jacobins nous y rentrerons en f iule; aussitôt la société repaxoîtra digue d'estime comme en ses plus beaux jours; etla journal , je ne dis plus misérables etscandaleux,j

mais j’ose dire de ses discussions brillantes et proiondes , fera foi qu’une poignée d’agitateurs qui nous déshonoroit da s(ni ig.iorance et de ses vices , plus difficile à vaincre que c^s feuiiuins tajit combattus , nuisoit à la république , moins encore par le mal qu’elle savoit faire • que par le bien qu ella emp. choit.

Mais , dis-tu , si c'est depuis le mois de janvier que V triche et la Prusse ont déclaré la guerre aux Jacohms ! Aux jacobins de 91 , Robespierre , et non aux cordeliers de 92 ; tu vois que nous sommes d’accord. Léopold menaçoit au mois de février : n’est- ce pas , dis-moi , à cause des services anciens rendus par les Jacobins à la patrie? Oserois-tn soutenic, que c’étoit à cause des services futurs que tes Cordeliers de^ voient peut-être lui reiidré ? Etoit-ce nous qn’il ménageoit,i nous qui sentions dès-lors qu’il falloit profiter du moment ponr l’attaquer? Etoit-ce toi qu’il altaquoit, toi qui déjà , de concert avec lui sur ce point , nocherchois qu’à faire des ennemis au côté gauche de l’assemblée nationale de France ? toi qui,j «l’accord ay«c les héros du côfé droit, prétendois que ,

C iS )

Vèi&t ruineux ci ses démons tr a Lio7is hostiles nous coiîsti« tuoient , ii falloit paisiblement attendre que tous ses pandour» fussent prêts ? Toi qui, à 14 reprises différentes , plaidois les plus chers intérêts ce cet ennemi , qui n’eût pas fait de simples menaces, s’il se fût senti dès-lors en état de frapper? Toi. qui, avec tous les aristocrates, tremblois qu’on ne bâtât cett®. guerre? Mais vous aviez des motifs difféiens, je te rends jnstice. Eus ne la vouloient pas alors , parce cju’tls savoient qu’elle nous seroit inévi table , et que plus nous aurions différé, ïnoins il nous resteroit de ressources. Vous ne la vouliez pas vous, parce c[ue vous calculiez que l’état d’anxiété générale- ©ù nous étions , s’il se prolongeoit par la paix , devenant par degré intolérable , vous fourniroit tôt ou tard l’occasion d’aller droit au despote de l’intérienr ; et que la na tion , satishiit® d’avoir vu tomber le parjure, ne trouveroit pas mauvais qu’on lui donnât , sous cjuelqu autre nom , un ou plusieurs successeurs , en apparence amis de la liberté, ÏSlous la voulions , noais purs Jacobins . p'arcequ’à coup sûr la paix tnoit la république, puisque danslasupposilionla plus favorable, eli® nous conduisüit tout au plus à un cliangementde tyran. Nous la voulions , parce que si elle avoit actuellement ses périls, plus tard elle en auroit déplus certains ; parce qu’entreprise a tems, ses premiers revers, sans doute inévitables , pouvoient du moins se réparer et dévoient purger à la fois le sé-nat , les armées et le trône ; parce qu’au milieu des prompts «uccès qui dévoient suivre, le plus profond ressentiment d’un® trahison mieux prouvée , plus inexcusable , plus éclatante, forçoit nécessairement une véritable révolution , d’un prix auquel on ne pouvoit rien comparer. Vous vous retrancbiezi sur la paix , vous, ambitieux, qui ne songiez qu’à déplacer un roi. Ils appeloient la guerre à grands cris , les hommes d’un coeur généreux, d’une aine vraiment libre , trop forts pour jcécler aux petites suggestions du vil intérêt personnel ; trop grands pour ne se considérer que dans le passage de cette vie. Ils appeloient la guerre , les républicains dignes de l’être; ils ©soient aspirer à la gloire solide, à l’immortel honneur d© tuer laroj^auté même, de la tuer à jamais, d’abord en France, at puis dans l’univers.

T U poursnis ( page 6 ) , s’f/s ont dans leur sein recueilli les 'fédérés. Malgré ic^, ilobespierre , ces 2,000 nouveaux personnages dont on provoquoit la venue , vous ne les attendiex pas dans votre plan ; vos mesures principales en étoient dérangées ; ils pouvoierit être honorablement soupçonnes de ne pas goûter vos projets d’usurpation. Tu déclamas , pendant deux séances , contre le salutaire décret qui les appeloit. Mais cette fois tu ne persuadas que to7i peuple ; celui de Paris voulut fcien ne te croire qu'absurde. Malgré toi et l’état - ïpajor 1*

'f’Hyette , car ici votjs vous rencontrâtes éncorCpOursuu^ànt U même ciieinin, malgré les clifférens chefs de faction qui s'ao cordoicnt a le voi .hhr tromper Paris eut le bon esprit de désirer ses frères. Les fédérés accouruient. Aussitôt, comme tous les apprentis despotes , tantôtinsoleus ettantôtfiatteurs , qui crient de loin contre l’obstacle, et le caressent dès qu’il s ajiproche, tu caressas ces non veaux venus ; les tiens s’en eun parèrent ; on s’efforça de te les conquérir ; on leur montra l’iDOLE. Mais l’idoIatrieda-Fayette cuisoit encore à nos braves amis ; le grand nombre réprouva ta divinité par trop humaine. Dès-loi's il vous fut démontré que le triumvirat no poLivoit plus vous écheoir que par des coups de force • ou vous a vue les essayer dans les premiers jours de septembre.. Tu nous apprends enfin que les jacobins le des^

potisme ; mais par les jacobins , tu n’entens que tes cordediers et toi, sur-tout toi, toi, par-dessus tout , toi seul peut-être I et tu ajoutes ( pag. 7 ) fjue moi et les ?nie?is étions trop sages, pour tremper dans de telles conspirations. Ici paroît cet artifice que je t’ai reproché plus haut. Te voilà réduit à jeter delà défaveur sur celui qui t’accuse. Eh bien î combattons sur ce terrein où tu semblés me défier. Mais je n y veux rester qu’un moment. Ton exemple , si à cet égard j’avbis eu besoin de leçon, m’a trop appris que tôt ou tard on se perd en cédanta l’ambitieuse fantaisie de parler de soi. Çojux qu©

tu appcdles les miens , c etoient Rolland • il avoit dénoncé

Louis XVI à la France entière ; tu le cliargeois de'tes calomnies , la Fayette parloit de son supplice , Bruusvidck aoeJoic sonéchaffaud , et le 5 septembre , to7i Marat disputoit cette proie magnanime aux bourreaux de Brunswick. Servan : il avoit partagé l’honorable retraite du ministre de l’intérieur f il n’étoil rentré qu’avec lui , et cela pour sauver la France * les tiens cependant lui prodiguoientles djgotits , tu l’accusoîs sans cesse, il étoit désigné victime dans F^s placards de ton associé. Pétion : sa conduite , en mêine-terus vigoureuse et sage , usoit la royauté ; tu t’efBrçois toi d’user sa popularité. Brissot : il éenvoit contre la ruouarchie , dans un tems où tu confessois naïvement , tantôt tu ne savois ce cjue c' étoit ^ue la république , une antre-fois , que cette espècë de gou- •vernemefit ne convenoit pus à la France ; c’est Pétion qui l’a raconté devant moi. Condorcet : sa [ilnlc'sophie avancoit la raison publique ; et depuis long-tounps tu déclarois soléra- Tiellement ne pas aimer plus la philosophie que les iihilo'ophes, Verguiaux, Gensoiiné , beaucoup d’autres ; ils iaisoient àl avance le projet de décret de la suspension. Guâdet : il ôccupoit le fauteuil, lorsqu au bruit des premières décharges de l’artillerie, et dans ce moment critique , où la victoire de la bonne cause étoit plus que douteuse , 1» projet devenoit

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ïoî. BarLafoux ; il arrîvoit pour ia journée du.io avec les Marseiliois , et bien vous a pris qu’ils y fussent ; enfin.... mais qu’on me pardonne l’étrange nécessité où tu me réduis de placer mon nom avec tant de noms justement célèbres ! enfin , moi.

Moi, Piobespierre , je rcstois pendant i8 mois dans cette société de Paris , caché , tout-à-fait caché , au milieu de quelques hommes que leur médiocrité n’empêchoit pas de se produire. 'Observateur attentif, je m’instruisois à- la-fois des leçons d’un grand-homme , vraiment grand malgré ses nombreux écarts, et des fautes de plusieurs petits hommes auprès desquels , si l’on ne t’avois pas tenu compte de ta conduite , alors recommandable , on t’auroit trouvé petit. Là je voyois îour-à-tour s’élever et tomber plus d’une , et frauebement j’étois loin de penser qu'un jour tu le pusses devenir. Aux heures de mes loisirs cliampêtres , je faisois des ouvrages qui n’étoient pas tous perdus pour ia révolution. Mais enfin, à l’aspect dc^s pressans dangers de la patrie, arraché à mes goûts solitaires et à mon obscurité politique, j’osois, u’étant pasde tonavissurune question de première importance, paroître à la tribune des jacobins , et contre toi , contre tes Cordeliers, malgré tes grimaces, malgré leurs clameurs , prouver la nécessite de laguerre. Nous l’obtenions deux mois trop tard: mais nous l’obtenions. Dès-lors je consacrois mes jour- ■rtées entier SS à la défense de tout un peuple indignement trahi ; sous les poignards de la cour , au milieu des soldats de la Fayette , la poitrme découverteet le frontlevé, j’écri.ois la Sentinelle. ^ Etres éternelles vanteries me forcentà merappelev quelquefois que ce journal a , plus que le Défenseur de la Constitution (. i ) contribué à la révolution du lo.

Dans les premiers jours de juillet, je cliercbois les moyens d’obtenir promptement une Conv'ention. Dans la nuit du q au 10 août, je présiùois , de ii heures à une Iieure, ma section , la vigoureuse section des Lombards. A trois heures, mon bataillon me dépuloita la maison commune , pour réclamer les canons que notre état-major nous refusoit ; nous revenions les lui enlever ; l’état-major Sainte-Opportiéne vnnloit nous arrêter , nous forcions Je passage ; avec ce bataille n des Lombards , l’un des premiers arrivés , j’étois à cinq heures du matinsur la place Vendôme , et avant sept heures , nous nous placions sur le Carrousel. Le soir , fatigué d’une nuit et d’une journée passées dans de telles agitations , je roposois ; le 1 1 , dès le matin , j’apportois mes pouvoirs au conseil-général.

(i ) C’étoit Je journal que Lisait Robespierre ; le dfre , au moins siajuügr , appellera les le^sxious du. lecteur, ■ -

Et toi , tu n’y parus que ie 12 ou le î3; et d^où venors-tu? Quelle retraite assez ignorée te receloit dans la nuit du 9 ai*. 3-0? Interrogé sur ce point à l’assemblée électorale, par ua brave bormne , dont on ne put pas assez tôt étouffer la voix,, tu répondis : o/z Jiie demande où f étais. Par-tout oii l'in--^ iérét de ce peuple , qui m’est si cher , exigeait que je fusses

Et deux mois a'i ant le lea^'ût, lorscpie l’aristoci'atie et le feuiiiantEsme , ensemble ligués , osoient lelever une tête insolente, jusques dans nos sections, j’aÜois presque toujours les combatire dans la mienne. La tienne ne te vit qu’après la 10 août, et ne t’entendit prêcher que le mépris de rassemblée nationale et de ses loix.

Et quelques emaines av^ant le 10, lorsque nommés commissaires par nos sections, nous obtenions de Gheriier c&VtQ éloquente adresse, par laquelle , au nom de Paris , nous demandions la {lécbéartce , où étois-tu? Où étois-tu , quand nous l’arrêtâmes ? Lorsque , Pélion à notre tête, nous allâmes la présenter, oùétois-ta? Aux jacobins , Robespierre, uniquement aux jacobins , pour (aire adorer tes paroles et persécuter les républicains qui agissoient.

Robespierre, ente suivant clans cette partie de ta défense , j’ai dit ce que tes jacobins éccient avant le 10; pour savoir ce cpi’ils sont depuis , il suffit de parcourir leur journal ; oir y verra c{uelles rapsoclies capucinières , gravement réputées plan de gouvernemeut, y sent applaudies ; quels vices y passent pour vertus, c[uel monstre de scélératesse- on qualifie magnanime \ sur quelle autorité l’on ne craint pas d’ap^ peler çonstarament le mépris et l’insurrection. Sèulement.je terminerai cet article, en t’observant que je Pavois accusé d’avoir bassement séduit, trompé, flatté ce c]ue tu appelles le souverain; de t’être sans relâche et sans pudeur produit à son idolâtrie; d’avoir soîemnellement déclaré que tu serois le conseiller dii peuple, 'pourvu qu’il le désirât iortement ; d’avoir souffert qu’en ta présence on te proclamât le seul hoimne vej tueux de la France , le seul capable de sauver ton pays ; et qu’à tout cela, tu n’as pas même essayé de répondre un mot (1),

( I ) Avant de quitter cct article jacoMn , qu’il me soit permis d’observer qu’il est difficilè de contenir son indignation , quand on les voit essayer .jusqu’au sein de la Convention , plusieurs des moyens de leur tactique exe'crable , et , comme dans la séance du lundi zë novembre», par exemple ,oitlc décret de mandata la barre alloit être lance contre un de leurs agitateurs , rentrer , sous le prétexte d’un amcndemeiit » dans ladis'cussion du fonds , demander qu’on interroge un des dénonciateurs , quand ils ont vu sortir tous les autres, et, , après uac heure de tumulte , à dessein prolongé , arracher de lassitudcunajournCincBê flui J,. derenant indéfini, «quivJtut à une question préalable.

