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prêtre le tient dans ses mains, lui, son Seigneur et son Dieu. Aussi il tombe à genoux avec une joie mêlée d’une sainte frayeur et il l’adore avec les Anges prosternés autour de Jui. 11 l'offre au Père éternel comme la rançon du genre humain et la victime de nos péchés.
Simili modo. La même puissance qui a changé le pain au Corps de Jésus-Christ va changer le vin en son sang. Comme le Sauveur, le prêtre prend dans ses mains le calice excellent, hunc præclarum calicem ; il le bénit ct il dit: hic est enim caliz sanguinis mei, c'est le calice de mon Sang. Le vase alors contient le Sang du Seigneur, le Sang de la nouvelle alliance en même temps appelée éternelle, novi et æterni testamenti, pour le distinguer de l’ancienne alliance qui ne devait durer que jusqu’à la venue du Divin Sauveur.
Les portes du ciel se sont ouvertes ; le F'ils de Dieu est descendu sur l’autel pour renouveler le mystère de la Rédemption. Jésus est là et il prie pour nous. Il montre à son Père les douleurs qu’il a endurées sur la croix, son agonie inexprimable, les frayeurs qui le bouleversèrent, ses membres disloqués, le coup de lance qui lui transperça le cœur. Il offre tous ces mérites pour le salut du monde, particulièrement pour celui qui dit la messe et pour ceux qui y assistent. Quelle prière effiace ! Comme l'odeur de l’encens, elle s'élève vers le Père céleste. Au Calvaire le Seigneur avait apaisé le courroux de son Père et lui avait réconcilié le monde : à l’autel, il touche encore ce cœur paternel en notre faveur et poursuit ainsi l’œuvre de notre salut.
Sainte Mechtilde a eu le bonheur d'apprendre de la divine bouche de Jésus en quelle manière il vient à nous.. Le Christ un jour lui dit : “ Je viens avec une telle humilité qu’il n'est pas une seule âne, si méprisable soit-elle, vers Inquelle je ne m’abaisse, pourvu qu’elle le veuille. Je viens avec une telle patience que je supporte mes ennemis les plus cruels, que je me réconcilie avee eux et leur remet toutes leurs dettes s'ils en expriment le désir. Je viens avec un tel amour qu'il n'y a pas de cœur si dur que je ne touche, s’il me laisse faire. Je viens avec une telle libéralité que le plus pauvre peut s'enrichir des trésors de ma grâce. Je viens avec une nourriture si excellente
qu'il n'y a point d'âme si affamée si altérée qui n’en soit pas réconfortée. Je viens avec une lumière assez éclatante pour éclairer les consciences les plus illusionnées et les plus aveugles Enfin je viens avec une plénitude de grâces et de sainteté suffisante pour réveiller de leur sommeil les âmes les plus paresseuses et les plus insouciantes. ”
Saint Bonaventure invite le prêtre et les fidèles à dire au Père céleste au moment de l'élévation : “ Voyez, à Père éternel, votre Fils unique ; Celui que le monde entier ne peut contenir est devenu notre prisonnier. Nous ne laisserons pas aller que vous nous ayes accordé ce que nous vous demandons en son nom avec tant d'instances : le pardon de nos péchés. l'augmentation de la grâce, la richesse des vertus et la joie de la vie éternelle. ”
“Lorsque vous voyez le Seigneur immolé et étendu sur l’autel, dit saint Jean Chrysostôme, vous imaginez-vous être sur la terre parmi les hommes ? N’êtes-vous pas plutôt au ciel, dépouillé de toute pensée humaine, l’âme tout entière au spectacle que nous offre le sijour de bienheureux ? De fait, c'est le ciel même qui est présent devant nous. Ce n’est pas seulement lorsqu'il est descendu dans le sein de Marie par l’Inu srnation, c'est chaque fois qu'il descend sur la terre avec sa divinité et son humanité que les Anges le suivent pour l’adorer.
Ah ! si notre foi était assez vive, si nos yeux pouvaient s'ouvrir, si les voiles de l’Hostie se déchiraient pour faire spparaître À nos regards les réalités qui s’y cachent, comme cela est artivé tant de fois dans d’incontestables miracles, quelle indicibles émotions n'éprouverions-nous pas, quelles larmes ne verserions-nous pas, chaque fois que nous célébrons ou que nous assistons à un si merveilleux sacrifice !
