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pour vous un strict devoir d'éviter tout ce qui pourrait donner lieu à la calomnie ou à des soupçons malveillants.
Dans vos conversations avec les gens du monde, quels qu’ils soient, vous éviterez soit de formuler, soit d'approuver le moi: ire blâme sur l’autorité ecclésiastique, soit de critiquer ou même de signaler les travers et les fautes de vos confrères, soit d'exprimer des jugements défavorables sur vos paroissiens.
“Oh! s’écriait saint François de Sales, que n’ai-je un des Charbors qui pu:ifia la bouche d’Isaïe ! Qui ôterait la médisance du monde en ôterait une grande partie des péchés. ” Et saint Paulin écrivait : Pauci sunt qui ita vitam suam irrepréhensibilem exhibeant ut non reprehendant alienam.
Prenez la résolution de tremper toujours, avant de parler, votre parole dans votre cœur, si je puis m’exprimer ainsi, ou plutôt, dans le cœur humble et si doux de Jésus, afin qu’elle soit discrète et prudente, toujours digne, toujours respectueuse, tendre et compatissante.
g) De la prudence: Si vous voulez vous rendre utiles à l'Eglise et aux âmes, vous devez être prudents et faire preuve de prudence. Autrement votre personne et votre ministère seront sans crédit auprès des populations.
C’est la prudence qui communique à un curé l'intelligence parfaite du ministère, le discernement des esprits, la connaissance des hommes ; c’est elle qui apprend à manier les caractères difficiles, à traîter les affaires avec succès, à terminer heureusement les ccnflits inévitables. Par elle on devient habile dans le gouvernement pastoral, on opère le bien avec mesure et discrétion, on se trouve à même de mener tout à bonne fin.
S'il s’agit de prendre une mesure importante qui aura du retentissement dar à population, surtout s’il s’agit de quelque coup d’autorité devenu nécessaire, n’agissez pas avant d’avoir beaucoup prié et sérieusement consulté. Hésiter en pareille
circonstance, ce n’est pas faiblir. Le temps et la réflexion font découvrir, dan les résolutions même les meilleures en apparance, bien des inconvénients d’abord inapperçus. Avant donc de prendre un parti, sondez les dispositions publiques, appréciez . le degré de confiance et d’ascendant dont vous jouissez, ainsi que les chances de succès plus ou moins favorables. Sa hant que le mieux est souvent l'ennemi du bien, *e visez pas: un optimisme magnifique en théorie mais le plus souvent irréalisable dans l'application. Ainsi sans vous compromettre jamais, réussirez-vous presque toujours.
Sous prétexte de zèle, il est des prêtres qui agissent avec une impétuosité qui procède bien moins de l'esprit de Dieu que du tempéramment, de l'imagination ou du caprice. Il leur plaît de se montrer audacieux : ils adoptent aveuglément les mesures les plus irritantes, taillent et tranchent dans les questions les plus délicates, heurtent de front tous les obstacles et se brisent à tous les écueils. Ils ne reculent pas devant les coups de force et d'autorité, sans même en soupçonner les résultats.
C’est le propre du pasteur prudent et vraiment pratique de ne s’avancer dans la voie des réformes qu’avec une sage lenteur, attendant patiemment les résultats de ses travaux, à l’imitation de la Divine Providence, laquelle pour atteindre son but, suit habituellement la même marche. Qu'il se souvienne que les améliorations lentes et successives sont ordinairement les plus sûres et les plus durables et qu’on ne recueille souvent le fruit de ses labeurs que dans un avenir éloigné. On risque souvent de tout perdre à vouloir tout brusquer.
Au mieu des difficultés que le prêtre rencontre pendant sa vie, au milieu des peines qui souvent l’accablent, il agira sagement en recherchant la cause, y tâchant de découvrir l'origine de tous ces maux qui sont souvent pour lui une croix bien pesante. Quelquefois — souvent peut-être — s’il est sincère, s’il ne craint pas la vérité, il sers forcé de reconnaître que telles où telles difficultés qui ne lui laissent pas un moment de repos, Ge paix, lui viennent de lui-même, de ses défauts de caractère.