Venons â l ciss&mhlèô èlêctovcile. Te t'ai ficcnsé del'av'oîp tyrannisée par l intrigue et par l’effroi : par l’intrigue , les tiens y appca-lèrent tons les moyens de cette vile tactique qui opprimoit depuis si long-tems nos Jacobins ; par l’effroi , le premier député ne fut ëlu^cjue le 3 ou le 4 septembre , c est à-dire, sous les auspices de vos massacres déjà c-im' inencés. Mais ce premier député, cjuel fut-il? Toi , Robespierre, loi! et cependant Pétion étoit au milieu du vous. Un autre trait pourroit suffire pour montrer quel étoit l’esprit des meneurs de cotte asseiîiblée, et jusqu’à quel point ils pouvoient y corrompre ou y étouffer l'opinion publique. Comme on alloit procéder a 'élection du second député, arrive la ^nouvelle de la nomination d .■ Pétion à Chartres. Quelqu un proposa que le corps électoral de Paiis consignât dans son procès-verbal le regret d’avoir été piévenu dans le J Pétion par — T^es plus violens murmures couvroient

déjà sa voix; il ne put achever cette motion que les tiens trouvoient scandaleuse , exécrable. J’osai demander la parole pour la soutenir ; mais /rz anestion préalable en ht justice, avant qu on meut p; nuis de dire un mot. Cependant , au pied de la trihune, jo tombois dans un grouppe de tes Cordeliers. Les^moins furieux m'appeloient un intrigant; les phis, forcenés juroient que j’étuis un scélérat; d’autres, à qui 1 excès de leur rage ne permettoit plus de jurer, rneprodiguoient, par signes, des menaces que depuis long-tems, ] avmis l’habitude de bi'aver.

Obqui, je devois être à leurs yeux nn scélérat; car le premier jour ce n’étoit point à Robespierre que j’avois donné ma voix. Le lendemain , je n’avois pas caché que j’estimois ^t qu 011 devoit estimer Pétion :enhn, cjuelques jours aurès,

3 avois eu 1 audace de demander la parole , qu’on s'étoit bien gardé de ni accorder, contre le plus étrange des candidats , que /e dictateur venait de désigner, co\i\.ve Marat. C’étoit ainsi pourtant queye te faisais la cour, à toi Robespierre, qui m as fait le plus mortel des outrages, eu insinuant jjIus loin que j avois loue ton conseil général, parce que nous étions à l époque des élections. R.entôt j expliquerai comment et dans quel tems ces éloges me furtui surpris; et je donnerai en même-tems une preuve nouvelle de ta profonde habileté dans 1 art de la calomnie (1). Ici, pour ne pas anli-

J I 3 11 vient de publier sur cette matière une brochure intitulée : de I Influente dç la calomnie sar la révolution , et qui s’imprime aux frai* dey lacobms où il l’a lue. Personne de nous assurément n’étoit plus que iuîcapable de fairejà-dessus plusieurs volume, s. C’est bien le c.as de répéter 3 1 auteur estpiein desonsujet, Cependant plusieurs passages, mieus écrits qu’il ne le sauroil faire , me donnent à penser que quelques com-

jlères caloRiaiatcurs l’ont aidé. Au reste il n’est gas inurile de faire voix

«ïper sur un autre sujet , je n’avancerai qu’une vérité, savt îÿ que j’aux'ois souffert mille morts plutôt qne de descendre devant les liens dans l’assemblée électorale, je ne dis poin® jusqu’à cet excès de bassesse de caresser leurs fureurs, je dis seulement jusqu’au point de me contraindre agsez^ppur leur dissimuler iebnépris et l’horreur ({u’ils m’inspiroient. Loin d© moi la lâche y)ensée de m’imposer, à cet égard, la moindra retenue. Eh d’ailleurs ne le savois-je point c[u’il n’y a nnlla composition possible entre l’ambiti ’m désordonnéed’un/i/KaB patriote dé]k tyran, et l’entier désintéressement d'un vrai républicain? Ne le voyôis-jo pas dès-lors qu’il ne pouvoit y avoir aucune espèce d’accommodement entre nous, quivou'lions fonder la république sur l’éternelle base des vertus pre~ miè/es, la justice et i'bumauité , et vous c{ui commenciez de* assassinats pour assurer vôtre triple dictaturé ? Pouvois-j» ignorer qu’en ce moment vous pei'sécutiez les plus dignes républicains (j )? Que s’il ne vous éroit pas d'abord impos-* silde d’abattre les jirincipaux d’entre eux, vous ne manque* riez pas ensuite de venir jusqu’à moi ; que loin de me portes à ta Convention , il ne tenoit à rien que vous ne me préci* p^itassiêzrlans lèlombeau de vos prisons-Marat? Et s’ilm’étoit resté quelques doutes à cét égard , Robespierre , n’avôientils ]ras pris la peiné de les éndairoir tes gardes-dn-corps , qui me sachant coupable du'crime irrémissible d’avoir voulu parier contre ton candidat iavori , contre le fauteur du triumvirat, dit l’Ami du Peuple, m’avoient atten'du, et me mon; trant leurs cannes à sabres , avoient proféré cesEaroles remarquables aux premiers jours de septembre : cmant peu tu passeras.

ce qu’on y dit de !a maioritc de U Convcnûon. Ils veulent i]u‘on''Ies fpivde ; quels crimes veulent-ils doue commettre ?. .... Ils veulent quitter

J^aris,... Ils ont raison Qdilspjrtent'danci... inais ou vont-ils S4t

cacher pour démembrer l'état et conspirer contre lo liberté du monde. ......

Quel moyen nous reste-t-il AUJOURD’HUI pour déconcerter leurs funestes projets ? Je n’ en connais pas d’autres EN CE MOMENT ÿu« l'union des amis de la liberté, la sagesse et la patience. Un peupla magnanime et éclairé est toujours à tems de réclamer ses droits ET DE VENGER SES INJURES. Voilà pourtant ce que l’on couvre d’applaudissemens dans la société des ci-devant Jacobins. Et rapprochez de cette grande instruction du général le propos tenu quelque semaines auparavant par un des goujats subalternes : qu'il n’y aurait bientôt plus contre la Convention d'autre raison que la raison du sabre .-propos quiexcitsi des battemens de main convulsifs , et valut à son auteur l’honneur d’êtra reconduit à sa place en triomphe ; rapprochez de toutes ces provocation* séditieuses , les contre-révolutionnaires atrocite's dont est rempli le joifcfti nal de leur magnanime I et demandez-vous ce qu’ils veulent.

( I ) On verra bientôt qne c’e'toit alors que les Mandats-Marat étoiffJ^ ôKpe'die's contre Roland, Brissot et d’autres.

Ta dis qa’on étoitlibi'e à ceLte assemblée , parce qn^on y ipotoit à haute voix ( page 4 ) ; mais c’est précisément pour cela qu’on n’y étoit pas libre , car les liens avoient pour eux; les massacres , et ne dissimuloientpas l’intention de revenir à cette ressource, dès qu’elle leur paroi troit nécessaire. Je citerai qui , ayant dit à la tribune, je ne suis pas

Brissot t fut à bon droit couvert d’applaudissemens ; mais qui s’étant avisé d’ajouter, je ne suis pas non plus Rohes- ■pierrte\ fut accueilli d’une épouvantable huée , n’acheva qu’à travers d’horribles murmures, ne fut point élu, parce que la faction lui retira tout - à - fait son appui, et put entendre en revenant à sa place, car nous l’entendîmes, de plusieurs parties de la salie, quelques voix l’apostropher des plus grossières menaces, et l’une d’entre elles lui crier t va , coquin, , laisse faire , nous avons encore la hache levée (2).

Tu prétends ( page 4) que chacun usa lihrem-eTit du droit 'de les proposer, les candidats. Robespierre, souffre l’àpreté de mon langage républicain, supporte la dure vérité : tu mens. Toi , toujours et plus que jamais privilégié, tu prenois, tu gardois la parole toutes les fuis et aussi longuement que tu le jugeois convenable. Personne au contraire ne parloit que tu ne le voulusses. Si quelque visage nouveau, do qui 1 on ne savoit point encore s'il n’étoit pas des tiens . demandoit la parole, il pouvait l’obtenir; mais aussitôt qu’il deyenoit possible de s’appercevoir qu’il alloit dire ce que vous ne prétendiez pas permettre qu’on dit , vous l’empêchiez de continuer. Il étpit sur-le-champ réduit au plus absolu silence, trop heureux si vous ne le condamniez à l’heure même au supplice d’entendre, et tes déclamations violentes, et toutes celles des plus forcenés boutefeux de ta faction. Ce manège, quelque scandaleux qu’il fut, se couvroit de si peu de ménagemens , que les plus impassibles en conçurent une indignation vive. Un jour, dans l’accès d’une impatience ♦rop juste , le courageux Dugazon poussa tout-à-coup , dans notre salle, ces généreuses paroles : quoi\ citoyent , vous- «nvez abattu le despotisme , et vous souffrez que la tyrannie s exerce au milieu de vous \ Ai-je besoin d’ajouter qu’il ne

Î)ut dire un mot de plus? Voilà, Robespierre, quelle étoit a dose de liberté dont tu voulois bien nous laisser j.ouir. Et 5’il est vrai qu’on ait été libre dans le choix des candidats, dis-moi par quel prodige il est arrivé, qu’excepté Kersainè que vous repoussâtes, nul autre des excellens républicains., qye réprouvoit Marat dans ses placards, ne fut même pro-

( I ) Voyez- aussi Corsas , Convention nationale , tom, i , n®. j , jeudi f. novembre , page 117,

tandis que presque tous les

Cent Xs! iCUas^tu nier? Il est de notoriété pubhq.^

EEEnrétenüue désinatibn de Marat fut une présentation véruXle ^Ï produira u««

^rn’il l’étck réservé de montrer 1 espece dé couragé q

aboie.., d,„s ,e .ué.ue di-ours e d --

kdiire? cXd xr o“r MaXtbe le" sépa.L,a PbXiuk’qull le faudroit. No séparouapas Er LU mens kcùi-e V lorsque tu oses avancer que tu ne ats XVX ;X/ dérnJsùey^ r‘i dé^f connu f-r ca^puta^ ^tinn de sadtuit : etc. l\ ne me faut pour confond.e tan d "me sdres ' aie rapporter les faits. Cinq ou s.k nommants é toi eft’ dbà faites ; aux de. r.iets appels nous avions virenbhCpottk Priestley; de leur côté, les tiens avo.ent inutilèmenXsmyé Marat. Tu montes a la tribune . Iiobes liei-e Dms le iiéme discours . dans le meme , et si la pos- Ibké s'occupe de tes méfaits , elle ne te pardonnera pas Llui-là ; datfs le même discours, tu attaques , tu dénigms Priestley ; lu désignes , tu vantes une espère d lioinme , qu a la vérité tu ne ttummes pas, mais que tu signales si .en \ iout le monde le reconnoît. Tri t tenes ell^e une coalidon de philosophes ;je sazs zjne dorcel: et Brissoi: '^zenlent mettre des phüosophes dajis la Convention, Le docteur P ries dey a eent dans son en z ■ Mais qu’avons-nous besoin de ces hommes cjui n on fc ^ne die Hures ? Il nous faut des patriotes qui se soient ZercTs JLsdes réuolutions , qui aient combattu corps-

donnois a e , cu’jl Pa fallu depuis re-

SotTdevtriI Convention (page 5, : que Priestley

f rlî if0rnce aui le Tendoit iiîtGrcssüTit

tu le dis dan.

yeuse J,„s -e ifsseniblée électorale. Con-

iLTavo ; clsbrd d'un dénie nuage la courageux évt™lentucivu J- -ïiZrUfi il te restoit a piéconicer ]ns

ment d j j ’ l’honneur de l’espèc»

Stiè qè Vkart bienke poXycir ragara.f flue con«n.

-pla ceur, se Fayeue

' ^^Jra.-je qù^ les tiens an, naurHren ïmpatieminent attendues ?I)irai P Paroles

fient ce discours vandale ta ^'gne-

a cause des mauvais choix /mo ^ emerement regretter, tient les nouvelles nous arrivn; ^l^partemens , et

tl^it pas se tiouvér dans la Cou ^ toutes parts , qu’ii ne

d’hommes douës d’une icnoranrr'^’^ ^ nombre

intentimi rCest pas d’iiffhVer

« je pensé 7„e l’honnne o J , m, "i L S n 1"‘ ?“* “ ’

^•harat , ne Inéritbit nas !a h ^ f ' \ indiquer après

ce que je ne xds taire trouver à ses côtés.

républicains indignés d«n;„,fcenrT,''n"*7'"' l'>e«e»rs

Vainement, comule eux- ip)î M ■ u P'^rple avec moi.

