MORT D'UNE JEUNE FILLE
Mère, pourquoi donc ma pensée,
Sur l'aile du vague empressée, te) Î Ê
Au loin s'égare si souvent ?
Pourquoi, sur leurs tiges pendantes,
Mes fleurs se courbent, languissantes ?
Mes pauvres fleurs que j'aimais tant !
Mort d'une jeune fille
Je me trouve à songer sans cesse ;
Et, souvent, ta douce caresse
Laisse encore un vide en mon cœur.
Pourquoi mon âme est si rêveuse,
Mère? Ne”suis-je plus heureuse,
Ici, de notre ancien bonheur ?
Le soir, j'entends des voix unies, Soufflant sur moi leurs harmonies Qui me font toujours tressaillir ; Puis, j'ai des visions étranges :
Je vois passer, passer des anges,
Et je ne puis plus m’endormir !
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Souvent, l’un d’eux près de ma couche | S'arrête, et sa divine bouche | S'ouvre, comme pour me parler. | Hier, il prit ma main dans la'sienne, Et sa voix, semblable à la tienne,
Chania, près de mon oreiller : | | |
‘ La brise descend sur la rose, ‘ Et son souffle léger dépose
‘ Dans son sein l’arome enchanteur ; i
“ Le soir, quand la brise repasse, | “ La tige seule est À sa place: |
‘ Une main a cueilli la fleur,
Mort d'une jeune fille
‘ Ja rose est comme la jeunesse ‘ Que le vent des plaisirs caresse, ‘* Au matin de son avenir ;
‘ Puis à la fin de la journée,
‘ Elle tombe toute fanée,
‘ Et n’est plus qu’un vain souvenir.”
L'ange, alors, sur mon lit se penche, Et, le vent de son aile blanche Emporta mon âme après lui ;
Je regardai son blanc sillage,
Puis, il se couvrit d’un nuage...
Et puis...., tout s’est évanoui !
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Mort d'une jeune fille 127
— On dit que le Seigneur appelle Là-haut, dans sa vie éternelle, Celui qui voit l'ange ici-bas :
Et, le soir, cette âme si pure S'échappa dans un doux murmure,
Suivit l'ange....et ne revint pas !...