‹ à mes prêtres [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 23 · IV. — L'Eucharistie · texte numérisé non relu

IV. — L'Eucharistie

Le prêtre sait qu’il n’y a pas dans l’Eglise de dévotion plu exce!lente que la dévotion au Saint-Sacrement. Attentif è l’entretenir en lui-même, il s’appliquera à l’inspirer aux fidèles

Pour réussir, qu'il prêche sérieusement, simplement, mais avec amour et persévérance, la vérité, la réalité, la beauté, la vie et la bonté de Jésus, Dieu et homme, demeuré par amour pour les hommes dans l’Eucharistie : qu’il révèle les amabilités de son cœur, les bienfaits de sa présence, les sécurités de sa protection, les vertus dont il donne sans discontinuer l'exemple à toutes les générations ; les consolations qu’il apporte, lui qui a tant souffert, à tous ceux qui souffrent ; les espérances qu’il relève, qu'il appuie, et dont il est le gage assuré. Qu'il prêche souvent la doctrine eucharistique en chaire, au confessionnal, dans les réunions de piété ; qu'il en parle, avec le tact vou'u, même dans les Conversations avec ses paroissiens,

Qu'il se constitue l’apôtre de l'assistance à la messe, de la sainte communion et de la visite au Saint-Sacrement.

Saint François de Sales dans son livre de l’Introduction à la

; vie dévote, recommande à Philothée, l'assistance quotidienne à la messe qui, dit-il “ est le centre de la religion, l’âme de la piété,

un abîne de charité divine par lequel Dieu nous applique réel-

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lement et nous communique magnifiquement ses grâces. ”

Combien de fidèles qui pourraient assister à la messe et qui négligent d’y venir ! Au prêtre appartient de les exciter à remplir ce devoir et de leur en parler souvent.

A lui surtout il appartient de faire tout ce qu’il pourra pour que les fidèles s’approchent souvent de la Sainte Table. Que nous sommes loin de ces beaux jours où chacun de ceux qui assistaient à la messe communiait !

Que de prêtres probablement n’exhortent pas assez les fidèles à la communion fréquente, qui n’en parlent pas assez en chaire, au confessionnal ! Et cependant l’Eucharistie étant la rosée vivifiante qui rend féconde la terre stérile du cœur humain, c’est en vain qu’on chercherait des vertus solides là où les fidèles ne communient pas souvent.

Il faut done exhorter les fidèles à communier souvent, leur répéter ces célèbres paroles de saint Augustin : Sic vive ut quotidie merearis accipere. Il faut faciliter autant que possible la communion en étant toujours prêt à recevoir les pénitents au confessionnal. Il faut organiser plusieurs fois dans le cours de l’année des communions générales.

Le prêtre ne doit rien négliger pour que l’heure solennelle de la première communion soit une date à jamais mémorable dans la vie de chaque enfant. Qu'il détourne les parents d’un usage qui s’introduit en certains milieux, de faire aux enfants, à l’occasion de leur première communion, des cadeaux dépourvus de caractère religieux, et de faire de ces cadeaux une exposition qui flatte la vanité, inspire à ces enfants des sentiments peu compatibles avec la gravité de ce grand jour et les détourne de la pensée de l’Eucharistie.

Il faut aussi rappeler aux fidèles que Jésus-Christ s’est constitué prisonnier dans le Tabernacle, que l’on doit par conséquent aller le visiter, lui adresser un salut, une prière. Il est dans la Sainte Eucharistie, notre ami, notre médecin, notre bienfaiteur. Pourquoi ne pas aller lui dire : Æcce sto ante te pawuper et

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nudus, gratiam postulans et misericordiam implorans ; pro remedio ad Te venio.

Pourquoi la pratique de la visite au Saint-Sacrement n'estelle pas plus en honneur chez les fidèles ? En connaissent-ils assez la valeur ? La leur a-t-on suffisamment recommandée ? Leur en a-t-on suffisamment parlé ? Et Jésus passe les jours et les nuits seul dans sa prison du Tabernssle. Jn carcere eram el non visilastis me!

Parlez donc souvent de Jésus présent dans le Tabernacle : prouvez à vos fidèles que tous les biens sont dans l’Eucharistie, que l’autel où réside l’'Homme-Dieu est vraiment le- trône de grâce, que tous les biens surnaturels arrivent À l'Eglise et à chacun de ses enfants par la Divine Eucharistie qui est l’arbre de vie ou, si l’on veut, le fleuve d’où se répandent partout les eaux pures et abondantes de la grâce du Rédempteur.

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