«tiglals , et de déraasquVl

pn-udemment décidé au ou ne ^^fÇais indigne. Tu avois ordonnois que la discussion h^.'''™t p6int après toi ; tu ouverte, puisqu’on n’àvn'f ’ réellement n’étoit point Fit fermée; elle le fur T ^/^''^ftlu de contradicteurs , l’appel noiôinal. O honte " 5^t)nnas, deqionquement la nôtre ; ce n’est bas ie le ' “ moins ce n’est pas

perdit pressai- e ® Pepple de Paris :

Mais , pour essajrpr ‘je palîfer tio.us échut,

de /er élections , tJ oSes dire n ..hg^ominie et le despotisme Oté discutés et ranfiéc i ^'t imprimer que les choix ont réponds q„: ph dè“?„!“ls , P El bien ! ,e ne ,e

«ppcier en témoignaoe les’rébérf ’ ontiei- que je puis

tn mens trois foi^, Ùs’Co\^ epéteia ; tu mens, tu mens :

entendre que ce c îmK = « ^1 ‘'t fait

« hlées primaires ; niai? U qonfirmé par les assem-

« prise dans le corps électoral résolution,

» et que ceux qui

» croyoîent cet/e exciusioif ' ’ quand ils

« qu’ils haïssoient Vnni aban les hommes

» qu’elle ne fraunernd ih ont prévu

te dira c page ii(f du n^ ? L’'s Gorsas , il

>1 omuest venu dire' au co^Js^'é? ^ ^ ' «Quand » sections avoient rayé ou ’ ^u une ou deux

» ^l^bespierre : eh bi?n - s W ? . ^ «rt

» I ose/it >y. ^ écrie , /tous verrons s’ils

Enfin, »ur toute ta conduite dans rassemblée électorale

.i-é'thn." rbinsVf ‘iluf;UTy "VrifPo-liirÏ’

lis un iiomme dont le témoignage est accablant contre toi car devant la France , qui ii’igrioroit pas quelle intime et sainte amitié vous unissoit jadis, son silence eût maintenant suffi pour t’accuser. A la page 17 de son discours , sur 1 accusation intentée contre l-û , il te dira : « H est vrai que « ceit.e assemblée ( électorale ) ëtoit influencée, dominée 5^ par un petit nombre d'iiommes ; qu’on ne pouvoit choisir 5> que leurs partisans,; quelles élections étoient prepai'ées 55 par des listes qui furent exactement suivies , a de légères

J3 exceptions près. -

» 11 est vrai encore que cette assemblée étoit devenue un©

» lice, toujours , ouverte aux dénonciations , aux déclama-

» lions les plus, emportées. Des .orateurs , par leurs dis- 3) cours , entretenoient dans le peuple une agitation vio-

» lente, et nous exposoient.çans cesse au renom ellement e

» ces scènes d’horreurs dont nous venions d être témoins 3>.

Encore un fait cependant sur cette a.s.sembiée e-lectoia e, un fait qui pourvoit fournir à de nuinbreuses reliexions, et sur lequel je n’en veux faire aujourd’hui que tres-peu.i Qui donc , après la révolution du iq août , s occupa du soin, de rappeler l’.attention piEdiquo sur uq homme „que darts toutes les suppositions possibies il était sage ue, laisser dans s-es palais ? Qui donc eut la funeste malraa.resse crue

pouvoir de le'faire représentant du peuple (i) ; Que signr e cette préctintion de l’avoir nommé, le dernier , le vingt-quatrième? Duc signifie, sur-tout sotte- imp,ertin.ente, coraedie , par laquelle les cordel^rf^y qui venoient de iaire cette^eleclion , eurent -fair d’én,«|£re étonnés , et de vouloir revenir contre sans do,aie afin de persuader .anx..b.annes- gens que

c etoient nous qui l'avions bute?, cqmment l’aurip.ns-nous pu , nous qui nous étions trouvés trop foioles pour poiter hiomme inûprocliable , Priesdey ? nous q;ui , toujours e,cr^r ses par la faction, n’avions pu conquérir sur une esoèce de surpiisu.ençQre , qu.e,lèjes,pqctaoU Doçsa.ax «t trois ou q mitre au,tres nquiiatiLEps, précieuses poLirpp.us., pour eux imigniliautes ? Comimmpvsnr^.uL UurippQFP»^ voulu . nous , purs jacobins., que .la rjWUome &ua dions^fj gneur efmrouche ? Plniippe maigre . tps sprvices.qians la

révolution do 09, et peut-être aussi a e,ausp.d,euy.yqç, t|e,piii|

avoir confrince en toi ; je ne.pyis oublier^ que. fu naqqis.

■1 ■ OPP - U m* - r . Or.

’ * Xi ■ ■ ' ; d

[i.) Quelques jours aup3rav.vnt parut un placard ^ f lecuel, se p/ai^nani de

k d.s unprLlons pour écl.irrr le feuple .A disoU .feW^"L de vieil hs lui donner; quhl prouvevoU amsi qu ^ ‘ 7,';, >

la révolution , et c^ue cela pcnnuoit décider les e.c c ^ .

la ConveaUoa, ^

&ein dès grartdeun; cfuie tu reçus l’insolente ëduCTtion re servée aux gens de ta sorte ; que ta jeunesse veTr^rTl L empoisonne des coars ; que il soif de dominer servoit l doit^^n T individus de c<7^/{-e ; qu’elle

crains ale ^ Jouables ; ma,s^ je

à Sireîar c régénération , ils n’aient tout

ds éré époque en effetauroieut-

de nos moeurs républicaines?

^dele et Théodore ,- la Religion considérée , etc. et niu-

•îTuiretlf^' onvrages qui ne respirent que fanatisml de

El cfe^vl; , superstition nobiliaire ^

haine de Voltaire de Rousseau , de nos plus grands phdo-

^phes etde toute la philosophie , me sont-ils df bons |araL

^ 3it voulu sincèrement leur

Tu r cette égalité sainte , tlont il est*

ÏXT. f .V® défie dês crimes de ieius ancêtres ;

sur four defier dedeurs propres vertus. Je me défie-

ieanlT. iri indigne de l’espèce d’enthousiasme avec

®'-aint de t’élire .

aflectentdapplaudir, jusques dans la Convention, à chaque

Sus i/r jeunes gens obtiennent. Tes

kns, p. les plains. Ils auront long^-temps encore à tra-

? m ' effacé la taèhe de leur orîc»ine * ils sont

Bésduu Bourbon! Philippe, PhÜf^pe , je te !e dis , et ie dis tout haut : quoique , malgré tesi^amis , il soit entré bca— coup de vrais républicains dans laConvention, je suis toujours surpris qu'au .uilieu de es pre,„ierapMn!pôt'e,.iairérde ma

Sis 7 ’ , jesuis toujours surpris ,

C isqe-, et quelquefois inquiet de voir assis , non loin de moi

nnihomme-quifut;.rt^ce. Philippe et Danton, Robespierre et Marat , vous tons et tous vos cordèliers , prenez Ârde nous serons unis contre vous , j’espère ; nous vous oblerve!'

^ notre chûte , fût-elle prompte , inévitable et ,v J , ’ moins elle enfanteroit des vengeurs

* la reprtÿujue , nous vous combattrons. Car , pour cl qui jme regarde, mes commettans m’ont fait jurer , et je Pavois jtire deja., que dussima-noüs périr, nous ne souffririons plus. ^ sous ^quelque nom que ce pût être, la honte et le

lardeau de /a rojÆt//fé.

l’éloge delà conduite dO in ri l • P''®'^'®^f Je ne Pai pas attaquée ; j’ai

aiim i"'*' 1 membres. Mais en-

suite, uniqaem«at (hngé par toi , dont le despotisme éloi-

^iOltle maire , ècartoît d'anciens et dignes administrateurs (i), «ntraînoit la majorité , peut-être bie n intentionnée, éci'asoit une minorité respectable ; tomt-à-fait animé de ton esprit rlésorganjsateur , loin de déposer son pouvoir, il l’étendit ; il méconnut les sections qui l’avoient envoyé , le conseil exécutif qu’il entrevoit dans sa marche, l’assemblée législative qu’il insultoit jusqu’à sa barre. Et les communes environnantes , sur le territoire desquelles ses commissaires allèrent exercer des actes de tja'anrûe. Tu réenois déjà, Robespierre, et pourtant le 2 septembre n’étuit pas encore venu. Çe fut, je crois , le 26 août que La ssctioii des Lombards , connue pour •avoir constamment l’eillé contre l’aristocratie, tandis que la grand nombre des sections paroissoit ds rmir, la sectioTi de.f Lombards , incapable aussi de fléchir sous ta tyrannie démagogiqru-, prit le vigoureux arrêté , par lequel, déclarant le coriseii-géuéra] usuipateur , elle lui retii'Oitses commissaires, et invitoit les autres secti< ns à en taire autant. Aussi-tot toute la cohue des prCtits-rois, de se mettre en campagne. Momoro, dans sa section, Lavaiix à celle de 1 Oratoire , à celle de Mauconseii ï Huilier, etdansplusieurs autres tous les affidés de cette espèce , me dénoncèrent dans les termes les plus violens. Que dis-je? le dictateur en personne , toi-même, Robespierre , feignant de me croire l’auteur de cet arrêté , que tu trouvois contre-révclutinnnaire , et auquel j avoue que je n’avois pas eu rhorineur de contribuer ; toi-même , du iiaut de ta tribune , tu appclois sur muileslicteurs. Au milieu de tes g'-ouppes , il n’étoit question de rien moins que de marcher sur la section des Lombards; sous les fenêtre delà maison commune, un p(‘uple égare demandoicma tete ; tandis que d'adroits émissaires venoient répandre jusques dans mou quartier , le bruit f]ue j’étois arrêté', et tout cela , faisoit-011 dire encore , parce que Fetio/i se conduisoit mal , depuis cpie j étois son ami. Son aiui i J aurois pu désirer qu il m eût j pé digue de 1 ên c. Aiais son conseiller ? De quoi mes avis auroieiil-ils pu servir a son expérience ? A cette époque , il y avoit peut êtie cjuinze jeurs que je ne 1 avo4s vu, et je ne crois pas qu'il ait reçu jamais une lettre de moi. Des calomnia teins le sa voient bien sans doute ; mais que leur iinporloit, pourvu qu’ils préparassent l’opinion publique à la lin vit lente et piocbairie qui m’étoit apparemment réservée, comme à tous les vrais républicains ? ÏNous touchions à 1 épo-

( I ) Pid 'nTi.in, Chambon , Thomas, et plusieurs autres qu’on ne îaissoit plus administrer ; trop heureux qu’on leur permît d’avoir encore voix dclil-iërative Et qui voulut - on faire admiuiSirateur ? Des hommes dont quelques-uns savoient à peine lire-, mais qui , en reviipche, savoient calomnier l’assembleé , dënijrer Petion et louer Robespierre , de vraD Cordeliers.

( So )

qsfi terrible, remarquez; et sur-tout, pourvu quils parvîit-

sent à dépqpulariser cet incommode Pëtiou Qu’en au-

roiént-ils lait par la suite ? C’est ce cjue je laisse à penser.

^ Tu dis (pape^io) ; O/i vous entretieTit d'intrigans qui s tCoidH int? oclu its ciujis ce cotjjs \ je sens qii' il ctl existoit quelques-uns. ici, Robespierre, me voilà fort de ton propre aveu. Mais ces intrigans, voyons quels iis ctoient, et de quelle espèce? C’est Pétion c[ui va parler (i) : Beau onp de ses meini'ies (du conseil de la commune) et en général les plus effervesseas , éioient disperses ; ils remplissoient des missions dans plusieurs parties de l’empire ; et ces missions, àqueltiire les rernplissoient-ils? En qualité de commissaires du pouvoir exécutif. Mars comment le pouvoir exécutifavoitil clioid les plus effeivescens'> Ce n’étoit pas le pouvoirexécutif qui les avoit choisis ; c’étoit le seul ministre de la justice , et ce fait n est pas du nombre de ceux que Danton veuille nier; car un député lui reprochant dernièrement la conduite qu'a tenue Wwi Aq ces effcivescens , n’obtint de lui que cette justification : Eh , cropez-\>ous qu’on vous

enverra des demoiselles P C’étoit un rude ministre de la justice , tjue ce iiH..nsieur-ià !

Après avoir fait I apologie des usurpateurs du conseil-général, tu entreprends iudiiectement celle de son comité'^'dQ survi iÜance; et certes, je n’en suis point étonné. Tut’écjfes, (prge ) . des OT i es tû. tiens illégales ! que nei nous T'eiirochez-vous ainsi d'avoir brisé les plumés mercenaires 'etc. Robespierre, je ne reproche à ton c mité que d’avoir voulu,' par lies assassinats, préparer le peuple françak à recevoir 1q jovg de ta tyrannie. Je vonlois oublier tout le reste. Entendstu me forcer à m’en ressouvenir?

L’apol-'gie des évènemens du 2 septembre, tu ne tarderas pas a l’entreprendre aussi. Néanmoins , soit délicatesse sf il précaulion, tu ne juges pas à pr :pos de permettre qu’orl t’impute dy avoji- contribué le moins du mond . 7'u avais à ce que tu dis ( page 14 ) cessé de fréquenter le conseil avant l époque des massacres ; et lui à , je dirai bientôt ciuei jour, à quelle heure et en quels termes tu y proscrivois ceux que Pétion appelle si bien les chefs d'opinion ch l’assemblée législative. Ensuite je conviendrai bien qu’a près que l’assemblée électorale eut ouvert scs séances, ce Ru à sa tribune principalement et devant ton peuple des Jacobins que tu al as poursuivre contre les plus purs patriotes, toâ système de dirlamation séditieuse et violente

(x ) Yeyez s©n discours , pag. jy.