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Tantôt, parce qu'il ne réfléchit pas, parce qu’il n’a pas assez étudié, examiné, il prend de suite une détermination qui se trouve être contraire au droit, à la vérité. Tantôt impatient, violent, peut-être, il blesse par des paroles dures, par des reproches immérités, reproches qui font naître et entretiennent dans l’âme de ceux qu’il malmène ainsi sans motifs réels, le mécontentement, la haine, le désir de la vengeance. Une autre fois peu zélé, peut-être négligent, peut-être insouciant, dans l’accomplissement de ses devoirs de prêtre, de pasteur, il est blâmé, critiqué, délaissé par ceux qui sont confiés à ses soins. Mais qui est ainsi tracassé ? Est-ce le prêtre ? Non, c’est l’homme, l’homme-prêtre, parce que ce prêtre a agi en homme ; les maux qu’il endure sont le fruit et le châtiment de sa conduite humaine. Il n’y a pas de place pour lui parmi ceux auxquels le Divin Sauveur promet le ciel, parce que s’il souffre, ce n’est pas pour la justice.
Voici quelques règles de conduite qu’un pasteur d’âmes devrait se prescrire pour exercer utilement et saintement son saint ministère :
1. — Donnez l'exemple et faites toujours plus que ce que vous exigez des autres.
2. — Quand vous êtes ému, piqué, fâché, abstenez-vous de parler, d’agir, de commander ; autrement on serait en droit de croire que c’est la passion qui vous guide ;
3. — Ne pressez pas un homme dont le cœur est serré ou agité par quelque passion ; laissez-lui le temps de se remettre, afin qu’il puisse s’ouvrir et parler avec calme et liberté.
4. — Ne raisonnez pas, ne contestez pas avec vos inférieurs, au risque de compromettre votre autorité. Vous n'êtes pas envoyé pour disputer mais pour gouverner.
5. — Quand vous refusez une demande, faites-le de telle sorte qu’on voit clairement que c’est la nécessité et le devoir qui vous obligent. Si vous accordez, faites-le de bonne grâce et non de cet air mécontent qui ôte au bienfait toute sa valeur et souvent le rend plus pénible qu’un refus.
6.— Lorsque vous êtes obligé d’user de quelque rigueur, montrez que vous aimeriez mieux, si cela se pouvait, faire la pénitence que de l'irnposer. Que la charité adoucisse l’amertume du remède pour p1 ivenir le découragement et le désespoir.
7. — Quand quelqu'un vous a offensé et reconnaît ses torts, gardez-vous de lui reprocher ses mauvais procédés et son ingratitude envers vous : s’il reconnait sa faute, tendez-lui les bras et ouvrez-lui votre cœur.
8. — Ne soyez pas empressé à vous justifier, opiniâtre à défendre votre innocence. Dites comme David et saint Bernard : Audiant mansueti et lætentur. Je me remets au jugement des âmes droites et débonnaires, ou plutôt au jugement de Dieu. S'il me condamne, je me condamne et j'avoue ingénüment ma faute.
Rien ne résiste à une autorité toujours juste et dont la fermeté se cache sous des formes douces et suaves. Mais c’est une science qui ne s’apprend qu’à l’école du Saint-Esprit. Unctio docebit vos. C’est l’onction de l’Esprit-Saint qui est la seule maîtresse dans l’art divin de gouverner les âmes. © Dieu, apprenez-nous à gouverner, à conduire nos frères avec douceur et humilité de cœur. Qu’on sache que s’il fait quelque bien, c’est vous qui l’avez fait ; et que le mal qui s’y mêle et qui corrompt le bien ne vient que de nous, de nos emportements, de nos rigueurs.
Du MINISTÈRE SACERDOTAL 1. — De la résidence :
Pour remplir les obligations de votre charge pastorale, vous serez fidèles à respecter la loi de la résidence ; vous en observerez la lettre et l’esprit. Si vous avez quelque motif pour vous
ë absenter de votre paroisse, vous ne le ferez pas sans avoir pourvu à ses besoins spirituels et si vous devez prolonger votre absence
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au-delà des limites fixées par le droit, vous aurez préalablement à vous munir des permissions nécessaires.
Vous vous appliquerez en outre à connaître vos paroissiens, vous souvenant que, selon la parole de Notre-Seigneur, le bon pasteur doit connaître ses brebis et faire en sorte que ses brebis le connaissent. Mercenarius ignorat oves quia raro visitat eas. Pastor vero cognoscit oves proprias lanquam erga eas sollicitus.