C'est le désir de l'Eglise, désir trop méconnu en un gran nombre d’endroits, que les assistants à ln messe dirigent leurs regards vers l'autel et les arrêtent au moins un instant sur l1 Divine Hostie avec foi et amour. N'est-ce pas pour l'offrir à leur regard que le prêtre l'élève ? Jésus-Christ a révélé à sainte Gertrude comtien cette pratique est utile à l'âme. ‘“ Toutes les fois, écrit-elle, qu'on regarde avec dévotion le Corps de Notre
Seigneur Jésus-Christ caché dans le Sacrement, on augmente le degré de son mérite pour le ciel, et le plaisir de la vie éternelle répondra à celui que l'on aura eu À regarder dévotement ce précieux corps sur la terre. ”
C'est pour ramener les fidèles à cette pratique que Notre Saint Père le Pape Pie X accorde une indulgence de sept ans et de sept quarantaines À ceux qui, avant de s’incliner où même après s'être inclinés pour adorer Jésus rendu présent dans l Sainte Hostie, la regarde lorsque le prêtre l'élève et disent les paroles de l’Apôtre : ‘“ Mon Seigneur et mon Dieu. ”
Les paroles de la consécration ont été prononcées. Le célébrant a répété la formule authentique de ses pouvoirs : ‘ Toutes les fois que vous ferez ces choses, vous les ferez en mémoire de moi. ” Jésus-Christ a ordonné à ses prêtres d'offrir à la Divine Majesté le sacrifice de son Corps et de son Sang en mémoire de lui.
Undè, c’est pourquoi, ils lui obéissent. L'Agneau de Dieu immolé repose sur l'autel ; ils offrent au Père céleste ces dons d’un prix infini. Nos servi tui, nous prêtres, consacrés à votre service nous apprécions le grand honneur auquel nous avons été * appelés par une pure miséricorde et une faveur spéciale, nous vous offrons cette victime d’un prix infini.
A nous se joignent tous les fidèles régénérés par le baptême ; ils sont le peuple de Dieu, plebs tua : ils sont la propriété de Dieu qui se les a acquis au prix de tout le Sang de Jésus- Christ qui les a appelés des ténèbres de l'erreur à la lumière admirable de la grâce et de la vérité céleste.
Et l’Hostie qui est offerte à Dieu est une Hostie pure, puram, puisqu'elle a été formée par l'opération du Saint Esprit dans les chastes entrailles de Marie ; elle est la source de toute purété. Elle est sainte, hostiam sanctam, puisqu'elle est substantiellement unie à la Divinité qui est la sainteté même. Elle est inmaculée, sans taches, immaculatam, puisqu'elle n'a jamais pu contracter aucune souillure ; elle est un pain sacré, un délicieux breuvage qui donne la vie éternelle, panem sanctum vitæ «terne et calicem salutis perpetuæ.
Et nous offrons cette Hostie à la Majesté excellente, incomparable du Père Céleste, avec la plus grande confiance, oferi-
rappelons sa Résurrection .où tous les attributs divins ont brillé d'un si vif éclat ; nous nous rappelons surtout sa glorieuse ‘Ascension dans les cieux. Oui, celui qui est là sur l’autel, est le Ressuscité du tombeau ; c'est celui qui, montant dans les cieux, est allé s'asseoir à la droite de son Père prendre possession de son royaume et recevoir la dernière récompense qui était due au plus sublime comme au plus généreux de tous les dévouements.
Dieu pourrait-il ne pas regarder d'un œil propice, ne pas contempler avec amour, ne pas recevoir avec une complaisance infinie une victime aussi grande, aussi sainte que lui-même ? “O Seigneur, dit le célébrant, vous avez eu pour agréable le sacrifice d’Abel qui vous offrait les prémices de son troupeau, le sacrifice d'Abraham qui consentait à l’immolation de son fils pour vous obéir, le sacrifice de Melchisédech vous offrant des hosties qui n’étaient que l’ombre et la figure de celle qui est sur l’autel. Je vous offre votre Fils unique qui vous est infiniment plus précieux que toutes les créatures ensemble : faites que je fasse cette offrande avec la piété qui animait Abel, Abraham et Melchisédech.
La vue de l’hostie éblouissante de blancheur, du calice salutaire ; la pensée de l’inexprimable sainteté des présents dont la consécration l’a rendu possesseur, raniment dans le prêtre le sentiment de son indignité. Il prend alors la posture d'un suppliant, supplices Te rogamus, Il s'incline profondément : il conjure le Dieu tout-puissant de faire transporter ces dons devant sa face par les mains de son saint Ange, per manus sanct: angeli tui, par l'Ange du grand conseil, par Jésus-Christ luimême, qui est venu au milieu de nous afin de réparer sa gloire et nous sauver. Ainsi présentés, ils ne peuvent que lui plaire au plus haut degré et sous tous les rrpports. Rien alors ne mettra obstacle aux fruits abondants que nous espérons retirer
du sacrifice de la messe et notre oblation méritera ainsi la bienveillance aivine.
L'Eglise, avec sa sollicitude maternelle, pense à tous ses enfants. Comment pourrait-elle oublier, dans un moment où elle peut essuyer tant de larmes, ceux qui pleurent dans les flammes du purgatoire, privés pour un temps de la présence de Dieu ? Elle veut que nous priions pour ceux qui nous ont précédés sur le chemin de la vie, qui sont morts dans la foi, qui en ont pratiqué les œuvres et qui dorment du sommeil de la paix, mais qui ont besoin de se purifier encore avant d’être admis dans ce royaume de gloire où rien de souillé ne peut entrer. Elle veut que nous fassions descendre sur eux la rosée de sa miséricorde.