( Si )

Tu prt^tends ( page i5 ) cjue le CQuseîl-gènéral a faÎÊ tout fs (jui était en son pouvoir jxaur empêcher ces massacres. liais , d où étoient-ils donc ces deux municipaux; , qui, cou»

verts de leurs éciiarpes, y présidoieni? ’

Il est vrai que tu dis, plus loin, page 19, ejue ne poules déterminer ( les citoyens ; à se reposer sur les tribunaux , les municipaux les engagèrent à suivre des t'armes. Quels citoyens ! g:aud dieux ! et qiiels muni, ipaux ! et sur-toat quelles formes ! ( Voyez l’agonie de 58 heures nar èfuiit-Meard). »

(Page loy Depoix ai^oit été frauduleusement mis en liùerte. Püc qui ? Dis-nous quelle main à soustrait les pièces et le prisonnier ? ^

Enfin tu oses imprimer ( page 17} rpw c’ était un mouv^ ment populaire et non la sédition partielle de quelques scélérats. Un mouvement populaire ! Ecoute Pétion ( p 13 et tô.) cc Le 2 septembre arrive , le canon d’allarme tire le tocsin sonne. Oh ! jour de deuil I tV ce son lugubri » et allarmant , on se rassemlde , on sc précipite dans les » prisons ; on égorge , on assassine. Mmuel , plusi.nirs « députes de 1 assemblée nationale se rendent dans ces lieux ' » de carnage : leurs efforts sont inutiles ; on immole les « victimes jLisqucs dans leurs bras. Eh bien ! j’étois dans « une fausse sécurité , j’ignorois ces cruautés , depuis quel- » que-tems on ne me parloit de rien. Je les aporends enfin » et comment? d’une manière vague , indirecte, délicrurée’

» on m’ajoute en même te ms que tout est fini. Les détails » les plus dédiirans me parviennent ensuite ; mais j’étois » dans la conviction la plus intime que le jour qui avoik éclairé ces scènes affreuses ne reparoitroit plusr Cepen- » dant elles continuent. J’écris au commandant cré aérai • « je le requiers de porter des forces aux prisons ; ne ms » répond pas d abord j’écris de nouveau ; il me dit w qu’il a donné des ordres. Jtien n’anonce que ces ordres. 5> s exécutent. Cependant elles continuent encore ; je vais M au conseil de la commune ; je me rends de là àl’Hôtel »■ de la Force avec plusieurs de mes collègues. Des citovens U assez paisibles obstruoient la rue qui conduit à cette » prison ; une très-foible garde étoit à la porte ; j’entre..

>5 Non, jamais ce spectacle ne s’effacera de mon cœur. Je » VOIS deux officiers revêtus de leurs écharpes ; je vois U trois hommes tranquillement assis devant une table les registres d’écrous ouverts et sous leurs yeux , faisant l’appel >1 des prisonniers ; d’autres hommes les interrogeant , d’au- « très hommes faisant fonctions de jurés et de juges • una n douzaine de bourreaux , les bras nuds , couverts'de s’anc^

» l&s uns avec dos massues, les autres avec des sabres et (Tes

« coutelas qui en dëgoùtoient , exécutant à l’instant les 3) jagemens ; des citoyens attendant au dehors ces jugemens » avec impatience ; gardant le plus morne silence aux ?> arrêts de mort , jetant des cris de joie aux arrêts d’ab* ÎP solution. 5>

C est ainsi que Périon s’exprime ; et toi , Robespierre , tu as le courage de continuer ( toujours page 17P et non la sédition paT'tielie de queUjuss scélérats P AYÉS pour assassiner leurs semblables. S'ils ne l'étoient pas encore payés, iis s’attendolent à l’être. Ecoutons encore Pétion ( pag. i3)î Et les hommes qui jugaoient, et les hommes qui exécutoient, avoient la même sécurité que si la loi les eût appelles à remplir ces f mciions. ils demandoient : pourroit-on le croire? « Ils demandoient à être payés du teins qu’ils avoient ») passé , etc. ( Page 14 ) il continue : Ces assassinats furent- 3) ils commandps? furent-ils dirigés par quelques hommes? V T ai eu des listes sous les yeux, j’ai reçu des rapports , 33 j'ai recueilli quelques faits ; si j’avois à prononcer comme M jus^e , je ne pourroispas dire : J'^oilii le coupuble. ->■>

Ainsi quand Pétion vit les exécuteurs , ils n’étoiOntpas payés , mais ils coinptoient l’être. Je n’ai plus qu’à rapporter un fait qui prouvera qua quelques personnes entendoient qu’ils le fussent. Un matin, quatre hommes arrivèrent dans la maison du ministre de l’intérieur, et s’adressèrent au citoyen Fépoul, run des chefs de bureau; ils avoient des piques et une épée de deuil ensanglantées; ils venoient chercher le prix de leur travail, que le ministre de l'intérieur devoit leur remettre, leur avoit-on dit; le citoyen Fépoul, malgré les horribles explications qu’en lui tlonnoit, feignit toujours de ne pas comprendre quelle avoit été l’espèce d’ouvrage dont le paiement lui étoit demandé. Observez que pendant l’étrange colloque , nn des ouvriers , accablé de la double ivresse du sang et du vin, s étoit mis sur un feuteuil, où déjà il étoit assoupi. On vous a donné de l’ouvrage, disoit toujouts Fépoul, vous dites avoir bien travaillé, vous demandez qu’on vous paye , rien de plus juste; mais adressez-vous donc à ceux qui vous ont employés. Enfin les bourreaux, assez mécentens, réveillèrent leur cama.ade, et partirent. Le même soir, entre sept ou huit heures, il en revint un ; il étoit porteur d’un mandat, à-peu-près conçu en ces teimes : «11 est oïdonné à AL Yailé-de-Aùlleneuve (1)

de payer à. ( ici quatre noms ) la somme de

S3 12 liv, chaque, pour expédition des prêtres à Saint- » Firmin », Le garçon du bureau qui reconnoissoit le qui-

dam

£«] VskUé-Vi-Us-HeHTe le trésorier de U rille.

t!am pour un des quatre du inatin , ne voulut point le laisser ciller jusqu'au citoyen Fépoul ; pvesss^ au contraire de reaoover le cruel ci-éancier, il parcourut très-rapiuenieut sou înancat ,neseclonna point letemsdedéJnfrrerl . s noms trèsmai écrits des ouvriers et des signa tau es courut dans le cabinet du premier commis consulter l alraandcli^u/« , et revint aussi tôt rapporter l’adresse un oit j Uneuve. On ignore Vjmm nt celui-ci aura pu s en debarrasser.-

Je reviens a toi, R ibespierre ( P’-ig{'- iS). Tu t’écries : pourrais citer la )aveur du conseil g neraU.e La commune-, M. Tjoucet lui-même , (jui commençait l une de seS a friches par.es mots : Honneur au "J

commune . iL A t- A iT sonner le tocsin, iL A la

■patrie-, et tu ajoutes'. C' était alors le tems des élections^ Robesoierre, tu mens, tu mens à dessein , tu mens a ta conscience. Tu as v ulu faire croire, et en te lisant, on croiroit que je l’ai loué, toi et ton conseil , après ou pendant les massacres , et que par conscquent je 1 ^ a[)prouyois alors, moi qui les condamne aujonrd lim, Th buml cat© afliche est dans les mains de mes souscripteurs ; qu lU

veuiiient la consulter; c’est Is n*^. 67 (') • comme tu le prétends : Le conseil-général a sauve la patrie î mais il vient de prouver qu il -yotr/o/^ sauver la patrie ; d ne porte pas : Il a fait sonnerie tocsin ; mais il vient d arrêter que le tocsin allait sonner ; ce qui démontre iricontestaDlement , sans parler de la date qu’ello port<^, que 1 afficlis^esC du deux et de la matinée du d, us; qu alors m vos n^ssacres, ni par conséquent voU'e révolution de septembre • n'étoient commencés; qu’ainsi tu ne t’es emparé d un écrit à moi que pour le dénaturer complett unent; qu cnüa tu as altéré tous les faits avec cette réilexi m , ce calcul, cet im»

' perturbable sang-froid qui ne t’abandonnent pas quand tu «.ilomnies.

Qu’on apprécie tnaintenant l’insigne méchanceté de c© trait ; C'ètoit le tems des élections ; autre infamie que j al suffisamment irepoussée.

Cependantonpourroit demander comment, à cette époque

de la matinée du 2 , je poavois t’approuver , te louer même, toi et ton conseil, qui, de mon aveu propre , é iez depuis quelque tems d’insolens usurpateurs? )e prévois cette ( bjection d’autant plus volontiers , que ma réponse va jette» beaucoup de lumières sur i’infame conduite des tiens.

[1 ] Les soi-vante premiers nunie'ros sont de moi : les suivans iie m’appartiennent pas. Je a’ ai pu csnbausr «at ouvrage depiUf ’ je suis i U CeRysation. ^

Màrat J /c pû7n>re patriote ^ (i) devemi tout d’un coup assez riche pour imprimer de iiimbreux placards , pent-ôtr» parce qu’il avoit reucontré parmi les nouveaux ministres ua ■ami qui, sommé quelque jour de rendre des comvtes d’assigiiaw, en seroit quitte pour dire quV/ tutoie renàn coiripte delà liberté y et que d’ailleurs le tempérament de Marat, dont il avoit fait l expérience , ne lui convenoit plus; Marat couvroit Paris de ses ordures sanguinaires. A la nouvelle do la trahison de Longwi, l’assemblée venoit de décréter que Paris foLirniroit 3o,ooo mille hommes pour sa part. Le lendemain, Marat, dans un placard nouveau, déchire GomJorcet, Brissot, tous les cliefs d’opinions de l’assemblée et cinq des six ministres. îl ©rie a la trahison , il soutient qu’on veut livrer la France à Brunswick ; qu’on veut envoyer d’abord So.ooo Parisiens à la boucherie. 11 invité Paris à ne pas envoyer un homme à Soissons ; il ose dire cju’il faut fouler au:s

Î lieds les décrets de l’assemblée. J’étois indigné; cependant e mépris me paroissunt encore l’arme qu’il falloit préférer , je fais ïine Sentinelle où je me borne à représenter aux Parisiens qu’il n’est, pas de leur intérêt d’attendre que renne/rii les vienne assiéger dans leurs nturs. Le lendemain t ricoré, placard du monstre , qui ne craint pas de parier de la convenanc® ôiun triinnvirat\ cependant je ne remarcpie pas que la niasse citoyens soit en général pénétrée de l’ horreur qu’une telle psoposition devroit inspirer; je ne vôis pas d’un autre côté, que le conseil-général s’occupe sérieusement de la levée des enrôlemens ; et je trouve le peuple de Paris , que ses magistrats abandonnent, tandis qu des agitateurs le poussent aux plus folles défiances, je le trouve plongé dans des irrésolutions, une espèce d’insouciance, une sorte do stupeur du plus fâcheux augure. Alors véritablement inquiet des secrets dessems de l’ambitieux qui règne au con eil-géïiéral, et de l’audace dulibelîiste inceiicfiaire qui le seconds si bien , je reprends la plume, je les dénonce à i’opiniofi,: IMalheureusement ce numéro ne parut pas : tout-à-l’heurQ on saura pourquoi ; inais d’abord il n’est pas inutile qu’oa lise.

Je commençois par presser les Parisiens de fournir sur î’heure un fort contingent à l’armée de Soissons , et puis je disois :

K Peuple, s’il est vrai que je t’aie souvent averti des tra- » Lisons qui menaçoient ta liberté , écqute , écoute encore :

« les excès dequelques prétendus patriotes continuent ; leur»

^ usurpations deviennent chaque jour plus dangereuses j il P pst tems de te les dénoncer.

£ ï ] la lettre pas il dcaiaadoit à Rellfeâ

R 1 ..î. tn Inîpn c- due c’est que le triumvirat qu’il

w Peuple , sais't réunion de TROIS ROIS. Juge

8»tose propo&er? Test la leuniun u ,

.^xnaintLmt, par le mal qu un

» bon pour toi que tu t’en donnes trois. f ^

» choisira ces trois commissaires parmi , Baruave '

t) la liberté ; mais souviens-tox que ^^ur-a- our les Barnabes» b^s Lameth les Làfayette passèrent aussi pour les araens

” préSsémentles mêmet q-ui 'Ions le tems ont déclamé eontra : l'a ci ™ de CO ooo komrbs ; les mêmes qui dnt set v. /e co^é y le camp , nationale par des calomnies sans re-

n ^t-oîê e députés du cdsé^aKo/te;

”\ÆiTpétloi ton irniur dont 11 est si digne ; leé

:i:,ét:“ni tout

: XïLTou««ement le méptis *s rsprise.Uam de

” '^^Pemsle X” pàrii,*qMnd*^je les ai vu l'inviter a ne point le:; i ton coniSgint érarmée, et s’ef&rcer de t’écarter ^?v'^?.nprr aue Lu dois W assemblée nationale , ] ai soupronné qu’il? pouvoient avoir fait ce calcul de scélératesse : mi’il fidloit te pousser à mécontenter les départeraans , alm

: VlÙxTi'eiUion^rjuHls ne comptent paspou.oir maître

» %r ne s’assemble point dans tes murs; et encore, aUri que les dénartemens où ils voient bien qu’z/^ ont peu d influence, '' ^fCénarent de toi qu’ils espéùoient influencer puissam- ” mentiirQe™t> je les ai vu décrier les meilleurs patrtot^. „ sans excetner Pélion , j'ai soupçonne qu ils s etoient dit » m?L moiùnt où ils t’auroient mis dans une situation telle-

Rmirltiaue que de toutes parts environné d ennemis

” m n'auroifpa mi auxiliaire, iï leur importoit qa il ne te â ™iâ?personne à qui te confier , et que privé de tout moyen

„■ ;’2 •:;}s;:JS^üg=^psæ,

à Paris; mm iU vouloieat enumner iss déparj^ewçiis. ^ ^

» revêtues du suprême pouvoir doat la soif ïgs

«Maintenant ils parlent liauteinent d’un triumvirat \ ek bien . je k déclareliautenient : mes conjectures deviennent «des certitudes. Eh tue me dites plus que ces pr/teX

^ furù-noQ i Non non ce sont

iA /1Î7<5 'm A d j-i uii , non, ce sont

« snr f i se sont aes traîtres d’une ambition dé-

» r V nourrissent la criniinelb

» rf^n V d^brisde toutes les

» autorités , leur intolérable die^

» étree^’' pour ma part, dussé-je

. ---ofjrrô i objet de leurs proscidpciozis , je ne snpporte- ^ î^i pas deux jours. ^ ^ .

« Peuple , puisque je te les dénonce , ils tâcheront sans » doute ue me susciter une psrsécution vi&ie?it& ; mais tu te- « garderas de ce nouveau piège ; toi-méme tu me défendras.

