‹ A mes amis de tous paysChapitre 6 sur 15 · DÜ PUERTO SANTA MARIA · texte numérisé non relu

DÜ PUERTO SANTA MARIA

J ai revu le Puerto, ce lieu de sa souffrance.

Mais tout dans ce beau lieu désormais me ravit. Vivante, elle a repris le chemin de la France.

Dieu nous a séparés, mais qu’importe? elle vit.

Oui, voilà le balcon où lorsque des étoiles La limpide clarté sur Cadix reposait,

Vous nous penchions pour voir la mer avec ses voiles, Impatients d aller ou Dieu les conduisait.

EN REVENANT DU PUERTO SANTA MARIA. 21 Voilà les orangers et le vieux monastère,

Où sa main défaillante alla frapper un soir.

Sûre d’y rencontrer la source où l’étrangère l'eut puiser à son tour et s’abreuver d’espoir.

Aujourd’hui comme alors, avec son doux murmure, L’humble Guadalete glisse entre les roseaux,

Où se plaignent encor les morts sans sépulture Que la grande bataille enfouit dans ses eaux.

Mais que me font à moi ces scènes de carnage.

Et les Goths de Rodrigue et son fatal amour?

Je ne demande au flot que cette pâle image Que je vis, désolé, s’v refléter un jour.

Tantôt je crois la voir, la sentir et l’entendre,

Sur mon cœur appuyée et me parlant tout bas ; Tantôt mon pas soudain s’arrête pour attendre Qu’haletante elle arrive et reprenne mon bras.

On semble s’étonner de me revoir sans elle ;

Plus d’un œil attendri la cherche à mon côté,

Et n’os Qui ne

t même ici retrouver la santé ?

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