‹ à mes prêtres [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 23 · Tenue extérieure · texte numérisé non relu

Tenue extérieure

Dans la tenue et l’ensemble du maintien, appliquez-vous donc à vous tenir et à agir comme s’est tenu Notre-Seigneur lui-même, à copier son extérieur, à avoir ce quelque chose de difficile à définir qui s’appelle la distinction. Selon le précepte du saint Concile de Trente, vous veillerez “ à ce qu’il n’y ait rien dans vos vêtements, dans votre contenance, dans votre démarche, dans vos conversations et dans toute votre conduite qui ne soit grave, modeste et vraiment religieux. ”

Dans ce but vous vous efforcerez, non par esprit de vanité, mais par zèle, d'acquérir peu à peu cette exquise urbanité qui pourra vous être utile pour conquérir les esprits et les cœurs vous examinerez avec attention la tenue et les manières des prétres qui peuvent vous servir de modèles à cet égard et vous les imiterez : gravité douce et pieuse de visage et de manières, dignité modeste de contenance qui dénote une personne bien élevée, dignité dans les conversations qui empêche de tomber dans la méprise de certains prêtres qui peuvent être portés à prendre des airs d’histrions pour de la gaieté, des allures cavalières pour de l’aisance et du sans-gêne, de la brusquerie pour de la franchise. Il faut qu'au moment où le prêtre quitte ses interlocuteurs, ceux-ci se disent entre eux : “ Sa parole est vraiment sacerdotale ; c’est ainsi que devait parler Jésus-Christ. ”

Vous devez travailler à vous dépouiller au plus tôt de tout ce que la nature, peut-être une première éducation de famille, auraient laissé en vous d’agreste ou d’impoli, de timide et d’embarrassé, de brusque ou de trop libre dans votre allure, d’âpre dans la voix, de froid dans votre physionomie, de dur dans vos manières.

Vous devez veiller à ce que rien en vous ne ressente la tristesse des mélancoliques ni la légèreté des dissipés ; rien qui paraîsse audacieux ou étourdi ; rien non plus de trop austère ou trop grave ; vous veillerez à vous prémunir de ces singularités, de ces tics et manies qui finissent par nous rendre plus ou moins désagréables aux personnes avec lesquelles nous sommes

en relations et par diminuer l'influence que nous aurions besoin d’avoir sur elles pour leur faire du bien.

Même quand vous serez seuls, dans l’intérieur de vos presbytères et de vos appartements, vous devrez toujours conserver une tenue digne et modeste Par respect pour la présence de Dieu. Dans l'exercice de votre ministère à la campagne, au milieu de populations incultes vous prendrez garde à ne pas vous laisser aller peu à peu à adopter le sans-gêne de leur tenue. Sans doute vous ne devez pas paraître déplacés avec vos paysans mais vous devez éviter de le devenir.

Dans les voyages que vous devrez entreprendre, vous veillerez à ne jamais vous départir de cette gravité dans le caractère, de cette sévérité dans les mœurs, de cette réserve dans la tenue, dans le regard, dans le langage, dans les lectures, sans lesquelles l'honneur du sacerdoce et votre propre considération seraient facilement compromises.

Que vous soyez chez vous ou ailleurs — ne l’oubliez jamais — vous êtes des semeurs ; vous devez semer toujours et partout et vous manquez à votre devoir quand vous passez à côté d’une âme quelconque sans lui laisser un bel exemple, une bonne pensée ou une pieuse impression. A pleines mains semez le bien dans le champ que la Divine Providence vous a préparé. Sans doute quelques-unes de ces semences périront, mais dites-vous : ‘ S’il en est une seule qui lève, elle embaumera ma route sur la terre ou réjouira mes yeux dans ciel, ”

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