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Mesurez, en effet, d’une façon précise, les conséquences de chacune de ces omissions. Lorsque vous négligez l’un ou l’autre de ces exercices, vous vous privez des grâces précieuses qui y étaient enfermées ; vous posez volontairement un manque de continuité dans cet enchainement de grâces et de vertus qui auraient dû vous conduire à la perfection ; de plus vous perdez ces consolations si douces dont Dieu inonde les âmes fidèles et ferventes, et qui aident si puissamment dans les moments pénibles du devoir et de la vertu ; vous perdez des mérites nombreux qui auraient accru ici-bas votre mérite pendant l'éternité. Enfin si ces négligences ou omissions se répétaient fréquemment, vous pourriez voir disparaître en vous l’esprit de piété.
Que de prêtres en sont arrivés à une terrible déchéance ! 1ls avaient commencé par une petite omission ; puis ils avaient ajouté d’autres négligences qui leur paraissaient aussi insignifiantes ; petit à petit, entraînés dans la voie du laisser-aller, ils avaient abandonné des pratiques plus substantielles dont la privation devait les anémier, et ainsi, n'ayant pas continué régulièrement à alimenter leur piété, ils ont perdu le goût de toute vraie dévotion.
Veillez donc à ne jamais retrancher quoi que ce soit des exercices de piété des vrais prêtres.
Et puis, ne l’oubliez pas, le grand moyen d’apostolat, le moyen le plus efficace peur obtenir le salut du prochain, moyen sans lequel les œuvres les plus importantes seront frappées de stérilité, c’est la prière. Pour sauver les âmes, il ne suffit pas d’agir ; il ne suffit pas d’exhorter, d’instruire, il faut surtout prier. “De la parole, de l'exemple et de la prière, le plus excellent c'est la prière,” dit saint Bernard. ‘ Les averrtissements réveillent, écrivait déjà saint Augustin, mais c’est la prière qui change les cœurs et qui convertit parce que c’est elle qui attire sur les travaux et les œuvres apostoliques, les grâces et les bénédictions du ciel. ”
Heureux donc serez-vous si vous vous acquittez parfaitement
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de tous vos exercices de piété ; car vous contribuerez ainsi puissamment au salut et à la conversion des pécheurs. Mais raalheur à vous si vous êtes tièdes et négligents ; car chaque fois que vous omettrez ou que vous négligerez volontairement un exercice de piété, vous priverez ainsi les pécheurs, les moribonds, de grâces précieuses qui auraient peut-être contribué efficacement à leur conversion.
c) Dociles aux recommandations des grands législateurs de la vie sacerdotale ainsi qu'aux exhortations pressantes de Pie X, vous ne manquerez pas de mettre au prernier rang de vos exercices de piété l’oraison mentale qui est admirablement propre à maintenir le prêtre dans l’esprit surnaturel au milieu de ses multiples fonctions et de ses rapports continuels avec le monde ; elle doit se faire au début de la journée et ne peut prudemment être renvoyée à plus tard sans une véritable nécessité, l’expérience apprenant trop souvent que la remettre, c’est s’exposer à l’omettre.
Sans oraison, il ne peut y avoir de vie vraiment sacerdotale ni de véritable succès dans les œuvres de zèle. Un prêtre doit être tout rempli de l’esprit de Dieu et répandre de son trop plein sur les fidèles, de façon à ce qu’il puisse dire, dans un certain sens, ce que l’Ecriture Sainte dit de Notre-Seigneur luimême : De plenitudine ejus omnes nos accepimus. Or que seraient les instructions, les exhortations d’un prêtre qui ne nourrirait pas son cœur de l’oraison ? quelles lumières aurait-il dans les choses divines ?
Chaque matin, secouez la poussière de votre âme ; ouvrez toutes grandes vos ailes du côté de l’Infini ; tombez aux pieds de Dieu, mieux que cela, posez tendrement votre front contre la poitrine de Jésus, endormez vos peines entre les bras du Sauveur ; regardez-Le, écoutez-Le, parlez-Lui, faites-Lui de ces confidences et dites-Lui de ces tendresses que des lèvres de fils aimants savent si bien trouver pour un père. Vous su:tirez de ce tête à tête avec Jésus, le visage et l’âme transfigurés ; vous vous élancerez sur la route, la joie sur votre front et la bénédiction de Dieu dans votre cœur.
