‹ à mes prêtres [microforme]Chapitre 15 sur 19 · COS A · texte numérisé non relu

COS A

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que celle communion produise en nous des effets permanents et nous délivre de toute souillure, præsta ut in me non remaneat scelerum macula.

Le célébrant récite ensuite les prières dites La communion et la Post Communion. Ces antiénnes sont comme un bouquet spirituel composé de pensées sur la communion et l'esprit de la fête dont on a célébré la messe ; elles sont une action de grâces. Il remercie le Seigneur de ce qu’il a bien voulu le faire participer à de si saints et si grands mystères et le prie de lui en conserver le fruit.

Les antiennes sont toujours conçues au pluriel et dites pour tous et au nom de tous ceux qui sont présents à la messe. Cela suppose que tous les assistants ont pris part au banquet eucharistique, où par la communion sacramentelle, selon l’usage de la primitive Eglise de laquelle nous vient le plus grand nombre de ces oraisons ; où du moins par la communion spirituelle que les assistants ne devraient jamais omettre.

Le prêtre dit encore aux assistants : Dominus vobiscum, que le Seigneur soit avec vous. C’est son dernier souhait à ceux qui ont assisté et se sont unis au renouvellement du sacrifice de Jésus-Christ sacramentellement reproduit sous les espèces du pain et du vin pour être la nourriture des âmes. 11 souhaite aux assistants de conserver pendant la journée, dans la joie comme dans la peine, la grâce et l'assistance de Dieu ; il demande au bon Pasteur de les conduire, de les paitre, d’être leur appui, d’être avec eux à la chute du ;our et à l’approche de la nuit, afin de veiller avec le Christ et de reposer en paix.

Puis il dit aux fidèles : “ Allez, la messe est dite, Ite, missa est”. Allez en paix dans vos maisons, retournez à vos occupations ; le Seigneur que vous venez d’invoquer sera votre lumière et votre force — Allez et portez au milieu du monde, dans la société de vos frères cette foi vive dont vous avez fait profession dans le commerce intime que vous venez d’entretenir avec Jésus-Christ. — Allez, votre sacrifice a été agréable au Très-Haut ; la grâce du ciel est descendue abondamment sur vous ; “onservez maintenant un éternel souvenir de la part qu'il a plu à Dieu de vous accorder à une si auguste céré-

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monie. — Alles où les devoirs de votre état vous appellent ; mais, tout en quittant le lieu saint, laisses toujours attaché à Jésus-Christ ce cœur que vous lui aves consacré et qui lui appartient à si juste titre ; laissez-le entre ses mains saintes et divines, afin qu’il le perfectionne et le purifie wvujours davantage ; laisses-le attaché à son cœur adorable, afin qu’il s’embrase de plus en plus de célestes ardeurs. — Alles à la suite de Jésus et suivez-le dans cette voie de patience, de douceur, d’abnégation qu’il a menée sur la terre. — Alles et vives de telle sorte que vous méritiez un jour d’entrer dans la céleste patrie, au ciel, dans cette assemblée où il n’y aura plus de renvoi, où à la place de l’Ite missa est, on entendra ces paroles : “ Venez, les bénis de mon Père, et possédez le royaume qui vous a été préparé, que je vous ai ouvert par mon sang et que vous mérites par votre constance et votre fidélité. ”’

Il en coûte au célébrant de se retirer de l’autel sans adresser à Dieu une dernière prière qui soit comme une sorte de récapitulation des prières précédentes ; voilà pourquoi il s'incline et, appuyant ses mains sur l’autel, il conjure le Seigneur de recevoir favorablement le sacrifice que tout indigne qu'il est, il vient de lui offrir au nom de tous et le rendre propitiatoire pour tous : ‘ Agréez, 6 Trinité Sainte, l'hommage ue ma servitude et faites que ce sacrifice que j'ai offert aux regards de votre Majesté vous soit agréable malgré mon peu de dévotion et que, grâce à votre miséricorde, il opère l'expiation des péchés pour moi et pour tous ceux pour qui je l'ai offert.

Le célébrant ne veut pas laisser sortir les fidèles sans leur donner une bénédiction particulière. Pasteur et troupeau étaient unis avant le sacrifice dans une même foi, mais il semble que la messe les ait rapprochés encore et les liens d'âmes sont si forts * Peut-on rester étrangers l’un à l’autre quand on a prié ensemble, chanté ensembie, peut-être pleuré ensemble, pris place au même banquet, éprouvé le même tressaillement spirituel et fait ensemble un bond vers les sommets ? Ayant vu de plus près le trésor divin qui, de l'autel, du tabernacle, de la croix, se répandait sur les assistants, l’officiant veut qu'ils en profitent, qu'il soit pour leur bonheur et leur salut ; alors