Et nous, comment pourrions-nous oublier des infortunés qui souffrent et qui ont été nos frères, des âmes peut-être que nous avons bien connues, tendrement aimées. Ces parents, ces amis, nous avons arrosé de nos larmes la terre qui recouvre leurs chères dépouilles. Leur souvenir a souvent écarté pendant la nuit le sommeil de nos paupières humides et, durant le jour, il nous a plongés dans une tristesse que le temps et les distractions n’ont pu dissiper. Nous pouvons continuer de pleurer, mais disons à Dieu, à ce Memento, dans la modestie d’une sainte résignation : Mon Dieu, je pleurs, mais je vous aime, et pour prix de cet amour, je vous demande une grâce : acceptes le prix de mes souffrances et de celles qu'à endurées votre Divin Fils qui est là sur l’autel, pour le soulagement des âmes qui m'étaient unies autrefois par les liens de l'amitié ou de parenté ; alles leur dire que, fidèle à leur souvenir, je n'ai qu'ur désir : alléger leur douleur et leur ouvrir les portes du ciel.
Disons alors à Dieu avec amour et avec confiance :
Dans les brasiers, un peuple saint soupire :
Daignez, Seigneur, finir un tel martyre ; Descendes au plus tôt dans ce sombre séjour, Tarisses-y les pleurs. montres-y votre amour.
Et comme cette prière faite pour les âmes du purgatoire doit
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être agréable à Dieu qui châtie ces âmes en père et qui les aime tendrement ! Comment. n'écouterait-il pas nos prières qui sont alors mêlées à la voix de son Fils ?
Le célébrant doit ici rappeler nommément et expressément quelques défunts et s’acquitter des devoirs que la justice, la charité, la reconnaissance lui imposent envers eux et, avec les fidèles, il prie pour tous ceux qui nous ont précédés avec le signe de la foi et qui reposent dans le Seigneur, omnibus in Christo quiescentibus. 11 ne se célèbre donc pas une seule messe en ce monde qu’on n’y prie pour tout chrétien mort en état de grâce et qui achève dans le puragtoire l’expiation de ses péchés.
Et que demande-t-on pour ces âmes ? Un lieu de rafraîchissement, locum refrigerii, car dans le purgatoire elles sont consumées à la fois par les flammes du désir de Dieu, par le feu des tourments et le tourment du feu ; elles soupirent après le soulagement contre les ardeurs de ce brasier. Un lieu de lumière, locum lucis, le royaume céleste où leurs regards contempleront à jamais l’éternelle lumière. Un lieu de paix, locum pacis, où elles savoureront à longs traits les douceurs de la société de Dieu, des Anges et des Saints.
À ce moment de la messe, le purgatoire reçoit lu rosée bienfaisante du Sang divin avec les transports de reconnaissance. d'espérance et d'amour.
Disons donc alors à Dieu avec autant de confiance que d’amour : O mon Sauveur, qui avez bien voulu vous charger de mes péchés et payer 2: prix de votre sang précieux les peines qu'ils méritent si justement, daignez offrir à votre Père les douloureux tourments de votre passion en échange de ceux que souffrent les Ames qui sont dans le Purgatoire. Je vous supplie en particulier d’abréger, et même de finir, s’il se peut, les peines qu’endurent celles pour lesquelles en particulier je crois devoir prier. C’est de tout mon cœur que je leur cède la satisfaction que vous auriez la bonté de m’appliquer en vertu du sacrifice que je présente avec vous. Puisque je ne puis rien pour vous, car de quoi avez vous besoin ? Je me tiens heureux de contribuer en quelque chose au soulagement de vos amis. Saintes âmes qui ressentez si vivement les ardeurs de ce feu dévorant.
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et celles du désir passionné de voir Dieu, que j'ai de joie de pouvoir vous délivrer de vos maux ! et avancer votre bonheur ! J'espère que lorsque vous possèderez ce beau royaume qui vous est préparé, vous agirez auprès de Dieu pour m’en assurer la possession.
Avant la consécration, le prêtre a prié Dieu d'admettre un jour au ciel, en participation des joies de l’Eglise triomphante, l’Eglise militante. Après la consécration, i! a fait Ja même demande pour l’Eglise souffrante : il a demandé à Dieu d'accorder aux Ames du Purgatoire la fin de tous leurs mau: et jeur entrée dans le ciel... Mais ce ciel, il est convenable qu’il le demande pour lui et pour les assistants à la Sainte Messe. C’est vrai, il est pécheur, il le reconnaît, il se frappe la poitrine comme le publicain du temple et il dit à Dieu ; sur un ton un peu élevé pour réveiller l'attention des fidèles et les avertir de s’unir à lui : Nobis quoque peccatoribus ; nous aussi, pécheurs, nous comptons sur la multitude et l’étendue de votre miséricorde, de multitudine miserationum tuarum sperantibus, donnez-nous quelque part et société avec les saints Apôtres et Martyrs : partem et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et martyribus. Cette part, c’est la part du ciel et la part de la grâce nécessaire pour le posséder et qui nous vient principalement de l’'Eucharistie. Et afin d’enflammer notre courage et de nous inspirer une légitime confiance, l'Eglise a soin de nous faire nommer alors les noms de saints et de martyrs pris dans toutes les classes et dans tous les états de l’ordre social. Ces Saints, ces Martyrs ont été ce que nous sommes, pécheurs comme nous: ils ont été soumis aux mêmes épreuves, aux mêmes dangers ; ils ont partagé nos travaux, nos difficultés, nos afflictions ; ils ont semé comme nous d’abondantes larmes, et aujourd’hui ils moissonnent dans la joie. Nous n'avons qu’à suivre leur 2xemple ct un jour nous prendrons part à leur félicité.