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On a dit avec raison que “ l’ordination fait le prêtre et la méditation le bon prêtre. ” Ne l’omettez done jamais. Après avoir conversé dès le matin avec Dieu, l'âme du prêtre n’aura aucune peine à garder tout le jour le sentiment de sa présence, dans le travail, elle pensera à lui pour implorer le courage ; dans la tentation, elle se jettera en ses bras pour échapper au péril ; dans l’humiliation, elle se réfugiera à ses pieds pour se consoler dans la certitude d’être connue et aimée de lui ; dans la contradiction, elle lui demandera la grâce de se maîtriser et de garder la douceur. Tout événement joyeux ou pénible la ramènera à son Dieu. Ainsi se prolongera son oraison.
d) Ainsi préparés par l’oraison, vous apporterez une foi vive et une piété profonde à la célébration de la sainte messe qui est la chose la plus admirable qui se fasse au ciel et sur la terre, un sacrifice divin dont la victime est un Dieu offert à un Dieu, par un Dieu, pour des intentions toutes divines. A ce sacrifice si grand et si redoutable, les anges assistent nar milliers et avec tremblement.
Pensez-y donc : tous les matins, vous enfantez le Christ sauveur du monde eur l’autel ; et plus heureux mille fois que les mères, vous pouvez ensuite prendre le fruit de vos lèvres, le mettre dans vos mains comme dans un berceau, le faire reposer sur votre langue comme sur un trône, le faire descendre dans votre poitrine, dans votre cœur, le mêler à votre amour, à votre vie, à votre sang, faire circuler sa vertu divine dans vos veines ; et puis, quand vous êtes unis à lui, pénétrés de lui, devenir lui-même ; vous pouvez, à l'exemple du 5:and Apôtre, vous écrier : Vivo, jam non ego, vivit in me Christus.
Dans la messe se trouvent résumées toutes les fonctions du sacerdoce. Quando sacerdos celebrat, Deum honorat, Angelos lætificat, Ecclesiam œdificat, vivos adjuvat, defunctis requiem præstat.
Avec quelle pureté de conscience ne devez-vous pas dire la sainte messe qui renferme tout : Nutrit, præservat, reparat, delectat et auget. Jésus est votre nourriture, votre abri, votre délassement et votre force croissante.
Avec quelle gravité et quel recueillement vous devez accomplir tous les rites de ce sacrifice ! Aussi vous vous défendres contre la routine qui, même ici pourrait naître de l’habitude ; vous veillerez à observer exactement toutes les rubriques, sachant que toutes sont impératives ; vous éviterez une lenteur qui fatiguerait les fidèles et surtout une précipitation qui les scandaliserait ; vous n'omettrez jamais l’action de grâces, ce précieux cœur à cœur du prêtre avec sor, Dieu et vous y consacrerez toujours un temps convenable. Restez alors toujours quelque temps avec Jésus pour l’adorer, avec Jésus pour le remercier, avec Jésus pour le prier, avec Jésus pour n'être qu’un dans la fusion, dans la communion de l’amour. Offrez-vous à Lui ; offrez-lui le passé enseveli dans son sang, le présent qu’il sanctifie en ce moment, l'avenir que vous confiez à sa Providence. Offrez-vous à Lui et offrez-Lui vos paroissiens, vos sollicitudes, vos inquiétudes, vos perspectives. Puis demandez-Lui des grâces ; ses mains sont ouvertes, son cœur déborde. Demandez-en nour vous ; demandez-en pour tous ceux à qui vous vous interessez et vous serez exaucés.
Et quand votre cœur se sera rempli à l’autel des trésors célestes, quand vos mains auront largement puisé près du trône de miséricorde toutes les grâces dont nos misères ont besoin, vous redescendrez au milieu de vos frères pour en répandre sur eux l’abondance, la vertu et le parfum.
e) C’est ensuite le saint Office par lequel sept fois par jour vous rendez visite à la cour céleste, vous prenez place parmi les anges et les saints pour unir la louange de l’Eglise militante à celle de l’Eglise triomphante. Quelle scurce de sanctification n’avez-vous pas dans cette ascension où vous devez oublier toutes les choses de la terre ! Personne ne peut dire ce que peut faire descendre de lumière, de force, de saintes inspirations, de généreuses résolutions dans l’âme d’un prêtre, la récitation pieuse du saint Office.
