‹ A mes jeunes amisChapitre 3 sur 40 · LE PRESSENTIMENT · texte numérisé non relu

LE PRESSENTIMENT

'est en vain que l'on nomme erreur

Cette secrète intelligence j Qui , portant la lumière au fond de notre cœur^ Sur des maux ignorés nous fait gémir d'avance, (j est l'adieu d'un bonheur prêt à s'évanouir ; Cest un subit effroi dans une ame paisible^

Enfin j c'est pour l'être sensible

Le fantôme de l'avenir.

Pressentiment^ dont j'éprouvai l'empire^ Oh ! qui peut résister à tes vagues douleurs?

Encore enfant, tu m'as coûté des pleurs^ Et de mon front joyeux tu chassas le sourire.

Oui, je t'ai vu, couvert d'un voile noir, Aux plus beaux jours de mon jeune âge y Tu formas le premier nuage

Qui des beaux jours lointains enveloppa l'espoir.

Tout m'agitait encor d'une innocente ivresse }

Tout brillait à mes yeux des plus vives couleurs^ Et je voyais la riante jeunesse

Accourir en dansant pour me jeter des fleurs. Au sein de mes chères compagnes , Gourant dans les vertes campagnes, Frappant Tair de nos doux accens.

Qui pouvait attrister mes sens ?

Gomme les fauvettes légères Se rassemblent dans les bruyères , La saison des fleurs et des jeux Rassemblait notre essaim joyeux.

Un jour, dans ces jeux pleins de charmes,

Je cessai tout-à-coup de trouver le bonheur;

J'ignorais qu'il fût une erreur.

Et pourtant je versai des larmes !

Eh reveoïntje ralentis mes pas; Je remarquai dujour le feu prêta s'éleindre, Sa chute k l'horizon, qu'il regrettait d'atteindre; Mes compagnes dansaient... moi , je ne dansai pas.

Un mois après, j'errai dans ce lieu solitaire; Hélas I ce n'était plus pour y chercher des fleurs : La mort m'avait appris le secret de mes pleurs , Etj'élais seule au tombeau de ma mère!

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