Alors le prêtre prononce des paroles qui sont le digne couronnement des prières du canon. Il reconnaît que Dieu nous donne
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par Jésus-Christ la Sainte Eucharistie, ces dons sanctifiés vivifiés, et bénits, comme la rançon et la nourriture de nos âmes, comme notre bien le plus élevé et plus excellent. Per quem hæc omnia, Domine, semper bona creas, sanctificas, vivificas, benedicis et prœæstas nobis.
Il reconnaît aussi que c’est par la croix, par Jésus crucifié, per Ipsum, avec lui, cum Ipso, en lui, in ipso, que toute gloire est rendue à Dieu, le Père tout-puissant, en unité du Saint Esprit, dans les siècles des siècles.
C'est par lui, per Insum, en effet, par sa médiation, que nous avons accès auprès de Dieu. Il est le Verbe incarné, le chef de tous les enfants de Dieu, le principe de toute vie surnaturelle, et tout ce que nous pouvons faire de glorieux pour la Divinité et de méritoire pour nous, c’est Lui qui nous l’inspire et qui en est le principal auteur.
C’est avec lui, cum Ipso, dont nous sommes les enfants, les cohéntiers, que nous nous présentons à Dieu ; nous unisson* nos pensées à ses pensées, nos affections à ses affections, et nous son.mes sûrs de plaire à son Père.
C’est en lui, in Ipso, que Dieu nous regarde et nous voit. Notre néant, nos misères sont comme absorbés et disparaissent dans l’abime de ses perfections infinies.
Que ces paroles soient toujours l'écho de cœurs remplis de charité, de reconnaissance, et Dieu exaucera avec pue les prières et de la Victime et du sacrificateur.
— La Communion .
Article 3.
La consécration a mis l’adorable Victime sur l'autel. Le célébrant l’a présentée à Dieu comme un inagnifique hommage rendu à sa justice, à sa bonté, à toutes ses infinies perfections; il a appliqué ensuite les fruits du sacrifice à tous ceux pour qui et par qui il est offert. Mais il sait que Jésus a voulu: que so
Corps et son Sang devinsent notre nourriture : caro mea verè est cibus et sanguis mêus verè est potus... manducale et bibite. Son unique pensée doit être alors pour le banquet sacré auquel il va prendre part, Oremus, prions, dit-il aux fidèles : il les
avertit qu’ils vont réciter la plus sainte, la plus salutaire cde toutes les prières, une prière composée par Jésus-Christ luimême qui nous a donné l’ordre de l’employer. Aussi avant de la réciter, nous sentons le besoin de dire : ‘ Iastruits par des préceptes salutaires et suivant la forme de l'institution divine, nous osons dire : prœceptis salutaribus moniti et divinà institutione formati, audemus dicere.
Avec quelle ferveur et quel respect devons-nous réciter cette prière sublime ! surtout à Ja messe où repose SOUS nos yeux Celui qui nous l’a enseignée et commandée ! Elle est aussi courte en paroles qu’étendue par le sens, dit Tertulien. ‘“ Quantum substringitur tantum diffunditur sensibus. Il la désigne comme l’abrégé de l'Evangile breviarium totius Evangelii, renfermant outre l’adoration de Dieu et la demande pour les hommes qui forment l'essence de la:prière, le sommaire complet de la doctrine et des lois de Jésus-Christ... Cette. glorieuse prière a une telle fécondité dans ses mystères, dit un grand Saint, une telle efficacité dans ses effets, un ordre si parfait, que nul ne le peut comprendre ni l’exprimer ”. Non seulement elle contient tout ce que nous pouvons implorer de Dieu, mai: elle le distribue dans l’ordre où nous devons présenter à Dieu les diverses demandes que nous lui adressons ; elle règle aussi toutes nos affections et nos désirs, est informativa totius nostri affectus. yes | :
Ce fut à bien juste titre que saint Grégoire voulut et ordonna que cette prière composée et à nous apprise par le Verbe Incarné se réeitât à la messe en sa présence, tout -près de Lui. Nulle part elle ne trouve plus sa place que lorsque le prêtre, et avec le prêtre tous les fidèles, sont groupés autour du Fils unique immolé sur l’autel pour nous obtenir de son Père toutes les demandes qu’elle contient. A la vue de son. Fils immolé pour sa gloire aussi bien que pour notre salut et dont l’état de profonde humiliation sur l’autel est déjà une prière si touchante, comment nous refuserait-il les grâces que nous lai demandons ? ‘ Avec quelle confiance devons-nous réciter cectte prière ? Notre Père, lui disons-nous. Aux Juifs, son -peuple de choix, il permettait de lui dire : Seigneur. A nous il a donné l'Esprit
de son Fils qui est l':sprit d'adoption. Et cette invocation est pour nous rappeler sa bonté, pour nous donner espoir en Dieu qui, avant tout, est un père aimant. Qui êtes aux cieux, comme dans le lieu de sa gloire et de sa puissance. Qu'il fait bon de penser au ciel ; nous allons bientôt manger le Pain qui confère la vie éternelle ; cette pensée est de nature à aiguillonner la faim qui doit nous faire désirer cet aliment. Que votre nom soit sanctifié, qu’on lui rende tout l'honneur et tout le respect qu'il mérite. Que votre règne arrive, qu’il s’établisse en tous et sur tous ; car vous êtes vraiment roi. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, c’est-à-dire, par les hommes aussi bien qu’elle est accomplie au ciel par les Anges et par les Bienheureux.
