‹ à mes prêtres [microforme]Chapitre 12 sur 19 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Messe des Fidèles

Article 1. — L'Oblation

La messe dites des Catéchumènes est ici terminée. Le prêtre baise l’autel, se retourne vers le peuple et dit : Dominus robiscum, Que le Seigneur soit avec vous. “ Les assistants répondent : Et avec votre esprit, et cum spiritu tuo. ”’ Le prêtre et les assistants expriment ainsi leur désir mutuel d’être soutenus par la grâce divine. Le prêtre veut célébrer le Saint Sacrifice, les assistants veulent y ass’ :ter avec une foi vive et des sentiments conformes à ceux de Jésus-Christ ; tous veulent s'offrir à Dieu en union avec la Victime adorable. Plus le moment auguste s'approche, plus ils sentent le besoin du secours d'en haut.

Le célébrant dit alors : ‘“ Oremus, prions.” Il invite tous les assistants à s’unir à lui avec recueillement et piété, à redoubler d'attention et de ferveur, à prier et à sacrifier avec lui.

Il commence par les rites qui suivent le récit sacré de la dernière Cène : “ Jésus prit le pain, accepit Jesus panem. ”’ Comme le Maître, il le reçoit dans ses mains que l’ordination a faites saintes et vénérables ; il l'élève, c’est-à-dire, qu’il l'offre à Dieu qui habite dans les hauteurs ; il la lui met sous les yeux, comme fit Notre-Seigneur avant la consécration et aussi avant de multiplier les pains dans le désert ; il le prie de daigner l’ac- «epter. Il semble dire à Dieu : la voilà cette Victime préparée ; regardez-la favorablement ; il baisse les yeux, car il se rappelle ses fautes et il va s’avouer pécheur dans la prière qu’il va dire, prière aussi remarquable par sa concision que par sa richesse et sa profondeur.

Suscipe, sancte Pater omnipotens æœterne Deus, hanc immaculatam hostiam quam ego indignus famulus tuus offero tibi, Deo meo vivo el vero, pro innumerabilibus peccatis et offensionibus et negligentiis meis, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis, vivis et defunctis, ut mihi et illis proficiat ad salutem in vilam œternam ”. Acceptez, Père saint, tout-puissant et éternel, cette Hostie sans tache que moi, votre indigne serviteur, je vous offre à vous, mon Dieu vivant et véritable, pour mes péchés, mes offenses et mes négligences qui sont sans nombre et pour tous les assistants ; je vous l'offre aussi pour tous les fidèles chrétiens, vivants et morts, afin qu’elle profite à leur salut ct au mien pour la vie éternelle. Ainsi soit-il. ”

Cette hostie, le prêtre l'offre à Dieu le Père afin de s’unir au Sauveur qui s’immole lui-même sur l’autel à son Père céleste Il l'appelle le Dieu éternel et tout-puissant ; il a donc droit au respect le plus profond et à la soumission la plus humble : à lui seul appartient le pouvoir de remettre nos péchés et d’opérer les miracles qui vont bientôt fixer sur ce sanctuaire les regards étonnés de toute la cour céleste. L’Hostie offerte est sans tache comme dans l’ar:ienne loi ; elle va devenir la seule victime immaculée ct sans défaut qui est Jésus-Christ ; elle seule peut plaire à Dieu et l’apaiser.

Et devant ce Dieu si grand, le prêtre est pénétré de son indignité. En considérant sa misère, sa faiblesse et ses fautes, il se sent indigne d'exercer un ministère si honorable et si sublime. 11 supplie ce Dieu vivant et véritable de ne pas refuser aux mérites d’une hostie si pure, le pardon de ses innombrables péchés, offenses ou négligences et omissions coupables ; il

sait que l'hostie est sans tache ; il n’y a donc que des mains

pures qui puissent la toucher.

Il prie ensuite ponr tous les assistants, pour tou: ceux qui entendent la messe avec piété et offrent avec lui la divine hostie.

Il sait que l'Eglise, mère tendre et pleine de sollicitude, n'oublie aucun de ses enfants ; aussi il prie pour tous les fidèles, unis par la communion des saints, pour tous ceux qui ont besoin de secours, pour ceux qui luttent sur la terre et ceux qui

ns pe

souffrent dans le purgatoire ; il demande que le sang de cette Victime immaculée ne soit pas par sa faute une semence stérile, mais qu’elle produise en lui et dans ses frères des fruits de grâces et de salut, qu’elle soit pour tous le principe et le gage de cette vie qui consiste à connaître et à aimer Dieu éternellement : “ut mihi et illis proficiat ad salutam in vitam æternam. ”

