‹ A mes enfants [microforme]Chapitre 17 sur 21 · MORT D'UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

MORT D'UNE JEUNE FILLE

Mère, pourquoi donc ma pensée,

Sur l'aile du vague empressée, te) Î Ê

Au loin s'égare si souvent ?

Pourquoi, sur leurs tiges pendantes,

Mes fleurs se courbent, languissantes ?

Mes pauvres fleurs que j'aimais tant !

Mort d'une jeune fille

Je me trouve à songer sans cesse ;

Et, souvent, ta douce caresse

Laisse encore un vide en mon cœur.

Pourquoi mon âme est si rêveuse,

Mère? Ne”suis-je plus heureuse,

Ici, de notre ancien bonheur ?

Le soir, j'entends des voix unies, Soufflant sur moi leurs harmonies Qui me font toujours tressaillir ; Puis, j'ai des visions étranges :

Je vois passer, passer des anges,

Et je ne puis plus m’endormir !

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Souvent, l’un d’eux près de ma couche | S'arrête, et sa divine bouche | S'ouvre, comme pour me parler. | Hier, il prit ma main dans la'sienne, Et sa voix, semblable à la tienne,

Chania, près de mon oreiller : | | |

‘ La brise descend sur la rose, ‘ Et son souffle léger dépose

‘ Dans son sein l’arome enchanteur ; i

“ Le soir, quand la brise repasse, | “ La tige seule est À sa place: |

‘ Une main a cueilli la fleur,

Mort d'une jeune fille

‘ Ja rose est comme la jeunesse ‘ Que le vent des plaisirs caresse, ‘* Au matin de son avenir ;

‘ Puis à la fin de la journée,

‘ Elle tombe toute fanée,

‘ Et n’est plus qu’un vain souvenir.”

L'ange, alors, sur mon lit se penche, Et, le vent de son aile blanche Emporta mon âme après lui ;

Je regardai son blanc sillage,

Puis, il se couvrit d’un nuage...

Et puis...., tout s’est évanoui !

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Mort d'une jeune fille 127

— On dit que le Seigneur appelle Là-haut, dans sa vie éternelle, Celui qui voit l'ange ici-bas :

Et, le soir, cette âme si pure S'échappa dans un doux murmure,

Suivit l'ange....et ne revint pas !...

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