‹ A mes enfants [microforme]Chapitre 9 sur 21 · COLLIER BLEU DE MARIETTE · texte numérisé non relu

COLLIER BLEU DE MARIETTE

Mariette était une jolie petite fille de huit ans, rose, fraiche, gazouillant tout le jour, en dehors des heures d'école et du temps où son petit frère Toto dormait dans son berceau.

Car Mariette allait à l’école ; oui, depuis six

mois, Le jour de son entrée avait été un jour

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remarquable. A neuf heures du matin, Mariette s'était rendue avec son À B C dans un sac, et son ardoise sous le bras. A midi, lorsqu'elle était revenue à la maison, elle avait avalé à la hâte quelques bouchées de son diner, et avait voulu retourner de suite. Sa maman lui ayant fait observer que la classe ne commençait qu’à une heure, Mariette avait fait une vilaine moue et pesté un peu, tout bas, contre les mamans qui empêchent les petites filles de faire à leur guise.

Mariette avait bien tort, n'est-ce pas ? Aussi, par la suite, elle a beaucoup regretté sa faute ; d'autant plus que ce grand zèle s’est bientôt refroidi. Mariette a compris, par expérience, qu'une heure de repos, entre la tâche de la matinée et celle de l'après-midi, ne paraît pas

trop longue, lorsqu'on a bien travaillé,

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La mère de Mariette était une excellente femme, qui tenait bien son petit ménage, soignait ses deux enfants, et raccommodait les hardes et le linge de son mari. Elle s'occupait très-peu de ce que faisaient ou disaient ses voisines, et n’aimait pas les commérages. Ce n'était pas qu'elle fût peu sociable ou revèche au contraire, elle était toujours de bonne humeur et ne se faisait pas prier pour rire à son aise. Mais elle avait dans l’idée que, sur cette terre, si chacun surveillait plus ses propres affaires, et moins celles des autres, tout le monde y trouverait son compte et les choses n’en iraient pas plus mal.

Le père était maçon et travaillait, la plupart du temps, à la ville voisine ; en sorte que toute la conduite intérieure de la maison retombait ; sur sa femme qui ne s'en acquittait pas mal et

ne se plaignait jamais.

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Les parents de Mariette n'étaient pas riches ; mais s’il leur fallait souvent se priver de quelque objet de luxe, en revanche, 1l ne manquaient jamais du nécessaire. C’est dans cette condition que l’on trouve généralement les ménages les plus heureux.

Le petit Toto'allait avoir dix mois ; il était déjà robuste et marchait en s'aidant des chaises et des murs. Quand il fallait franchir une porte, c'était toute une affaire. Il se sentait aussi inquiet qu’un général sur le point faible d’une fortification. Mais, à la fin, il prenait son petit courage à deux mains et se lançait hardiment comme le fameux Blondin sur sa corde tendue.

‘Foto aimait beaucoup sa petite sœur qui le lui rendait bien de son côté et avait pour lui toutes sortes de bons soins.

Or, Mariette était, après tout, une bonne

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petite fille, aidant bien sa maman et lui obéis. sant en tout. Ce n'était pas un enfant modèle, —les enfants modèles ne valent généralement pas grand’chose,—mais vous allez voir qu’elle n'était pas sans avoir ses petites qualités.

Par exemple, lorsqu'elle se levait de bonne heure, le matin, et que son petit frère dormait encore, elle ne criait pas tout haut après ses bas, ses souliers, son mantelet ; elle ne renversait pas les chaises en courant vite pour voir l'aspect de la rue. Je connais pourtant des enfants qui font tout cela.

À table, elle se tenait bien assise et ne criait pas après ceci ou cela ; mais elle attendait qu’on lui eût donné sa part et ne repoussait jamais son assictte brusquement, sous prétexte qu’on ne lui avait pas mis le morceau de son choix.

Et puis, elle mangeait de tout ce que mangeaient

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ses parents ; et, lorsqu'il y avait un dessert, elle ne laissait pas tout le reste de côté pour se gorger de confitures ou de pâtisserie. J'ai pourtant entendu dire qu'il y a, de par le monde, des petits garçons, et même des petites filles qui ont ces vilains défauts. Mais, bien sûr, je ne croirai cela que le jour où je le verrai.

Une autre chose qui distinguait Mariette, c'est qu’elle ne mettait jamais les doigts dans son nez, ni son petit caquet au milieu de la conversation des grandes personnes.

Et, cependant, Mariette avait un défaut ; oh ! mais là, un défaut bien dangereux. Mariette était entêtée.—Ce n’est pourtant pas un si grand vice, duez-vous. — J'en conviens et Mariette avait tant d’autres qualités pour effacer cette petite tache ! Cependant, voyez, Mariette

n'était pas menteuse ; mais lorsque son entête-

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