Les malades
Jésus a compati à toutes les misères humaines mais surtout à la maladie. Toute sa vie, il est allé à tous ceux qui languissaient dans la douleur. Circuibat omnes civitases, curans omnem languorem et omnem infirmilatem.
Si Dieu pouvait mettre dans tous les prêtres quelque chose de cette bonté, de cette compassion, une goutte de ce lait du cœur !
Vous devez prendre les moyens pour être informés sans retard dès qu’un cas de maladie viendra à se produire ; vous recommanderez qu’on vous avertisse au moindre danger ;
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vous redirez souvent aux fidèles que le plus grand service qu’ils puissent rendre à leurs proches et la meilleure marque de charité qu’ils puissent leur donner, c’est de leur procurer les secours de l'Eglise pour les aider à faire une mort chrétienne ; vous entretier:drez d'excellents rapports avec les médecins que vous prierez de vous renseigner dès que la situation de leurt malades deviendra inquietante ; vous vous approcherez toujours des malades avec des vues surnaturelles, c’est-à-dire, avec foi, regardant le malade comme un membre souffrant de Jésus-Christ, avec respect, voyant dans chaque malade Jésus qui souffre, apercevant dans le lit du malade un Calvaire, une croix, un autel, avec compassion, éprouvant la sympathie que fait naître la souffrance dans tout cœur bien né.
Appelés auprès d’un malade, vous vous rendrez immédiatement, toute autre affaire cessant, de nuit comme de jour, sans vous laisser arrêter par l’heure, la distance, la rigueur du temps ou la nature du mal. La moindre hésitation ou la moindre négligence suffirait pour scandaliser les fidèles et pour mettre le salut d’une âme en péril. Si on a exagéré la gravité de la maladie, vous manqueriez de prudence et même de charité en manifestant quelque mécontentement d'une précipitation qui est, après tout, une preuve de foi et de zèle. Si, au contraire, le malade avait déjà succombé et que vous soupçunneriez la négligence de ceux qui vous ont prévenu, vous vous garderez bien de faire ente:‘lre des reproches amers, mais vous témoigneriez votre profc.…® tristesse, vous prieriez quelques instants pour le défunt et vous adresseriez à la famille des consolations et des conseils qui pourront engager les parents à appeler le prêtre avec plus d’empressement dans une circonstance semblable.
Alors même que l’état des malades n'inspirerait pas de craintes sérieuses, vous feriez œuvre de charité et de zèle en les visitant pour les consoler, les encourager et leur adresser quelques bonnes paroles. Vous leur donneriez ainsi une preuve de sollicitude et d'affection, vous édifieriez les autres parois-
siens et vous dissiperiez ce préjugé trop commun que la visite du prêtre est une annonce de mort.
Avant de partir pour visiter votre malade, allez donc toujours chercher lumière et secours aux pieds de Jésus, au Tabernacle. Puisque c’est du Tabernacle que doit rayonner la grâce de sanctification et de bonne mort qui se répandra par vos mains, allez d’abord vous mettre en contact avec le Sauveur qui y réside.
Si le malade vous interroge sur la gravité de son mal, gardezvous bien de l’effrayer sans raison. Mais gardez-vous aussi de le jeter dans l'illusion en le berçant d’une espérance trompeuse et de l’encourager ainsi à une temporisation toujours regrettable. Répondez-lui : “ Je ne vous crois pas en danger immédiat, mais je puis me tromper. Vous ferez, en tout cas, acte de prudence en remplissant vos devoirs de chrétien et en réglant vos affaires ; vous épargnerez ainsi bien des inquiétudes à votre entourage ; vous serez vous-même plus tranquille.”
Rappelez-vous toujours que Jésus-Christ a racheté les âmes au prix de son sang : Emopti estis pretio magno. Or ces âmes, le Rédempteur les a ensuite confiées à la garde des prêtres. & Malheur à moi, s’écriait saint Bernard en se voyant prêtre, si jamais je viens à négliger la garde de ce dépôt, c’est-à-dire, de ces âmes que le Sauveur a estimées plus précieuses que son sang.” Et saint Bernard affirme ‘ qu’une âme, aux yeux de Dieu, vaut plus que l'univers entier : fotus iste mundus ad unius animæ pretium æstimari non polesl. ” Aussi, d’après saint Jean Chrysostôme, +elui qui convertit une seule âme se rend plus agréable au Seigneur que celui qui répand tous ses biens en aun.ônes. ”
Comme les saints comprenaient bien cette vérité ! Ce désir de sauver des âmes les poussait à de saintes audaces, à d’héroiques entreprises ; il leur faisait affronter des difficultés humai-
nement insurmontables, endurer des souffrances indicibles, accepter la mort elle-même avec joie.
