‹ à mes prêtres [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 23 · NN · texte numérisé non relu

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chastes délices du prêtre, castæ deliciæ sacerdotum, (saint Augustin).

Ne délaissez jamais la culture des sciences religieuses qui sont le domaine propre du prêtre et qui, seules, lui sont absolument nécessaires : la théologie, le droit canonique, la liturgie, les statuts diocésains. Ces sciences sont les sciences professionnelles du prêtre comme la médecine est la science du médecin, comme la jurisprudence est la science de l’homme de loi ; et l'ignorance de ces sciences chez le prêtre est aussi coupable que le manque de science professionnelle chez ces savants spéc k

Efforcez-vous d'arriver à des idées très nettes et très précises sur les questions les plus essentielles et les plus actuelles de la théologie. A tout prix. dans votre règlement particulier, prenez le temps suffisant pour avoir au moins la science ecclésiastique dite compétente, exigée de tout prêtre, même dans le cas où il n’aurait pas l’espoir de jamais utiliser ces connaissances professionnelles dans l'exercice du ministère pastoral.

Appliquez-vous à acquérir la connaissance très précise des lois rituelles de l’Eglise qui sont d’une application quotidienne pour un prêtre catholique dans la célébration du saint sacrifice, dans l’administration des sacrements, la récitation du Bréviaire et toutes les cérémonies qui font partie de vos devoirs professionnels.

Aimez les livres comme le bon ouvrier aime ses instruments de travail ; aimez-les comme des amis muets et fidèles et plaisez-vous en leur compagnie qui vous met en relation avec la meilleure société de tous les siècles, avec l’élite des personnages les plus pieux et les plus intelligents qui sont la gloire de l’humanité.

Apportez une critique éclairée et sévère dans le choix des livres qui composeront votre bibliothèque ; ayez en vue la qualité plutôt que la quantité, en vous persuadant bien que, pour le progrès de votre vie intellectuelle, il n’importe pas tant de lire

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beaucoup que de lire bien et qu’il y aura plus de profit à lire et à relire un excellent ouvrage de deux cents pages qu’à dévorer des douzaines de gros livres médiocres.

Puisque ja vie de l’homme est courte, puisque son temps et ses jours sont limités, uxez -en donc avec les livres comme avec les hommes, c’est-à-dire, choississez-vous quelques amis dans la foule, vivez avec eux et souciez-vous peu du reste.

Défendez-vuus la lecture de livres qui sans être positivement mauvais ont un carcatère de légèreté ou de mondanité incompatible avec la vraie piété, . Votre vie de prêtre est trop courte pour en gaspiller la moindre partie à de pareilles frivolités.

Gardez à votre bibliothèque un caractère vraiment sacerdotal, instructif, édifiant.

Procurez-vous d’abord les quelques douzaines de livres qui doivent former le noyau de votre bibliothèque et vous aider à acquérir l'instruction solide qui vous est tout d’abord nécessaire ; puis inscrivez chaque année à votre budjet une somme fixe pour compléter ce premier outillage intellectuel avec d’autres livres sagement choisis. N'oubliez jamais qu'il n’y a pas de meubles plus utiles pour un prêtre que les bons livres:

A la culture générale des sciences sacrées, joignez selon les besoins de votre position, selon vos loisirs et vos aptitudes toutes les connaissances d’un homme bien élevé de notre temps sur les diverses branches du savoir humain.

Rappelez-vous cette parole de Pie X : “Je voudrais que tous s prêtres de la camnagne connussent les choses qui intéressent les paysans comme leur théologie. ”

Rappelez-vous surtout cette parole de saint François de Sales : ‘“ Je vous le dis en vérité, l'ignorance dans les prêtres est encore plus à craindre que le péché, parce que par elle on ne se perd pas seulement soi-même, mais on déshonore et on salit le sacerdoce. ”

Travaillez toujours la plume et le crayon à la main ; ayez

toujours à côté de vous le cahier que saint Augustin appelait sa mémoire, Sit meus codez mea memoria ; et quand vous trouverez dans un livre un Passage intéressant, une sentence bonne à retenir, un fait frappant, une preuve solide, en un mot, quelque chose dont vous Pouvez vous servir, transcrivez-le sous le titre qui lui convient.

Suivez pour vos études la règle que s'était tracée un grand évêque : Multus labor, multa in labore methodus, multa in methodo Conslantia. Beaucoup de travail beaucoup de méthode dans le travail, beaucoup de suite dans la méthode.

- Surtout n’allez pas dire : “ Je n’ai pas le goût de l'étude ; mon tempéramment ne s’y prête pas et les occupations du ministère extérieur ne le favorisent pas, ” Mais depuis quand nos répugnances à remplir nos devoirs en sont-elles la dispense ? Si nous perdions le goût de la prédication, de la confession, du bréviaire, serions-nous autorisés à laisser de côté toutes ces saintes choses ? Du reste, le goût vient en pratiquant ; foulons aux pieds les épines dont se hérisse le seuil de cette carrière et, quand nous les 2: rons franchies, la voie s’aplanira, les fleurs

N'allez pas dire non plus : ‘“ A quoi bon toutes ces connaissances pour moi, pauvre curé de village ?” A quoi bon ? En étudiant, vous éviterez l'ennui et l’oisiveté : voilà un but ;

Dites donc avec sincérité et courage :

Nunc lege, nunc ora; nunc cum fervore labora “ Sic erit hora brevis, sic labor tlle levis.

Les heures passent rapidement et agréablement quand on travaille ardemment.

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