‘ Après avoir offert d’abord à Dieu les adorations et les hommages qui lui sont dus, il est bien juste et légitime que nous pensions à nous-mêmes. Dieu connait nos misères et Lui seul peut nous setourir. Aussi nous lui disons avec la conviction de notre insuffisance : Donnez-nous aujourd’hui le puin de chaque jour ; donnez-nous non seulement le pain qui restaurera notre vie corporelle, donnez-nous aussi la nourriture appropriée à la vie divine reçue au baptême. Cette nourriture inerveilleuse, c’est la sainte Hostie ; elle est sur l'autel ; elle y est pour nourrir nos âmes et c’est bien le moment de la demander à Dieu.
Puis nous sommes pécheurs ; nous dev »ns demander pardon. Pardonnez-nous nos offenses, disons-nous à Dieu et nous donnons nc :3-mêmes la mesure de ce pardon en demandant qu'il nous pardonne comme nous ligues nous-mêmes à ceux qui nous on offensés.
Et pour que nous ne commettions plus de fautes, nous lui disons : Ne nous laissez pas succomber à la tentation ; donneznous les grâces dont nous avons besoin pour y résister ; car nous sommes faibles et nous pourrions facilement tomber.
Enfin : Délivrez-nous du mal ; délivrez-nous Ô Seigneur, de ces revers, de ces disgrâces, de ces maladies, de ces peines, de ces chagrins, de ces infortunes, de ces fléaux qui parfois sont déchainés, contre notre pauvre humanité ; délivrez-nous surtout du pire de tous les maux, du péché qui tue l’innocence
dans les âmes et qui leur prépare de cruels remords sur cette terre et des tourments plus cruels encore dans l'éternité.
Ces dernières paroles ont été dites par les assistants ; elles ont surexcité la compassion du célébrant qui doit porter toutes les infirmités de son peuple. Il reviet sur cette plainte suppliante ; il s’en empare et, la développant par une autre prière qui n’en est que l’extension, il dit : “ O Seigneur, puisque vous êtes si bon père, délivrez-nous de tous les maux présents, passés et à venir : libera nos quæsumus, Domine, ab omnibus malis prelerilis, prusentibus et futuris. Oui, délivrez-nous des péchés commis dans le passé, de leurs peines, des mauvaises impressions qu’ils opc produites en nous ; délivrez-nous des maux présents, des tentations, des peines d’esprit, des peines du cœur, des maladies, des maux dont on peut être affigés présentement. Délivrez-nous des maux futurs, des nouveaux pièges, des nouvelles attaques du démon, de la damnation.
Donnez-nous la paix, da propitius pacem in diebus nostris. ‘On ne peut rien imaginer de plus agréabie, dit saint Augustin, rien souhaiter de plus désirable, rien trouver de meilleur que la paix ”. Et la paix que nous sollicitons tout d’abord, c'est la paix intérieure de l’âme ; nous la demandons à l'aide de la miséricorde divine, ope misericordiæ adjuti ; nous demeurerons alors toujours éloignés du péché, a peccalo simus semper liberi ; nous nous maintiendrons dans la charité et l'amitié de Dieu et nous goûterons les suaves consolations de sa grâce. Nous demanderons cette paix de l'âme que l’impie r- connait pas (Isaie, 48-22) ; car il vit dans le trouble de l'esprit et dans l'agitation des sens ; cette paix que Dieu n’accorde “ qu'à ceux qui chérissent sa loi ” (Ps 115), cette paix qui est la source de la joie, (Prov, X11-20); cette paix intérieure qui “ surpasse toutes les sensations du bonheur que l’on peut goûter en ce monde’. (Phil. 1V-7).
Nous demandons aussi la paix extérieure de la vie enfin que, soutenus par la protection divine, nous soyons en sûreté contre des désordres, les attaques et les persécutions du dehors, ab omni perlturbatione securi.
Et pour obtenir plus facilement et avec plus d’abondance
cette paix si douce et si désirée, nous recourons d’abord à l'entremise de la Vierge Marie qui est la mère de Jésus et la nôtre. qui est le refuge et l’avocate des pécheurs, le secours des chrétiens. L'Eglise prévoyante lui a confié le soin d'assister et de défendre les âmes pécheresses auprès de son Divin Fils et on sait ce que peuvent obtenir les supplications d’une mère.