Dans ce but vous ferez la visite de votre paroisse le plus tôt possible après votre installation et, à moins de circonstances spéciales, vous renouvellerez cette visite chaque année, n’omettant pas de vous présenter dans chaque famille. Dans cet apostolat à domicile, vous apporterez du tact, du zèle, du savoir faire. Vous instruirez, vous corrigerez, vous encouragerez. Suivant la recommandation de Notre Seigneur, vous serez l'homme de la paix dans la maison : pax huic domui ; et ainsi, vous connaîtrez vos brebis : Cognosco oves meas.
Vous étudierez l’esprit qui domine dans votre paroisse, les goûts, les usages, les susceptibilités des fidèles, en un mot, leurs qualités et leurs défauts, afin d'apporter une sollicitude éclairée à la répression des abus et à la propagation du bien.
Parlez à vos paroissiens de ce qui les intéresse le plus, suivant leur condition ; renseignez-vous principalement sur leurs enfants ; écoutez avec patience leurs histoires parfois fastidieuses et montrez partout l’affabilité d’un père, le désintéressement, le zèle et la prudence d’un prêtre.
Vous consignerez les observations faites au cours de ces visites et, en comparant ces notes successives, vous arriverez après quelque temps à une connaissance suffisante de vos brebis, de leurs qualités, de leurs défauts, de leurs besoins. Aussi le Rituel Romain enjoint-il aux pasteurs d’avoir et de tenir à jour leur Liber status animarum : Habeatur a quolibet parocho... Familia quæque distincte in libro notetur.
Aimez ce peuple à qui Dieu vous unit par les liens sacrés d’une alliance spirituelle ; aimez-le d’un amour tout surnaturel, désintéressé et généreux.
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Avec l’aide de Dieu et en vue du succès de votre ministère, tâches de vous faire aimer vous-même plutôt que craindre de vos ouailles et regardez comme le pire système d’administration paroissiale celui qui consisterait à vouloir forcer les volontés par des allures de doraination. our cela, ne parlez pas à vos gens d’une manière trop sèche et d’un ton impérieux, avec l'air d'un maître qui parle à son serviteur plutôt que sur le ton d’un chrétien qui parle à son frère.
Témoignez à TOUS vos paroissiens la sincérité de votre affection d’abord par une constante affabilité da. : les rapports de tous les jours, avec les petits comme avec les grands, et ensuite par un absolu dévouement à leur bien ; en priant et en vous mortifiant chaque jour pour obtenir les bénédictions du ciel ; en vous identifiant, autant que possible, avec eux, de sorte que leurs intérêts deviennent vos intérêts, leurs joies vos joies, leurs douleurs vos douleurs ; en établissant peu à peu un ensemble de confréries, d'œuvres qui donnent à chaque catégorie de fidèles les secours suplémentaires dont elle peut avoir besoin.
bilité exacte, claire et détaillée, et des dépenses nécessitées par l'exercice du culte dans votre paroisse et des recettes que vous recueillerez. Apportez une régularité consciencieuse dans la comptabilité de ces fonds ‘pour le maniement desquels vous n'êtes qu’un délégué de votre évêque ; tâchez par votre ordre et.
Conseil paroissial.
L'existence de ce conseil paroissial satisfait au désir des laïques de collaborer au travail du clergé en même temps qu’elle vous donne une garantie et un appui moral contre les suspicions désoblig-antes, contre les préventions malveillantes et même les calomnies qui pourraient s'élever de la part des m::':1tentionnés, si vous gardez à vous seul la gestion des biens temporels de la paroisse.
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Regardez !a bonne tenue des Registres de votre paroisse <omme un objet digne de votre attention et de votre zèle, surtout le Registre pour les baptêmes, mariages et les sépultures.
Tenez aussi dans un Registre historique tout ce qui intéresse le passé et le présent de la vie religieuse de la paroisse, au moins ce qui pourrait mériter d’être connu : comme «a fondation, son extension, les souvenirs historiques et les traditions qui s’y rattachent, les visites épiscopales, les missions et les retraites, les prévilèges spirituels tels qu’érection de chemin de croix, la série des curés avec la date de leur prise de possession, changement ou mort, etc.