SIXIÈME CONFÉRENCE
* Dominus det nobis suam » PaCem, et vitam acternam.
» Amen. »
«< Que le Seigneur nous donne »* Sa paix et la vie éternelle, » Ainsi soit-il. »
(Prière de l'Office divin.)
MES CHERS AMIS
ORSQUE nOus nous plaisons à vous rappeler Les deux les douces invitations de notre divin Maître aspects de la à partager son amitié, « vous n'êtes plus Ÿ'
mes sujets, mais vous êtes mes amis» {‘); «ne
craignez pas, mon joug est doux et mon fardeau
n'est pas lourd » (*); lorsque vous entendez
l’auteur inspiré des PSaumes chanter à plein cœur :
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(*) Joan. XV, 15.
(?) Matth, XI, 30.
« Quam dilecta tabernacula tua, Domine Deus virtutum ; concupiscit et deficit anima mea in atria Domini; oh! que j'aime vos tabernacles, Seigneur, mon âme brûle d'y pénétrer et, en attendant ce moment heureux, elle défaille sur vos parvis (‘); Melior est enim dies una in atriis tuis, super millia, j'aime mieux un jour passé dans votre sanctuaire que des milliers d’années loin de vous » (*); — lorsqu'il vous apporte le témoignage de son expérience et vous dit : « Gustale et videle quoniam suavis est Dominus », « goûtez, éprouvez vous-même combien le Seigneur fait les délices de l’âme » (*); « Sentite de Domino in bonitate », « faites donc l’expérience Je la bonté du Seigneur » (‘) : ne seriez-vous pas tentés de croire que vous ne trouverez que des joies au service de Dieu ?
Cependant,noussavons par ailleurs quelesenfants d'Éve sont ici-bas des exilés, et que la terre est la vallée où coulent leurs larmes. Notre divin Sauveur reconnaît que l’humanité est dans la peine, car, s'adressant à ceux à qui Il offre son joug, Il leur dit : « Venez à moi, vous qui souffrez et ployez sous
() Ps. LXXXIIL, 2-5.
(?) Zbid., 11.
(3) Ps. XXXIIL, 0.
(‘) Sap. I, 1.
RE le fardeau de la douleur, je vous réconforterai, Venite ad me, qui laboratis cl onerati estis et ego reficiam vos (*). » I] est banal de constater que la plupart des hommes sont en quête du bonheur et se lamentent de ne l'avoir point trouvé. Plusieurs vont même jusqu'à ériser en théorie — le pessimisme — leur expérience, qu'ils jugent irrémédiable, des tontrariétés de l'existence.
D'où vient ce contraste entre ces deux aspects de la vie ? Notre Seigneur nous tromperait-Il lorsqu’Il nous promet le bonheur ? Et Il semble bien nous le promettre dès cette vie, au moins sous forme d’arrhes ‘du bonheur céleste.
S'il ne nous trompe pas, quel est la clef du mystère de ses engagements apparemment contradictoires ?
La vérité complète est que l’homme ne naît pas heureux, mais a le pouvoir de le devenir. Son bonheur, il doit le conquérir et il n’y parvient qu’en triomphant de ses passions. D'où la nécessité d’une lutte sans trêve, avec son inévitable cortège de déchirements et de douleurs, pour assurer à l’éme chrétienne la « tranquillité de l’ordre », en laquelle
(1) Matt. XI, 28.
Le secret du bonheur.
La libre volonté de l'homme est, en principe, invic. ‘e et souveraine,
consiste, selon la belle définition de saint Augustin, le règne de la paix intérieure.
A la suite de notre divin Sauveur, nous venons vous engager à ne point r cuier devant les luttes nécessaires de la vie chrétienne.
Nous vous parlerons :