Quelle belle prière ! Que de demandes elle recèle ! Comme elle doit être toute-puissante dans la bouche et le cœur de celui qui la récite uni au Christ ! En la récitant que le prêtre dise done à Dieu : Faites, Ô Seigneur, que comme le pain que je vous offre va se changer en votre corps adorable, mon cœur et celui de tous les fidèles se transforment en vous, afin que cette parole de l’Apôtre s’accomplisse : “ Vivo ego ; jam non ego : rivit vero in me Christus. ”

Puis le prêtre dépose sur le corporal le pain qu’il vient d’offrir et qui sera dans un instant le corps de Jésus-Christ. Cette cérémonie si petite en apparence et qui passe inaperçue pour le prêtre qui a peu d’esprit intérieur, est capble de toucher jusqu'aux larmes celui qui a reçu de Dieu ces yeux éclairés du cœur que saint Paul désirait si vivement à disciples. 11 croit voir le Divin Agneau s'étendant sur l’autel de son immolation, Jésus se livrant à ses bourreaux pour être sacrifié. Quel beau moment pour nous offrir à Dieu sans réserve, en union avec le Sauveur, nous et tout ce qui nous appartient, notre corps, notre vie, nos biens, pour n’en faire usage que selon sa sainte volonté ; notre âme et toutes ses facultés, afin qu’il nous dirige par son esprit et nous transforme en la ressemblance de son divin Fils, comme il va changer le pain et le vin au corps et au sang de ce Fils bien-aimé !

Le prêtre alors purifie le calice avant d’y verser le vin qui y sera changé au sang de Jésus-Christ. 11 doit alors penser à un autre vase, à un calice vivant, celui de son propre cœur destiné lui aussi à contenir le sang divin. Puis il met dans le calice le vin auquel il mêle un peu d’eau, afin de représenter l'union personnelle du Verbe avec son humanité sainte : le vin représente particulièrement la nature divine et l’eau la nature bumaine.

EN

Ce mélange nous rappelle aussi notre union au Fils de Dieu dans ce scrifice. De cette union au Christ par la grâce sanctifiante, union qui nous déifie en quelque sorte, résulte la formation du corps mystique dont l’Homme-Dieu est la tête et les fidèles les membres. C’est ainsi que depuis son Incarnation Jésus est, d’une certaine manière, plus à nous ; il est le réservoir universel des grâces qui sont siennes et qu’il a reçues de son Père pour les déverser sur nous ; ilest la vigne, nous sommes les branches ; il est en même temps la sève qui nourrit ; il est réellement la tête, nous sommes réellement les membres de ce grand corps qui est l’Eglise et dans lequel celui là seul vit en qui vit et demeure la grâce du chef.

Le prêtre ne bénit pas le vin qui représente Jésus-Christ, mais il bénit l’eau qui est l’image des chrétiens ; ils ont toujours besoin de la grâce et retirent les plus grands avantages de leur union avec le Divin Sauveur. Et constatant que l’eau perd en quelque sorte ses propriétés naturelles pour prendre celles du vin, le prêtre demande qu’ainsi son âme, dépouillée en Jésus- Christ de tout ce qu’elle peut avoir d’imperfection, soit changée en une âme toute divine et que, comme le Verbe a participé à notre humanité, nous participions tous à sa divinité.

“ Dieu, dit-il, qui avez merveilleusement établi la dignité de la nature humaine et l’avez plus merveilleusement encore rétablie, donnez-nous par le mystère de cette eau et de ce vin, de participer à la divinité de Celui qui a daigné se faire participant de notre humanité, Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles... Deus qui humanæ substantiæ dignitatem mirabiliter condidisti et mirabilius reformasti, da nobis per hujus aquæ et vini mysterium ejus divinilalis esse consortes qui humanitatis nostræ fieri dignatus es particeps, Jesus Christus Filius tuus, Dominus noster, Qui tecum vivit et regnat, etc.

Le prêtre élève alors le calice du salut pour le présenter à Dieu. Il ne dit pas “ offero ”, il dit “ offerimus, nous offrons”. L sait qu'il est l’ambassadeur de l'Eglise et il offre le calice au nom de tous ceux qu’il représente. ZI l'offre pour son salut et pour le salut de tout le monde, pro nostr et totius mundi salute ‘

EX

La messe est d’abord et imméc atement un moyen de salut pour les enfants de l’Eglise ; c’est à eux que parviennent les fruits les plus abondants du sacrifice. Mais ceux qui sont en dehors de sa communion ne sont pas totalement exclus de ces bienfaits ; l'Eglise prie et sacrifie, afin qu’ils arrivent à la connaissance de la vérité.

