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; phète “ d’incliner votre cœur vers la loi et de le détourner de
cette passion : Inclina cor meum in testimonia tua et non in avaritiam. ”
Ne soyez pas du nombre de ces “ insensés, ” comme les appelle saint Augustin, qui, recherchant l’abondance des biens temporels, ou en redoutant la pénurie, perdent les biens éternels que les hommes ne peuvent ni donner ni enlever. Ostendit Dominus fatuos esse judicandos qui temnoralium bonorum vel copiam sectantes, vel inopiam metuentes, amittunt œterna quæ nec dari possunt ab hominibus nec auferri.
Soyez donc toujours d’un généreux désintéressement. Conduisez-vous de façon à pouvoir prendre, vous aussi, Dieu et vos paroissiens à témoins que jamais dans vos rapports avec eux, vous ne vous êtes laissés guider par l’avarice, mais que toujours et en toute circonstance vous avez obéi aux inspi:ations du plus généreux désintéressement.
Vous donnerez une dernière preuve de ce désintéressement à votre mort. Si, à ce moment, vous n'êtes pas dans la situation de saint Augustin dont son historien Possidius a pu dire : ‘Il ne fit pas de testament parce que chez ce pauvre de Jésus- Christ, il n’y avait pas matière pour en faire, ” souvenezvous toujours que la noble ambition des saints prêtres a été de mourir sans fortune et :ans dettes.
Ainsi est fait le siècle au milieu duquel nous vivons. Plus il court après la fortune, moins il veut que le prêtre en amasse. Il exige impérieusement qu'ayant renoncé à fonder une famille et ayant placé ses espérances dans le ciel, le prêtre n’abaisse plus ses affections &1x choses de la terre ; il veut qu’un homme qui a fait à Dieu la consécritior -le de son cœur, en extirpe la honteuse pas ion de l'or, sous ; e de n’être plus, à ses yeux, qu’un être mébprisable.
Suivez donc le conseil de l’Apôtre qui demande d'éviter jusqu’au soupçon de l’avarice et d’éloigner de vous cette honteuse réputation d'homme de lucre: turyris lucri cupidum. Cette cupidité
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dont parle l’Apôtre se montre ordinairement dans l’âpreté qu’on met à faire entrer se: revenus, sans faire attention à la différence des temps bons ou mauvais, ni aux circonstances de la possibilité ou de l'impossibilité actuelle. Cette âpreté se manifeste plus ordinairement dans les prêtres aisés que chez ceux qui sont réellement pauvres...
Rappelez-vous que le ministère du prêtre est un ministère de charité, de désintéressemeut et d’édification :
De charité qui cherche à gagner tous les hommes et à les diriger par la voie de la douceur, dans les sentiers de la justice ;
De désintéressement, qui travaille à être plus utile que riche, plus miséricordieux qu’aisé ;
D'édification, qui réalise en pratique ce qu’ii conseille et ce qu’il inspire cn thoérie.
Or, un prêtre ne renverserait-il pas toutes les règles de la convenance si au lieu d’être un père qui porte ses enfants dans le cœur et un homme de paix qui aime mieux souffrir que faire souffrir, il était un créancier inexorable qui n’eût en vue que ses intérêts et non les besoins de ses semblables ? Ignominia omnium sacerdotum est propriis studere divitiis, dit saint Jérôme.
DE LA VIE SACERDOTALE Vie privée 1.— Exercices spirituels :
a) Pour ne pas abandonner une partie notable de voire vie au caprice et au hasard, pour ne pas perdre l’habitude de vous
gouverner vous-mêmes et pour ne pas Vous exposer à dissiper un temps précieux dont vous êtes responsables à eu et
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aux âmes, vous aurez grand soin de vous tracer un règlement où, après avoir fixé l’heure du lever et du coucher, d’où dépend tout l’ordre de la journée, vous déterminerez principalement ce qui concerne les exercices de piété ; puis vous assignerez À chacurie de vos autres occupations sa place et sa durée, suiv, nt les exigences du saint ministère. ‘“ Une règle, selon la maxime -bien connue de saint Augustin, est le chemin qui mène à Dieu : Ordo ducit ad Deum.
