‹ À oté de la rampe, comédies & saynètesChapitre 32 sur 100 · VEULY · texte numérisé non relu

VEULY

Non, madame, permettez-moi de me taire, (a part.) Celane m'est pas difficile. (Haut.) J'ai eu le malheur ouïe mauvais goût de m'exprimer sur M. Claude eu termes qui, à tort ou à raison, vous ont paru constituer une injure grave pour sa mémoire d'époux exemplaire. Vous avez voulu des éclaircissements, et j'ai vainement essayé de me dérober à la nécessité de les recueillir. Que m'ont appris mes recherches?... Soutirez, madame, que j'en garde le secret (vous interpréterez cette réserve à ma honte, je vous y autorise) ; je veux me borner à déclarer qu'il serait, à mes yeux, contraire à toute vraisemblance qu'un homme assez fortuné pour être votre époux eût laissé tomber un regard sur une autre femme, fût-elle, après vous, le chef-d'œuvre de la création, (a part.) Voilà, j'espère, une tirade coquettement troussée.

MADAME CLAUDE, à part.

On n'est pas plus admirable.

VERLY.

Vous m'avez averti, madame, du sort que vous me réserviez si je ne vous apportais point la preuve de l'indignité de M. Claude. Je vais au-devant de votre arrêt en prenant congé de vous, et je vous présente mes excuses les plus humbles. Rien n'est moins conforme au devoir d'un galant homme, je l'ai senti trop tard, que de faire naître certains soupçons, ces soupçons fussent-ils même

L'INFIDÈLE m

pari'ciitemeiit ibndcs. (a part.) Je Iciissu uiic porte ouverte si elle le veut.

31 A DAME CLAUDE

Bien décidément il sait tout. (Haut.) Quel empressement à vous exécuter ! On dirait que vous y trouvez de la douceur. Eli bien, monsieur, tant pis. Je compte sur vous pour m'aider à organiser un spectacle, un concert, que sais-jc encore, au profit de ma crèclie. Vous êtes passé maître en ces matières.

VERLY.

Laissez-moi, madame, me soustraii'c à cette llatteuse mais dangereuse collaboration. Il est des situations oi^i il vaut mieux brusquer les choses, (plaisant un pas vers la porte.) Madame...

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