Le prêtre sent combien il est éloigné de la sainteté qu’exigerait la fonction céleste qu’il remplit. Dans un sentiment d’humilité et de contrition, il s'incline, et les mains jointes, posées sur l'autel il dit à Dieu, au nom de tous les fidèles qui sacrifient avec lui : “ Dans un esprit d’humilité et avec un cœur contrit, puissions-nous être reçus par vous, Seigneur, et que notre sacrifice s’accomplisse de telle sorte en votre présence aujourd’hui, qu’il vous soit agréable, Seigneur, notre Dieu. In spiritu humilitatis et in animo contrilo, suscipiamur a te, Domine, et sic fiat sacrificium nostrum in conpsectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus. ”

La Divine Victime ne peut manquer d’être agréée de Dieu, mais l’oblation que nous en faisons, la manière dont nous l’aimons, l’union sacramentelle que nous contractons avec elle, pourraient avoir des défauts à ses veux. Nous avons donc raison de lui demander que dans un sacrifice si saint, il n’y ait rien qui lui déplaise.

Après s'être humilié, le prêtre croit pouvoir s'approcher avec confiance du trône de l’Infinie Majesté. 11 lève les yeux et les mains vers le ciel d’où il attend son secours ; il invoque l’Esprit sanctificateur, cet esprit de feu qui consumait quelquefois visiblement les anciens holocaustes ; il le prie de bénir ce sacrifice préparé à la gloire de son nom : ‘“Veni, sanctificator, æœterne Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sanclo nomini praparatum. ”

Plus l'action sacrée s'avar :. plus le moment redoutable s'approche, et plus le prêtre + t vivement en lui-même son indignité, plus coît son désir :’une pureté parfaite. Pour

manifester ce besoin de son cœur, il lave ses mains comme au commencement de la messe il a purifié son âme par l’aveu complet de ses péchés au pied de l'autel.

“ L'’ablution des mains pendant la célébration de la messe, dit saint Thomas d'Aquin, se fait par respect pour les saints mystères. Et cela, pour deux raisons : d’abord, c’est la coutume de ne pas toucher les objets précieux sans se laver les mains. Et quoi de plus précieux que le Très-Saint-Sacrement ! En second lieu, cette cérémonie a une signification mystérieuse. L'ablution des extrémités, dit saint Denis, signifie la purification des fautes légères. Et c’est une purification de ce genre qui est requise du célébrant. ”

La netteté de ses mains, dit saint Jean Chrysostôme, devrait égaler celle des rayons du soleil pour être dignes de leur office et aussi pour avoir comme celles de Marie la vertu d’apaiser la colère du Seigneur et d'assurer la victoire à son peuple. ”

Les versets du Psalmiste, récités par le prêtre pendant qu'il lave ses mains, expriment clairement le sens profond de cette térémonie et renferment un exposé complet des dispositions où il faudrait être pour mériter d'offrir à Dieu le sacrifice de son Fils : pureté de conscience aussi complète que possible, horreur de toute faute, patience dans les épreuves, zèle pour la maison de Dieu, fidélité à recevoir le Seigneur, application à devenir chaque jour plus pur et plus parfait.

Après le lavement des mains, le prêtre revient au milieu de l’autel. Plein de confiance, il élève les yeux vers le crucifix et il les baisse aussitôt. Puis il s'incline avec respect et humilité et il récite cette prière d'une signification profonde.

“ Recevez, Ô Trinité Sainte, dit-il, cette oblation que nous

vous offrons en mémoire de la Passion, de la Résurrection, de ,

l’Ascension de Jésus-Christ Notre-Seigneur. ” La victime que le rrêtre va offrir est celle qui a été immolée sur le Calvaire, rec «€ dans le sein du Père après sa Résurrection et introduite dans Ja gioire par son Ascension. Le sacrifice de l'autel implique ces trois mystères et nous en communique les fruits. ‘“ Nos mors Christi vivificavit, nos Resurrectio erexil, nos Ascensio consecravil,” (saint Augustin), Comme ils sont pour nous la

source des plus giandes grâces, il est juste d’en remercier Dieu.

Le prêtre continue le Suscipe en disant : ‘ Nous vous offrons cette oblation, à Trinité Sainte... en l'honneur de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, de saint Jean-Baptiste, des Apôtres Pierre et Paul, de ceux-ci (dont les reliques sont ici et de ‘ceux aussi dont nous faisons aujourd’hui la fête) et de tous les saints, afin qu’elle serve à leur honneur et à notre salut et que ceux dont nous faisns mémoire sur la terre daignent intercéder pour nou: dans le ciel. ‘

Ce n’est pas aux Saints que le prêtre offre le sacrifice, quoiqu’il sacrifie en leur mémoire : c’est à Dieu qu'il s'adresse. Mais quelle gloire pour eux ! A chaque messe les Saints on! l'honneur d’être présentés à Dieu comme victimes avec Jésus- Christ, son Divin Fils. 11 ne faut pas oublier cette doctrine : la messe est le sacrifice universel, le sacrifice de toute l'Eglise, du chef et des membres. La messe glorifie les Saints ; c’est leur grande joie dans le ciel de s’unir à Jésus-Christ pour s’immoler en action de grâces. Ils se sentent comblés de tant de bienfaits!

