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l’envi et celles qui ont le bonheur d'en recueillir les gouttes
précieuses sont soulagées et quelquefois délivrées à l'instant ; elles sortent de cet abime plus pures, plus lumineuses que le soleil et montent vers le ciel.avec la rapidité de l’éclair.
A certains jours solennels, à Rome, sur la place de saint Pierre, quand le Pape jouissait de la liberté, une foule immense semblait ondoyer comme une mer. Là étaient des représentants de toute la terre et l’on croyait voir les nations absentes se lever de toutes les contrées pour regarder de loin ce qui allait s’accomplir. Tout à coup au frontispice de la grande basilique, un homme paraissait, un prêtre, un roi, un père, un vieillard. Son regard s'élevait vers le ciel comme pour convier Dieu à regarder cette fête ; son cœur s'ouvrait dans l'expansion de l'amour, comme pour embrasser toute cette multitude où chacun é‘’ ait son enfant ; sa main s’étendait pour bénir avec elle l'humanité entière prosternée devant lui. Et tandis que des milliers et des milliers d'hommes étaient à genoux comme un seul homme, tandis que le canon faisait entendre au château Saint-Ange ses grondements solennels, que toutes les cloches ébranlées jettaient sur la Ville éternelle leurs joyeuses volées, la voix du Père catholique chantait, et son cœur encore plus que sa voix : Bénédiction à la Cité, bénédiction à l’univers : Urbi et Orbi.
Il faut l'avouer, c'était émouvant, c'était sublime ; et celui qui aurait pu contempler ce speciscle sans en être profondément ému, celui-là aurait perdu le sens qui s:7p08e les grandes âmes, le sens de la grandeur. Mais le Pape est-il vraiment au plus haut de sa gloire lorsque, se levant ainsi dans toute la majesté du suprême pontificat, il étend ses mains sur l'univers et bénit la Ville et le monde ?
Non. L'autel ! Voilà son véritable trône et le dernier degré de son élévation. Ni le prêtre, ni l’évêque, ni le Pape ne saurait monter plus haut et des milliers d'hommes ne se prosterneraient pas sous la main d’un vieillard, s'ils ne savaient pas que ce vieillard, ce Moïse descend de la montagne et qu il apporte de l'autel, dans ses mains sacerdotales, la bénédietion de Dieu.
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