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Le succès appartient à ceux qui sont doux, bienveillants, qui savent attendre, qui tournent les obstacles au lieu de les. heurter de front, qui tolèrent certains abus pour éviter de plus grands maux, qui ne s’avancent dans la voie des réforr es qu'avec lenteur. On ne fait pas les moissons le lendeme : des semailies
b) De la bonté : “ Cette première chose, dit B«.:suc£t, que Dieu ait mise dans mes entrailles, comme le premix attrait qu'i, nous ait donné pour gagner les hommes. ”
Vous devez aimer votre peuple. Mais comment faut-il l’aimer ? Demandez-le au Samaritain. Sa règle de conduite sera la vôtre.
Votre prochain, c’est parfois un paroissien peu aimable, grossier, inintelligent, vous ayant fait quelque impolitesse. Homo quidam. 11 s’est peut-être éloigné de l’Eglise ; il a quitté la voie du bien pour prendre le chemin du mal ; il vit sans aspiration surnaturelle, sans religion, à moitié mort pour l'éternité, Semi vivo.
Allez-vous l’abandonner à son malheureux sort, le laisser sur le chemin de la perdition, ne plus vous occuper de lui, ne plus le regarder, ni le visiter, pas même le saluer ? Accidit ut sacerdos quidam descenderet et, viso to, præterivit. Mille fois non.
Vous êtes à la place de Dieu les médecins qui devez vous approcher de lui pour le guérir. L'abandonner ? Et s’il fallait plus tard l’aborder ! Jésus appelait Judas son ami au moment où il était trahi par lui. Si quelqu'un a des torts ei.vers vous, fermez les yeux et continuez-lui votre bienveillance, malgré ses ingratitudes. Soyez toujours prêts, en bons samaritains, à lui rendre service comme à tout le monde : Venit secus eum el videns eum, misericordia motus est. Votre généreuse et loyale miséricorde sera un excellent remède pour cicatriser quelque rancune invétérée, pour fermer une plaie saignante : “Et approprians alligavit vulnera ejus. Puis vous verserez sur cette âme meurtrie toute l’onction de votre charité sacerdotale : Infundens oleum et vinum. Vous répandrez de l’huile sur une
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plaie quand vous agirez sur le pécheur par votre bonté, vos consolations, et vous faciliterez son pardon. Vous verserez du vin quand, par votre fermeté et vos observations, vous pousserez au renoncement des plaisirs coupables. Il faut donc de l’huile avec du vin et du vin avec de l'huile.
Oui, faites toutes les concessions possibles quand il s’agit de gagner une âme. Comme Dieu, soyez bons à l'égard de tous. Aimer ceux qui vous aiment n’est nullement méritoire ; c’est se conduire comme de vulgaires pharisiens à l'esprit étroit.
Si nous ne craignions pas de rentrer dans trop de détails, nous dirions : à des affligés une parole d'encouragement et de consolation ; à des malades un mot de résignation et d’espérance ; à des parents, une louange méritée sur les succès et la bonne conduite de leurs enfants; à un homme heureux quelques félicitations ; à ceux qu'on rencontre un sourire bienveillant ; aux malheureux des offres de service et de charité ; pour tous une aimable indulgence, une familiarité noble et décente ; voilà autant de moyens capables de gagner à des prêtres les cœurs de tous ceux qui les approchent, sans compromettre aucunement leur dignité et le respect qui leur est dû.
Saint Bernara résume le programme de la bonté, de la charité sacerdotale dans ces belles considérations : Discite matres subditorum vos esse debere, non dominos ; studete magis amari quam timui ; et si interdum severilate opus est, paterna sit non tyrannica. Matres fovendo, patres vos corripiendo exhibeatis. Ponite feritatem ; suspendite verbera, producite ubera ; pectora lacte pinguescant non typho turgeant. Quid jugum vestrum super eos aggravatis quorum potius onera portare debetis. Cur morsus a serpente parvulus fugit conscientiam sacerdotis ad quem eum magis oportuerat tanquam ad sinum recurrere matris ? Si spirituales estis, instruite hujusmodi in spiritu lenitatis, considerans unusquisque seipsum ne et ipse tentetur. Alioquin ille in peccato suo morielur ; sanguinem autem ejus de manu tuû requiram.
Traitez donc vos gens par la bonté qui attire, non par le dédain qui éloigne. Le crucifié a les bras ouverts, non les poings
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tendus. Ce geste symbolise la vraie méthode d’apostolat Rappelez-vous-le toujours : la conquête des cœurs se fait pa: la bonté et non par la dureté ; par l’indulgence, non par la sévérité ; par la compassion, non par la colère ; par une condescendance poussée à l'extrême, non par l'appel à l’autorité. ‘ Gouverner, c’est aimer. ” Soyez de l’école de saint François de Sales qui disait : “ si quelqu’un vous arrache un œil, servezvous de l’autre pour le regarder de bon cœur. ”
Aux yeux de Dieu, la bonté est d’un tel prix que Jésus-Christ, notre 1odèle nécessaire, a voilé, pour ainsi parler, toutes ses grandeurs pour ne nous manifester que sa bonté de toutes les manières.