C'est ce désir qui faisait dire à sainte Madeleine de Pazzi : ‘“O mon Dieu, s’il m'était possible d’aller aux extrémités des Indes ou parmi les Turcs annoncer votre loi divine et vous gagner des âmes, toutes les fatigues du corps, toutes les peines de l'esprit, me paraîtraient douces pour une œuvre si belle, si admirable. ”’
C'est ce désir qui inspirait à la séraphique Thérèse les paroles suivantes : ‘Que m'importe à moi de rester jusqu’au jour du jugement en purgatoire, si par mes prières je sauve une seule âme, si je contribue à l’avancement spirituel de plusieurs. ”
C’est ce désir qui arrachait au quinzième siècle au moine Dominicain Savanarole, ce cri d’apostolique éloquence : ‘ Florence, Ô Florence, je suis fou de toi ; tue-moi, crucifie-moi, si tu le ver:x, mais convertis-toi. ”
C’est ce désir qui faisait dire au bon Curé d’Ars: “Si le bon Dieu me proposait ou de monter au ciel à l'instant même, ou de rester sur la terre pour travailler à la conversion des pécheurs, je resterais sur la terre. ”’ Mais est-ce possible, lui disait-on ? Ces saints sont si heureux dans le ciel! Plus de tentations, plus de misères. Et le bon curé, avec un angélique sourire, répondait : ‘“ C’est vrai, mais les saints sont des rentiers ; ils ne peuvent plus, comme nous, glorifier Dieu par le travail, les souffrances et les sacrifices pour le salut des âmes. ”
Sans doute, Dieu ne demande pas de tous les prêtres qu’ils poussent le zèle jusqu’à ces héroïques extrémités, mais il a le droit d’attendre de chacun d'eux qu'il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour éclairer, fortifier, sauver les âmes qui lui ont été confiées. ;
Ne l’oubliez donc jamais, Dieu nous a appelés au sacerdoce, Ï nous a placés dans son sanctuaire pour y briller et répandre sur le monde, et sur les âmes ies vivifiantes clartés de sa vérité,
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pour y faire rayonner les exemples d’une vie sainte. Montrezvous fidèles à cette vocatidn sublime et remplissez aussi parfaitement que possible cette glorieuse obligation. Soyez “ des lampes ardentes et luisantes ” qui dissipent les ténèbres de l'esprit et font fondre la glace des cœurs ; brillez et brûlez ; brilles par la pratique de toutes les vertus qui font les saints prêtres ; brûlez de la charité et du zèle qui font les apôtres, les convertisseurs d’âmes et les sauveurs. Ne cessez de supplier Jésus, ce divin modèle, cet, exemplaire parfait du sacerdoce, cette lumière souveraine, ce foyer de charité, ce principe de toute vertu, de toute sainteté, suppliez-le de vous éclairer, de vous échauffer, de vous embraser, de vous sanctifier, afin que, unis toujours à lui, vivant de lui, ne faisant qu’un avec lui, vous éclairiez, vous échauffiez, vous embrasiez et sanctifiez ce monde, ces âmes dont vous devez être la lumière.
Et, pour réussir, prenez-le toujours pour modèle ; faites ce qu'il a fait: Ut quemadmodum ego feci, ita el vos faciatis. Entendez-le tracer en quelques lignes précises ce que doit être votre vie our être une copie de la sienne : Quæcumque sun vera, quæcumque pudica, quæcumque sancla, quæcumque amabilia, quæcumque bonæ famæ... hæc cogitate... hæc facite (Phil., 1, 8).
Quæcumque vera : tout ce qui est vrai, sincère, droit, véridique ; tout ce qui reproduit fidèlement au-dehors, sans dissimulation, sans exagération, sans restriction, les pensées du dedans.
Quæcumque pudica : tout ce qui est pur, chaste, modeste, réservé.
Quæcumque jusia : tout ce qui :t juste, conforme au devoir ; tout ce qui va à rendre à chacun, en commençant par Dieu, ce qui lui est dû, sans calcul intéressé ni réserve égoiste ; tout acte surnaturel, tout exercice de vertu, tout sacrifice accompli ou accepté, tout effort méritoire fait en vue de Dieu, pour lui plaire et conformer votre volonté à la sienne.
Quæcumque amabilia : tout ce qui est aimable, bienveillant,
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obligeant, condescendant, en un mot, tout ce qui émane de {a vertu, comme un parfum suave de charité.
Quæcumque bonæ famæ : tout ce qui peut concourir À recommander, à entretenir et à fortifier la bonne renommée personnelle ou celle du sacerdoce, ajouter à l’éclat et à l'estime de cet incomparable état, tout ce qui peut grandir le prêtre aux yeux des hommes, le faire considérer comme :n homme de Dieu, un saint, un autre Jésus-Christ : Hæc cogitate... hæc facite. Tout cela, il faut le penser, le désirer, le vouloir et le faire.
Et si vous le faites, vous aurez le ciel comme récompense. Il est impossible qu’un prêtre fasse une mauvaise mort lorsque, pendant sa vie, il a de tout cœur connu Jésus-Christ et consacré ses travaux au salut des âmes rachetées de son sang.
Vous savez ce que dit le Prophète : “ Si tu as employé ta vie à secourir une âme dans ses besoins, si tu l’as consolée dans ses afflictions, le Seigneur, au milieu des ténèbres de la mort temporelle, te remplira de lumières et te célivrera de la mort éternelle. ” C’est ce que disait saint Augustin : Animam salvasti ; animam tuam prædestinasti. Et, avant lui, l’Apôtre saint Jacques : Qui converti fecerit peccatorem ab errore viæ su, salvabit animam suam a morte et operiet multitudinem peccatorum.
Faites donc toujours et partout l’œuvre de saints prêtres. Un jour, vous irez au ciel pour y goûter le fruit de tous vos travaux. Vous y aurez le rassasiement de tous vos désirs, le repos dans la jouissance de tous les biens. Alors vous bénirez ces croix, ces souffrances, ces afflictions qui vous paraissent maintenant si pénibles. De tous vos travaux, de toutes vos contradictions, et de vos humiliations, il ne vous en restera qu’un souvenir plein de charmes et de reconnaissance. Là, vous n'aurez plus de soucis, plus d'inquiétude, plus de fatigues plus d’épreuves ; votre seul emploi, votre seule fonction sera d'aimer Dieu et de savoir que vous ne perdrez jamais Celui qui est la félicité même.
nt est un homme qui a une idée fixe. L'idée doit être celle de se dépenser, d’être prodigue
donner et de se donner.
On dit qu’un sai fixe de tout prêtre de lui-même, de
Veuillez agréer, Notre entier dévoueme
bien chers collaborateurs, l'assurance de nt en Notre-Seigneur.