Sans doute nous ne pouvons pas augmenter la béatitude essentielle des Saints. Elle consiste dans la vision intuitive et diffère selon le degré de sainteté acquis par chaque élu. La mesure en est fixée et ne saurait ni s’accroître ni diminuer jamais. Mais il n’en est pas de même pour la béatitude accidentelle. Celle-la consiste dans les honneurs spéciaux qui leur sont rendus où dans la joie qu'ils éprouvent à la vue de la glorification de Dieu par ses créatures.

Les saints ont donc une part à l’honneur rendu à Jésu:- Christ, leur Chef. Nous célébrons leur mémoire ; nous favorisons leur culte ; les hommages que nous leur adressons les portent à s intéresser à nous, à s'employer pour nous auprès de Dieu. Nous leur disons : Vous qui êtes si puissants auprès de Dieu, tandis que nous offrons le sacrifice en action de grâces de la gloire où il vous a élevés, ne refusez pas d’intercéder pour nous afin qu'après avoir été sur la terre les imitateur: de vos vertus nous puissions être dans le ciel les compagnons de votre félicité et adorer éternellement avec vous le Roi de 11 terre et du ciel,

TT

’ va entrer dans le Saint des saints. Jusqu'ici il a toujours été en relation et comme en conversation avec les fidèles, leur adressant des souhaits, des instructions, mêlant sa pensée à la leur. Il va, en quelque sorte prendre congé d’eux et s’enfermer dans le secret du sanctuaire, comme autrefois le grand prêtre dans le Saint des saints, ou comme Moïse se séparant du peuple pour gravir la redoutable montagne et aller s’entretenir avec Dieu, au milieu d’un nuage qui le dérobait à la vuede tous. Ilne se tournera plus vers les fidèles jusqu’à ce qu'il ait consommé le sacrifice.

Dans un moment si redoutable, il se souvient qu’il porte en lui les faiblesses de l’homme et qu’il a besoin d'une assistance toute spéciale de la part du ciel. 11 prend congé des fidèles vers lesquels il se tourne, en ouvrant les bras de sa charité ; il les invite à redoubler d'attention et de ferveur, à s’unir à lui dans la prière : “ Orate fratres, priez, mes frères ; je vais communiquer plus intimement avec le Seigneur ; priez pour que ce sacrifice qui est le vôtre comme le mien soit aréable à Dieu, le Père lout-puissant. ” 11 fait cela à l’exemple de Notre-Seigneur interrompant sa prière à Gethsémani pour 2ller trouver les Apôtres et leur recommander de veiller, de prier de plus en plus, à mesure que l'heure du sacrifice approche. Le peuple répond par l'organe du servant de messe ou des ministres sacrés : “ Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice en l'honneur et à la gloire de son nom, pour votre utilité et celle de toute l'Eglise.

Amen, Ainsi soit-il, dit le prêtre. Il est rassuré : les assistants sont unis à lui ; ils vont prier avec lui. Il se renferme dans le silence des oraisons secrètes. Presque toutes ces oraisons demandent à Dieu qu’il reçoive favorablement les dons qui sont à l’autel et que, par sa grâce, il nous mette en état de

lui être nous-mêmes présentés comme des hosties qui lui soient agréables.

= Article 2. — L'Action du sacrifice

La Préface est un hymne admirable et grandiose qui défie toute description. Elle est une introduction solennelle à l: partie la plus sacrée de la messe ; elle annonce et prépare ln consécration. Aux grands édifices il faut une façade imposante : à un acte d’une telle portée, l'Eglise a voulu donner une intro-

Le prêtre sort du mystérieux silence de la Secrète comme d’une sorte d’extase qu'il veut faire partager à ses frères. J'ai présenté vos demandes au Seigneur, leur dit-il. Amen, Ainsisoit-il, répondent les fidèles ; tout ce que vous avez demandé, nous le demandons avec vous, nous ratifions tout ce que vous avez dit.

Dominus vobiscum, que le Seigneur soit avec vous, dit le prêtrr.. Comme ce souhait vient ici à propos ! C’est le moment pour les fidèles de donner à leur piété une nouvelle ardeur, de supplier Dieu d’être plus intimement présent en eux.

Et cum spiritu tuo, répond l'assistance ; elle demande au Seigneur qu'il daigne animer l'esprit et le cœur de celui qui et son mandataire à l'autel.