Vous réciterez toujours cet office avec le respect, l’attention et la piété qu’exige une prière faite au nom de l’Eglise univer-
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selle. Pour ne pas vous exposer à une précipitation sans dignité, vous dires les diverses parties de l'Office aux heures fixes ; vous ne commencerez jamais cette prière sans avoir pris au moins quelques instants pour réveiller votre foi, redresser vos intentions et secouer la poussière des agitations terrestres.
f) Vous apporterez une grande exactitude à vous acquitter des autres exercices de piété consacrés par les traditions sacerdotales, moyens précieux pour entretenir la vie intérieure qui, faute de cet aliment, s’affaiblirait progressivement et pourrait finir par disparaître,
Parmi les exhortations de saint Paul à son bien-aimé disciple, il y a celle-ci : Attende lectioni, tout d’abord à la lecture des Livres saints, puis à la lecture des livres spirituels, aux vies des saints qui prêchent la sainteté tant par les leçons qu'ils contiennent que par les exemples qu’ils proposent à notre imitation.
La lecture spirituelle est l'aliment de l'âme parce qu’elle lui inspire de saintes pensées, de pieux désirs, de vives impulsions au bien.
Un bon livre nous éclaire, nous exhorte ; c’est un discret moniteur qui nous reprend en secret et sans nous blesser : c’est un ami s-:.é et dont on ne peut soupçonner l’impartialité, ni accus r la fidélité et la sincérité. Il nous dit la vérité sans faiblesse comme sans flatterie.
Un bon livre édifie. Au contact des grandes âmes telles que sont toutes les âmes des saints, nous nous sentons bon gré : al gré animés à faire quelques efforts pour les imiter, encore que ce soit de loin.
C’est la lecture d’une sainte et belle page qui a fait de saint Augustin une lumière de l'Eglise ; c’est la lecture du Live par excellence, de la sainte Ecriture, qui a conduit saint Justin à la foi et au martyre ; c’est la lecture des ouvrages de Cassien qui a préparé saint Dominique au bon combat dont le midi
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de la France a été le théâtre ; c’est une bonne lecture providentiellement ménagée à saint Ignace qui a opposé au protestantisme et à tous les ennemis de l'Eglise la Compagnie de Jésus.
Faites tous les jours votre lecture spirituelle et travaillez à imiter saint Ephrem dont il a été dit : Pingebat actibus paginem quam legerat.
Ne manquez pas de faire aussi la visite au Saint-Sacrement. De grands exemples nous entraînent vers le Tabernacle ; de douloureuses épines se trouvent sur le chemin du prêtre qui s’en éloigne ; un doux soulagement et d’ineffables consolations y sont en réserve pour une âme sacerdotale.
Oui, de beaux exemples nous entraînent vers le Tabernacle, l'exemple de Mgr de Laval qui, à trois heures du matin, en hiver comme en été, allait s’agenouiller au pied de l’autel pour s’y préparer à bien dire la messe ; l'exemple de M. Olier regardant d’un œil d’envie à travers les fentes de la porte, la lampe allumée devant l’autel ; l'exemple de saint Dominique mettant sa tête brûlante dans le Tabernacle pour satisfaire son amour ; l’exemple de saint Thomas qu’on venait contempler quand il contemplait lui-même Jésus présent sous les saintes espèces.
Quand saint Pierre Fourrier voyait dans sa paroisse une âme perdue ou en péril de se perdre, il se précipitait comme hors de lui-même dans son église ; il montait à l’autel ; il ouvrait le Tabernacle d’une main que Lacordaire appelle, avec les audaces de son génie, une main “ haletante ” ; puis, se prosternant, il criait vers Dieu, avec une impétuosité et des sanglots qui accusaient une sainte démence : “‘ Faites-moi mourir, Seigneur, ou donnez-moi ce pécheur. ”
Oui, de longues épines se trouvent sur le chemin du prêtre qui s'éloigne du Tabernacle. Où donc trouvera-t-il un peu de repos et de soulagement, ce prêtre malavisé ? Son foyer est vide, son troupeau souvent ingrat, le monde toujours trompeur, la terre un exil, la vie un calice d’amertume et loin de l’Ami qu’il
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délaisse, il n’y a plus que des amitiés insconstantes ou intéressées. Pour lui, ce n’est plus une existence, c’est un martyre.
