‹ A mes jeunes amisChapitre 2 sur 40 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il n'est aucun amateur de poésies qui n apprécie à leur juste valeur celles de M" Desbordes-Valmore. Pleines de grâce , de naturel , ses élégies , ses idylles et ses romances , vont chercher jusqu'au fond du cœur tout ce qu'il y a de tendre : il semble que sa douce et molle rêverie vous console , que sa mélancolie vous attire , et que sa profonde sensibilité vous fasse connaître un genre de plaisir mêlé de tristesse, dont le charme est aussi vrai qu'il est durable. Il n'est pas non plus une femme, qui ne soit tourmentée

d'un regret ou d'un souvenir, qui n'aime à lire M" Valmore ; pourtant sa plume élégante et facile n'a point dédaigné de s'entretenir avec l'enfance, et, jusque dans ses naïves leçons, on retrouve , on reconnaît une de nos sommités littéraires. J'ai cru faire plaisir aux mères de famille en formant à part un volume, seulement destiné à la jeunesse : elle y trouvera , sous la forme d'une morale aimable, d'utiles et de sages conseils. Oui sait si la lecture du Petit Menteur n'arrêtera pas l'enfant, qui, atteint de ce vice, n'aurait, en devenant homme , ni foi, ni parole ? Son jeune Écolier est une critique vraie d'un défaut bien commun, d'un défaut d'une immense importance, puisqu'il entraîne avec lui la perte du temps, perte gui ne se répare jamais. Le Jeune Ambitieux corrigera moins

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sûrement peut-être; c'est une passion difficile à détruire, même dans l'enfance; mais, quelque peu profitable que soit cette spirituelle leçon , elle fera, j'en suis sûr, naître le sourire sur plus d'une bouche enfantine. A ce sourire succédera un attendrissement profond et doux à la lecture d! Un jour de deuil ^ du Vieux Crieur du Rhône, du Départ 9 A mes enfans, et de son iSb^r d'été. Sans doute il est impossible de se décider à faire un choix parmi tant de pensées nerveuses, de mots si aimables et si tendres, qui révèlent que Dieu, en faisant M" Desbordes- Valmore poète, la fit aussi mère tendre ; et dévouée. Il semble que sa charmante supériorité soit alors seulement faite pour parler à l'enfance: c'est le mot qu'elle comprendra mieux, l'expression qui la touchera davantage , qui se

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trouvent au bout de sa plume : elle sait la faire sourire, mais elle sait aussi l'attendrir. Comme elle va l'intéresser à ce pauvre Papillon ma-' lade! Quelle jeune tête, même la plus légère, qui ne plaindra pas cette imprudente Abeille qui va trouver la mort au sein d'une volupté trompeuse! Toutes les jeunes âmes voudraient l'arrêter. Le lRjêi>e de mon enfant est un petit chef-d'œuvre qui semble sortir du cœur d'une mère. Quelle immense douleur se révèle dans ces vers, dont on redouterait peut-être la mélancolie pour la jeunesse, si on ne savait qu'à peine entré dans la vie, on aime déjà à verser ces larmes qui vous font à la fois mal et plaisir! Quelle jeune fille n'aimera pas davantage celle à qui elle doit la vie, après avoir lu les Deux Mères et le Pressentiment ! Que son Pélican est

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intéressant dans son dévouement, connu , il est vrai , mais qui semble nouveau tant il y a de aaiVete et d'expression dans tout ce qui est écrit par notre aimable pocte !

J'ai joint à ce volume \ Incendie ^ dont la description est si effrayante et si touchante à la fois. Il est difficile d'être resté quelque temps à Lyon sans avoir entendu ce cri sinistre : j4ufeu! Au feu! qui vous arrache au sommeil , et fait paraître le danger comime personnel. Les cris sont accompagnés par des clochettes, tocsins ambulans , qui réveillent à la fois la terreur et le courage. Le PhilosopJie sans ie savoir est presque une petite nouvelle , dont l'obscur héros , pour être un chien , n' en est pas moins intéressant. M"'Valmore a su donner un intérêt puissant à ses douleurs, et il est à croire que

plus d'un jeune lecteur voudrait avoir un am aussi fidèle que le pauvre Félix. En offran donc à la jeunesse ce volume , seulement fbmw pour elle, je suis sûr de m' assurer l'approbation des parens , et la reconnaissance de ceux à qui on fera ce charmant cadean. Heureux l'éditeur (fui, en faisant l'éloge d'un auteur, est sûr, comme moii» d'avoir un écho dans tous les cœurs sensibles !

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