Sursum corda, en haut les cœurs, dit le prêtre aux assistant. Détachez-vous complètement des biens terrestres pour vous consacrer exclusivement à Dieu et aux choses divines ; fermez votre âme aux pensées étrangères et dirigez tout:s vor facultés. toute votre attention aux pensées éternelles. Quai ia lumière d’en haut illuminera votre esprit, votre coeur sera plus accessible aux ardeurs de la dévotion, il s’enflammera d'un saint amour de Dieu, il s’arrachera à sa langueur, à sa tiédeur, il se jettera avec un élan irrésistible vers le ciel.

Et les assistants répondent : Nos pensées, nos affections ne sont plus sur la terre, mais sont pour Dieu.

Puisqu’il en est ainsi, ajoute le prêtre, puisque vos cœurs sont vraiment vers Dieu, rendons-lui, tous ensemble, de solennelles actions de grâces pour les bienfaits dont il nous : comblés et pour ceux dont il s’apprête à nous combler. Gratia* agamus Domino Deo nostro. Et les fidèles, dans un transport

ULA

de reconnaissance et d'amour, répondent : dignum et justum est, c'est digne et juste ce que vous demandez là.

Alors finit cet admirable et émouvant dialogue. Assuré des bonnes dispositions des assistants, le prêtre se fait leur interprète ; il enchérit en quelque sorte sur leirs expressions. Oui, ingrats s'ils restaient froids en face de tant de bienfaits reçus ; cela est juste, justum est ; nous devons notre gratitude à un tel bienfaiteur ; de plus cela est équitable, æœquum cest. Comment considérer l’immensité de la bonté de Dieu et l'abondance de ses miséricordes chaque jour répandues sur nous, sans sentir notre cœur déborder d'amour et de reconnaissance, sans vouloir que notre bouche proclame les merveilles de sa divine bonté qui nous accompagne partout ? C'est aussi salutaire de remercier Dieu, salutsre. Notre avantage temporel et spirituel le demande ; car l’action de grâces enrichit l'âme des bénédictions les plus grandes ct les plus précieuses ; elle nous assure les trésors de la liléralité divine ; elle nous vaut des grâces nouvelles et plus considérables. Dieu aime le cœur reconnaissant ; il ne le laissera manquer de rien ; Su contraire, l’ingratitude est un vent desséché qui fait tarir la source de la bonté et dissipe la rosée des miséricordes célestes.

Il est donc digne, juste, équitable et salutaire de pratiquer notre reconnaissance envers Dieu, le Père tout-puissant, Dominsancle Paler omnipotens : cette vertu doit être pratiquée ter jours et partout, semper et ::bique. Mais comment pouvon: pauvres et misérables créatures que nous SOMMES, Léiuic;eicr convenablement le Dieu saint, tout-puissant, éternel ? Pa: Jésus-Christ Notre-Scigneur, dit ie prêtre à la Préface, per Christum Dominum nostrum. Si nous faisions cela en notre nom, i} y aurait l'infini entre Dieu et nous et notre action de grâces ne monterait pas jusqu’à lui; tandis que par Jésus-Christ, elle monte directement et s’en va pénétrer jusqu’au centre même de la divinité.

Non seulement nous voulons passer par Notre-Seigneur pour témoigner à Dieu notre reconnaissance, mais nous voulons, pour adorer l’Eternel et chanter sa gloire, nous unir au chœur des anges et faire note partie dans le concert céleste ; nous

PL

voulons présenter nos louanges à son infinie grandeur de concert avec l’irnombrable multitude des intelligences célestes. Oui, nous “mandons la permission de joindre nos fsibles voix à ces grandes voix angéliques pour chanter sur la terre ces cantiques sacrés dont ils font retentir les cieux : Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus Deus Sabaoth.

Le trisagion ou le Sanctus se compose de deux parties. La première est une hymne que la terre emprunte au ciel. Isaïe, ravi en esprit, entendit les séraphins se renvoyer alternativement le cantique : sanctus, sanctus, sanctus ; et saint Jean, transporté en esprit dans le ciel a vu et entendu les anges qui entourent l'Eternel ; ils chantaient ce même cantique.

Nous disons trois fois le mot sanctus en l’honneur des trois personnes divines et puis cette répétition, cette insistance est pour nous la meilleure manière d'exprimer que nous n'avons pas d’expression capable de rendre la sainteté infinie de Dieu. Nous voulons dire que Dieu est infiniment, éternellement saint.

A la louange de la Très Sainte Trinité succède la seconde partie du Trisagion commençant par le mot Benedictus ; elle est un hommage spécial rendu à Dieu le Fils, au Christ Rédempteur qui, dans la plénitude de la miséricorde, va bientôt paraître sur l'autel. Cette partie se compose des propres paro les que proférait la foule aeclamant son Sauveur le jour de son entrée triomphante à Jérusalem : Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur.

