UN COMMISSIONNAIRE, BAPTISTE
Le commissionnaire achève d'installer un meuhie dans un des angles
du salon.
BAPTISTE
Vous êtes bien sûr au moins que c'est pour nous ?
LE COMMISSIONNAIRE, montrant une adresse.
Voyez plutôt vous-même : madame de Fabas, rue de Varenne, 32, au second.
BAPTISTE
Il n'y a pas d'autre madame de Fabas dans la maison que nous. C'est singulier pourtant; madame ne m'a rien dit,
LE rOM MISSIONNAIRE.
Je présume que votre maiti'esse ne vous dit pas tout ; nous en voyons bien d'autres.
BAPTISTE
Cependant un meuble pai'eil ne se pose pas tout seul, et madame n'aui-ait pas manc[ué de me prévenir. — Que faudi'a-t-il répondi'e lorsqu'elle me demandera d'où vient ce meuble?
LE COMMISSIONNAIRE
Ce meuble arrive de l'hôtel Drouot, salle no 3. vente de mademoiselle Phina.
BAPTISTE
Une Italienne?
LE COMMISSIONNAIRE
C'est possible. Je l'ai connue Américaine, l'année dernière, lors de son autre vente.
BAPTISTE
Vous appelez cela un meuble Boule ?
LE COMMISSIONNAIRE
Et un véritable encx>re. Voyez la signature : .Indré- Cliarles Boule, graveur du Roy. Nous finissons par nous y connaître.
BAPTISTE
Madame sera bien contente. Mai- qui peut lui faire ce cadeau? Car son mari est en Russie.
LE C0MMIS5I0H5AIRE.
Ah! jeune homme, tous êtes naïf. Mais je m'attarde à bavarder.
BAPTISTE
Vous êtes payé ?
LE COMMISSIONNAIRE
Et largement encore. Salut et fraternité.
BAPTISTE
Bonjour. Voici madame.
Le commissioimaire sort.