‹ A mes jeunes amisChapitre 15 sur 40 · SAGE ET LES DORMEURS · texte numérisé non relu

SAGE ET LES DORMEURS

£V£z-vous de bonne heure, enfens^ disait un «âge;

N'éteignez pas le jour, la vie est un flambleau ; Tenez les yeux ouverts durant ce court passage : Nous dormons si long-temps couchés dans le tombeau ! »

Alors qu'un père parle, il faut bien se résoudre. On se lève^ étoufiant de timides rumeurs^ £t la fraîcheur de l'aube achève de dissoudre Qaelques pavots épars sur le front des dormeurs. Les voilà dans les bois où tout s'éveille et chante ,

Où la feuille frémit sur Farbuste embaumé^

Ou Toiseau dit aux fleurs^ aux cieux ^ qu'il est aimé ^

Où tout brille et s'empreint d'une grâce touchante.

Ils vont. L'heureux vieillard de loin poursuit leurs pas. Dans le parfum des fleurs s'exhale sa prière : « Dieu! protégez mes fils ! mes fils!... ils seront las; Jamais leur pied sitôt n'a foulé la bruyère. » A sa voix^ ses enfàns se jettent dans son sein^ Demi-nus^ palpitans de peur et de colère. Loin des frelons ainsi l'on voit fuir un essaim D'abeilles regagnant la ruche tutélaire.

« Voyez, voyez, mon père! ils nous ont tout ravi, Des brigands qui chantaient, qui raillaient sur nos traces; De nous lever pour eux ils nous ont rendu grâces : Quel conseil, ô mon père! et nous l'avons suivi! »

a — N'en dites point de mal, mes fils, suivez-le encore. Demandez aux voleurs riant de leur délit ;

avant vous sollicité l'aurore,

pas trouvé votre argent dans leur lit. i

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