» (. est peu t-être sur ce combat auquel je les déf.' , qu’aujour- ^ > ^ei te repose. J accuse /ej 'li-iumvirs ; qi/ih se

*> justi ent. écris , qu iis écrivent. Toi, reste calme ; reste » ia pour nous lire et pour prononcer.

. . , , . que jene te

« vente , la vérité terrible aux méchftns.

Brave peuple , encore un mot : n'oublie pas que oui- » conque te détourne de te rallier sans cesse et uaiaae??ieut » autour de 1 assemblée nationale , est traitre : mais en >> meme-tems n otiblie pas que 1 insolent étranger s’approche- » aux armes I aux armes « !

Nou7,^elIes. a Le patriote a dénoncé à l’assemblée

« quelques-uns des petits despotes qui espéroient mener le » conseil-général de xa commune de Paris. 11 faut espérer » qu on empêchera bien que certains agitateurs ne parvien- V nent a devenir ROIS sous un autre nom «.

Lecteur, continnez moi votre attention, je vous prie C etou le samedi , premier septembre , que j’avois écriî Ltté Uiaquement occupé des affaires, en ces momen* décisifs, J etois le endemain dimanche , avant onze heures du matin au nombre aes spectateurs dans les tribunes de îassemblée Arrive a sa barre une députation du conseilgénéral ; elle s exprime dans les termes d’un respect inusité ■ e le proteste de son dévouement aux loix et à l’assemblée ’ elle annonce qu un décret de première importance va recevoir sur 1 heure son execution; qu’au lieu de3o,ooo hommes

d allarme , on s enrégmientera sur-le-champ, etc . etc etc

A«saMôtî»6i,iB.jo,,«mr.dan..wn,«T;ïfçlbférL6e;

J« me perèuaJs que soit de gré, soit de force, les elicis abandonnent leurs projets libei’ticides ; que le bruit sor^d de la prise de Verdun observez bien qne la nouvelle officielle n’éloit pas arrivée ; que ce bruit d’un nouveau revers les avoir frappés de terreur, ou plutôt que le conseil général, ouvrant enfin les yeux sur les pressans dangers d^la patrie , sentoit la nécessité de s’occuper uniquement de son salut et de 66 rallier, avec la masse fins bons citoyens contre ie-s agitateurs , autour de l’assemblee. Ceux-ci , dès qu us ne font plus redoulables-, me paroissent moins odieux ,']e ma dis qu’il no s’agit plus de les dénoncer , qu’il convient de les abandonnera leurs remords. Je m arrache a i iïjsê'W ^ e'i? J je cours à Vinipritnerie ; mon numéro étoit compose, ora m’eil donne l’ai^.preuve ; je suis pressé de tout refaire , parc» qu’’il me semble important que cette affiche , seu enjent retardée de quelques heures, paroisse encore dans la journée. Bonneville , qui demeure-là , voit mon impatience et consent à m’aider. Ensemble nous arréto.ns de conseiver a première partie de l'affiche, où j’inyitois Paris a raatcher aia sec-.urs de Verdun. Tout ie reste tombe, et voici ce qua nous croyons devoir y su'islituer. '

(N-. 57 3 septembre. La Sentinelle). Je sais que quelr qnps lujiniiips t’avoictît clonnp des avis contiaires- J aliols

réfuter devant le peupile ; mais tout est changé

<c Honneur au conseil-géneral de la commune il cient & «prouver qu’en effet sauver la patrie et luénter

« la reconnoissance des dcnarteniens de Pempuj. L erdun, « combat pout nous: allcms combattrepoui- , ahons,^

■h pour nurre intérêt particulier et pour 1 intérêt de tous , « allons a l’ennemi. Le conseil-général vient d arrêter que la » tocsin «//ozV sonner , que ie canon d allarme seioittiré,; » que nos légions s’organiseroient au champ de Mais , qua ■«soixante mille hommes s’avanceroient sur les tyrans. Allez , » enfans de la patrie ; campagnes de Verdun, vousiendreis » à l’univers la journée de Marathon. ^

<cl.es députés de la commune viennentde porter a . asseijî- « blée nationale , avec cet arrêté digne de nos périls , 1 as- « surance du profond respect qu ils ont pour elle, et la Peim® « résolution qu’ils ont prise ae se rallier foitement , et d@ « rallier tous les bons citoyens autour des repiéssntans d© » l’empire : nous voila ' tous cl accord. ^ ^

a Oui, nous avons tous ég.alement aimé la patrie î et j aiin® 1» à le croire , nous n’avons pu différer que sur les moyeim * de la sauver.

« Quand !a cause commune aux combats les, appelle ,

» Pmme , au cœur de ses fils , c'teint toute querelle;

» Vainqueurs de leurs débats, ils marchent réunit ;

» Tyruns ! ils ne verront que vous pour erjncrais. »

Bruüts àion VutTAiftÇ*

Cette affiche , ainsi tout à~fait changée , je rentrai dani mon cabinet ; le lendemain matin seulement j'y appris les massacres de la soirée, ceux de la nuit entière , et tant d horreurs qui continuoient. Vous tous , républicains ardens et sensibles , jugez de ma situation ! Je reçus bientôt après de nombreux détails dont je rendrai compte tout-à-l’hcure, et qui rn’instruisoient que ces mouvemens prétendus populaires ne seroient pas dirigés seulement contre 1 aristocratie et le feuillantisme , et que les plus purs patrior-âs étoi'ent menacés. Il me devonoit évident qu’une autre révolution commençoit , sernblable à celle des Marins et des Sylla ; qu’elle nous étoit donnée par les triumvirs et pour eux;qu’iis déslionoroient Paris afin de l’asservir; qu’ils l’opprimeroient pour opprimer la France ; et l’éloge de leurs hprfaits se trouvoit écrit de ma main sur les murs ! et moi-ménie j’aidois à leurs projets de tyrannie ! — Ce moment fut 1 un des plus cruels de ma vie ! j’étois au desespoir ! j’ai versé des larmes da douleur !

A présent , néanmoins , cherchez l’épithète propre à la sorte d’habileté que ce Robespierre a mise à me calomnier, non-seulement par une citation volontairement iarnse , mais encore par les oniissions Iss plus perfides. Qualifiez l’espèce «le courage qu'il lui a fallu pour essayer de tourner en sa fayeur et contre moi , l’une de mes actions révolutionnaires qui le confonde et m’honore le plus. Oui , certes , qui m’honore ; car si elle accuse mon esprit . elle justifie mon coeur. Au simple récit de cette anecdote , touthomme juste reconnoitra qu’alors du moins , et c’est pour le présent un préjugé favorable , j’étois animé d’une seule passion , celle d’assurer à mon paysle bonheur, qui ne se trouve que dans la liberté.

Me demandera-t-on pourquoi, ayant eule courage d’écrire ce numéro non imprimé, puis la justice de le remettre en.

Ï)Orte-feuiIle , je ne l’ai pas publié quelques jours après ? Jo 3 voulois. Quelques amis, qui le surent, m’en détournèrent, ïls me remontrèrent qu’il étoit déjà trop tard ; qu’inutilcmeist un liomme songeroit à se dévouer pour tous; qu’il se sacrifieroit sans fruit ; que les massacreurs étant dans toute leurrage et les directeu?'s dans toute leur puissance, les dénoncer , seroit, peut-être, appellerun choc violent , qui, mal-â-propos provoqué, ne serviroit qu’à leur assurer la plus horrible des victoires ; qu’il convenoit d’attendre une occasion favorable de les désarmer, en les démasquant ; que la force d inertie étoit la seule que pût actuellement leur opposer un liopime qui n’étoit revêtu d’aucune fonction publique , sauf à recourir , si toute autre ressource de venoit impossible , au dernier des mo^'-ens alors légitime, larésistanca à l’oppression. '

i5 et anieurs , Robespierre s’efforce de conFone-r#

^ ^-1 arxnplîe W deux révolutions , et soutient leur ana.* Lir iTveÏaVoirdlutre, que la disposition pne«e ci Jout neupilqui vient d’tnsurger , se trouve a souffrir quun.

poignée dliypocritesanus ^le cm ea

r.VuTpr\.fu:au£i.n»

que parVanarchie; que d'infortunés peu-

ï'erolt ûninstant quitté leurs fers , pour les reprendre plus pes ont vinimt despotes . des tyrans on»

honteux et plVcS PnKruqriprre ' et nous y prendrons .

succédé. Nous le savons , itobespieire . et noua y ^

®“Tt\.enK aussi «s^épapr de

I^rrrnd-ntrevons

répondre qu aux la q artifice. Sans doute ,

eTt if crn^iou-ri'^ prusiruS^AÏsi fi f ii”

Siffm complot do espèce f f oufirptruf enU

T'^ f’rf nfmntde'fatcelles qbil y auroit

f orpUcf ; Tfe ooniuration ne poun^tt i--- P—

.er «yp-f'- - d^s acteurs

ges , rcpioi c . preuve sort de toutes parts. Et vai»

en son lieu , auss -totia P‘=“p ’ . p d'ignorer

ncmcm alors youdrOrs-t„ . solidairement res.

que los Pf J pV„s suprême tribunal de la cojaven.

ponsablbS , si ce p ^ i . .^,0] souverain cIg 1 o-*

Son, du n^oins et toujours d’un complot

pinion publique , responsables ' , fajsoient e-xécuteî

dont ils exéentoient une partie , dont ils ^aisoient l’autre, etquidevoit essentielleineut leur piofiter.

^ TTT Observez ,ue s’il prend ^oin de

actions , il saJt pourtant telle ou teUe boans action

^nciis avons vaincu aux^-

Ta 3ÎS ( page 5) ri'avôir vu. Marat qu’une fcn^ , et à la 'fin de 91 , (juü ne/ te trouva que des vues politiques étroites , et nu ileins?i t V a(ulace d’un hoinsne d'état, ici l'e t arrête : il fant qnc tes vues politiques se soient agarandies , et r n’il te soit venu de l’audace, car au mois de septembr© derruer 1! a paru que Marat faisoit grand ca.'^ de tes talens et de tes -principes. Robespierre , il te inéprisoit en 91 , et' nous t esfirnions ; i! t stime en 1 3 , et nous t'accusons i tout cela ne s accorde nallî^ ureiisrment que trop bien.

Tu poursuis î ie t’ai retrouvé à l assemhlte électorals. Et ailleurs , fKinespiprre ; aÜJf urs. ^ous vous réunissies quelquefois ciiez Coilot ( d’blerbois ) , îiès - souvent chez ÏJanton.

,C en est assfz potir ce rroment , sur Turiion des personïies ; venons à la coÜei tion des faits,

/ ett'it 'e 3“ a'' ur que 1 assemblétî législative avoit rendu le deci et qui oienianuoit. aux Parisiens ô,o. o ]i mmes. IjOuu,”i,vy étoit pris ; rennemi marchoit sur "Verdun. Pourquoi flobespiejre , qui gonxeruoit Ife copseil-pénéral , no fit-il point le même jour s(.pner le tocsin, tirer b; canon d’alaime? Pourquoi Marat aifeha-t-i! , ('es le lendemain , quecedéorel êtoit une trahison , qu’il ne falloit pas env< yer- un s ul hon ine à Soissons ? Pourquoi ? Paicequeles conjurésn’ét oient pas touta-fait prêts ; parce que les prisons ne se troiivoient pas suffsamnient garnies ; parce que Marat n’avoit pu encore f ssayer 1 opinion sur l'établissement du triumvirat ; parce qu’f n ri© croyoït pas avoir assez calommnié les républicains , dont il falloit se oétaire , pour que le complot de royauté réussît ; parce qu il étoit néci-ssaire de prêcher, pendant plusieurs jours encore , le mépris de la représentation nationale qu’on vouloir tisuiper , parce qu evifin il n’étoit que trop aisé de calculer que les Parisiens , qu on auroit tenus endormis sur le pressant danger d une invasion étrangère , se révtilleroient plus ^ terni lies a la nouvolb; d un nouveau revers presqu’inévilable , et qu alors on pourroit les porter, sinon à commettre , du mioins a souffrir les horreurs qu’on préméditoit.

