IMPRIMERIE FRANCISCAINE MISSIONNAIRE
Bien chers collaborateurs,
Vous êtes venus suivre les exercices de la retraite annuelle, vous approvisionner, devant Dieu, de consolation, de lumière, de force morale. Chaque année, depuis que le bon Dieu nous a donné la direction de cet immense diocèse naissant, nous avons cru devoir vous passer des pages écrites avec le désir de vous être agréable, avec la pensée de vous être utile, sur des vérités que le prêtre doit toujours avoir présentes à l'esprit, s'il veut aimer Jésus, s'il désire véritablement le faire aimer et le voir aimé.
Dans le volume que nous vous offrions l'an dernier, nous vous rappelions que le prêtre, en sa qualité de médiateur entre Dieu et l'homme, sous le poids des responsabilités les plus lourdes et les plus délicates, souvent accablé, écrasé par toutes sortes de difficultés, toujours en contact avec les misères corporelles et spirituelles du monde, a le besoin le plus pressant de l'aide et de l'appui de Dieu. Il doit le prier pour se maintenir dans le bien et pour appeler ses bénédictions sur ses travaux et sur ses peines. " Il faut prier, dit le Père de la Colombière, pour demander à Dieu les vertus apostoliques, il faut prier pour que ces vertus soient mises au service du prochain, il faut prier pour que nous ne les perdions pas. "
Mieux que toid autre, le prêtre sait que, pour trouver un consolateur dans nos afflictions, un soutien dans nos épreuves, un conseil dans nos incertitudes et nos doutes, il faut s'adresser à Celui qui est la Toute Puissance et la Miséricorde même. L'enfant qui court un pressant danger ne se précipite-t-il pas dans les bras de son père, ne pousse-t-il pas un cri de détresse lorsqu'il se voit menacé dans sa vie ? Nous sommes exposés chaque jour à d'innombrables périls de l'âme et du corps et et nous sentons en nous le besoin de nous adres-
ser à Dieu, de lui exposer nos nécessités, de nous réfugier sous sa paternelle égide, c'est-à-dire, nous sentons le besoin de prier.
Nous savons toute la vérité de ces paroles d'un pieux auteur : " Ce que le soleil est à la nature pour la vivifier et la féconder, ce que Voir est aux poumons, le pain à la vie matérielle, Varme au soldat, l'âme au corps, la prière Vest à notre 'âme. " " Elle est, comme V affirme saint Ephrem, un arc avec lequel nous lançons sur Dieu les traits des saints et ardents désirs ; avec ces traits nous perdons le cœur de Dieu, nous en triomphons. "
On a dit de la Très Sainte Vierge qu'elle est la toute puissance suppliante. On peut répéter la même chose de la prière : elle est la toute puissante; elle est une puissance souveraine à laquelle Dieu ne résiste pas, qui s'élève vers Lui et le fait descendre vers nous et remet entre nos mains toutes les richesses des deux.
Voilà des vérités que nous vous rappelions l'an dernier. Nous avons été naturellement conduit à compléter cette œuvre en attirant votre attention sur la plus belle, la plus touchante, la plus efficace de toutes les prières, V Oraison Dominicale. Tous nos devoirs envers Dieu, toutes nos obligations envers le prochain et tous nos propres besoins trouvent dans cette prière leur plus parfaite expressions Que de fois peut-être nous l'avons récitée, que de fois surtout nos fidèles la récitent sans piété, sans réflexion, sans recueillement f
Ces pages n'ont pas la prétention d'apprendre à aucun de vous, quelque chose de nouveau. Puissent-elles vous aider à mieux comprendre, à goûter davantage, à réciter plus pieusement cette sublime prière que Tertulien appelait avec raison : " l'abrégé de tout l'Evangile. " Puissent-elles vous encourager à faire tous vos efforts pour pousser les fidèles confiés à vos soins à réciter cette prière humblement, tendrement, en enfant qui sent ses besoins et sent aussi qu'il parle à un Père tout bon et tout puissant.
Ces simples pages, recevez-les avec le même amour qui les a dictées^
t Olivier-Elzéar Mathieu^ Archevêque de Regina.