A l’intercession de la glorieuse Mère de Dieu, se joint dans cette prière celle de tous les saints et principalement celle des bienheureux Apôtres Pierre, Paul et André. Jntercedente beatä et gloriosa semper virgine Dei Genitrice Maria cum beatis A postolis tuis Petro, Paulo et Andrea et omnibus sanctis. Ces intercesseurs nous vaudront une plus grande richesse des bienfaits de Dieu et, par égard pour eux, notre prière sera entendue et exaucée.
La paix, le célébrant continue à la solliciter. 11 la souhaite aux fidèles lorsque, tenant en mains une parcelle de l’Hostie sainte, qui a pacifié le ciel avec la terre, il leur dit : Paz Domini sit semper vobiscum, que la paix du Seigneur soit avec vous, qu’elle y soit toujours.
I} la demande encore lorsqu’humblement incliné et les yeux tendrement fixés sur la Sainte Victime, il lui dit dans un langage où tout respire le respect, la confiance et l’amour : Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Agner' de Dieu qui effacez par votre sang les péchés du monde, touché de compassion pour moi, faites-en distiller seulement une goutte dans mon cœur pour le purifier et pour l’embraser des ardeurs du saint amour. Je reconnais qu'après tout cela, je ne laisserai pas d’être encore indigne de me nourrir de votre Chair ; quand j'aurais toute la pureté des Anges ct tout l'amour des séraphins, je ne mériterais pas encore une si grande faveur. Mais vous avez promis, Ô mon Dieu que vous rassasiriez ceux qui auront faim et j'ai un extrême désir de manger ce pain vivant qui conserve et perfectionne la vie sainte. Agneau divin donnez-nous la paix.
Cette paix, le célébrant la demande avec une nouvelle insistance dans la première des trois belles oraisons qui précèdent immédiatement la communion et par lesquelles nous mettons, pour ainsi dire, la dernière main à toutes nos préparations, les
mains jointes reposant sur l'autel, il s'adresse à Jésus immolé qui va bientôt descendre dans son âme dans la sainte communion et il lui dit : “ Seigneur Jésus, vous qui avez dit à vos Apétres : je vous donne la paix, ne regardez pas mes péchés mais la Joi de votre Eglise et, selon votre volonté, daignez lui donner la paix et l'union. ”
Demandons, ne cessons de solliciter cette paix que le Sauveur a laissée aux siens et que le monde ne peut ni donner ni ravir. Il ne peut la donner, car il ne possède que des trésors qui ne rassasient pas : des biens terrestres, de vains honneurs et des plaisirs sensibles. Ce ne sont là que des fantômes de biens, ce n’est que vanité et tourments d’esprit (Ecel, X11, 17); ils ne produisent pas de paix véritable, mais un semblant de paix, une paix fragile et passagère. Le monde ne peut ravir cette paix ; elle a de profondes racines dans le cœur ; elle descend du ciel et conduit au ciel ; elle n’est atteinte ni par les sollicitations de la jouissance, ni par les fardeaux des peines de la vie du temps. L'esprit et le cœur sont-ils fortement établis en Dieu, ils demeurent même au milieu des tempêtes de la persécution et de la tentation, calmes, doux et sereins, remplis d’une sainte paix. C'est à cette paix que nous exhorte sainte Thérèse ‘ Que rien ne vous trouble ni ne vous effraie, tout passe, LA reste le même. La patience obtient tout. Celui qui possèd Dieu ne manque de rien, lui seul suffit. ”
Les deux oraisons qui suivent sont directement préparatoires. à la sainte communion. La première demande à Notre Seigneur le grand don de la persévérance finale, une union intime avec Jui, une union que réalisent la fuite du péché et l’attachement inviolable à la loi de Dieu, l'horreur d’une communion indigne et aussi l'humilité requise pour approcher de Dieu : elle sollicite les fruits salutaires qu’apportera l'Emmanuel si attendu.
Ces deux prières dont la beauté et la tendresse ne peuvent être surpassées dégagent un suave parfum d’humilité et de saint effroi, sentiments plus justifiés en ce moment. Qu'on y songe ! Le sacrifice éternel qui ne se célèbre que sur un autel sublime, in sublime altare, va être transféré par la communion de la pierre
de l'autel terrrestre dans le cœur du communiant ; or, de s voir ainsi devenir le centre duquel le Christ fait monter vers le Père toute la gloire que peut lui adresser l’univers, il ne peut résulter en l'âme qu’une profonde impression d’indignité.