Le 38 , -Danton sollicite et obtient un autre décret qui ordonne y» il sera f'u7t des visites domiciliaires , que les citoyens suspects seront désarmés. Quant à l’exécution de ce decreQ Robespierre n’y met pas de lenteur, on l’exécute auspQt, pendant k nuit, clar s une seule nuit, avec l’appareil mi itaire le plus menaf ant. On cherche des arm; s, beaucoup moins que des hommes t on saisit ce moyen de combler les prisons , en arrête celte foule de particuliers, surpris chez eux, massacrés quelques jours après. Le 5o ou le Si, nouveau P av.at(. de Aiai at , quidenigre ' étion , désigne cinq des six muasU’^ asx vengeances populaires, et proposa le trivinvi^

"rat. A la commîine , Robespierre mandoh Roland, tourmen'soit Servan , et ne louoit que les siens. ^

Le 3o , les républicains un moment respirèrent. J:lusien« sections se nlaienirenl de leurs municipaux despotes; Rolanu les dénonça , l’assemblée reprit quelque force ; elle cassais con-’oii eéuéral : je crus voir ton trône brisé, RobespierrCo Mais le lendemain un municipal , pour céder , disiez-vous, a!^ voe-’ dd/« peuvle immense , que vous prétendiez etre <s« marche, et dcjàvrès du pont-neuf c , près le aeu

de vos -^^tances et le lieu des séances de 1 assemblée ; un muni^ cipai venoit demander le rapport du décret ; et 1 assemblée , imiiours forcée dans ses délibérations, mais voulant conserver qutlqu’apparence de liberté, renvoyoït pour la forme a sa commission des vingt-un , et remettoit au îendeinain sa decision , qui n’étoit plus douteuse. Le dernier ] mr d aoitt tut cucoré remarquable par une circonstance trop peu connue . et néanmoins essentielle à l’iiistoire de cette préti noue révolution de septembre. Partis , alors du comité de survedtancs de la commune , étoit souvent gêné dans ses operations par la justice et l'humanité de quelques a uninistratcurs . semii ^ lui , trop prompts à reconnoître 1 innocence , trop lents mettre le crime en lieu desûreté. Ces gens-la , cnoit-d sans cesse , «e pas du tout à la hauteur de la ret’oaition

Pour se déban asser de ces indi^^nes collaborateurs , que mii 9 Pendant qu’ils étoient ailés dîner, d mit les scelles sur la porte du heu de leur travail : puis il cournt 7

ffénére' • il rxpo.sa qne ce c omité de surveillance n abent pas . |u’d UdValloit dos gens plus habiles ; ü demanda a se choisir

' des adjoints. Le c- nsml Y consentit , inioommit sans dot^,

CTu’d les preudrod tous parmi scs memures. hauis s en bien. Panis osa violer tons les droits du p. uple de i ans. U osa, de .‘apropre autorité , mettre an c mité de surseU '‘nce» un il nnmc qui s’v trouva disposer despotiipiement des biens,; de la liberté, de la vie de tous les ■. itoycns d une graiiue commune , dont aucune section ne l’avoii élu ! Un bomine qm lie tarda pas à se montrer cligne du choix qn on avoit tau cia laipcar à compter de ce moment, les piisonsne se vuicmrent plusqm- le troisième jour , et peur le maliieur de la nation française , fEuropc sait romm.mt ! Un liommu que la soit, l’ineitinguible soit d-'S crimes et du saeg tomrinenreut sans cesse. (Lmi ! Marat? Oui . Marat ! Oui , pour le massacre certain d’un plus grai.d nombre de vuiUim s , . anis alla dc-

terrer Marat'!-. Lecteurs aUenliJs , vernir z vous res^

lÿouvenir que nous étions au 5i d’août, et rélléchissez.

Cependant n etoit-il arrive dans les prisons , aux |OUts précédens, aucun évènement qu’on dût remarc^uer ? L agonie ( de Saint-Mcard) nous offre , sur ce qui se passoit ^

Force, ^ quelques détails importons k saisir. Le i(?, gminuîijf M-fi officier tnujticip al étoù venu prendre les noms des prisonniers ; le 26 et le 29 il arrivoit à chaque instant do nouvelles victimes. Le premier septembre , cependant l’an** tie du lion rendit quelque proie : on ht sortir trois patriotes , moins étonnés , dit Saint-Méard , de leur délivrance cju& df leur arrestation (1) Mais si l’on vouloit bien , selon i ancienne acception du mot, élargir quelques républicains obscurs , c étoit pourjetter à leur place, et bientôt suis aut la nouvelle manière , des républicains connus, ûés e matin, le brait étoit semé que Verdun bloqué de toutes paits , et dépourvu de tout , jie ptouvoit long-tems se défendie. Avant midi, rien n’étoit épargné pour multiplier les. groiippes. D habiles émissaires y faisoient entendre que jamais Guillaume et Brunswick n auroient eu l' audace de s avancer autant , s ils n avoient eu , avec quelques membresc.Tiseil exécutif et / assemblée nationale , u 'n traité se^ cret. Un peu plus tard nous dûmes gémir, mais nous ne dûmes pas nous étonner de voir V assemblée rapporter le décret qui avoit cassé le conseil - général. Enfin , le soir , le soir du premier septembre , dans l’assemblée de ce conseil , quelques-uns de tes affidés, Robespierre commencèrent pai prodiguer les dénonciations v'agues. Les dangers actuels de la patrie ne leur paroissoient poinU une suite nalurelle des complots^ de Louis XVI et des perhdies de Lafayette;, lis ne les attribuèrent qu a quelques hommes auxquels le peuple trompé croyott du patriotisme- Et loi'sqii’ils eurent, de mille et mibe maniérés, excité la curieuse défiance des auditeuis , lorsque tu jugeas les voies suffisamment prépal'ées , à ton tour tu t’élanças à la tribune; et je rapporte tv s expressions .* personne n ose donc nommer les traîtres ; eh bien, moi , pour le saint da peuple , je les nomme! Je dénonce le liberticide Brissot, la faction de la Gironde , la scélérate commission des, n-ingt-iin de V assemblée na-~ tionale. Je les dénonce pour avoir vendu la France à Brunswick , et pour avoir, reçu d' avance le prix de leur lâcheté. Les preuves! tu les promettois pour le lendemain, liaitre ! et le lendemain, les tiens jugeaient, condamnoient^ massacroient sans preuves! G étoit le soir du premier septeinore , qu ainsi tu dénonçais les amis de la république \

[ I ] Oa fit sortir aussi M. de Jaucour , que; peut-être on ne devoit Ipasconsiue'rer comme un patriote. Au reste, j’esnère qu’on m’entendra-. Certainement je ne puis regretter qu’il n’rdl pas‘étê assa.ssiué ; mais on assure que so^u passeport lui aura coûte beaucoup d’argent ; pas autar.^ sans doute qu’à l’ancien évéque d’ Autan , qui , dit-on , n'a pas acheté Ko;ns de cinq cens I^ais celui avec lequel il a pu se retirer en AB,j!eterre.

tt douze ou quinze heures «près , les assassins à la solde i*

triumvirat ti-?oieat le glaive 1 j v -DihinTi t pi inoi io

Le lendemain !..• O ]onr de deui , i rpoublique

. A i-.i-r à la-fois liorrible et profitable a la repunt q dis : *6 jour f ° avertissement de tout ce que

îre cette ’ ^^^dant trop

:iTue ia 'pL-ùo ‘iles forfaits liberacides dont

““ St‘'"<U “e’Sçons les inndpaux évJn™.ns^^<Io

lamatmde : fatiguée de tant d'ùorreurs,

nons-nous a citer , ma pmm , g

a besoin de repos. \ . ^ric-,. r!p ca voix ré.-

„ Le ministrï de la justice ( i ) ' gè ét ,

>, voliitioniiaire toutes les trompettes f les

«par on dis':'>“ts d’une profon e TO ^ l^^'-^.^^^^ Jldeman- « applaudissemens des tnuunes et ■ . s i-u-rant nom-

» de que des commissaires ambulans soient a I, - }> mes pour seconder /es bons desseins i- p ‘ .1

"ils fut tous été nommés sur sapialsentat.on (? • I> ^^a^ de. et l’on décrète encore, q™ le

„ meure ses armes ou de servir ma

» mort , et qu’il soit feit «ne adresse aux citoyens /

^ f ES:et"î’X~;içndemain de l’adre^ 3

..septembre dont tu

ministre de la justice , uanivi , i ce conseil

”-“"é “fTtt “%ri'/èfr.i ‘S;, fait décréter

» la pins horrible dictature qui f ] j • icrets du sénat

„ pait la dictature n’avoit pas Pf " 3 dit à

5) romain et la loi de la lépubltqu . Pt- du neupl©

„ Sylla. comme à Danton au ^S.v-

.1 rohain , et du salut 1“ 'ZTildirecstmenr ,

:: Zo;^^s‘ibl Zn^re h m riputu^ue, sera puai

•i) de Tiiorti^.

eville.

[ I ] Extrait de la Chronique du mois , Bonn l;fL,''ï..:leuÏ“cm='çircul.i,<l da comité de uirveidmce de U

commune. . • e'toient continuelle mept près-

siLf’i’iisleSi: dî Xrn si h dtéief sueni de Robeip.erie.

Séance du Sojr , 2. septembre.

» Cei anl l™ “ P-*'» écrir/que la vérit<!.-

»sié4a e^cn ‘^ *' bienrraiqu*ell9

^u.nme on osa le lui prsecrire.

« Libre , eut-elle souffert , sans réclam^fîr^n « wnité OT1P I ^ ^^'"^amation , avec unpu-

- de la ,„s.ice , dont ii'éioi, dSdu'ràouT;éle'‘rmi^^^^^^ »o entiarer directement ou indirectement les opérations «Lisez donc cette adresse du 3 septembre é Lnc î •’

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» roua .qo^gaé';’ lerpîlTe: '-“Toi

» moTdentiir l?r “"Pp'™' ■ op-’nt rédoit, le 6 do »* .«TTTTTT de Paris a la cruelle nécessité

« r,n,'- P'^^^^sance du peuple pour sauver la

>'moiVn; V'^^m'^^Slig^pourbienm

» de lui donner rassemblée na^

- crziLf ^ dès-lors? Z>e

* où l’assemblée nationale '

l T"' déclarer que la Corning

« pour nrix L" “ ] •’ • de la destituer

>pUmaursp,Mi^,.,, élevées de toutes pans, ont fT se’adr

»;itTr /« -ceserré ul^eatè de sTnT Tj

P P et de rendre a la conimuTie de Pari^ nar !«

“Int, f*"'' p---^’ lt'i

» "‘naf-T'^ ]ou\v de tonte la plénitude de la conftaîice » en nli^^ s’efforoera toujours de mériter de plus

« eTdcFte inimeT conspirations

et clctermmce .1 g immoler pour le salut public elle né

- e glorifiera d’avoir pleinen/ent rempli sci devoirs "e

» lesdémrtemph ^ ^ ne sera certaine qu’aprcs que tous

- ver la' fiose pubîiquT' pour sau-

S» principes de la plus parfaite égalité . n’am-

V premier à la brêcL^^di?''’ présenter le , eue , elle s empressera ée se rem^tt'e

» niveau de la commune, la moins nombreuse cle l^/rat , dès l’instant que la patrie n’aura pins rien à redouter des nuées » de satellites féroces qui s’avancent contre la capitale.

y La commune de l’aris se liate d’informer ses frères de ** tous les déparieme! s qu’une partie des conspirateurs féy roces détenus dan ; les prisons , a é:é mise à mcn-t par la » peuple \ actes de justice qui lui ont paru indispensables » pour retenir par la terreur ces légions de traîtres cachés « dans ses murs , au moment où il falloit marcber à l’enne- « mi ; et sans doute la nation entière , après la longue suite w de trahisons qui font conduite sur les 'bords de l’abime,

» s’empressera cV adopter ce moyen si nécessaire de saluï public, et tous les niancais s’écrieront comme les Pari- S3 siens : marchons à V eiitieni , mais ?iô laissons pas der- » rière iious ces bri^aud-s pour égorger nos cf^/ans et nos » fejnmes.

« Frères et amis , nous nous attendons qu’une partie d’entre vous va vrd’Cr à notre secours et nous ajfleràre- » pousser les légions innçmbrables.. de saledlites des despotes » conjurés â la perte des Français. Kous allons ensemble » sauver la 'patrie, et nous vous devrons la gloire de i'avoi£

» rétirée de l’abime.

33' Signé y les administrateurs du salut public et les admi- » nistrateurs adjoints réunis, Pierïv;: Duplais , Pàris, Sergcst, n’ÉiNFANT, JouRDEuiL, Marat , V ami du » peuple , DE Forças. Leclerc , Dufortre , Celly ^ constitués par la commune , et séant à la mairie, sî Ce 3 septembre 1792.

iV. B. Nos frères sont invités à remettre cette lettre sous » presse, et à la faire passer à toutes les municipalités de » leur arrondissement.

■>5 Atrocité inouie, dont Néron et Caligula n’ont pas don**

» né d’exemple 1 Qui vengera les représentans d’un grand peuple, d’un peuple tout puissant, dégradés, avilis ec >3 souillas du sang innocent l'épandu à grands flots? m

Et j’ajoute , moi : qui punira des conjurés assez aiidacieus pour s’être glorillés de la tyrannie qu'ils exerçoient sur rassemblée nationale- , des assassinats qu’ils avoient commise» qu'ils excitoieiit à commettre ; des usurpations de pouvoir qu’ils s’étoiènt permises et qu’ils demandoient qu'on sanctionnât ; de leurs projets de dictature complette , auxquels ils osoient prier les départemens d’accéder ? Qui punira Iss prétendus magistrats signataires , et le prétendu ministre de la justice, distributeur de cette circulaire, telle qu’â l’époque de la Saint-Barthelemi , la digne mère de l’impie Charles IX n’en écrivoit point de plus liorribles aux gouverrisurs de se* provùrces : telle qua les plus insolens , les pl«s

îâcîies , 1rs plos cruels usurpateûrs n’osèrent en liazarJer d'aussi exécrable ; exécrable par les forfaits qui l’avpienS précédée , parles forfaits dont ils comptoient la faire suivre ; si évidemiTienc exécrable , que seule elle prouve tout et ne me laisse rien à prouver.

Achevons aêanmoins, pour le complet anéantissernent de leurs complots , achevons de porter la lumière sur tçutes ies horreurs de septembre : et d’abord observons que le z ë toit un dimanche. Le choix d’un jour d’ oisiveté n’est pas «ne circonstance à négliger. On voit cependant que le crime «’étoit pas oisif; l’emploi de la matinée préparoit la terrible circulaire du lendemain , et promettoit aux départeïuens des émissaires non moins terribles. D’un autre côté , on se préparoit aussi. La prise de Verdun se donnoit pour certaine , quoique la nouvelle officielle ne fût pas arrivée.

la Force, on faisait di?ier les prisonniers plutôt cjue \ tie coutume ; au dessert on enlevait tous les couteaux ; on mettoit dehors la garde-malade à' un jjrisonnier qui avoit 2e bras cassé ; et véritablement le malheureux n’avoit plus fcesoin de ses soins; son lieure dernière approchoit. (i) Dans 3a ville on alloitpresser le départ de soixaxitc mille hommes , et en même tems , chose remarquable I on faisoit fermer * les portes ! A lire la page i6 de Robespierre , on croiroit dé-i |à qne quarante mille antropophages étoient , en moins el’une heure , sortis de terre tout armés , et que leurs cris de fureur demandoient quelques milliers de sacrifices huînaias : eh bien ! le tocsin ne sonna qu’à deux heures et demie, et des témoins oculaires attesteront qu’une heure siprès il n’y avoit pas cent personnes au champ de mars ; suais au milieu de Paris , peu^-élre une cinquantaine de auonstres qui alloieut provoquant les grouppes et se repayant pour y crier les sanguinaires paroles qu’on retrouve rlans la digne circulaire du lendemain ; ne laissojis pas derrière nous ces brigands pour égorger nos enfans et nos femmes. A trois heures et demie, pas cent personnes au champ de mars ; et les massacres commencés k l’IiôteL dos îa Force à quatre heures (2) !

