IMITÉ DE L*ANGLAIS
N ministre du ciel courbé sous les offrandes Que la piété riche aux pauvres destinait^ Fier de son lourd fardeau^ lentement cheminait^ Pesant les fruits sacrés de ses saintes demandes.
c( Mon père ! ayez pitié d'un homme malheureux ^ Lui crie un indigent qui traînait sa misère : Vous avez recueilli des bienfaits si nombreux I Vous avez attendri tant de cœurs généreux ! Donnez-moi : votre marche en sera plus légère. »
« Auloiu^ ditle sainthomme^ au loin! Quels sont vos droits
Pour oser aspirer aux aumônes sacrées ?
Ce n'est point aux passans qu'elles sont consacrées ;
Au loin ! je suis en eau : chacun porte sa croix. y>
c — Mais^ mon père, jemeurs! — Eh bien ! est-ce ma faut e ?
Je vous trouve plaisant de vous en plaindre à moi :
Les gueux ont aujourd'hui la prière bien haute !
J'ai mes pauvres ; passez ! Allez servir le roi.
•i— Mon père, je suis vieux. — Je vous en félicite ;
Vous aurez moins long-temps à soufFrir ici-bas.
— Au nom de Dieu! du pain, mon père! — Passez vite ,
Importun vagabond! — Je me retire... hélas I
Laissez tomber au moins une céleste aunvdne
Sur ma faim qu'en passant vous pouviez soulager;
Vos bénédictions... — Oui, mon fils. Dieu l'ordonne :
Puisque tu vas mourir, tu fois bien d'y songer.
Mets-toi donc à genoux. — Et moi je les refuse,
Dit le pauvre d'un ton moqueur;
Passez, père, je vous récuse,
17'épuisez pas votre bon cœur.
J'ai trop foim pour courir après l'oiseau qui vole ;
To> b^nédicUons ne sauraient me □ Le don ne vaut pas une obole.
Puisque vous d&ignei me ]'o£^ir. i