Oui, qu’il soit béni le Sauveur qui nous permet de louer son Père avec lui, qui veut bien se mettre à notre tête pour que nous puissions le louer dignement. Qu il soit béni Celui qui va des cendre bientôt par nous, qui sera tout à l’heure sur l'autel pou: briser nos chaînes, consoler nos douleurs, guérir tous nos maux, nous apporter tous les biens. Qu'il soit béni Celui qui remplit le ciel et la terre de sa gloire : pleni sunt cæli et terra gloria tun.

Toutes les parties de la messe sont vénérables, mais celle qui va commencer et qu'on appelle Le Canon, en étant le point central et l'âme, mérite un respect particulier ; il exige une parfaite attention, un grand respect, une fervente piété.

me M

C'est secrètement, à voix basse, de manière à s'entendre lui-même mais à n'être pas entendu des assistants que le prêtre doit dire les prières du Canon. Ce silence est bien motivé. 1l exprime le silence gardé par Notre-Seigneur durant sa Passion il exprime aussi le respect, le saisissement avec lesquels l'Eglise accomplit le redoutable sacrifice. Et la vue du prêtre occupé seul avec Dieu dans un silence profond est un excellent moyen d’exciter le recueillement, le respect des closes saintes, les dispositions avec lesquelles ils doivent prendre part au sacrifice grand et sublime de l'autel.

Après avoir rendu à Dieu les actions de grâces ‘et les hommages qui lui sont dus, après que les fidèles ont remis leurs vœux entre ses mains, le célébrant croit pouvoir commencer le mystère de la très sainte action. Pour exprimer l’élan de son âme vers Dieu, pour exprimer qu'il s'adresse au Père dans les cieux et qu’il implore son assistance, il élève les yeux et les mains, il les abaisse aussitôt. 11 multiplie les témoignages de respect pour un autel qui va servir de trône au Roi de l'univers sille baise avec amour et s’inclinant, de cœur encore plus que de corps, il prie, il supplie humblement — supplices rogamus « petimus — le Père de Jésus et le nôtre, Celui qui est la source de tous les biens, de bénir l'offrande qui est là sous ses yeux : hœc dona, hæc numera. 1] lui demande au nom de Jésus-Christ per Jesum Christum, de vouloir bien agréer cette offrande, ut, accepla habeas, que nous lui faisons au nom de son Divin Fils sur les mérites de qui repose seule toute l'efficacité de nos prières.

Ce sacrifice eucharistique, cette offrande, le prêtre l'offre avant tout pour l'Eglise, épouse immaculée de Jésus-Christ : in primis quæ tibi offerimus pro Ecclesia. Dieu est en effet le Maître de l'Eglise ; elle est sa propriété : il l’a acquise par le Sang précieux de son Fils, Elle est saine, sancta, à cause de son fondateur, de sa doctrine, de l’éminente sainteté d'un grand nombre de ses enfants ; elle est catholique, catholica, c'est-à-dire universelle ; elle s'étend dans le monde entier ; elle s’épanouit et agit dans tous les siècles et ne finira que lorsque le temps se perdra dans l'éternité.

Nous demandons à Dieu de protéger son Eglise contre tous

FL

les efforts de Satan, de la délivrer de ia persécution des tyran». des troubles, des divisons, des désordres qui l’affiigent, qua». pacificare ; de la conserver, de la soutenir, contre la malice, la fureur des hérétiques, contre tous ses enuemis visibles ou invisibles, custodire ; de la préserver des schismes, de réunir tous ses enfants en les maintenant dans une parfaite unité de sentiment et d'affection, adunare ; de la conduire et de la gouverner par toute la terre, en lui donnant de bons pasteurs ayant le zèle, la lumière, la sagesse nécessaires pour faire marcher leur: brebis dans la voie de la vérité et en inspirant à tous les fidèle: une entière soumission à ceux que le Saint Esprit a établis pour

gouverner, KRegere.

“ N'oublions pas de prier pour l'Eglise, disait un saint religieux du dix-septième siècle, prions de tout notre cœur pour celle qui ne cesse de prier pour nous, pour laquelle Jésus-Christ a tant prié ; demandons que cette Eglise qui est s2n royaume ne cesse pas de croître et d'étendre ses conquêtes, que les infidèles et les incrédules ouvrent les yeux à la lumière de la foi, que les schismatiques cesse de déchirer la robe sans couture du Sauveu:, que les hérésies prennent fin et que la divine grâc: forme partout des chrétiens fervents et des saints pour la consoler et la soutenir. ”

Mais ces biens supposent la cohésion de tous les membres de de l'Eglise dans l'unité d’un même corps. Aussi le célébrant prie pour le Pape, le vicaire de Jésus-Christ, le docteur infaillible, le pasteur suprême des fidèles, le centre de l’unité catholique. Il prie aussi pour l’évêque du diocèse qui personnific toute l'autorité ecclésiastique de son diocèse. On peut mêmr dire que l’évêque, comme un père de famille, résume en sa personne tout son troupeau, que le recommander, citer son nom c'est recommander du même coup tous ses fils spirituels.