[i] Les barbares ! ils font tire de son lit pour le porter dans la rue ©ù ou l’a achevé. (Voyez l’agonie des trente-huit heures.)

[ I ] On voit de'jà , puisque les citoyens n’etoient pas encore assembles , qu’il est iaux que ce soit le peuple qui ait demande ces massacres ; il ne l’est' pas mains que ce soit le peuple quiles ait commis etqui lésait vu CQ'aimettre, même iepremier jour. Chabot a ose' imprimer qu’il avoitpassé 50US ryie voûte de dix mille sabres. Eh bien ! le respectable Dusaultqui Êtoit avec lui de'pute' de i’assemble'e nationale , attestera que deux cens hommes auroient facilement dissipé les bourreaux et les spectateitrs. Et guisquc'Je le cite, je rapportsxjii un ir^tjt qu’il m’a raconté et qui fait

Poursuivons : c’étoît le soir du premier septembre qu4 ïlobespierre avoit proscrit Brissot et la députation de la Gironde ; ee fut le soir du 2 que Marat et son comité lancèrent des mandats contr’eux; ce fut le lundi 3 , à six lieurest du ^atin , que des commissaires de la commune se présentèrent ehez Brissot, ils lui montrèrent leurs pouvons. Dans le principe on en avoit voulu faire un arrêt de mort , mais on s’étoit ravisé, je ne sais par quelle craiiüe ; ce n’étoit plus qu’une sentence diffamatoire. Les mots mandons d’ arrêter éloïanx. seulémeni couverts d’un trait de pluriie si léger, qu’ils demeuroientparfaitementlisibles. Restoit nnordre de visiter. Brissot n’y voulut mettre obstacle ; on clierchâ dans ses papiers les preuves que d’avance tu avois toujours

Fromises, Rohespieire i et 1 on ne trouva rien. GermeuÜ ^ un des commissaires , dit à Brissot qu’il avoit huit mandats pareils contre des députés de la Gironde , et qu’il comptoit commencer par Guadet. Moi, répondit^le rcpublîcain

f)eisécuté ; moi , pour des raisons dont le détail seroit trop ong ,, ÿ'^i bien voulu souffrir cette visite ; mais Guadet? prenez garde! les gens de bien le trouvent toujours doux et paisible ; mais il est violent contre le crime ; mais il exècre la tyrannie de ceux qui vous envoient; prenez garde! Je ne sais si ces représentations eurent leur effet, ou si les visiteui-s reçurent contre-ordre : ils n’allérent chez aucun des députés de la Gironde. La postérité remarquera sans doute, que cett@ journée du 3 septembre fut encore souillée d’une autre tache, d’une tache ineffaçable , celle d’avoir vu paroître, au miliea des dots de sang qui dévoient couler pendant quatre jours encore , cette adresse sanguinaire et leze-nationaîe du comité de surveillance ; adresse approuvée par Robespierre en son conseil , et que le ministre de la justice fit passer sur son contre-seing 1

Le 4 fut signalé par une infamie nouvelle. On fit un mandat d’arrêt contre Roland. Roland ! Si après tant de gages donnés à la révolution, il l’avoit trahie , personne n’étoiÊ plus que lui criminel! S’il avoit mérité cet arrêt de mort, nulle considératiqu humaine nedevoit empêcher qu’il s’êxécutât. Pourtant, si j’en crois Péthion , (page i5) , il suffît à Danton, pour obtenir qu’on le révoquât , de s’emporter devant Robespierre et de- représenter que cet acte de démence perdrait non pas Roland , mais ceux qui l'avoient décerné. D'où je conclus du moins qu’auprès de Robespierre et de Marat , Danton étoit une PUISSANCE.

frémir. Un de ses malheureux qu’il haranguoit , lui dit ; Monsieur , tous avez l’aiï d’un bien brave homme j mais rangez- vous donc jdl y en a derrière vous deux que vous aons empêchez de tuer depuis

déjà edié

Maïs fe continae ma lecture, et je trortVe ( page i5 et iG> i que Péthion et RoLespierie coiHineiicoierit à s expliqi’.er ; <jae Danton s’eûtremëia cia colloque, et lit si bleu que rexpticaüon ne put s’achcvt'r; d'ou jC Goncius que liobespiei re pourroit bien u’ètre qu un instrument aveugle ild. s its inauîS cl’ U U plus h.abiie que lui.

Et )e\oiil (page 17) que peu de jours après, Marat et DantorP eurent ensomljie une petite querelle d’amitié, c[ui se termina par de tendres erabrassetnens : d’où je cencius que Danton sriitoit le besoin de continuer encore l’expérience du tempérament de cet hojmne (i).

Les massacres continnoicnt cependant. (2) Péthion réclamoit la force publique, li écrivoit au coinroandcmt , à Santerre , nommé par le conseil général , ami de Robespierre , beau-frère dé Panis , et' maintenant nan 1 chai - de - camp, |e ne sais pourquoi. 'Santerre ne l'épond pas. Péthion écrit encore; liors Santeire répond qu’il a. donné des ordres ; 06 pourra' les prèsidens des quarantc-lmit sections ont assuré depuis la connu issicn des vingt-ua C[ue les massacres leur 'a oient fait hors sur, qu’ils auroient voulu pouvoir montrer la l’orce publique ; mad <jU ils n avaient point reçu de féç^ €juisitions. ^ -

La même commission pressoit loministre de la justice ci’ar* rêter ces m.assacres; il rioit. Paires exécuter le décret contre Marat, lai disoit-clle; il répondoit froidement Cju’il aimoit mieux donner sa démission.

Saisi d’une trop juste impatience , Brissot se détermine à enti'er chez le ministre de la justice. Il y trouve Fabre ,

{ d’Eglantine). il se plaint à Danton de ces affreinx massacres. Eh, d’ailleurs, s’éci'ie-t-ii , le moyen d’empêcher que des innoceiis n’y soient cônfondus ? Pas un, pas un! répond Danton. Quel garant, dit Brissot? Le ministre de la justice réplique : Je me suis fait donner les listes des prisons , et|i’oa a effacé ceux qu’il convenait de mettre dehors. Lecteur attentif, ye me suis fait doJiner les listies \ et rappelez- vous que dès le 26 un officier municipal avoir été jusques clans la chambre de Saint-Meard prendre les noms des prisonniers.

Enfin Goqsas m’a l'aconté , comme à beaucoup d’autres, l’étrang ' conversation qu’il eut avec un homme qui, dans un certificat signé de lui , en date du g septembre , a pris le titra de Juge souverain , élu par le peuple aux journées du 2 et

[r] Ce sont les cæpressions dont il s’ est servi pour réprouver Marat, au moment où je venois de dcclarer que j’aütîis accuser Robespierre.

Cl) blarat et les siens OKtiong-tems in, prime' que ces massacres e'toienî ïin supplément nécessaire de révolution ; ilsimpnnîenttonssuje.itri’hui gue c’est l’;SUTxe do* onekae# çeatrî-EéVG'uâanflxirs-â.

Su 5. Cet homme entre chez un libraire où se trouvoît Carias. Il y demande les couriers des déparcemens , de la dernière quinzaine. Le libraire ne les a pas. L'homme en paroît très-faché. Corsas s’approche , se nomme et demande c» qu’il veut chercher dans ses numéros. C’est que, dit l’autre > en rendant compte d®s journées de septembre, vous avez parlé de moi.— Oh , oh ! vous en étiez donc? — Vraiment ! j’étois grand juge. — Oui? vous pouvez donc m’apprendre comment cela se pratiquoit, A quoi reconnoissiez-vous les ânnocens ? — Bah ! bah ! il n’y en avoit guères ? Mais encore , comment faisiez-vous ? — Nous avions des listes , ( t puis on. •voyoit bien tout de suite. Cependant il y avoit un grand B.... qui avoit les cheveux en jacobin; on ne pouvoit pas trop lire son nom , et il ne se défendoit pas trop mal. Il nous a donné delà tablature. — Ihbien? — eh bien, j’ai envoyé demander fi Pams et a ùlarat . ils in onf dire , c est cela ?ném'^ ELARGISSEZ. - »

La plume tombe de mes mains !

Les bourreaux étoient excédés de carnage : ils ne s’arrêtèrent que quand il ne resta plus de victimes ; et le coiiVs de leurs forfaits étoit seulement suspendu.. Les oommissîiires arabulans portoient dans tous les départemens leurs maximes d anarchie et de sang , plusieurs distribuoient une déclnm'tion des droits de leur façon; quelques-uns osoient demander la loi agiaiie. Les meneurs de Paris attendoient la nnu velle des succès de leurs envoyés et les réponses à la fameuse circulaire. Dans tous les cas possibles il falloit se tenir prêts au foyer de la conspiration. Il falloit , au sein de la capitale continuer les trames si bien ourdies ; ne point abandonner les calomnies sanguinaires , parvenir aux mandats d’arrêts essayés par les mandats de visite , et s’élever à de nouveaux massacres d’un genre plus favorable à rétablissement de la royauté.

Il falloit régner la ruse, parla force , par la terreur. Il ralloit que toutes les communes de l’empiré fussent, bon gré , mai gré, bientôt amenées à souffrir que celle de Paris devînt le centre de la représentation nationale , ou si cette première partie du complot avortoit , que tous les principaux meneurs de cette commune fussent jetés dans la convenfion, pour la dominer a son tour par tous les moyens d’intrigues et d effroi. J ai dit ce qu’étoit l’assemblée électorale.^ Le premier député fut Robespierre . le second , Danton ; puis Billaud-Varennes,, tout^écemment tiré du conseil-général , pour al er en qualité de\ommissaire du pouvoir efécutif à la grande armée ; puis Panis, qui avoit d’anciens droits à .leur reconnoissance , puisque même, avant le lo août, il fVWt pressîi Barb^oax Rebecqui de rgüier autour, de

l'hoîume vërtuenx, et de le reconnoître pour dïcta^enr^ puis Marat, puis enfin toi , Philippe , toi sur qui nous avons les yeux. Santerre , on ne le nomma point , parce qu’il fiilloiî ie laisser à la tête de la force publique, ni l’Huilier, parce on le gardait pour la mairie (i).

Robespierre reprit à la tribune de l’assemblée électorale ses déclamations \iolentes, ses calomnieuses proscriptions contre tout ce qu’il y avoit de plus M'ais républicains. D'une main. Marat recommença ses placards, où il ne cessoit de presser le peuple au massacre de tout ce cjui n était pas cordelier; de l’autre, il se remit à signer des mandats d’anêts pour précipiter dans leur tombeau quatre ou cinq cens nouveaux malheureux (2) qui ne pouvoieut ignorer, en entrant dans les prisons , comment ceux qui les y avoientjfprécédés venoicni d’en sortir. Puis les plus habiles émissaires aboient répéter dans les groupes , que la conventionné pouvoit être rassemblée pour le lo septembre ; qu’alors cependant l’assemblée 7ie pouvoit se dispenser de rendre ses pouzwirs au peuple', cjuily aurait VlClo insurrection ce iour.là ; qu’aussi-

TÔt il iaudroit bien se rallier autour de Robespierre , et deshommes capables de sauver la France; que la justice du peuple devoit demander les têtes de quatre cens députes traîtres à la nation; qu’il faudroit aussi se défaire des aristocrates, signataires de la pétition des vingt mille, et se partager les biens de tous les bourgeois accapareurs (3;.

( I ) Ik l’ont dit publiquemcnt. Ik n’avoicnt pas besioin de dissimuler alors.

C 2, ) Oui, le miHTStre de l’inte’rienr de’noTica, du t; au 17 septembre, à rassemblée le'gislaûve, près de cinq cens arrestations nouvelles , dont plusieurs exécutées sur des mandats d’arrêt , signés du seul fdarat. Ces pièces où sont elles? Je dirai seulement où elles doivent être , au comilê de surveillance de l’assemblée ; mais quand même elles n’y seroient plus, toujours est-il certain qu’elles ont existé. Plus d'un mearbre de la convention les a vues.

( î ) Tout Paris a été témoin des faits que je rapporte ; mais il y en a 'de particuliers], qui prouveut que les royalistes , d’abord très-dérange's dans leur plan par le prompt rassemblement de la convention , ne désespéroient pas néanmoins d’obtenir quelqu e grand mouvement. Le 10 s.eptembre,à ii heures du soir , le président de la section de Popincourt et trois commis5.aires vinrent à l’assemblée nationale, en ce moment au château des Tuileries , demander Gensonné,et le prévenir , delà part de la section , que beaucoup d’hommes assez peu connus, tous enrégimentés et prêts à partir, depuis long-tems, étoient retenus à Paris , on ne savoit pourqu.01 ; qu’au monien' même il y avoit beaucoup de fermentation et de mouvement , qu’on parloit d’aller massacrer quatre cens députés , et les signataires des huit mille et des vingt mille. Ces commissairsî «’ç* aüçrent inquiets , etGensonné refusa de se retirer avec suTu-'’ ■

Ainsi tons les rôles étoient distribués et remplis'. Toî,’ Piol^espiorre , de ta tribiiue , tu parlois pour proscrire. Lui» Marat, de son antre secret expédioit quelques arrêts , en at-» tendant qu’il en ex.écutâtbeaucoup. Il espéroit encore trenta mille proscrits dont les biens , déjà convoités , eussent pu;, conquérir quelques mille brigands à la suite des Triumvirsi ïinseinble vous creusiez le tombeau de l’a république en son berceau même; ensemble, vous savouriez d’avance le sang des répubicains.Vo'!S appeliez riieureux jour, le jour ter-' ribîp. Et dès que les uns auroient été pour jamais écartés par le fer, et les autres suffisamment contenus par la terreur, tous deux vous commenciez votre règne. Mais il parleit d urj, tr^im.irat ! comment donc saurons-nous le nom du troisième roi au’ils nous gardoient dans leurs fureurs.