il baise l'autel, comme pour recevoir de Jésus-Christ dont l'autel est ia figure la bénédiction qu’il va transmetttre au peuple ; il éleve ses yeux et ses mains vers le ciel, comme pour implorer la toute puissance et la bonté divines, et, après s'être incliné vers Ja.croix, il dit : “ Ber-dicat vos omnipotens Deus, que le Dieu lout-puissant, c'est-à-dire, celui qui possède par lui-même toute juridiction et toute souveraineté dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, vous bénisse, c'est-à-dire, vous rende participants des fruits merveilleux de ce saint sacrifice suüquel vous avez assisté, qu’il vous accorde tout ce que vous lui avez demandé pour vous, pour votre famille, pour vos âmes, et pour votre corps ; qu’il vous préserve du péché ; qu'il vous maintienne dans sa grâce et que vous soyez enrichis de ses dons ; qu'il vous concède tout en abondance, ses faveurs, son appui, ses consolations, ses douceurs ; qu'il vous bénisse enfin comme il a béni les patriarches de l’ancienne loi, Abraham, Isaac, Jacob: Dieu le Père qui vous a créés, Dieu le Fils qui vous a rachetés, Dieu le Saint Esprit qui vous a sanctifiés. Amen, qu'il vous soit fait ainsi. C’est mon désir le plus ardent.

Toute bénédiction sacerdotale a son prix, mais iei elle est donnée par le prêtre dans l'exercice de ses plus augustes fonctions ; il porte encore dans sa poitrine le Dieu qui vient d’emprunter sa parole et sa main pour opérer les plus étonnantes merveilles. Dieu à ce moment ne peut rien lui refuser.

Quand les Apôtres eurent reçu la bénédiction du Seigneur sur le mont des Oliviers, “ ils s'en retournèrent pleins de jois et on les voyait chaque jour dans le temple louant et remerciant Dieu ”. Munis de la bénédiction du prêtre, les fidèles peuvent quitter le lieu saint pour aller où le devoir les appelle. Mais la paix et la joie qui accompagnent la grâce du Sauveur devront resplendir en toute leur conduite. Ils s’en vont heureux ; car ils savent que Jésus est la joie de l’âme comme lc soleil est la joie de la nature, le feu la joie du foyer, la fleur la joie du jarterre, la patrie la joie de l’exilé, le sourire de l’-nfant la joie de la mère.

La liturgie du saint sacrifice se termine par la lecture de l'évangile de saint Jean que saint Augustin désirait voir écrit

en lettres d’or sur tous les murs, Evangile que les fidèles portaient autrefois suspendu à leur cou, qu'ils se faisaient imposer sur la tête quand ils étaient malades ; Evangi'+ qui est un merveillevx abrégé des principaux mystères de notre religion.

Cet Evangile nous remet en peu de mnts sous les yeux ce que le sacrifice contient de plus auguste et de plus important. On y voit la génération éternelle du Verbe pe7 qui son Père a créé toutes choses. On y voit l'ingratitude et la prévarication de l’homme qui a méconnu et offensé son Créateur. Mai on y voit aussi que ce même Verbe par un excès incompréhensible de bonté, a bien voulu se revêtir de notre chair, pour se sacrifier en notre faveur sur la croix et sur les autels pour nous réconcilier avec son Père et pour l’engager à mettre au nombre de ses enfants tous ceux qui seront régénérés en recevant par le baptème la grâce avec le saint Esprit et qui, en renonçant généreusement à la chair et au sang, auront le courage de se sacrifier aussi eux-mêmes.

Ainsi quand le prêtre à donné aux fidèles la permission de se retirer par ces paroles : Îte, missa est, il leur dit encore cet Evangile ; c'est comme s’il leur disait : allez, mais quelque part que vous alliez, souvenez-vous que Jésus-Christ vous a réconciliés avec le Père céleste et que vous venez de l’assurer de vos respects et de vos obéissances ; souvenez-vous que vous n’êtes plus les enfants d'Adam pour vivre selon les inclinations de la chair et du sang, mais que vous êtes les enfants adoptifs de Dieu et que vous devez désormais vous conduire selon les mouvements de £2n esprit ; en un mot, songes à quel degré d'honneur vous êtes élevés en vertu de votre adoption et ne dégénérez pas par des actions indignes d’une si haute naissance.

Voilà les sages avis que l’Eglise, comme une bonne mère, donne à ses enfants lorsqu’après la messe ils retournent à leurs occupations. Fasse le ciel qu'ils n’oublient pas de si salutaires instructions.

Le célébrant quitte alors l'autel pour regagner la sacristie. Il est tout pénétré de la grandeur de l'action qu’il vient de faire ; il se sent incapable de témoigner à Dieu une digne reconnaissance. Il emprunte alors le magnifique cantique des

trois enfants de la fournaise de Babylone : Benedicite omnia opera Domini Domino, et, avec eux et comme eux, il invite toutes les créatures, célestes et terrestres, animées et inanimées, à s’unir à lui pour louer et glorifer le Dieu de toute bonté ; il les conjure de lui prêter leur cœur et leurs brûlentes ardeurs pour aimer et remercier son Divin Sauveur.

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