‹ A mes séminaristes [microforme]Chapitre 5 sur 31 · L'inclination pour la prière et · texte numérisé non relu

L'inclination pour la prière et

les choses

divines.

vos vacances, vous étiez, sans l'avoir voulu, témoins de certains spectacles bruyants, lorsque vous voyiez des jeunes gens de votre âge courir à des plaisirs folâtres, votre sentiment à vous était un sentiment de retenue, sinon de dégoût. Que de fois j'ai entendu la plainte d’aspirants à la vie sacerdotale ou relivieuse, qui, au soir d’une journée passée en plaisirs dissipants, peut-être d’une irréprochable honnêteté, s’en revenaient tristes, brisés et, comme le jeune Gratry au soir décisif de sa conversion, s’asseyant au bord de leur lit, versaient dans le silence des larmes amères! Dieu faisait son œuvre : doucement, IL détachait ces âmes de ce qui n’était point fait pour elles, 17 les retirait du péché et des dangers du péché, pour les attirer exclusivement à Lui.

Le dégoût des plaisirs bruyants allait de pair avec une inclination plus prononcée pour la prière. À mesure que vous vous éloigniez du monde, vous vous rapprochiez de Dieu. Vous entrevoyiez à la vie un but plus noble, plus élevé; vos pensées devenaient plus graves; insensiblement, vous vous rendiez compte que la vie superficielle, fût-elle honnête,

qui vous semblait suffire à d’autres, eût été trop vide pour vous. Votre cœur était captivé — vous n6

saviez pas encore jusqu'à quel point — par l'attrait de l'amour de Dieu. $

Vous vous demandiez parfoissi vous parviendriez À vous passer toujours de ces satisfactions sensibles ou sensuelles auxquelles momentanément vous répugniez, mais aussitôt une voix plus forte que votre nature vous rassurait et, d’un pas plus alerte, Vous repreniez joyeusement votre chemin.

C'était votre réponse réfléchie, cette fois, à l'appel de Dieu : « Oui, vous disiez-vous, je veux appartenir à Dieu mieux et plus complètement que la foule. I ÿ & parmi les chrétiens une élite morale, j'en serai. Il y à possibilité de faire pour Dieu quelque chose de plus que ce qu'Il exige strictement de moi : moyennant sa grâce, que la prière m'obtiendra, je le ferai. Je veux me livrer à mon souverain Maître absolument, totalement, pour le tempset pour l'éternité. Dominus pars haereditatis meue et calicis mei. Oui, Seigneur, vous seul serez mon héritage, l'objet de mes désirs, de mon culte, de mon amour ; à vous, tout le fruit de mes travaux. Vous affermirez mon me, j'en ai la filiale confiance, et ce qui n’est encore qu’un désir, une espérance, deviendra, grâce à vous, une inébranlable réalité, tu es qui restitues {stabilies] hacreditatem meam mihi (1), »

() Ps. XV, 5.

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