‹ à mes prêtres [microforme]Chapitre 4 sur 19 · CO · texte numérisé non relu

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réellement entre ses mains, qu'il y vienne partout et autant de fois que ce prêtre le voudra. Et une fois entre les mains du prêtre, la Divine Victime y reste entièrement à sa disposition.

Dieu disait à Job : ‘ As-tu le bras puissant comme moi qui tonne dans le ciel ? ”’ Le prêtre peut dire à Dieu ce que Job n'aurait pu lui répondre : ‘ Oui, Seigneur, j'ai le bras qui fait les miracles ; car mon bras peut aller vous prendre sur votre trône et vous p'acer sur l'autel ; oui, j'ai la voix plus puissante, puisque je commande au . faitre du tonnerre.

Dieu dit nu Verbe : ‘* Ego hodie genui Te, je l'ai engendré aujourd'hui.” De même le prêtre peut dire à Jésus : Et moi aussi, Seigneur, j'ai cet honneur, cette consolation de vous engendrer chaque matin par cette génération mystique de l'autel admirable et inénarrable, comme votre génération éternelle. () veneranda sacerdotum dignitas !

Saint Jean Chrysostôme, avec les lumières et la ferveur de sa foi, cherche à faire comprendre aux chrétiens quelle vénération ils auraient pour le ministère du prêtre, s'ils se faisaient de la messe et de la Divine Victime l’idée qu’il doivent en avoir:

“ Quand vous vo:'ez, dit-il, le Sauveur du monde immolé sur l'autel au Saint Sacrifice, le sacrificateur penché sur la Victime et tous les fidèles prosternés à l'entour, les lèvres teintes du sang précieux, vous vous croyez encore sur la terre au milieu «es mortels ? Ne vous semble-t-il pas plutot être transportés au ciel, dans la société des bienh :‘reux et des anges ? Représentez-vous Elie sur le mont du Carmel au jour où il sacrifia publiquement au Seigneur, où il ramena à son Dieu tout un peuple infidèle. Une foule inimense l'environne dans l'attitude la plus religieuse et le silence le plus profond. La victime est étendue sur le bucher. Tout à coup le Prophète élève la voix pour invoquer le Seigneur ; le feu du ciel tombe sur l’holocauste et le peugle s’écrie tout d'une voix : “ Don nus ispe est Deus. ” (11 Reg. 18-20). Voilà un prodige assurément, un prodige ineffable qui saisit l'âme tout entière. Mais si vous êtes chrétiens, n'avez-vous pas à admirer dans nos églises un autre prodige mille fois plus étonnant et plus sublime encore. Joignez-vous à vos frères à l’heure des saints Mystères et réveillez votre foi.

Voyez-vous le sacrificateur debout à l’autel, appelant sur là terre, non un feu matériel qu’un souffle peut éteindre, mais l'Esprit du Dieu vivant ? Il prie, non pour qu'unc flamme consume son holocauste mais pour que la divine grâce, descendant ici-bas avec la Victime, embrase les cœurs de tous les fidèles. Dieu prête l’oreille à la prière de son ministre, les cieux s’inclinent à sa voix et le mystère de la foi s’accomplit.”"

C'est cette pensée qui faisait dire à saint Bernard : “O0 prêtres, que vous êtes donc grands et que votre dignité est sublime ! Le Seigneur ne vous a pas seulement élevé au-dessus des princes et rois ; il vous a placés dans un rang supérieur à toutes les grandeurs de la terre ; que dis-je ? il vous a mis audessus des Anges et des Archanges, au-dessus des Trônes et des Dominations. De même que pour opérer la Rédemption, il ne s’est pas uni à la nature angélique mais à la nature humaine, selon la remarque de l’Apôtre, ainsi n’est-ce pas à des anges mais à des hommes, à ses prêtres exclusivement qu’il a confié le pouvoir de consacrer son corps et son sang et de les offrir en sacrifice. ”

Le prêtre ne doit donc oublier la grâce singulière que Dieu lui a faite, qu'il n’a pas accordée aux Anges et aux autres hommes. Dans ses mains le pain est transubstantié au corps du Fik unique de Dieu. Les Séraphins eux-mêmes qui, plus que tous les autres Anges, sont approchés de l’auguste Trinité par leur amour et leur élévation, n’ont pas ce glorieux privilège de consacrer le corps et le sang de notre Rédempteur. Tous les chœurs des bienheureux Esprits, quoiqu'ils jouissent de la suprême félicité, sont pleins de respect pour la gloire du prêtre et d’admiration pour sa dignité. Saint Grégoire l’affirme en ces termes : ‘ Sacerdotiun ipsi quoque Angeli venerantur. ”

Les Anges contemplent face à face le Très Haut, mais leurs privilèges quelque divins qu'ils soient le cèdent done à ceux du prêtre. Ils sont supérieurs au prêtre en nature, mais le prêtre l'emporte sur eux par l'excellence de ses fonctions ; leur puissance est grande ; celle du prêtre est sans limites ; ils portent le monde, comme dit Job, ils courbent leurs ailes sous le poids de la majesté de Dieu des vertus à qui ils servent de trône. Le

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prêtre le fait descendre du ciel et le porte sans peine dans ses mains.

Saint François de Sales venait de conférer la prêtrise à un jeune clerc. Celui-ci, sortant du sanctuaire, le saint le vit s’arrêter comme pour céder le pas à quelqu'un. Interrogé sur ce fait assez étrange, le jeune prêtre avoua que le Seigneur avait, depuis quelque temps, daigné le favoriser de la présence, visible à sa droite, de son Ange gardien. Jusqu'à ce jour, l’Ange gardien précédait son protégé ; mais, le voyant revêtu du sacerdoce, il voulut désormais céder le pas au prêtre et se tenir à sa gauche; de là cet arrêt à la porte, accompagné d’une sainte contestation.

Saint François d’Assise ne craignait pas aussi de dire : “ &i je rencontrais un ange et un prêtre, je m'inclinerais d'abord devant le prêtre et ensuite devant l’ange.”

Sans doute grand est le prêtre chaque fois qu'il exerce n’importe quelle fonction de son ministère sacré ; ilest grand lorsqu'il ouvre le ciel à l’enfant qui vient de naître. Il est grand quand sa parole, douée d’une puissance plus qu’humaine, éclaire les esprits et transforme les âmes. Il est grand lorsqu'il guérit les âmes meurtries dans des chutes profondes et ramène au bercail les brebis égarées. Mais ne l’oublions jamais, rappelons-nous le souvent, il est surtout grand à l'autel. Là il commande à Dieu et Dieu lui obéit ; là il va saisir Dieu dans les hauteurs des cieux et le ramène dans notre exil à l’état de victime ; là, tenant l’Hostic sainte, il a en sa main tous les trésors de Dieu même. De l'autel, il les verse sur tous les assistants dont le cœur est ouvert pour les recevoir. Puis il les dispense à sa famille, à sa paroisse, à toute l Eglise. Là il s'étend jusqu'aux régions les plus lointaines et fait participants de ses trésors les chrétiens des deux mondes. Il va même hors de l'Eglise chercher des indigents à qui il communique ses inestimables richesses : il prie pour les hérétiques, pour les infidèles, et il obtient pour eux des grâces de salut. 11 fait plus encore ; après tant de largesses, le trésor qu’il a en main n'est pas épuisé. 11 sort de cet univers visible, il entre dans un autre monde ; il se place à l'entrée du purgatoire, sur les bords de l'étang du feu ; il incline le calice du salut sur ces flammes. Toutes les âmes accourent à

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