Le célébrant dit. “ Seigneur, Jésus-Christ, Fils du Dier vivant, qui par la volonté du Père et la coopération du Saint Esprit avez donné la vie aw monde, délivres-moi par ce très saint Corps et ce très saint Sang de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Celui qui est là sur l’autel est le Fils de Dieu égal à son Père en bonté, en puissance, en sagesse ; il est immense comme son Père quoique contenue dans l'Hostie que nous avons sous les yeux ; il est glorieux comme son Père quoique caché sou: de viles apparences. “ Le Père a la vie en lui-même et le Fils vivifie ceux quil veut, disait le Sauveur. (Jean V, 21). Nous “ouvons donc, au moment où nous allons nous incorporer l’auteur de notre salut, all-r à cette source de la vie, étancher la soif du bonheur qui nous consume. Nous pouvons lui demander avec confiance de nous d‘livrer de tous nos péchés, passés et présents, en eux-mêmes et en leurs conséquences, et de no: maux présents et futurs.
Faites que je demeure toujours attaché à vos commandements et ne permellez pas que je me sépare jamais de vous. Cette prière si touchante, surtout au moment où l’âme va célébrer son union la plus intime avec son céleste époux. ‘ Que peut vous donner le monde sans Jésus ? Etre sans Jésus, c'es. - insupportable enfer ; être avec Jésus, c’est un paradis de délices ”, dit l’Imitation de Jésus-Christ. Sans Jésus nous ne pouvons venir à bout de rien ; nous avons besoin dé lui à chaque pas, à chaque instant.
La seconde prière, encore plus que la première, est inspirée par un sentiment de crainte et d’humilité. Le prêtre d’abord confesse son indignité, puis il supplie instamment le Seigneur de détourner de lui le malheur d’une communion indigne et de lui accorder avec abondance les bienfaits d’une bonne communion.
Seigneur Jésus-Christ, faites que la récepéion de votre Corps que Je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas
à mon jugement et à ma condamnation, mais que, par votre bonté, il me serve de défense pour mon 4me et pour mon corps, de remède salutaire.
Dans la prière précédente, le célébrant a supplié Dieu de lui pardonner # faites : dans celle-ci il se les rappelle et il se demande s’il n’y a point de présomption de sa part à recevoir le Corps de son Seigneur et de son Dieu. Cette pensée le pousse à reconnaître qu'il n’est pas digne de recevoir l’adorable Sacrement, quod ego indignus sumere præsumo.
Il ne s’agit pas évidemment d’une indignité que causerait une faute mortelle et qui rendrait sacrilège ls communion : le prêtre est et il doit être en état de grâce, il est et il doit être exempt de tout péché mortel. L'indignité dont il s’agit dans cette oraison est le défaut d’une dignité parfaite qui manque à la réception de cet auguste sacrement. L'infirmité de la nature humaine, la faiblesse de notre volonté est telle que nos dispositions sont toujours plus imparfaites qu’elles ne devraient l'être. Quand bien même nous aurions fait tout ce qui dépend de nous, quand bien même nous nous serions préparés le mieux
possible, nous avons raison de nous croire peu dignes de recevoir la sainte communion.
Nuas nous confions alors en la bonté paternelle du Sauveur ; Nous lui disons :
“Agneau Divin, vous êtes la Victime
Qui de ce monde avez porté le crime ;
Achevez votre ouvrage, adorable Sauveur,
Lavez dans votre Sang les taches de mon cœur.
Nous lui demandons que cette communion soit pour nos une source de bien : sed pro tuâ pietate prosit mihi ; nous le prions de faire dans son infinie bonté que sun Corps et son Sang servent à la défense de notre âme et de notre corps et nous soient un remède salutaire, ad tutamentum mentis et corporis et ad medelam percipiendam.
La äéfense de notre âme : notre intelligence a besoin d’être éclairée, tre cœur a besoin d’être échauffé par les ardeurs de l'amour divin ; notre volonté a besoin d’être fortifiée, et la Sainte Communi : donne tout cela.
La défense de notre corps. La communion fait du bien au <orps ; elle fait ‘’: ros membres des vases de la sie divine ; elle éteint en nous les penchants au mal, le feu dévorant des passions.
Nous demandons enfin que la Sainte Communion nous serve de remède ; ad medelam percipiendam. Le Saint Concile de Trente a fait ressortir admirablement cet effet de la Sainte Hostie : “ Antidotum quo a peccatis mortalibus præservamur et a culpis quotidianis liberamur ; le remède, l’antidote qui nous préserve à l'avenir des fautes mortelles et qui consume en notre âme les fautes légères de chaque jour.‘ Jésus-Christ, en nous donnant sa chair à manger, détruit le poison de la nôtre : antidotum. Il apporte à notre âme, avec la vie divine, la lumière et l'énergie qui doivent la préserver des chutes mortelles : il lui communique la chaleur, l’amour divin dont l'effet est de consumer les fautes légères qui la déparent.
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Après que le prêtre incliné et les yeux fixés sur la sainte Hostie a récité ces belles prières par lesquelles il demande à P'ieu la pureté de conscience, il sent la confiance renaître dans son âme ; il se relève rempli d’une sainte ardeur et, avec l’empressement d’un homme affamé : je prendrai, dit-il, le pain qui peut rassasier tous mes désirs, ce pain céleste que le ciel donne et qui donne du ciel à ceux qui le mangent : panem cælestem accipiam, et, dans la joie de mon âme, j’invoquerai le nom du Seigneur : et nomen Domini invocabo.
