‹ A mes amis de tous paysChapitre 5 sur 15 · LES COLONNES DE MAËSE RODRIGO · texte numérisé non relu

LES COLONNES DE MAËSE RODRIGO

Dites, ami Bucno, ces pierres, où sont-elles?

Quelle main, vous vivant, dispersa leurs débris?

Tout Séville devait accourir à vos cris,

Cervantes en ayant parlé dans ses Nouvelles.

Que faisait Asensio, lorsque de Cervantes Un barbare brisa cette relique chère?

Que faisait, dans sa tour, Fernan le solitaire?

Dans son Espartinas que faisait Aceves?

Mais non, l’homme est le roi du temps et de l’espace. Ne laissons rien vieillir de l’œuvre des aïeux !

Meurent les souvenirs ! arrière, demi-dieux !

Ancêtres, rangez-vous, pour que votre fils passe.

Que tout ce qui le gène aujourd’hui soit broyé.

Son pied touche l’abîme et son front bat les nues ; Reculez vos maisons, élargissez vos rues ;

Son orgueil veut marcher sans être coudoyé.

L’Évangile a jadis civilisé le monde.

Semant des hôpitaux où furent des prisons ;

L’épée a devant elle ouvert des horizons Que l’Idée a remplis de la clarté féconde.

Page 1