Après avoir ainsi prié pour l'Eglise en général, pour le Papx. pour l’évêque et pour tous ceux qui professent la même foi, le prêtre prie en particulier pour ceux qu'il a des raisons personnelles de recommander à Dieu. J1 lui recommande d’abord i: personne qui l’a prié de dire la messe pour elle ; puis ceux qui lui ont témoigné le désir qu'il fit mention d’eux à l’autel, pour

les bienfaiteurs et les bienfaitriess de la paroisse, pour ceux à. qui il est plus étroitement attaché par les liens de la justice, de la reconnaissance et du sang.

Enfin il dit à Dieu : Souvenez-vous. Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes dont vous connaissez la foi et la piété, pour qui nous vous offrons ou qui vous offrent ce sacrifice de louange. C'est leur foi qui leur a fait quitte; toutes choses afin de venir se grouper autour de l'autel et ainsi ils ont un droit à une part toute spéciale du sacrifice.

Et que demande-t-il pour tous ? “ Que le sacrifice serve à la rémission de leurs péchés et au salut de leurs âmes.

Comme le temps passé au pied des autels pendant le Saint Sacrifice est un temps de grâces et de salut ! Alors tous les trésors de la munificence divine sont ouverts et nous pouvons y puiser tous les biens.

Le sentiment de son indignité pour une fonction redoutable aux Anges mêmes devient encore plus profond dans le cœur du prêtre à mesure qu'il approche du moment où va s’opérer le grand mystère. Ce sentiment lui inspire la volonté de s’adjoindre à ce que le ciel a de plus éminent en gloire et en sainteté. Après avoir intercédé pour }’Eglise militante et ceux qui en forment partie, le prêtre s’efforce de donner plus de puissance à sa prière, en invoquant les Saints qui, après avoir été voyageurs comme lui sur la terre et arrivés au terme du bonheur, ne font cependant toujours qu’un même corps avee nous. Il les invite à offrir le sacrifice avec lui.

En premier lieu, in primis, il implore la Très Sainte Vierge qu'il appelle glorieuse, gloriosa ; en effet, dit saint Ephrem, “elle est plus sainte que les chérubins, plus sainte que les séraphins, et plus glorieuse sans comparaison que toutes les légions des armées célestes. ” Puis cette reine toujours viergeest la mère de Celui qui va être immolé de nouveau sur l'autel. Ce titre lui donne droit à une mention toute particulière.

11 mentionne ensuite les douze Apôtres, les colonnes de l'E-

glise, les premiers sacrificateurs de la nouvelle alliance. Ils ont droit d’être nommés à la messe. Ils assistèrent, en effet, à la Cène, à l'institution de la Sainte Eucharistie, à la première communion, à la première messe. C'est à eux que furent adressées les paroles mystérieuses redites par le prêtre à la consécration. Longtemps faibles dans la foi, dans l’amour, ils se transfigurèrent en apôtres, en martyrs. La liturgie les chante dans ss hymnes ; vos sæculorum judices et vera mundi lumina. Ils méritent d’être invoqués, d’être présents partout où on prie pour les vivants et les morts.

Il mentionne aussi douze martyrs illustres qui ont donné à Jésus-Christ sang pour sang, vie pour vie. Enfin il s’unit à toute la multitude des Bienheureux, et omnium sanctorum

Avec de tels associés, le prêtre peut avoir la ferme confiance que sa prière sera exaucée, qu’en considération des mérites de la Très Sainte Vierge et des Saints, son offrande sera favorablement reçue. “ Hanc igitur oblationem quæsumus, Domine, ut placatus accipias, qu'étant en communion avec ceux que Dieu entoure de son affection, étant par conséquent moins indigne de sa bienveillance paternelle, il sera bien reçu par celui dont il veut la gloire, dont il demande les grâces pour lui et pour ceux dont il est le mandataire, sed et cunctæ familiæ tuæ.

Et comprenant que dans un pareil moment il peut tout obtenir, il ose tout demander : ‘ Diesque nostros in tu pace disponas. Il demande à Dieu de lui donner, de donner à tous ceux qui lui sont unis, la paix, non pas celle du monde qui n’a jamais fait un heureux, mais la paix de Dieu, in fud pace, la paix qui fait le bonheur de ceux qui servent Dieu tous les j jours de leur vie dans la justice et la sainteté.