Il dit à Dieu : O que je suis indigne de vous recevoir ! Hélas ! qui suis-je et qui êtes-vous ? Vous êtes le plus beau, le plus parfait des hommes, vous êtes le Fils unique du Dieu vivant, égsl en tout à votre Père ; vous êtes infiniment bon, infini: - , sage, infiniment puissant, infiniment saint ; ou plutÜv vous ètes la bonté, la sagesse, la puissance, la sainteté même. Et moi, je ne suis qu’un ver de terre, qu’un grain de poussière, qu’un néant. Que dis-je ? Je suis encore quelque chose de nlus méprisable que cela ; je suis un pécheur, un ingrat qui ai par-
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fois abusé de vos bienfaits. O l'unique et souverain Maître de mon cœur, je ne mérite pas que vous me fassiez l'honneur de venir chez moi : Domine non sum dignus ut intres sub tectum meum.
Mais après tout, vons n'ignorez pas mes misères et cependant vous m'invitez avec une tendresse et un empressement extrèmes à vous recevoir ; vous me le commandez, vous me menaces de la mort si je ne le fais pas. Souffrez donc que je le dise, s’il y a de la présomption et de la témérité dans ma conduite, <'est votre excessive bonté qui me l’inspire. Si mo: indignité me fait trembler, vos nimables invitations si souvent réitéréer me rassurent. Je sais qu'il faudrait avoir la pureté des anges pour vous recevoir, mais je ne suis pas assez ennemi de moimême pour a: priver de l’honneur que vous voulez me faire. Si j'ose vous recevoir, c’est que je sais que vous êtes un Dieu de miséricorde et que vous m’avez racheté en répandant pour moi votre Précieux Sang. A pud Dominum misericordia et copiosa apud eum redemptio. Dirupisti vincula mea ; tibi sacrificabo hostiam laudis. ”
Père éternel, votre Fils la vérité infaillible, m'a promis que vous ne me refuseriez rien de tout ce que je vous demanderais <n son nom ; je vous demande aujourd’hui ce Fils qui vous est si cher, je vous demande son corps, sou sang, son âme, sa divinité... Il est vrai que je vor : demande bes coup, je ne mérite rien ; mais c’est en son nom &. par ses mé. :. et ce n’est que pour vous honorer d’une manière plus digne : votre grandeur que je vous le demande. Quand je le possèderai, je me sacrifierai avec lui à votre bon plaisir ct à votre gloire, je vous le présenterai pour recon' ie tous t: « bienfaits que j'ai reçus de votre main libérale ; :: ‘ous demanderai par son entremise et avec lui tous les secours dont j'ai besoin pour vous aimer et vous servir plus parfaitement que je n'ai jamais fait ; je vous offrirai son Précieux Sang pour expier tous les péchés que j'ai commis. Pouvez-vous après cela me refuser ?
Esprit-Saint qui avez formé avec tant de perfection le Corps «le mon Sauveur dans le chaste sein de votre épouse, qui avez enrichi son âme de vos plus excellents dons, pour les disposer
l’un et l’autre à cette union ineffable avec le Verbe, daignez préparer mon corps et mon âme à cette union étroite que le Verbe incarné veut bien contracter avec moi. Purifiez ma chair, éclairez mon esprit, embrasez mon cœur de votre feu sacré et soyez le nœud éternel qui m’unisse à jamais avec lui.
Le cœur rempli de ces sentiments, le prêtre empruntant les paroles du centenier, dit en se frappant la poitrine : Seigneur je ne suis pas digne que vous entriez sous mon loit, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie. 11 a confiance en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, selon la parole de sainte Agathe : “‘ d’un seul mot guérit toutes les maladies ”’; il se jette dans ses bras, dans son cœur ; il lui ouvre le sien en disant : que le Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle. Alors saisi d’une joie mystérieuse et ravi de la saveur spirituelle de cette manne divine, le prêtre dit en son cœur : “mon bien-aimé est à moi et je suis À lui... Je l’ai trouvé celui que mon cœur aime, je ne le quitterai plus.” (Cant. 11-16) Il lui dit avec sincérité :
Pasteur suprême, Soumis à ta loi,
Pour toujours je t'aime Et me donne à toi.
Et le pain qu’il va prendre est le pain vivant et vivifiant, panis vivus et vitalis : vivant, car il contient le Christ immortel: vivifiant, car il nous fait vivre de sa vie divine.
C’est le pain très suave qui console les humains dans leurs douleurs, pane suavissimo de cælo præstito ; c’est le pain savoureux et délectable dont le goût dépasse toutes les délices de la terre : omne delectamentum in se habentem.
C’est le pain des Anges, mais il est offert aux pèlerins de la terre : panis angelorum factus cibus viatorum. La chair qui s’en nourrit devient elle-même, suivant le mot d'un Docteur, une chair angélique ou angelisée, angelizata caro.
Le cœur du prêtre déborde de reconnaissance et, dans un saint enthousiasme, il s’écrie : Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a donné ? Quid retribuam Domino pro omnibus quæ retribuit mihi ? Il m'a fait un présent infini, il m’a donné