Et au contraire mille caresses et douces consolations sont en réserve pour l’âme sacerdotale qui va s’entretenir souvent avec Jésus. Nous lisons au Livre des Proverbes que ‘“ Le gardien du figuier en savouerera les fruits, qui servat ficus comedet fructus ejus ;” également le prêtre qui se constitue le gardien fidèle de l’arbre de vie planté dans no: églises, aura aussi l’immense bonheur d’ea recueillir les fruits ; or les fruits de l’Eucharistie sont si agréables que, fussiez-vous perdus dans le coin le plus isolé du diocèse, ils vous dédommageront de toutes les privations ; vous n’avez là personne à voir, mais l’hostie sainte vous ménagera la société qui fait le bonheur des anges ; vous serez sevrés de toute jouissance, mais un quart d’heure de tête à tête avec Jésus remplacera avantageusement, tout ce que le meilleur monde pourrait vous offrir ; vous n’aurez ni sourire, ni protecteur, ni témoin de vos sacrifices, mais vous saurez vous en passer quand chaque jour, en face du tabernacle, vous aurez pu dire : ‘Seigneur, vous m'avez préparé une nourriture fortifiante et je viens la chercher.”
Puis il faut aussi être absolument fidèle à l'examen de conscence. De tous les exercices de piété c’est le plus négligé. Ce- . pendant les maîtres de la vie spirituelle le regardent comme plus important encore que la méditation. Témoin saint Ignace qui exempte ses religieux malades de l’oraison mais jamais de l'examen particulier. Ils en font un signe particulier de prédestination ou un indice de réprobation selon qu’on s’y occupe ou non. Electorum est actus suos ab ipso cognitionis fonte discutere ;: reproborum autem prava quæ faciunt cœæcâ mente pertransire, disent-ils.
Il suffit d’ailleurs d’un moment de réflexion pour comprendre que ne pas examiner sa conscience, c’est imiter le paysan qui perd de vue le champ confié à ses soins, le commerçant qui n’établit jamais la balance entre ses récettes et ses dépenses, l’homme d’affaires qui a la responsabilité d'intérêts considé-
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rables et qui néglige d'examiner s’il peut entendre le redde ralionem de la bouche de son patron.
Cependant combien de prêtres dont la conscience est un livre qu’ils ont à peine feuilleté et superficiellement parcouru de temps en temps! ils ne l'ont pas étudié.
Si vous ne voulez pas tomber dans la routine, dans la tiédeur, et de la tiédeur dans l’abîme d’une mauvaise habitude, faites, à une heure donnée de la journée, une sorte de halte aux pieds de votre crucifix et, après avoir rendu grâces, gratias age, après avoir demandé la lumière d’en-haut, pete lumen, examinez votre intérieur, vos actes, vos progrès ou vos défaillances, discute, demandez le pardon dont vous avez besoin comme tout homme venant en ce monde, dole ; surtout éveillez en vous la volonté sincère de vous maintenir, si vous êtes debout, et de vous relever crânement si vous avez fait un faux pas, propone. Recommencer cela à chaque jour, c’est s’obstiner à conquérir le ciel en passant par la perfection.
Tout bon prêtre a soin de marquer la place de la récitation du Rosaire dans le cadre de ses exercices journaliers. Après le saint Office, c’est l'exercice qu’il aime le plus. Cette prière a été si harmonieusement ordonnée qu’elle forme comme un vrai poème en-l’honneur dc ! Très Sainte Vierge. Elle chante ses louanges, célèbre ses privilèges incomparables, exalte ce qu’un théologien a nommé la richesse sans bornes de ses vertus. Aussi le bon prêtre non seulement récite cette prière tous les jours, mais il la dit avec ferveur et Marie, en retour de cette marque d'affection, le bénit dans ses travaux et le console dans ses affictions.
Soucieux de vos intérêts spirituels, vous serez fidèles à la salutaire habitude de vous confesser lous les huit jours ou au moins tous |: « quinze jours. Rien ne saurait entretenir davantage en vous l’éloignement salutaire de tout péché, comme la confession fréquente. La vue plus claire de nos faiblesses, la recherche des causes qui les occasionnent, l'accusation que l’on en fait dans la confession, les conseils du confesseur et, par-dessus
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édeur, faites, pieds s age, minez rices, > tout us la et de pone.
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tout, la grâce de l’absolution : autant de moyens puissants, efficaces pour relever l'âme, l’épurer, la consoler, la fortifier, lui faire aimer davantage les profondes tendresses de Dieu vis-à-vis de ses créatures.
Vous n’hésiterez donc pas devant les sacrifices souvent nécessaires dans un diocèse comme celui-ci pour assurer cette fréquence et cette régularité de vos confessions.