Vous “vus rappellerez sans cesse que vous n’êtes pas nrêtres pou mener une vie tranquille et commode, mais pour sauver ls âmes par les moyens que Notre-Seigneur Jésus-Christ a lui-même employés, c’est-à-dire par le travail, le renoncement, l’amour de la croix. Alors, vous apprécierez le temps de la vic à sa juste valeur et vous règlerez l'emploi de votre journée économiquement, intelligemment, de manière à être toujours occupés à quelque travail ou récréation utile. Et dies pleni tnvententur in eïs.
b) Soyez surtout toujours fidèles à tous vos exercices de piété. Ne l’avez-vous pas expérimenté maintes fois ? Est-ce que votre vertu, votre générosité ne sont pas à l’unisson de votre fidélité à ces exercices ? Lorsque vous avez à vous reprocher quelque négligence dans vos exercices pieux, aussitôt vous sentez diminuer votre ardeur pour le devoir et la vertu ; le démon en profite pour vous livrer des assauts plus nombreux ; étant moins secourus par la grâce de la prière. vous tombez plus facilement et plus souvent dans toutes sortes d’imperfections et vous avez moins de force pour supporter les peines et les épreuves de la vie.
Vous le savez, sans la grâce, nous ne pouvons rien faire, Sine me nihil potestis facere. Sans la grâce nous ne pouvons observer tous les préceptes de la loi naturelle et divine. Sans la grâce, nous ne pouvons faire aucune œuvre, aucune action salutaire, nous ne pouvons avoir aucun bon mouvement qui soit Agréable à Dieu et digne de la récompense du ciel ; nous sommes inême incapables d’accomplir parfaitement, c’est-à-dire, de
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bien continuer et de bien finir toute action que nous avons commencée avec le secours de T eu. Sans la grâce nous ne pouvons surmonter toutes les tentations que nous rencontrons inévitablement sur le -’1emin de la vie. Sans la grâce nous ne pouvons éviter le péché et nous ne pouvons nous relever après nos chutes. Sans la grâce nous ne pouvons nous promettre de persévérer jusqu’à la mort dans le service et l’amitié de Dieu.
Or cette grâce divine si nécessaire à tout instant, on peut le dire, et pour toutes choses, elle vient surtout, elle nous est octroyée par la prière. Si Dieu nous l’accorde et nous l'offre habituellement d’une façon suffisante et strictement nécessaire pour que nous puissions accomplir tous nos devoirs, il n’en est pas moins vrai qu’elle ne nous est accordée d’une manière puissânte et efficace que sur notre demande et par les exercices de piété.
Si vous savez alimenter votre vie spirituelle par des exercices de piété bien accomplis, si vous êtes ccastamment fidèles à ces exercices, alors vous établirez vers votre âme un courant continu de grâces et de secours divins qui vous aideront puissamment à bien remplir vos devoirs, à surmonter les difficultés, à pratiquer la vertu et à avancer ainsi dans la perfection.
Au contraire, avez-vous le malheur de négliger ces exercices de piété ? Par le fait même, vous diminuerez ce courant nécessaire de grâces ; vos forces, vos énergies spirituelles s’affaibliront et au lieu de vous maintenir et d'avancer dans la voie de la perfection, vous reculerez nécessairement, vous tomberez petit à petit dans la tiédeur, sinon dans le péché.
Concluez par là à la nécessité rigoureuse de vous adonner à tous vos exercices de piété, sans en excepter aucun ; car ces différents exercices forment comme les anneaux d’une chaine qui vous attache à Dieu ; ce sont les pierres fondamentales de l’édifice de la perfection. Une solution de continuité dans cette chaine vous éloigne du cœur de Jésus, et, si vous enlevez fréquemment les pierres à la base de votre édifice spirituel, il sera bientôt voué à la destruction.