Ses disciples le nomment le “ Bon Maître ” ; il s’est appelé lui-même le “ Bon Pasteur ” qui court à la recherche de la brebis perdue et la ramène doucement sur ses épaules ; il demande des siens qu’ils soient comme ‘“‘des agneaux au milieu des loups’ ; il ne veut pas qu’ “ils achèvent le roseau à demi brisé, ni qu’ils éteignent la mèche qui fume encore ”. Si les méchants réclament sa mort, c’est ‘ parce qu’il est bon. ”
La bonté est et elle sera toujours le plus puissant moyen de faire du bien aux hommes, de les attirer, de les +agner à Dieu. Ce n’est ni le talent, ni la raison, ni la pr. ni la beauté qui captivent les âmes et enchaînent les cœ” ‘st la bonté. Elle est une clef d’or qui ouvre toutes les port , ; les autres vertus peuvent mener à Dieu, la bonté le reflète d’une manière vivante aux yeux les plus prévenus. Soyez bons et vous remporterez toutes sortes de victoires. Quand on aura dit de vous : Ah ! qu’il est bon, ” on.aura tout dit.
Dieu place souvent des importuns sur notre route comme une occasion d’épreuve :
© Le ciel veut qu’ici-bas chacun ait ses fâcheux Et les hommes seraient sans cela trop heureux.
Et ces fâcheux, Dieu nous ordonne de les supporter sans égard pour nos antipathies naturell Debemus imbecillitates infirmorum suslinere et non nobis placere. (Row., xv, 1.)
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c) L'égalité d'âme : On ne la recommande pas dans les cicconstances où tout va pour le mieux ; quand le vaisseau vogue paisiblement, le pilote n’est pas exposé à perdre le calme et la présence d'esprit. C’est aux heures où la sensibilité est émue, l’amour propre blessé, la volonté refoulée qu'il convient de se recueillir et de se posséder soi-même. Soyez toujours Jésus pacifique et non un Jupiter tonnant.
d) La franchise : “Il faut toujours se servir de la parole pour la pensée et de la pensée pour la vérité et la vertu. ” Toutefois il faut se souvenir que si nous devons toujours dire ce que nous pensons nous devons bien nous garder de dire tout ce que nous pensons. Ce serait alors de l’indiscrétion, de l’imprudence et même de l’étourderie.
e) La politesse : Elle imprime aux relations sociales un caractère d’élévation, de dignité, de délicatesse qui contribue puissamment à nous les rendre précieuses. Les prêtres doivent être polis par charité, c’est-à-dire, par la volonté et le désir de se rendre agréables et utiles. Dieu a mis dans un sourire, quand il est le véritable épanouissement de la bonté d'âme, un ascendant qui opère des prodiges.
“Etre aimable, dit saint François de Sales, c’est se faire avec tous les caractères, s’accommoder avec tout le monde, autant que la loi de Dieu et la droite raison le permettent : c’est d’être condescendant pour se prêter aux désirs des autres ; c’est d’être indulgent pour tous et trouver une excuse à tout ce qu’ils font ; c’est, en un mot, voir Dieu dans le prochain et se convaincre qu’en servant le prochain on sert Dieu. ”
Quel empire n’exerce pas un prêtre aimable sur tous ceux qui l’approchent, empire fait d’une douceur qui met tout le monde à l’aise, d’une bienveillance qui captive les esprits, d’un je ne sais quoi qui gagne tous les cœurs.
J) La discrétion : Un prêtre qui ne saura pas se taire ne saura jamais se conduire. C’est l'Esprit de vérité lui-même qui nous le dit: Vir linguosus non dirigetur in terra. Il y a bien des abus de parole qui peuvent nous ravir la confiance. Os sacer-
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dotis, os Christi. Eh bien ! Jésus-Christ ne disait pas ses privations, ne parlait pas de bonne chère ; il ne jetait ni à droite ni à gauche des germes de discorde ; les traits malins, les épigrammes, les railleries blessantes lui auraient fait horreur ; par consénuent ce sont là autant d’abus de paroles que vous de: ‘ 27 si vous voulez, comme lui, attirer les âmes et les sauver. “ Les murs du presbytère, a dit un homme de Dieu, étant le déversoir naturel des confidences paroissiales, doivent être sans écho. ”
Il faut savoir se taire quand il Le faut, garder un secret, sans céder à la tentation de trop parler pour paraître bien informé. Ce que vous diriez de répréhensible aurait son écho au-dehors et cet €:ho prendrait les dimensions d’un blasphême : Nugaæ in ore sacerdotis blasphemiæ.
Dans l'intérêt de votre ministère n’ayez avec le monde que les rapports exigés par le bien des âmes et les convenances sociales. Autant vous mettrez d’empressement à faire toutes les visites que vous impose le zèle pastoral, autant vous éviterez de multiplier sans motif raisonnable les visites de simple politesse. Faites-vous désirer plutôt que vous rendre importuns et à charge.
Dans ces visites, vous vous montrerez ni trop familiers, pour ne pas se laisser affaiblir le respect qui vous est dû, ni trop austères pour ne pas gêner la confiance et donner une idée décourageante de la vertu, ni trop complaisants et trop faciles pour ne pas faire croire qu’il y a des accommodements avec les saintes sévérités de la morale. Vous connaissez ces paroles de Bossuet : “sur les lèvres des laïques, les plaisanteries ne sont que des plaisanteries ; sur les lèvres des prêtres, ce sont des blasphèmes. ”’
Vous ne ferez jamais de visites aux femmes que pour des raisons graŸes, avec de courts entretiens et à des heures raisonnables ; vous ne les recevrez chez vous que dans un appartement accessible à tout le monde et ne prolongerez pas l’entretien au-delà de ce qui est nécessaire. Vous estimerez que c’est
> ses prià droite , les épihorreur ; ue vous es et les le Dieu, doivent
et, sans informé.