II. — La Confirmation
Vous devrez, longtemps avant le passage de l’évêque dans votre paroisse, vous appliquer à faire comprendre aux parents qu'ils sont obligés d'envoyer leurs enfants au catéchisme pri-
paratoire à la Confirmation et aux enfants la nature de sacrement et l'obligation de le recevoir.
Vous inviterez ceux de vos paroissiens qui malheureusemer n'auraient pas encore été confirmés à se présenter sans se laisse arrêter par le respect humain.
Vous ferez en sorte que la visite de l’évêque profite non seule ment aux confirmands mais à la paroisse tout entière.
HI. — La Pénitence :
L'administration du sacrement de Pénitence est une de fonctions les plus graves et aussi les plus délicates que le prêtres aient à remplir. Le Saint Concile de Trente a dit, er parlant du ministère de la confession : Angelicis humeris for midandum.
Si un pasteur doit administrer avec zèle tous les sacrement: à ses ouailles, il doit encore s’appliquer plus particulièrement à l’administration du sacrement de Pénitence ; car, entre toutes les fonctions pastorales, il n’y en a pas où il puisse rendre plus de service aux âmes. Là en effet, il connaît ses ouailles ; il apprend leurs besoins et leurs infirmités, il applique les remèdes propres à leurs infirmités spirituelles ; il arrache ces infortunées d’entre les dents du loup infernal, les empêche d’y tomber ; il les repaît d’une pâture céleste, en leur donnant des instructions salutaires et en les disposant à recevoir le pain de la vie éternelle.
Au confessionnal, le prêtre est l’ange réparateur de toutes les infirmités, de toutes les défaillances de l’âme, l’apôtre qui éveille le remords, excite le repentir, exhorte à la pénitence, inspire la haine du péché, fait sentir le charme et les avantages de la vertu ; il est le médecin qui panse toutes les plaies, qui choisit et applique les remèdes convenables à toutes les maladies ; il est un père qui accueille miséricordieusement l'enfant prodigue, lui transmet le pardon céleste et le convie au festin des anges. Quel ministère plus auguste, plus utiic et plus consolant !
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Avant la confession : a) Profitez de toutes les circonstances favorables pour exhorter vos paroissiens à la réception du sacrement de Pénitence, bien assuré que de votre zèle ou de votre insouciance à l’égard des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie dépend, en grande partie, le bon ou le mauvais état de votre paroisse.
b) Facilitez, adoucissez autant que possible la fréquentation du sacrement. Annoncez hautement et souvent, prouvez surtout par votre conduite que vous êtes toujours disposés à vous rendre au saint Tribunal et que personne ne doit jamais craindre de vous importuner en vous y appelant.
c) Ayez chaque jour, si possible, principalement les veilles des dimanches ct fêtes, des heures de confessionnal bien réglées qui soient connues des fidèles et fixées d’après la commodité du plus grand nombre. Soyez exacts à ces heures pour éviter que quelques personnes peut-être soient détournées d'y venir
par ennui d’attendre ou d’avoir à vous appeler. En dehors du temps ainsi déterminé, restez d’un accès facile pour tous sans distinction ; à tous réservez un accueil affable, bon, miséricordieux. Vous vous devez absolûment à tous, non seulement aux âmes pieuses, cultivées, faciles à confesser, mais aussi aux petits, aux ignorants, aux pauvres, aux pécheurs endurcis.
d) Laissez une vraie liberté à vos pénitents et pénitentes de s'adresser à un autre confesseur, toutes les fois qu’ils croient en avoir besoin ou d’une manière définitive ; faites-leur savoir qu’en usant de cette liberté, ils ne vous feront pas de peine, et s’ils reviennent à vous après vous avoir quitté, recevéz-les avec la même charité qu'avant, sans donner d’une manière ou d’une autre aucun signe de mécontentement.
e) Faites-vous aider ou remplacer de temps en temps par des confesseurs extraordinaires, par exemple, à l’occasion d’une grande solennité, d’une retraite, du temps pascal, et exhortez vos paroissiens à recourir à ces prêtres étrangers.
f) Avant d'entrer au confessionnal, prenez un peu de temps
Pour vous recueillir aux pieds de Notre-Seigneur et pour consi dérer l'importance de l’action que vous allez faire ;: car il ne
glisser comme les rayons du soleil à travers les fanges de cette terre sans se détériorer, guérir les maladies du monde sans les contracter ?
Constante.
b) Le bon prêtre ne perd jamais de vue cette pensée que Dieu le regarde, l'écoute et le juge, que tout ce qu'il dit maintenant en secret sera révélé au grand jour de la manifestation des
Coneciences.
Par quelque oraison jaculatoire, Si du confessionnal, il peut ir l’autel, il y fixera de temps en temps ses yeux et son Cœur ;
d) Il accueillera, il eNCOuragera, il aidera avec bonté tous ceux qui se présente: ont ; il relèvera les âmes abattues par la défiance de la miséricorde divine Où par la difficulté de l’amenderent ; il leur apprendra à se confesser avec méthode et pré-
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cision ; il les écoutera toutes avec une impassible sérénité intérieure, sans laisser paraître aucun signe de surprise, d’impatience ou de mauvaise humeur ; il ne réprimandera personne sans nécessité et jamais avec une vivacité qui tienne de la nature plus que de l'esprit de Dieu ; il ne prolongera pas outre mesure le temps de la confession en parlant plus qu’il est nécessaire ; s’il croit devoir interroger ses pénitents sur les matières délicates pour l'intégrité de la confession, il se souviendra qu’il vaut mieux rester en deça qu’aller au-delà des limites prescrites par une sage direction ; par un zèle ardent et des paroles efficaces, il excitera la douleur et la contrition dans le cœur de tous ses pénitents et leur indiquera les moyens d'éviter le péché et de vaincre la tentation. Si vous êtes de vrais saints prêtres, un parfum de piété se répandra en dehors de vous. Vous attirerez à vous et les âmes coupables qui ont besoin d’un plus la: e pardon et les âmes d'élite aui aspirent à une perfection plus élevée. Vous deviendrez en réalité une source de miséricorde à laquelle les âmes pécheresses viendront puiser avec confiance et un centre d'attraction où viendront se jeter les âmes justes qui voudront approcher Dieu de plus près.
Après la confession : a) Le bon prêtre priera pour remercier Dieu de l’avoir soutenu dans son travail ; et aussi pour lui demander pardon des fautes ou des erreurs qu'il aurait pu commettre dans une fonction si difficile. Il priera aussi pour ses pénitents afin d'attirer sur eux les bénédictions de Dieu et obtenir leur persévérance ; il priera pour eux avec le cœur et la sollicitude d’un vrai père et complètera par des pénitences personnelles ce qui pourrait manquer à celles qu'il leur aura imposées.
b) Il n'oubliera jamais que le secret de la confession est le secret des secrets, fondé sur le droit naturel, divin et ecclésiastique. Il gardera une discrétion absolue, rigoureuse non seulement pour ne rien trahir de ce qui tombe sous le sceau sacramentel, mais pour ne plus connaître ses pénitents hors du confessionnal, pas un signe, pas une parole qui modifient les relations ordinaires, pas la moindre allusion aux confidences sa-
PR ers a se pe
crées du saint Tribunal ; même si quelque pénitent l’autoris
à parler de ce qu’il lui a dit en confession, il ne le fera pas sar nécessité.
Il ne parlera jamais, surtout devant les laïques, de ce qu’ sait par la confession, ni des embarras qu’on y rencontre, ni de singularités, ni des conseils demandés, ni des avis donnés.