Comment! il ne s’agit q e de rapprocher les faits, d’examiner les hommes et de réfléchir. Depuis long-tems Marat songe au triumvirat (i) ; depuis quelque tems Robespierremarche à la dictature. Ces deux hommes ont , chacun de son côté, quelqu’empire sur quelque portion du peuple. Séparés, ils restent trop foibles ; rapprochés , ils se corroborent mutuellement. Qui se chargera de ce rapprochement'? Apparemment l’autre homme , à qui sa voix révolutionnaire et ses formes atl.thiques out fait aussi (quelques partisans, dans la multitude, amie de la vigueur ; 1 homme dont je crains, depuis plus d’un an, l’ambilion vaste et mal déguisée ; l’homme à qui je crois du moins le génie de l’intrigue et de l’observation; l’autre homme qui s’arrange d© sorte qn’a l’époque convenable , les deux premiers se rencontrent chez lui ou ailleurs, qu’importe? VoIIicependantdeux des triumvirs qui ne s’estiinoient pas en 91 ,, parce quo l’un d’eux n' avait pas V audace coit'venahlc, qui maintenant se conviennent et se chérissent. Mais le troisième , quel sera-t-il? Belle question ! celui quia concilié les deux autres. Voilà donc tout? Non, certes. Dès que marchant ensemble , ils seront parvenus à leurs fins , des trois le plus habile , et vous voyez déjà que c’est le dernier ; le plus habile dira qu’ayant fait l’expérience du tempérament des deux autres , il se trouve qu’ils ne valent rien; et sur l’heure il les précipitera. Mais comment le pourm-t-ii ? Parce qu© depuis troisi

Oui certes , iis espe'roient encore un mouvement ; car Marat continuoit d’y pousser , da-tis ses placards; tajitèt il affichait qu’on devoit clvasser la convention , si en deux mois\2^ constitution n’etoit pas faite; uue autre fois , qu’il falloit que le soave’-ain eût des tribunes- assez basses pour lapider ceux de ses mandataires qui le trahiront .\J ne autrefois , qu * voir la trempe des de'pute's envoyés par les départemens , o-n ne devoiît ïien cspe'rer..,. et il ajbutoit : ô^peuple; babillard , si tu savois agiil

((i) 11 le demandoit déjà à là fatale e'goqus dy. 17 jtnllet xjsa-».

Dz

$ns , peut-être il y a derrière lui queïq'ue ci devant grand, qui n’entend se montrer qu’au moment décisif. Et n» douter pas qu’aussitôt il ne se montre. C’est ainsi pourtant qu’après cinq ou six années de combats , de sacrifices de toute espèce, nous républicains , nous n’aurons fait qua changer de tyrans , sans que peut-être nous ayons même changé de dynastie !

O génie tutélaire de ma patrie ! je te rends grâce : aucun de leurs derniers attentats, si méchamment concertés , n’a réussi.

La plupart des départemens repoussèrent par le mépris , et quelques-uns par des traitemens sévèrerhent justes, ces ambulans commissaires , effrontés propagateurs de troubles , d assassinats , de désorganisation. L’immense majorité des communes ne daigna pas lire , on ne lut qu’a'i ec horreur la trop affreuse circulaire. Ainsi tomba la première partie da complot ; ainsi furent renversées les vastes espérances de c& conseil général que ses meneurs vouloient saisir de la teprésentation nationale , dont ils s’étoient flattés défaire, à la place de cette convention qu’on eut renvoyée à des tems moins périlleux, un corps souverain sur lequel ils régnoien* déjà.

Mais cette révolution du 20 septembre , par laquelle ils espéroient encore royaliser la France en la couvrant de cadavres , qui nous l’épai'gna? Un double prodige que des yeux contemporains ne l'emarquent pas assez , mais dont nos enfans pourront s’étonner. Malgré le peu de tems laissé pour de lorfgues opérations, malgré les embarras de toute espèce,) malgré des obstacles sans nombre , toutes les assemblées primaires firent les premiers choix , tous les corps électoraux achevèrent leurs nominations , tous les représentans du peupla accoururent, plus de trois cents se trouvèrent au rendezvous auguste à l’heure désignée ! Le môme jour •, au mémo instant , quelques bataillons’ d’hommes libres, Keilerman§à leur tête , arrêtoient de nombreuses légions d’esclaves. En cette action vraiment grande, trop peu connue ou trop peu célébrée, quelques miliiers de nos braves amis repoussoient d immenses armées. O bonheur indicible i à digne prix da leur vaillance ! en chassant devant eux les Prussiens da Brunswick , ils. faisoient aussi reculer les cordeliers de Marat.) Ainsi ce jour du 20 septembre que l’ennemi du dehors et celui de 1 intérieur avoîent également marqué pour notra perte et notre opprobre , nous devint un jour de salut et do gloire. Ainsi placée entre les cohortes cruelles de deux ou trois despotes couronnés et la scélérate faction de trois ou quatre tyrans qui vouloient un trône , à sa naissance menacée d un düuefe trépasi , LA litPUBLIQüE vint à la. vi© jjar un double miracle.

II ne falloit pas moins que l’imprévu concours 3u subît rassemblement de la convention , et de l’étonnantevictoira «le Kellermann , pour que la seconde et la plus redoutablfl partie de la conjuration royaliste avortât»

Cependant n’ont-ils par repris leurs trames liberticides?, et , je répète , s’ils ne les continuoient, je ne les eusse point dénoncés, je ne les poursuivrois pas. Républicains trop coi> bans ou trop foibles , regarder donc autour de vous , songezvous à leur retirer tous les moyens d’u^rpations qu’ils s’étoient ménagés ? Toutes les semences de troubles qu’ils jettentsans cesse autour de vous, prenez-vous soin de les étouffer?, Une poignée d’agitateurs est-elle contenue dans les sections ? L’hydre du conseil-général est-il abattu ? permet-on qu’un maire soit nommé digne de confiance ? A la place d’un prétendu général, appellé par acclamation dans les secousses d’un mouvement révolutionnaire , un véiitablo commandant est-il légalement réélu ? La justice a-t-elle repris son cours ordinaire ? L’assemblée des représentans du peuple est-elle purgée ?

Non, non, Robespierre, presque tout ce qui existoife pour ton élévation existe encore. Dans les groupes , ce sont toujours tes mérites qu’on veut faire admirer aux jacobins », c’est toujours de l’idolâtrie qu’on sollicite pour tes vertus^ Aux jacobins et dans les groupes , c’est contre la convention qu’on appelle constamment l’animadversion publique. < i > Aucunmoyend’agiter le peuple de Paris n’est oublié. Samedi ce fut la nouvelle de l’enlèvement de Louis XVI ; dimanche c'étoit celle de sa mort ; l’undi c’est celle d’une entière défaite de Custine. (a )Partout c’est au nom de Marat (3)

f J ) Certain personnage qui, monté sur une chaise , fait métier d® haranguer , ef^u’on reconnoît à son enseigne, où sont e'ciits ces mots • liberté^ crioit il y a treis ou quatre jours : La convention ne

fait rien , ne fera rien, n’est bonne à rien. Citoyens , il faut abroiuuicnt nous rallier autour du grand , du vertueux Robespierre. ,,

( 1 ) Tous les jours quelques tentatives d’e'raeute , mais principalement les samedis , dimanches et lundis ; observez bien.

( 3 ) Lecteur , quand j’ écrivois ceci , je ne pouvois connoître un Î7 qu’il vient de publier,, en date du lundi %.6 novembre j j’en Citerai quel*, ques passages.

« Nous sortinaes dans un état de crise violent ; nous touchons à qucl- » que catastrophe désastreusc....Elleestbiendi$posée (la Convention) ÿ » mais elle manque de lumières et de vues , ect. ; nous avons aboli le de*— » potisme royal ; quj avons-nous gagné è.... les contte-révolutionnai- » res occuperont éternellement, sous de nouveaux noms, tous les em-

» plois de l’état, jusqu a ce que la mort nous ea délivre Sous la.

» République , comme sous le royalisme et sous le despotisme, le cabi-

a net ministériel est maître de tout Les fonctionnaires publics , sous

» le nouveau régime , vnZeai moins encore que sous l’ancien lajusticç n’est pas miÿts r9nia$ f «tic; foni pîaa mti admnim^et^

et de tous l’es tiens qu’on prêche le désordre , FanarcBie , l’insurrection. Quinze jours se sont à pleine écoulés depuis. qu’«7/ palais de la révolu tiorri \xxi homme pérorant devant cinq cens autres , deinantloit vingt mille victimes et six cens dans la convention- Que six cens , Robespierre l’ ce malheureux se trompoit. Il est impossible qu il y ait cent cinquante

traîtres au milieu de nous. ^ •

Représentans du peuple > le mépris-dfe vosdois, l’assassinat de vos personnes , le règne de tous les desordres , de touX les méchans, et par conséquentde tous les despotes , rois ou. tnnmvirs , se proclame sur toutes les places , dans une so^ «été dite populaire et jusqu’aux portes de cQte assemblée. Laisserez -vous au-dedans périr , par 1 anarchie , cette r publique dont les armées sont victorieuses au.-dehbrs ! apres «voir échappé à tantde violens orages?’ est-ce contra un^ausst misérable écueil que vous irez échouer et vous briser - Je 1 ai «ÜÊy je le redis , je le redirai sans cesse : l anarchie est le seulennemi redoutalîle qui vous reste* Seul, il peut vous reconduire au despotisme-, d© quelque nom que le despotisme prenne soin de se masquer. Vous exposeriez-vous a la home d’avoir laissé tomber de '«'Os mains , par exces de foiblesse le précieux dépôt do la liberté française et di la liberté universelle ? Comme section du tout, Paris mérité vos soins , acteur généreux dans deux révolutions successives , il a des droits à la reconnoissance publique. Cependant , juscjues sous vos yeux, une faction cruelle iagite , le tourmente, le dépeuple-, voudroit en faire undesert. Dispersezles brigands, frappez les chefs , sauvez Paris. ■

ISlos amis , nos frères, nos enfans combattent aujourd nus. ■pour les droits des peuples opprirhés ; soufirirez-vous qu en A leur absence les droits les plus précieux leur soient ravis. Quand ils auront conquis vingt nations à la liberté , rentreront-ils chez-eux esclaves? Sera-ce pour le règne de MaraÊ ei.de son r7/ns'^/'e associé, qn’ils auront versé les flots dusang le plus pur ? L’armée combat pour nous combattons pour Tarmée.

■ » Les tems des illusions sont passe's L pezipZe croit plus a itiyic-

i labilile ; déjàzZ a jugé l’incapacité de ses députés a la convention^. '» C’est envain qu’on, lui ptoposeroit une seconde convention / iln y auroit

» aucune coniîanse ; et puis, quel bien pourroit-elle produire ? ne noiis » le dissimulons pas ; eîte ne pourrait qu’être plus mal composée encore » que celle-ci. Il ne restera donc au pauvre peuple d » dre que de rétablir le despote..... Ou se donner tTN NO V » MAITRE.» . , . ^

Lecteurs, je vous le demande, que veulent les hommes qui emplozen-, ^tsi vantent un tel e'erivain : que- veulent-ils ? sinon le rétablissement de aimjautê sowsrva. autre nom, ,

Ht «cpendant cç Marat siège air milieu de nous.....* O mon psys*., .

Hêglslatenrs , lorsqu’au, lo août la' nation , lassée du jong rois, entendit le canon tonner sur leur repaire, elle respira, se croyant délivrée. Eh bien I c’étoit déjà la royauté qui revoïioit sur les cadavres des premiers jours de septembre, ■sucer le lak dont elle a toujours soif ; c'étok elle encore qui comptoit, vers la lia du même mois, se relever entièrement au milieu d’un massacre pins vaste ; c’est elle enfin qui veut aujourd’hui que nous n’obtenions ni repos , ni lois ; c’est elle qui a chargé l’anarchie de lui ramener par de longs détours son pouvoir et ses victimes. Hàtez-vous cependant, écrasez touî-à-l’heure ce reste et ce commencement de tyrannie, si vous vouiez-^'raiment la république.

Et s’il étoit permis de supposer qu’auprès de vous , ^ivîronnés de tant de grands intérêts , il reste encore quelque place pour l’intérêt personnel , je vous dirois : prenez garde ; les traîtres que vous ménagez , s’ils avoient un instant de suo ^ cès, ne vous laisseroient pas même le temps de vous reconnoître. Pour prix de votre indulgence fatale, pour pi-ix de vos éternelles temporisations, vous tomberiezleurs premières victimes . vous tomberiez à jamais. Prenez garde ; défendezvous.

S Quoiqu'il arrive cependant, les voilà trop bien signales,

pour qu’ils s’affermissent jamais sur trône , quandmêm» ils parv iendroient à le resaisir d’une main sanglante. Et si je dois, foible individu, pour les avoir démasqués , mourir sous leurs coups , je ne mourrai pas tout à fait. Même à l’ins- 0 .tant de ma chute je pourrai sentir quelque joie ; car après

- moi je laisserai ces vérités courageuses qui tôt ou tard , eî; plus ou moins, selon les hommes appelés à les recueillir, proEteront à la liberté. J’aurai payé ma dette à uaon p^iys.

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