Il lui demande la paix pour la vie présente et pour la vie future : il lui demande la préservation du plus grand de tous les maux, la mort éternelle : ab æœternd damnatione nos eripi, et l'acquisition du plus grand de tous les biens : la vie éternelle, le ciel, l'heureux sort des élus : et in electorum tuorum jubeas grege nwmerari. Î] lui demande ces grâces par son Fils, per Christum, qui dans un instant sera sur l’autel en état d'immolation pour obtenir que nous persévérions jusqu'à la fin.

Quam oblationem tu Deus. C’est le inoment redoutuble ; pour la dernière fois, le prêtre prie sur les dons matériels. 1] supplie le Seigneur de regarder d’un œil favorable cette offrande et de la béni : benedictam ; de l’acepeter : adscriptam ; de la ratifier, ratam ; de sorte qu’elle soit une oblation digne et agréable aux yeux divins.

Le prêtre cesse de parler comme ministre de l'Eglise et délégué des fidèles ; il est le représentant de Jésus-Christ, sa parole devient celle de Jésus-Christ lui-même : elle en a la puissance et l'efficacité. 11 ne fait que redire les paroles et refaire les actions du Sauveur à la dernière Cène, paroles et actions qui produisent les mêmes effets.

Jésus-Christ prit le pain dans ses mains saintes et vénérables, accepil panem. Lui aussi prend l’hostie dans ses mains qui ont

aimé pour nourriture et son sang pour breuvage : et elevatis oculis in cœlum ad Te Deum Patrem suum omnipolentem, tibi gratias agens. Le prêtre aussi élève les yeux et se rappelant. qu’il est l'organe de la reconnaissance universelle, qu’il a une large part aux bienfaits divins, il remercie avec Jésus.

Le prêtre séparé en quelque sorte du monde par le silence solennel qui l'entoure, humblement incliné sur autel, prononce avec l’attention la plus profonde, avec piété et respect, nettement et distinctement, les cinq paroles créatrices : hoc est enim corpus meum, ceci est mon corps. Il ne dit pas : ceci est le corps du Seigneur, mais mon corps, tant il est vrai que l’homme s’efface et que c’est bien Jésus-Christ qui consacre par le ministère du prêtre.

Tout les Pères, tous les Docteurs de l'Eglise et tous les théologiens sont unanimes à affirmer cette vérité et tous le font à peu près dans les mêmes termes. Ils disent avec saint Jean

PL

‘Chrysostôme : “ Quand vous voyez un prêtre offrant le Saint sacrifice, ne pensez pas que ce soit un prêtre, mais c’est la main de Jésus-Christ qui agit, bien qu'invisible. ’ Le Concile de Trente fait de cette vérité un article de foi : ‘“ Celui qui s'offre ici par le ministère du prêtre est le même qui s’est offert sur ln Croix. ” >

Le prêtre a dit la parole que les Apôtres entendirent, la parole qui transforma le pain tenu par le Christ et qui transforme le pain tenu par le prêtre en vertu de l'assurance formelle contenue dans cette phrase immortelle : Hæc quotiescumque feceritis in mei memoriam facietis. ”

Le miracle de la transsubstantiation est produit ; ce qui était tout à l’heure du pain s’est changé en la Chair sacrée de Jésus-Christ et il ne reste que les apparences du pain. C'est le temps de dire : “ præstet fides supplementum sensuum defectui, que la foi vienne suppléer à ce que manque nos sens ”. La-vue, le tact, le goût, nous tromperaient dans cet impénétrable mystère, mais il y a une chose qui ne saurait nous tromper : c’est 11 parole de Dieu, cette parole est simple, claire, formelle ; toute: les arguties du monde, tous les nuages de l’hérésie ne pourront jamais obscurcir : Ceci est mon Corps, réellement mon Corps, non un simple signe, un simple symbole de mon Corps. C’est l1 parole divine qui a opéré ce prodige ; elle est toute puissante : La dit et tout a été fait” (Ps. 32). C’est un jeu pour Dieu de tirer du néant des milliers de mondes : quoi d'étonnant à ce que sa même puissance opère ce changement d’une substance à une autre substance ?

Sous les espèces sacramentelles, le Corps de Jésus-Christ est là véritablement présent ; il est là caché avec sa nature divine. Celui qui a caché les mondes dans les espaces, qui a peuplé le: océans, qui a créé la lumière, qui a brodé ces mille fleurs dont nos jardins sont parés, qui, de son ciseau mystérieux a sculpté la belle statue humaine en l’animart de son souffle, est là silencieux sous les langes eucharistiques. Ce même Homme-Dieu qui vit et règne avec une majesté et une beauté que nulle langue créée ne saurait dépcindre, est là d'une façon mystérieuse, accompagné de milices angéliques, il est descendu sur l'autel. Le

| «JR L d

Page 1