‹ à mes prêtres [microforme]Chapitre 14 sur 19 · NN · texte numérisé non relu

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sa divinité et son humanité. Tout puissant qu'il est, il ne pouvait m’accorder davantage ; tout sage qu'il est, il ne pouvait imaginer un don plus parfait ; tout riche qu'il est, sa libéralité ne pouvait aller au delà.

Il éclate alors dans un sentiment de gratitude plus vif encore et il s’écrie : “ Je prendrai le calice du salut et j'invoquerai le nom du Seigneur, calicem saluteris accipiam et nomen Domini invocabo. Que le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie. Sanguis Domini Nostri Jesu Christi custodiat

. animan meam îin vilam œternam.

Oh ! ne dites pas, que je suis pauvre. Je suis riche désormais. Je possède dans cette coupe une pierre précieuse, le rubis d’un Sang divin qui vaut plus que tout votre ciel! Ne dites pas, à mon Dieu, que vous êtes au-dessus de toute louange, major omni laude. Votre majesté, si infinie soit-elle, n’est pas au-dessus de la majesté de votre Fils. Recevez donc avec le Sang divin que je vous offre dans ce calice une louange qui égale votre grandeur.

Le prêtre peut alors avec confiance invoquer le Seigneur ; il peut louer celui qui opère en lui de si grandes choses. En effet, il ne parait plus devant lui avec les misères de notre nature ; nouveau Jacob, il se présente au Père céleste sous les traits de son premier-né. Dieu ne regarde plus ce qu’il est ; il s’arrête à voir le sang de son Fils bien-aimé qui l’inonde. Et avec quelle bienveillance ne doit-il pas écouter le cri de ce sang adorable ? Jadis il se laissait émouvoir par celui des boucs et des génisses ; il suffisait que le sacrificateur en fût teint pour qu'il exauçât toute toutes ses demandes et bénît la nation dont ce pontife était le médiateur. Serait-il maintenant moins sensible au spectacle de son Verbe immolé par le prêtre ? Et lorsque celui-ci approche de lui l’âme pure et toute empourprée du Sang du Divin Holocauste, se pourrait-il que son œil restât sec et que son cœur l’accueillit avec indifférence ? Cette pensée serait également outrageante et pour la bonté du Très-Haut et pour la dignité de l’offrande eucharistique. Jésus-Christ, nous dit l’Apôtre, fut toujours exaucé, tant son Père le respecte et l’honore ‘ Exauditus est pro suû re verenti& (Heb. V1, 7). Au Calvaire

il prie pour les pécheurs au milieu des supplices et le monde est pardonné. Maintenant il vit encore dans les cieux pour intercéder en notre faveur ; il montre éternellement ses cicatrices comme une muette mais énergique supplication pour le= hu-

mains : ‘“’semper vivens ad interpellandum pro nobis”” (11eb, V11-25). Et dans cet état, tous les vœux d"nt il est l'interprète où qu'il adresse lui-même à Dieu, obtiennent leur effet par le souvenir de sa mort et la vertu de ses blessures.

Le prêtre qui a élevé à l’autel l’Hostie sans taches entre le Tout-Puissant et les fidèles ne doit donc pas craindre que sa médiation soit sans fruits. Jésus qu’il a tenu dans ses mains innocentes est le même qui fut jadis attaché à la croix ; il est aussi le même Agneau que l’Apôtre saint Jean vit autrefois étendu devant le Très-Haut dans la gloire et se dévouant sans cesse pour nos iniquités. Il a sur l'autel la même nature ; il conjure son Père par les mêmes mérites et de la même voix. Comment n’exercerait-il pas sur son cœur un égal empire et n’emporterait-il pas à sa genérosité des grâces aussi fécondes ?

Le célébrant, après avoir reçu un si grand bienfait, sent le besoin de commencer l’action de grâces. Pénétré du respect le plus profond pour le sacrement qu’il a reçu, il purifie ses doigts et le calice. Pendant ce temps, il est plongé dans le recueillement et la méditation de l’aliment qui vient de le réconforter et il récite deux prières qui ont pour but d’implorer de Dieu les effets bénits de la sainte communion.

Il possède Jésus-Chris :l n’a plus qu’une chose à désirer, c’est de le posséder toujours, de le conserver au plus intime de lui-même et, pour ainsi dire, dans les entrailles de son âme, le retenir dans son cœur pur, détaché des choses de la terre et plein d’ardeur pour celles du ciel. “ Faites, Seigneur, dit-il, que nous conservions dans un cœur pur ce que notre bouche a reçu et que ce don fait pour le temps devienne un remède pour l'éternité. Quod ore sumpsimus, Domine, purâ mente capiamus et de munere temporali fiat nobis remedium simpiternum. Faites aussi, Seigneur,

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