‹ A mes enfants [microforme]Chapitre 11 sur 21 · LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA NEIGE

Oh, la neige, la belle neige, Voltigeant partout sous les cieux, A'tout/passant faisant cortége, Avec”ses essaims floconneux !

Elle vous baigne la figure

Dans ses éblouissants cristaux, Cette neige blanche et si pure

Qui doit pourtant se fondre, impure,

Avec la fange des ruisseaux,

La Neige

Les chevaux piaffent dans la rue Et tiennent tête au tourbillon ; Sur leur crinière qui remue

Se tend une blanche toison.

Le cocher, impatient, fouette :

L'équipage part au galop ;

On entend tinter la clochette, Mais la neïge blanche et discrète

Etouife le bruit du sabot,

Couvert d’une fourrure épaisse, Dans son sleigh couché mollement, Le bourgeois, à son aise, laisse

Tomber un regard nonchalant

La Neige 87

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Sur le flot qu’en passant refoule Son équipage reluisant,

Quelques murmures de la foule S'échappent : puis le flot s'écoule,

Les uns jurant, d'autres riant.

Car c'est la première 4ordée,

C’est du nouveau, l’on est content,

L'on rit : vous n'avez pas d'idée Comme rire rend indulgent,

Et puis, je ne sais quel bien-être

Ce beau froid, de là-haut jeté,

Chez chacun provoque et fait naître ; C'est le frais qui paraît moins traître

Que la vive ardeur de l'été,

nn nttards LAS

La Neige

On ne pense pas au chauffage :

On a tant souffert des chaleurs !

On ne pense pas au chomage ;

Qui sait ? les temps seront meilleurs.

Au cœur, on n’a que l'espérance,

Ce mirage de chaque jour ;

On se hâte dans la dépense

De cette courte jouissance :

La douleur aura bien son tour.

— C'était la première bordée, Et la neige faisait plaisir ; Depuis....vous mavez pas d'idée,

Comme la neige fait souffrir !

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Comme au pauvre monde elle est dure, (Hélas ! nous nous étions trompés) :

Comme elle frappe à la figure

Et nous fait sentir sa piqûre,

Jusque sous nos habits râpés !

Les maisons sont froides, mal closes :

Il fait froid dedans et dehors.

Ah ! que l’on voit de tristes choses

Dans !

âtre où les charbons sont morts !..

— Neige, qui baignes ma figure

Dans tes éblouissants cristaux,

O neige, si blanche et si pure,

Hâte-toi de te fondre, impure,

Avec la fange des ruisseaux !

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